Bah voilà, je viens de me rendre compte que j’ai encore loupé le coche. En lisant Technikart (ça m’arrive, et plus souvent qu’on ne le pense) je me suis rendu compte que la très prolifique Chloé Delaume venait de sortir un livre intitulé "La nuit je suis Buffy Summers". J’en suis toute retournée. Parce que mince, depuis des années que je clame sur tous les toits, au risque que les gens se moquent de moi (essayez d’expliquer un épisode de Buffy hors de tout contexte, et vous verrez*¹), que Buffy contre les vampires est la série du siècle, pourquoi mais pourquoi est ce que je n’ai pas carrément écrit un livre là dessus ? J’avais de la matière pourtant. Buffy, je pensais être la seule en France à y avoir réfléchi jusqu’à ce que je tombe sur un article très sérieux de Fluctuat.net sur "Buffy le mythe pop" (et déjà ça m’avait énervé de ne pas l’avoir écrit parce qu’il disait à peu près ce que j’écrivais dans mes devoirs de fac). Et là, paf, je m’aperçois que Chloé Delaume aussi, elle a réfléchi dessus. Et qu’elle publie un livre. Et ça m’énerve. Parce que maintenant que ça a été fait, je ne peux plus le faire. Tu vas voir qu’on va la citer comme spécialiste de Buffy Contre les Vampires, voire des séries en général bientôt. Ca va être encore plus frustrant. Je m’en veux c’est pas possible…
Vous allez me dire, je ne suis pas écrivain. Mais je peux le devenir. J’y songe d’ailleurs. Parce que je n'arrête pas de dire que la vie de pigiste est décidément formidable, mais en fait pas tant que ça. En ce moment elle n’est pas formidable du tout la vie de pigiste. Je viens même d’apprendre que je ne ferais plus jamais d’article sur la toiture en laine de mouton ou le badigeon à la chaux parce que la newsletter écolo bricolo dont je m’occupais depuis plus d’un an vient de s’arrêter. C'est le pompon si je peux me permettre. Alors, peut être que je vais devenir écrivain finalement. J’y songe sérieusement. De toute façon si je suis journaliste c’est parce que j’aime écrire avant tout. Parce qu’au départ, quand il a fallu choisir un métier, je me suis posé une question : qu’est ce que j’aime faire dans la vie ? Et j’ai répondu : écrire. Ensuite je me suis demandé : dans quel boulot on peut écrire. La réponse : écrivain. Et là j’ai rigolé moi même. Ah ah, j’ai fait, mais écrivain, c’est pas un boulot, la plupart des écrivains ils ne gagnent pas leur vie. D’où une autre question : dans quel boulot on peut écrire pour gagner sa vie ? La réponse : journaliste (ah ah mais journaliste, la plupart ils gagnent mal leur vie, j’aurais pu me dire aussi mais non, j’y ai pas pensé sur le coup. J’avais des Alain Rémond plein la tête, des Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, des Serge July, des présentateurs de JT et même des Dominique Chapatte, alors…). Bref. Je suis devenue journaliste parce que j’aime écrire. Pas pour rencontrer des stars, ou pour passer à la télé, ni même pour devenir célèbre, ou dénoncer les dessous de certaines affaires. Juste pour l’écriture.
Du coup, et puisque mes vacances forcées se prolongent (par intermittence, ok, mais elles se prolongent quand même plus que d'habitude, ça a l'air d'être parti pour 1/4 de travail, 3/4 de vacances, ce qui n'est quand même pas terrible quand le but est de travailler à temps plein), je devrais peut-être me lancer dans l’écriture d’un roman.
Mais il faut trouver une bonne idée, hein, une aussi bonne que Buffy*², pour que ça devienne un best-seller et que je me fasse mentir moi-même en prouvant qu’un écrivain, ça gagne carrément bien sa vie. Si vous avez des idées de sujet, des livres que vous aimeriez lire mais que personne n’a encore jamais écrits, un truc de départ qui lancerait mon inspiration débridée, n’hésitez pas à m’en faire part...
*¹ Pas plus tard que la semaine dernière un ami m’a demandé quel était mon épisode préféré de Buffy et ce qui s’y passait. J’ai répondu « Acathla I et II » qui sont les deux derniers épisodes de la deuxième saison « où Buffy tue Angel qui est devenu méchant ». Devant l’incompréhension de mon interlocuteur j’explique « bah oui parce que dans la saison 1, Angel est un vampire avec une âme, il est donc gentil. Mais une malédiction l’a frappé disant qu’un seul moment de pur bonheur lui retirera son âme. Or, Angel couche avec Buffy. Paf, pur bonheur, et paf, plus d’âme. Du coup dans toute la deuxième saison il ne fait que torturer Buffy et ses amis, il est devenu super sadique. Mais Buffy, elle n’arrive tout d’abord pas à le tuer parce que quand même c’est son premier amour. Finalement à la fin de la deuxième saison elle est obligée de le tuer parce qu’il a ouvert la bouche de l’enfer et que le seul moyen de la refermer c’est de le tuer. Alors, elle y va, courageuse. Mais au moment où elle s’apprête à lui planter son épée dans le cœur, Willow, la meilleure amie de Buffy qui découvre tout juste qu’elle a des pouvoirs de sorcière, lui rend son âme grâce à une incantation. Alors Buffy est obligée de tuer Angel, mais pas le méchant Angel, non, le gentil, celui dont elle est amoureuse. J’ai beaucoup pleuré ». Essayez de raconter ça à quelqu’un et voyez s’il ne rigole pas…
*²Ma deuxième série la meilleure du siècle c’est Dexter. Peut-être que je devrais vite me précipiter sur le créneau et écrire "La nuit je suis Dexter Morgan" avant que quelqu’un d’autre ne s’en empare.
La première fois que j'ai vu Toutaz, j'avoue que j'ai été un peu sceptique. Le concept de l'émission m'avait semblé marrant, et puis en fait, à regarder, c'est vite devenu ennuyeux. Le principe de Toutaz, c'est d'aller dans les coulisses, de filmer l'envers du décor des différents événements parisiens, qu'ils soient importants, hype ou complètement ringards, peu importe, Toutaz va partout, où ça lui chante. On ne sait pas trop d'ailleurs comment les concepteurs de l'émission choisissent les endroits où ils se rendent. Ca peut être une dédicace de Sylvie Vartan ou de Kylie Minogue au Virgin des Champs-Élysées, une soirée people quelconque, une conférence, une vente aux enchères, un spectacle, un salon, un défilé… Bref. Au départ, quand l'émission est apparue sur ma petite lucarne, je me suis d'abord dit que c'était une super idée. Et j'ai regardé. Et je me suis un peu ennuyée, j'avoue. J'ai été déçue. Niveau émission culturelle c'est quand même un peu le désert à la télé, entre les émissions de plateau et … les émissions de plateau, on peut pas dire qu'il y ait des nouveaux concepts tous les jours. Or là, niveau concept j'étais servie, mais niveau culture, zéro. Et puis j'ai quand même continué à regarder de temps en temps, en tombant dessus par hasard. Et petit à petit je suis devenue accro. Tous les mardi, en deuxième partie de soirée, j'attends Toutaz. Je me tape même les dix épisodes de "Un gars une fille" avant s'il le faut. Alors, j'ai réfléchi. Sur pourquoi j'aime Toutaz. Et je me suis dit plusieurs trucs.
Bref. Toutaz c'est un peu comme le Loft. Quand on suit une dédicace au Virgin, il n'y a vraiment rien à voir. Sylvie Vartan signe des autographes avec un feutre qui tache et elle dit à chaque personne que, attention, le feutre, il tache, alors il faut attendre que ça sèche. Rapport aux marques que le feutre risquerait de laisser si on refermait la couverture du livre trop vite. Elie Seimoun signe des autographes et dit merci aux gens qui lui disent merci. Toutaz c'est aussi un peu comme un journal people : on le feuillette, et on voit la vie des gens célèbres (sauf qu'ils ne sont pas filmés à leur insu non plus, ils savent que la caméra est là, alors ils ne sont pas tout à fait comme ils pourraient être si la caméra n'était pas là, forcément). Mais bon, on a un peu l'illusion de voir la vraie vie des gens célèbres, ça reste professionnel attention, faut pas confondre, on les voit quand ils travaillent (même une soirée people souvent c'est du travail faut le savoir aussi), on voit leurs attachés de presse, leur entourage, comment ils se parlent entre eux tout ça. C'est du people light.
Et puis Toutaz, c'est quand même plus intelligent que le Loft ou Voici parce que malgré la vacuité de certaines séquences, ça nous montre quelque chose. C'est pas un hasard si le montage nous montre Sylvie Vartan dire dix fois "il faut que ça sèche". C'est pas un hasard si c'est telle conversation plutôt qu'une autre qui a été gardée au montage. Toutaz c'est un regard sur les coulisses de l'entertainement. Une manière de nous dire que tout n'est pas que paillettes non plus. Que c'est pas facile tous les jours*, que le boulot d'Arthur, d'Elie ou de Sylvie, c'est pas une synécure (notamment pendant les périodes de dédicaces, je vous jure les dédicaces, c'est un truc super flippant).
Et enfin, dans Toutaz, il y a Zazon. Et Zazon, elle perturbe tout ça avec des happenings. Par exemple, elle va au salon du cheval, elle discute avec un éleveur et elle lui dit qu'elle adore le cheval, que ça lui donne plein d'énergie, qu'en plus c'est hypocalorique comme viande, par rapport au bœuf. Ou elle se déguise en homme pour participer au casting de Popstar, et elle teste ses chorégraphies de Prince dans la file d'attente. Ou elle va visiter l'expo "Le zizi sexuel" et elle crie dès qu'elle voit un zizi, en affirmant qu'elle est prude. Zazon dès fois, quand je la voie, j'ai envie de me cacher la tête sous un coussin tellement j'ai honte de ce qu'elle fait (je suis un peu timide). Je me demande comment elle arrive à oser tout ce qu'elle ose. Zazon, je l'admire vachement. Et grâce à elle et, finalement, grâce au vide au milieu, Toutaz c'est presque devenu mon émission préférée.
*J'avais déjà dit là et là que c'était pas facile tous les jours d'être une star américaine. Une star française c'est pas facile non plus (même si c'est peut être un chouia plus facile quand même… n'est pas Britney qui veut).
Au départ, j'avais deux ou trois idées d'articles pour ce blog. Des idées qui n'avaient rien à voir ni avec ma vie de pigiste, ni avec le blog en lui-même. D'abord je voulais faire un papier "Je veux être…" (ça faisait longtemps, je crois que le dernier du genre date de février 2006 quand même). Ensuite, j'avais envie d'écrire sur Toutaz, puis sur Ca va se savoir. Un bon retour aux chroniques télé, comme j'aime bien en faire de temps en temps. Et puis, j'ai découvert que Paris Obs avait fait un dossier sur les blogueuses. Que j'ai lu attentivement, le dossier, au cas où j'y serais citée. Mais non. On y parle de certaines de mes copines de blogs (celles qui sont en lien, des blogs de filles) mais moi, rien. Alors, maintenant que je sais que je suis numéro deux de la visibilité bloguesque si on tape "journaliste pigiste" dans Google, je suis quand même un peu vexée de ne pas être répertoriée dans les blogs qui comptent. C'est énervant à la fin !
Et puis, en lisant le dossier, j'ai bien vu que je ne correspondais pas aux critères. D'abord, il faut avoir au minimum 1000 visiteurs par jour (et c'est vraiment le minimum du minimum selon le Nouvel Obs). Ensuite, il faut avoir été contactée par une régie pub parce que nos lecteurs sont des consommateurs potentiels et qu'ils ont confiance en notre plume éclairée. Après, il faut avoir déposé son nom de domaine en .com ou .fr, histoire d'avoir sa véritable "marque", de ne plus dépendre des plates-formes de blogs. Enfin, il faut aussi avoir été contactée par un éditeur pour écrire des livres, ou carrément avoir changé de job grâce à son blog (genre, un magazine (au hasard, un magazine télé) me contacte pour que je devienne chef de rubrique, ou responsable éditoriale de son site Internet, ou chroniqueuse par exemple, parce que mon blog il est tellement bien que les grands de la presse l'ont remarqué… ce qui n'est pas le cas, je le redis, puisque je ne suis même pas citée dans ParisObs). Bref. Forcément, en lisant l'article, je ne réunis pas les critères, j'ai beau être visible sur un moteur de recherche, c'est pas bon tout ça.
Et puis, j'ai lu un passage du dossier qui s'intitule "Dix règles pour être courtisée", et là ça m'a interpellée parce que j'aimerai bien faire partie de la hype des blogueuses j'avoue. Alors, selon ParisObs, il va falloir que j'écrive trois billets par semaine. TROIS billets par semaine. J'ai déjà du mal à en écrire deux par mois, je sais pas si ça va être possible… Faudrait que je trouve un job à temps plein, j'ai remarqué que la plupart des blogueuses qui comptent écrivaient pendant leurs heures de bureau. Ou juste après, le soir, je ne veux dénoncer personne. Ensuite il faut avoir plein de commentaires. Par "plein" je crois que la journaliste veut dire plus de trente commentaires par billet. Vous en êtes très loin, si je peux me permettre.
Et enfin, il faut parler de mode (on est mal… à part un billet qui parle du fait que je pourrais éventuellement un jour parler de mode parce que ça commence tout juste à me titiller le lobe gauche du cerveau…), et avoir une revue de presse qui prouve que des journalistes ont déjà parlé de vous.
Bref. En lisant le dossier sur les blogueuses qui comptent, je me suis rendue compte que ça allait pas être facile d'en être. Vous me direz, c'est jamais facile de faire partie de l'élite. Faut faire des efforts aussi. Travailler plus pour gagner plus… de lecteurs (vous avez eu peur, hein ?). A l'heure d'aujourd'hui, je me tâte. Je vous tiendrais au courant quant à ma décision de faire partie de la hype ou non. Et quoiqu'il arrive, vous, mes fidèles lecteurs des débuts, ceux qui étaient là quand je n'étais pas encore célèbre, citée par les grands magazines, admirée par les blogueurs du monde entier, que dis-je, adulée, je ne vous oublierai pas. Promis.