Présentation

  • : La Pigeonne
  • lapigeonne
  • : Blogzine
  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
 
Jeudi 27 juillet 2006

Le rôle de la musique
Outre l'utilisation de la musique dans l'épisode "Que le spectacle commence" qui s'impose comme un moment culte de la série, l'usage ou le non-usage de la musique dans Buffy Contre Les Vampires participe encore au côté expérimental et innovant de la série.

Tout d'abord parce que le monde de Buffy est associé tout entier à un seul genre de musique, le rock, qui est décliné dès le générique (Nerf Herder) et se répète tout au long des épisodes. La série donne également la parole à de nombreux artistes par le biais du Bronze, le bar où Buffy et ses amis sortent le soir, et dans lequel sont programmés des concerts de rock. Janet K. Halfyard*, écrit "De la première à la troisième saison, nous passons beaucoup plus de temps avec le Scooby Gang au Bronze que dans n'importe quel autre endroit, excepté l'école et la bibliothèque. La musique dans cet environnement fait partie intégrante de l'identité des personnages : une culture de la jeunesse définie par sa musique, une musique que "leurs parents n'aimeraient pas"". Dans le lot, citons Blink 182, Morcheeba, Moby, ou encore David Bowie, tous utilisés dans un épisode de Buffy.

De plus le Bronze est aussi l'occasion de voir des groupes en concert. Quand les personnages de la série sont dans cet endroit, c'est toujours l'occasion de montrer le groupe sur scène. Une pratique qui s'est démocratisée par la suite avec la série Ally McBeal et la chanteuse du bar, (Vonda Shepard, devenue célèbre depuis) où tous les avocats du cabinet se retrouvent après le travail. Dans Buffy, ce n'est pas une ou un chanteur unique que l'on retrouve chaque fois au Bronze, mais un groupe toujours différent, et toujours rock. Cela a donné lieu, notamment à l'apparition de K's Choice dans l'épisode 15 de la saison 3.

Buffy Contre les Vampires peut aussi se démarquer par la non utilisation de la musique. Une innovation qui a pour effet d'angoisser le téléspectateur. C'est le cas dans l'épisode 16 de la saison 5, "Orphelines", dans lequel Buffy découvre le corps inanimé de sa mère et se retrouve orpheline. L'épisode entier est réalisé sans musique. Une situation qui non seulement rapproche de la réalité mais a surtout pour effet de décupler le sentiment de vide et de solitude ressenti par Buffy. Ce n'est pas la musique qui vient souligner les sentiments, comme dans la majorité des films, mais bien l'absence de musique.

Musique ou épisodes à thème, l'expérimentation fait partie de Buffy contre les Vampires, tout comme le fait de bousculer le téléspectateur dans ses repères, d'introduire le féminisme ou l'humour dans le fantastique, ou encore le fantastique dans la série pour ado.Buffy contre les vampires, une série innovante, oui résolument. Mais au-delà, alors que la série s'achève définitivement avec la diffusion en France des ultimes épisodes de la saison 7, on pourrait se demander, en écho à Patrick Porter, si l'innovation permanente, le fait de remettre perpétuellement en questions les codes de la série elle-même, n'était pas sa raison d'être... culte résolument.

 

* Essai de Janet K. Halfyard "Love, Death, Curses and Reverses (in F minor): Music, Gender, and Identity in Buffy the Vampire Slayer and Angel"


Mercredi 26 juillet 2006

Paf, je commence tout de suite dans la série "analyse de Buffy Contre Les Vampires". Ce premier article parait en Une de La Pigeonne, les suivants viendront se ranger directement dans la rubrique nouvellement créée, la bien nommée "Buffy Contre les Vampires". Pour ceux que ça intéresse, jetez-y régulièrement un oeil...


Apparue sur les écrans français en 1998, Buffy Contre les Vampires entre aujourd'hui dans sa septième et dernière saison. La série commence sur ces mots :"A chaque génération, il y a une élue. Seule, elle devra combattre les vampires, les démons, et les forces de l'ombre... Elle s'appelle Buffy.". Avec son titre aux allures de séries Z et sa description en ouverture de chaque épisode, Buffy Contre les Vampires s'affichait plus comme un sous produit que comme une série véritablement innovante. Et pourtant… Buffy recèle de nombreuses surprises et innove en détournant les règles établies.

 I- Une série qui se donne l'air de ce qu'elle n'est pas

En 1998, M6 est encore "la petite chaîne qui monte". Positionnée sur le terrain des jeunes (15-25 ans), la chaîne diffuse un grand nombre de séries américaines. Cette diffusion de Buffy Contre les Vampires par M6 vient certainement encore renforcer l'étiquette "pour adolescent" de la série. La première bande annonce de Buffy ne laisse pas planer le doute : c'est une série fantastique, voire d'horreur (la bande annonce montre son lot de monstres et de vampires) destinée aux adolescents puisque ses protagonistes sont eux mêmes des lycéens. Une image de série B, voire de série Z, colle à la rétine du téléspectateur lors de son premier visionnage de la série. En apparence la série respecte à la fois les codes de la série fantastique et de la série pour ado. Eric Quéméré dans la revue Synopsis1 la décrit ainsi : "Le principe en est simple : Buffy est une collégienne comme les autres, si ce n'est qu'après les cours elle part tuer des vampires. Douée de forces extraordinaires, l'héroïne alterne les combats contre d'horribles monstres avec des discussions entre filles sur l'amour et les garçons... La série mêle donc les codes de la série collège et ceux de la série B d'épouvante des années 50 : deux univers qui ne sont antinomiques qu'en apparence, tous deux s'adressant au même public adolescent.".

Pour autant, si par "innovation", on entend "action d'innover. Chose nouvellement introduite" et par "innover", "introduire quelque chose de nouveau dans un domaine"3, alors nous ne pouvons que considérer Buffy Contre les Vampires comme une série innovante. En commençant peut-être par le simple constat que mêler "les codes de la série collège et ceux de la série B d'épouvante" est, en soi, une innovation dans le contexte télévisuel de l'époque.

En effet, si les films d'horreur ou les films fantastiques sur grand écran ("Freddy les griffes de la nuit", et surtout, "Scream" de Wes Craven, dont les rôles principaux sont tenus par des adolescents) avaient déjà franchi ce pas, ce n'était pas le cas pour les séries télévisées. Sur le petit écran, fantastique et adolescence ne se sont pas encore mélangé lorsque Buffy fait son apparition (en 1997 pour sa première diffusion aux Etats-Unis, un an plus tard en France). D'ailleurs, y a t-il une autre série que Buffy Contre les Vampires pour mélanger les deux genres ?

1 Synopsis n°8, dossier "Ecrire pour les jeunes"
2 Guide Totem des séries télé par Martin Winckler et Christophe Petit
3 Dictionnaire Le Robert

Mardi 25 juillet 2006

Cet article va peut être vous paraître totalement déplacé mais bon, je me lance quand même. La semaine dernière, au cœur de l'été caniculaire, je me suis affalée sur mon canapé et j'ai regardé mes DVD de Buffy Contre les Vampires. J'en n'ai pas des tonnes, j'ai la saison 6 en intégrale (et accessoirement les saison 1, 2, et 3 en VHS ainsi que la saison 7 en VO non sous titrée…). Bref. Ca m'a remis Buffy en tête. Ca fait des années que je tente de faire comprendre à mon entourage que Buffy Contre les Vampires est la meilleure série du monde, maintenant j'ai décidé de publier les dossiers d'analyses que j'ai écrit sur cette série, histoire que tout le monde comprenne.
Carrément !
Parce que Buffy ce n'est pas seulement une série pour les adolescents. Ce n'est pas seulement une série sur les vampires. Ce n'est pas seulement une série divertissante. Buffy, c'est ZE série. Mais, je suis d'accord, il faut peut être passer quelques barrières psychologiques pour s'en rendre compte.
Moi la première fois que j'ai vu la bande-annonce, je me suis demandé, pour parler poliment, ce que c'était encore que ce navet. Puis j'ai trouvé ça divertissant. Puis génial. Par la suite, j'ai même décidé d'en faire le sujet de mon mémoire de fac (j'étais en fac de cinéma, comme quoi, ça mène à tout). En faisant mes recherches bibliographiques je me suis rendu compte que je n'étais pas la seule à trouver la série fantastique. De nombreux universitaires (Américains et Australiens pour la plupart) avaient déjà publié des thèses sur le sujet ! Quelque part ça rassure de voir qu'on n'est pas tout seul. En France par contre, aucune publication… Bref, du coup, c'est décidé, je crée une nouvelle rubrique "Buffy" sur ce blog, dans laquelle je mettrais des articles analytiques sur cette série.

A part ça, une autre série sous-estimée c'est Malcolm. Diffusée sur M6 le midi, elle passe totalement à la trappe pour la plupart des gens. Et pourtant, Malcolm c'est vraiment assez savoureux. Rien de révolutionnaire, mais dans le genre divertissant, mordant et bien filmé ça se pose là. Malcolm, c'est l'histoire d'une famille totalement déjantée, composée d'une mère cinglée à la discipline quasi militaire, un père un peu dépassé et franchement névrosé, un fils aîné qui est parti de la maison, un cadet complètement idiot, Malcolm le surdoué, et le benjamin Dewey, bizarre. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais c'est tordant, et totalement politiquement incorrect. D'ailleurs, la série a quatre nominations aux Emmy's.

 Et enfin, j'ai cru voir dans mon programme télé que 24 était à nouveau diffusé sur TF1 Alors, je pousse un grand cri barbare : mais pourquoi la diffusent-ils à 1h du matin ? Hein, pourquoi ?
Mardi 18 juillet 2006

Il y a plein d'articles sur les jeunes qui écrivent en langage SMS mais personne ne parle jamais des gens qui s'expriment en abréviations. Ca m'est venu parce que dans la même journée j'ai lu un livre et j'ai été à une réunion de travail, d'ailleurs j'ai même lu le livre dans le RER, en allant à ma réunion de travail, soyons précis. Dans mon livre, américain traduit en Français, il y a plein d'astérisques qui mènent à des NDA, NDE ou NDT. Bon, moi je sais ce que ça veut dire, hein, mais je me suis demandé si c'était le cas pour tout le monde (je n'ai pas la réponse, hein, c'est une question en l'air… d'ailleurs si vous souhaitez vous exprimer sur ce sujet ô combien passionnant…)

J'en étais là de me réflexions quand j'arrive à la réunion. Je me laissais doucement bercer par le ronronnement des paroles de mes collègues (en prenant des notes quand même, pas de conclusions hâtives !) quand j'en entends un qui dit : "Si tu as besoin d'un APN, tu le prends". Paf ! Ca m'a réveillée direct. APN ? Qu'est-ce ? On est tous resté assez interloqués (comme quoi je n'étais pas la seule à ne pas percuter) jusqu'à ce qu'il explique : "APN : appareil photo numérique". Ah. D'accord, d'accord, on a tous fait.

En même temps, j'ai l'air de me moquer là, mais je ne suis pas parfaite non plus. Ca m'est déjà arrivé de raconter mon travail à une copine en lui disant, par exemple, "J'ai rendu mon papier à la SR" pour me retrouver face à un visage marqué par l'incompréhension : "Essère ?", "Oui, SR, secrétaire de rédaction, hé !" On dit aussi DA pour directeur artistique, BAT pour Bons à Tirer etc. Ca peut donner des phrases sibyllines du genre : "Elle a fini la SR ? Et le DA ? Faudrait envoyer les BAT, là !". Vous me direz, toutes les professions ont leur jargon, c'est pas avec cet article que je vais révolutionner le journalisme. Mais j'en suis consciente, hein, c'est ça qui est bien. C'est le mois de juillet, il fait beau, il fait chaud, j'ai le droit de faire des articles sans intérêts, moi aussi. Et puis c'est toujours plus intelligent que "perdre 20 kilos en deux jours"…

Tout ça m'amène à me demander : mais quand vais-je révolutionner le journalisme ? Parce qu'une chose est sûre, je ne vais pas révolutionner Ecran Total, avec mon "profil [qui] ne correspond pas au poste malgré tout l'intérêt de [ma] candidature"… Alors, quel rédacteur en chef super trop intelligent va un jour venir faire un tour sur ce blog et me dire "Mademoiselle La Pigeonne, vous êtes véritablement fantastique, je vous offre une chronique dans mes pages". Oui qui ? Oui, quand ? Qu'ils se dépêchent, ce sera le premier arrivé le premier servi moi je dis. Et après, les autres ils seront désespérés de m'avoir laissé partir à la concurrence, parce que mes chroniques seront tellement populaires que les ventes du journal augmenteront et tout ! Je suis la nouvelle Alain Rémond ! Je suis la nouvelle Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts ! Je suis omnisciente, je suis omniprésente ! Je suis magnifique !!! Et, je n'ai même pas pris de coup de soleil sur la tête. Ca s'appelle la méthode Couée (et non pas Cauet... No comment).  Hauts les cœurs !, en bref.

Lundi 17 juillet 2006
Innovation ultime de Buffy Contre les Vampires, son côté expérimental. Buffy se démarque de tous les autres types de séries par deux points principaux :
Des épisodes ambitieux, dans lesquels scénaristes et réalisateurs se livrent à de véritables exercices de style.

Une utilisation ou une non utilisation unique de la musique


        Des épisodes cultes

Réaliser des épisodes qui sont de véritables exercices de style n'est pas en soi une innovation. En effet, X Files avait déjà expérimenté le procédé en proposant notamment un épisode clin d'œil à "Frankenstein" de Mary Shelley (saison 5, épisode "Post-Modern Prometheus") : tourné en noir et blanc, ayant pour décor un vieux manoir, et pour personnages un monstre, et un scientifique fou. Tous les ingrédients sont réunis pour rendre l'ambiance des vieux films "de monstres" ! Cependant, cet épisode hommage relevé dans X Files est ce que l'on appelle un "stand alone", c'est à dire un épisode totalement indépendant de l'intrigue principale : il n'apporte rien à la théorie du complot, si ce n'est une bouffée d'oxygène. Dans Buffy Contre les Vampires, ces épisodes expérimentaux s'intègrent parfaitement dans l'intrigue générale.

Dans "Un silence de mort" (épisode 10, saison 4), les personnages de la série sont devenus muets. Pendant trente minutes, aucun ne prononcera un seul son. De tous les épisodes expérimentaux relevés dans Buffy c'est peut être celui qui ressemble le plus à un stand alone. Cependant, c'est aussi l'épisode où Willow rencontre Tara, qui va devenir sa petite amie et l'une des figures phares de la série…

Dans "Que le spectacle commence" (saison 6, épisode 7), les personnages ne s'expriment qu'en chantant. Les chansons ont été écrites par le créateur de la série, Joss Whedon, et sont de véritables dialogues. Réalisé comme une comédie musicale, cet épisode marque une véritable nouveauté dans les séries télévisées. Les costumes, les coiffures, et le style des chansons sont des hommages au Broadway des années 50 et 60… avec, tout de même quelques digressions du côté du rock. L'épisode s'intègre également à l'intrigue principale. C'est aussi celui où Buffy chante son mal être à ses amis, et embrasse Spike pour la première fois.

"Sous influence" (saison 7, épisode 16) est filmé à la manière du Projet Blair Witch. Caméra DV à l'épaule, Andrew décide de filmer la vie de la tueuse. L'épisode est également un hommage aux "Contes de la crypte" puisque Andrew fait ses commentaires assis sur un grand fauteuil, au pied d'une cheminée… Malgré ces effets de style, la fin de l'épisode voit se résoudre un problème majeur.

Les exercices de style dans Buffy Contre les Vampires ne sont donc pas des parenthèses. Il y a bien en effet des "stand alone" mais ce ne sont pas les épisodes expérimentaux qui tiennent ce rôle, contrairement à la série X Files. De plus, avec "Un silence de mort" l'expérimentation est poussée très loin : trente minutes de mutisme n'avaient encore jamais été expérimentées à la télévision. Comme le dit Pierre Sorlin, "le flot ininterrompu de parole" qu'est la télévision supporte mal le silence…

par Cécile Blanchard publié dans : Buffy Contre les Vampires
Dimanche 16 juillet 2006

L'amour, une intrigue secondaire

Comme nous l'avons vu précédemment, l'amour est l'une des composantes principales de la série pour adolescent. En ce qui concerne Buffy Contre les Vampires, si l'amour est sans conteste l'un des sujets de la série, toujours présent, il n'en est que l'intrigue secondaire.
Les histoires amoureuses des personnages ont leur importance, mais chaque saison n'est pas marquée par un nouveau petit ami, ou par une nouvelle intrigue amoureuse mais bien par un nouveau démon à combattre pour sauver le monde. La série est rythmée à chaque saison par un nouvel ennemi.

 
 - Angel est le grand amour de Buffy durant les trois premières saisons. Riley, son petit ami durant la quatrième et la cinquième saison. Et Spike son amant durant la sixième saison.
 
 - Oz est le petit ami de Willow durant les deux premières saisons. Tara, sa petite amie jusqu'à la sixième saison, remplacée par Kennedy dans la septième saison.
 
 - Cordélia est la petite amie d'Alex jusqu'à la troisième saison, remplacée par Anya à partir de la quatrième saison.
Les changements de petits amis ne sont donc pas légion. De plus, le petit ami peut devenir le pire ennemi, comme Angel retransformé en démon du milieu à la fin de la deuxième saison.
 Et si l'amour interfère continuellement dans la série, ce n'est cependant pas lui qui la rythme. De plus, il est souvent traité comme une action : les personnages, bien qu'adolescents, ne discutent pas des heures durant de leurs problèmes amoureux. Seules les deux premières histoires, Buffy/Angel et Willow/Oz, amènent des questions et sonnent lieu à des conversations. Mais quand Willow se met en couple avec Tara, leur relation évolue au fil du temps, passant des sentiments amicaux aux sentiments amoureux. C'est aussi une découverte de l'homosexualité qui s'opère donc naturellement et discrètement.

Pour Alex, le premier baiser avec Cordélia comme avec Anya est traité de manière comique, alors que l'amour dans les séries adolescentes est une affaire sérieuse. Avec Cordélia, le premier baiser est drôle car, se détestant depuis le début de la série, ils ne comprennent pas leur attirance mutuelle aussi forte que subite. Quant à Anya, ancien démon vengeur dévoué à la cause féminine (son rôle est de punir les mâles ayant fait souffrir leurs petites amies), elle ne connaît pas le sexe et saute donc sur Alex sans autre forme de procès.
 Et en ce qui concerne Buffy et Spike, c'est non seulement une relation adulte mais aussi honteuse, donc cachée.
 Enfin, si l'on regarde Buffy par son coté série collège, la fin est une ultime innovation car elle ne résout aucun des problèmes sentimentaux soulevés au cours de l'ensemble de la série. Angel, le premier amour de Buffy revient bien pour une ultime rencontre avec sa bien aimée, mais celle ci lui explique qu'elle ne sait pas encore réellement ce qu'elle veut. Riley, son deuxième amour, est marié. Et Spike, le troisième, meurt en sauvant le monde.
Il en va de même pour Alex, tout juste réconcilié avec Anya, puisque cette dernière meurt durant l'ultime bataille.
 Quant à Willow, il lui reste Kennedy, mais son grand amour, Tara, est morte et nul ne sait ce que donnera cette toute nouvelle relation…
 
Dimanche 16 juillet 2006

En 1997, époque où Buffy Contre les Vampires apparaît, les séries pour ado, sont légions : "Mes années coup de cœur", "Hartley Cœur à vif", "Dawson", "Les années collège". Toutes mettent en scène les premiers émois et les premières amours des adolescents, voire transposent ce quotidien adolescent dans les années 60 ("Mes années coup de cœur"). La série pour adolescents a pour principale intrigue l'amour, et pour principal lieu, le lycée. Autre grande composante des séries pour ado : les problèmes avec les parents, et la rébellion vis à vis de la société adulte. Si Buffy Contre les Vampires se passe bien en majorité dans un lycée (jusqu'à la saison 3) ou à la faculté (saison 4 et 5) et si les rôles de cette série sont bel et bien tenus par des adolescents, elle bouscule cependant les codes de la série "collège"… Dans Synopsis, Eric Quéméré rappelle : "Interprétée par des adolescents, ou de jeunes adultes qui en ont gardé l'apparence, la "série collège" traite de tous les problèmes auxquels un adolescent peut se voir confronté : sentiment amoureux, sexualité naissante, conflits d'amitié, opposition aux adultes, difficultés scolaires, deuils, dilemmes moraux, etc... Des préoccupations que Jürgen Wolff, scénariste et script-doctor, résumait ainsi lors du colloque Pygmalion : "Dans la quête d'identité qui est caractéristique de l'adolescence, on recherche de l'expérience vécue, des signes que l'on n'est pas seul, que quelqu'un d'autre a eu les mêmes problèmes que soi et a trouvé les moyens d'en sortir". Buffy Contre les Vampires répond à ces critères sous ses dessous "fantastique" mais s'en démarque aussi de deux façons.

·        Le passage à l'âge adulte

Une des grandes innovations de Buffy si on regarde la série par son côté "adolescent" est d'avoir réussi à faire passer ses personnages à l'âge adulte, et ce de manière réaliste. Les nombreuses séries pour ado ne passent jamais ce cap. Dans "Hartley Cœur à vif" ou "Les années collège" par exemple, ce sont les personnages qui changent, non l'établissement scolaire. Dans "Dawson" (apparu sur les écrans après Buffy, en 1998), le passage à l'âge adulte a lieu mais uniquement lors des deux derniers épisodes de la série, et grâce à une ellipse de temps : on y retrouve les personnages plusieurs années plus tard, alors qu'ils sont entrés dans la vie active. Le sujet ici n'est pas le passage à l'âge adulte des personnages mais plutôt leurs retrouvailles ultimes et l'acceptation de la fin de l'adolescence qui concorde donc avec la fin de la série.

Dans Buffy Contre les Vampires au contraire, le passage à l'âge adulte est traité à partir de la cinquième saison, avec la mort de la mère de Buffy. Cette dernière doit alors apprendre à se débrouiller seule, assumer l'éducation de sa petite sœur, assurer les revenus de la famille, tout en continuant à assumer son rôle de tueuse de vampire. Le passage à l'âge adulte dans Buffy est total lorsque Giles, le mentor et la figure paternelle de la série, retourne en Angleterre, pour aider Buffy à prendre en charge ses responsabilités et l'empêcher de se reposer sur lui (saison 6). Dans cette sixième saison, le ton est d'ailleurs rarement léger : le passage à l'âge adulte est vécu de manière douloureuse.

Buffy doit non seulement faire face à des problèmes d'argent, elle doit aussi pleinement assumer son nouveau rôle d'adulte face à une adolescente récalcitrante, sa sœur. Face à sa sœur, Buffy n'a d'autre choix que d'endosser le rôle d'adulte. Elle ne peut pas faire semblant.

Ce passage à l'âge adulte de l'héroïne se double aussi d'un autre traitement de sa sexualité. A partir de la saison 6, on peut aussi déduire que la série s'adresse à un public qui a vieilli avec elle. La sexualité n'est plus fantasmée, ou romancée, elle est montrée, et sous son côté le plus noir : une relation de pouvoir destructrice avec Spike, vampire que Buffy méprise. Il la violera même lors d'un épisode, alors qu'elle refuse de se donner à lui.

Les autres personnages de la série passent eux aussi à l'âge adulte de manière douloureuse dans la saison 6 :

Alex doit se marier avec Anya, mais un sort lui fait voir sa vie future d'un mauvais œil et il quitte donc sa future épouse le jour même du mariage. Et Willow quant à elle doit subir la perte de sa petite amie. Par dépit et par vengeance elle deviendra une "toxicomane de la magie" jusqu'à devenir une mauvaise sorcière.


Samedi 15 juillet 2006

Les scénaristes n'hésitent pas non plus à être irrévérencieux avec leur personnage principal. Cette façon ironique de montrer Buffy, invite nécessairement le téléspectateur à une lecture au second degré et au recul sur le sérieux de la série. La rendre peureuse est un moyen. Il y en a d'autres : Dans la saison 5, épisode "La quête", Spike commande un robot ayant l'apparence de Buffy. Quand le gang surprend Spike et le robot en plein ébat, ils n'hésitent pas à penser que c'est de la tueuse qu'il s'agit. Dans la saison 6, Buffy (la vraie) devient invisible et en profite pour rejoindre Spike et pour coucher avec lui devant Alex sans qu'il n'en sache rien… Spike s'avère être le plus gêné des deux !

 Willow peut également avoir un ressort comique. Il vient tout d'abord essentiellement de sa grande naïveté. Mais, elle peut devenir drôle lorsqu'elle sort de son rôle, d'une manière cependant différente de Buffy. Willow n'est pas drôle quand elle se transforme, elle devient drôle lorsque, de retour à la normale, elle se sert de cette transformation. Dans la saison 3 par exemple, le double maléfique de Willow arrive à Sunnydale. Lorsque ce double est renvoyé dans son monde, Willow se sert de sa nouvelle réputation de dur à cuire pour obtenir ce qu'elle veut de certains camarades de classe. Dans la saison 6, Willow devient véritablement mauvaise, mais est sauvée in extremis par Alex. A la septième saison elle se sert encore une fois de sa réputation passée pour faire peur à Andrew. L'effet comique provient du fait que le téléspectateur, lui, sait que Willow est douce comme un agneau.

Les différents sorts jetés régulièrement sur la ville de Sunnydale par les démons peuvent se révéler du plus grand comique également, en brouillant tous les repères et en inversant les rôles des personnages. Dans la saison 2 par exemple où l'épisode "Effet Chocolat" voit tous les adultes de la ville redevenir des adolescents, notamment la mère de Buffy, Joyce, et son observateur, Giles, faire les quatre cents coups. Eux, si posés et sérieux, deviennent des rebelles : ils fument, volent un manteau dans un magasin, s'embrassent… Ou le proviseur du lycée, Snyder, transformé en adolescent peureux et cafteur… Ce sont alors les véritables adolescents qui doivent reprendre le contrôle sur leurs parents pour ramener un semblant d'ordre. Les scénaristes ont aussi recours à ce stratagème dans la saison 4, "Le mariage de Buffy" où la tueuse annonce à ses amis sa passion amoureuse et son mariage imminent avec Spike, vampire qu'elle déteste alors.

Enfin, un dernier élément humoristique est utilisé dans Buffy et est une grande innovation en matière de série fantastique : la rupture avec la trame convenue des séries de ce genre. En effet, comme le note Scott Westerfeld8, dans une série fantastique, "Tout revient à la normale à la fin de l'épisode. Un retour à un jour calme et normal est toujours effectué. E.T retourne chez lui. C'est comme si il y avait une espèce de loi naturelle, un principe de conservation de la normalité qui font disparaître les preuves à la fin de l'histoire. (…) L'un des passages obligés de ce type d'histoires est l'incrédulité, le moment où les protagonistes disent "Ca ne peut pas arriver !" (…) Heureusement, les scénaristes de Buffy emploient un nombre de stratégies incalculables pour contrevenir à ce petit rituel, utilisant l'humour et l'euphémisme pour passer outre les habituelles protestations d'incrédulité. (…) Dans le premier épisode de la série, [Buffy] évince la litanie de Giles sur les devoirs d'une tueuse par un "… la puissance et l'adresse de chasser les vampires, d'arrêter le déferlement du mal, bla, bla, bla. J'ai entendu, OK ? Je suis déjà venue ici et j'ai déjà fait ça !". Pour la tueuse elle-même, il n'y a pas de temps perdu pour l'incrédulité". Il en va de même pour ses amis, qui sont très vite confrontés aux forces du mal, et admettent leurs existences immédiatement. Quant aux personnages qui ne sont à priori pas dans le secret, l'annonce de l'existence de démons est également très vite expédiée. Scott Westerfeld note notamment un dialogue entre Giles et Jenny Calendar, professeur au lycée de Sunnydale à ce propos :

"Giles : J'ai besoin de votre aide mais avant j'ai besoin que vous croyiez en quelque chose que vous ne voudrez peut être pas croire. Hum… Il y a… Hum… Quelque chose est à… hum… à l'intérieur… hum… Il y a un démon dans l'Internet

Jenny : Je sais.
Fin de la scène."

Cette forme d'humour qui contrevient aux règles du genre est utilisée de nombreuses fois tout au long de la série. Nulle thèse du complot dans Buffy, nul espoir de retour à la normale. Leur quotidien est fait de vampires et de démon et c'est "normal". C'est admis. Et il n'y a pas de raison que cela change.

7 "Les miroirs de la vie" par Martin Winckler Editions Le Passage

8 "Seven seasons of Buffy, science fiction and fantasy writers discuss their favorite television show". Œuvre collective. Editions Glenn Yeffeth.

 

Calendrier

Juillet 2006
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Newsletter

Inscription à la newsletter
 
Blog : Famille sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus