Demain, ça ira bien (ou le plastique sous toutes ses formes)

Publié le par Cécile Blanchard

"Elisabeth emménage mais ne sait que faire de la commode dont elle a hérité. Marie lui conseille de l'emballer à la cave. Mais un autre ami lui explique que cette méthode va abîmer le meuble car le bois ne pourra pas respirer. Elisabeth est déçue car elle venait tout juste d'acheter du plastique pour l'emballage".

Croyez-le ou non c'est le résumé du film de Jeanne Labrune, Ça ira mieux demain. Et croyez le ou non, ça m'a donné envie de le regarder. Ça m'a intrigué cette histoire de commode et de plastique. Je me suis dit, y a pas un film qui peut tenir sur une intrigue pareille. Bah si. Parce que, croyez-le ou non, l'histoire raconte exactement ça. L'histoire d'une fille, Elisabeth, qui achète du plastique à la coupe pour emballer ses meubles et qui rencontre une autre femme, Eva, qui vient d'acheter du plastique à la coupe pour faire une nappe, puis qui rencontre une autre femme, Sophie, qui vient elle aussi d'acheter du plastique à la coupe, mais elle, elle a pris la chute, c'est-à-dire le dernier bout de plastique du rouleau. Au départ Elisabeth veut lui racheter la chute pour une sombre histoire de tarif de chute qui n'est pas le même que le tarif normal du plastique à la coupe. Elle n'y arrive pas parce que Sophie est déjà à la caisse et en plus elle est pressée, mais discute quand même avec elle et lui raconte son histoire de plastique qui empêcherait les meubles de respirer. Intriguée, l'autre lui dit qu'elle a déjà des meubles dans sa cave qu'elle a déjà recouverts de plastique, et qu'elle est donc bien embêtée si ça a fait pourrir le bois, rapport que ce sont des meubles qui appartenait à sa mère et que même si elle les trouve moches (sinon, elle les aurait pas mis à la cave), ce sont des souvenirs de famille, ce serait dommage de les abîmer. Elle lui dit qu'elle va vérifier cette histoire dans sa cave, et qu'elle tiendra l'autre au courant. Suspense… Les meubles seront-ils moisis ou non ?
En fait, c'est moitié-moitié. Certains meubles sont moisis des pieds mais pas du plateau, d'autres sont fendus des portes mais pas du reste. Bref. La conservation à la cave (sous plastique) ça n'a pas l'air d'être idéal pour la santé des meubles en bois (ça me fait penser que ce genre de constatation aurait éventuellement pu m'intéresser en tant que professionnelle de la presse pour mes articles de brico-déco que j'ai écrit pendant au moins un an mais que je n'écris plus vu que tout s'effondre dans le journalisme… mais je m'égare). Contre toute attente, cette histoire de meubles et de plastique rapproche les deux femmes. En même temps, elles sont elles-mêmes étonnées de leur rapprochement, c'est pas habituel de se rencontrer dans un magasin de bricolage, d'autant plus au rayon coupe de plastique, et de garder le contact. On est dans un monde où les gens ne se parlent plus vraiment, c'est vrai, surtout quand ils font leurs courses. Toujours est-il qu'elles ne sont pas vraiment amies mais elles trouvent toujours des raisons de se rappeler. D'ailleurs elles vont même se refiler des meubles qui auraient du finir à la cave. Comme quoi, vive la communication.

Bon j'ai l'air de me moquer, là, je sens bien que vous sentez mon ironie subtile, mais n'empêche que c'était un joli film. Qui ne traitait pas que de meubles et de plastique. Parce que mine de rien, c'était un prétexte pour nous parler de nos relations aux autres, de l'amitié féminine, de l'amitié entre les générations (parce que les femmes qui se croisent dans ce film ont trois ou quatre générations d'écart), de communication tout court, et de la méfiance des gens les uns par rapport aux autres (parce que le mari de Sophie, psychanalyste et ostéopathe de profession, est persuadé qu'Elisabeth est névrosée, et que si elle appelle à propos de commode et de plastique, c'est forcément parce qu'elle cherche quelqu'un à harceler…). En bref, le mari de Sophie est un peu paranoïaque et beaucoup obsédé sexuel, Sophie, elle, est hystérique, Elisabeth est paranoïaque, et sa meilleure amie Marie est psycho rigide. Certes, c'est caricatural. Certes, c'est joué comme au théâtre, c'est très écrit. Mais en même temps c'est léger, et, mine de rien, ça vous emporte sans en avoir l'air.

D'ailleurs, je suis d'accord avec le film, quoi qu'il arrive, on devrait toujours se dire que ça ira mieux demain*… (Parce que se dire ça quand ça va pas, ça rassure, et se dire ça quand ça va bien, c'est hyper optimiste. Non ?).

 

*N'allez pas imaginer que ça veut dire que ça ira mieux demain sur ce blog et que je vais d'un coup me mettre à écrire plein d'articles et à le mettre à jour super régulièrement. Je crois que j'ai complètement abandonné l'idée (l'espoir ?) d'y arriver, alors je pense qu'il vaut mieux que vous vous y résigniez aussi...

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lilou 02/02/2008 22:54

Encore un film à tendance B.A.S  !

Cécile 30/01/2008 16:19

Tu ne pourras pas le voir au cinéma mais peut etre lors d'une redif sur Arte... Et oui je crois qu'on peut s'identifier meme sans cave (encore que je suis peut être mal placée pour juger, vu que j'ai une cave, super humide, avec des meubles moisis dedans...);o)

Aurelie 30/01/2008 13:02

Ca me donne envie d'y aller dis donc !Alors que c'était pas gagné...Mais est-ce qu'on arrive à s'identifier aux personnages même quand on n'a pas de cave ?