
Paf, je commence tout de suite dans la série "analyse de Buffy Contre Les Vampires". Ce premier article parait en Une de La Pigeonne, les suivants viendront se ranger directement dans la rubrique nouvellement créée, la bien nommée "Buffy Contre les Vampires". Pour ceux que ça intéresse, jetez-y régulièrement un oeil...
Apparue sur les écrans français en 1998, Buffy Contre les Vampires entre aujourd'hui dans sa septième et dernière saison. La série commence sur ces mots :"A chaque génération, il y a une élue. Seule, elle devra combattre les vampires, les démons, et les forces de l'ombre... Elle s'appelle Buffy.". Avec son titre aux allures de séries Z et sa description en ouverture de chaque épisode, Buffy Contre les Vampires s'affichait plus comme un sous produit que comme une série véritablement innovante. Et pourtant… Buffy recèle de nombreuses surprises et innove en détournant les règles établies.
I- Une série qui se donne l'air de ce qu'elle n'est pas
En 1998, M6 est encore "la petite chaîne qui monte". Positionnée sur le terrain des jeunes (15-25 ans), la chaîne diffuse un grand nombre de séries américaines. Cette diffusion de Buffy Contre les Vampires par M6 vient certainement encore renforcer l'étiquette "pour adolescent" de la série. La première bande annonce de Buffy ne laisse pas planer le doute : c'est une série fantastique, voire d'horreur (la bande annonce montre son lot de monstres et de vampires) destinée aux adolescents puisque ses protagonistes sont eux mêmes des lycéens. Une image de série B, voire de série Z, colle à la rétine du téléspectateur lors de son premier visionnage de la série. En apparence la série respecte à la fois les codes de la série fantastique et de la série pour ado. Eric Quéméré dans la revue Synopsis1 la décrit ainsi : "Le principe en est simple : Buffy est une collégienne comme les autres, si ce n'est qu'après les cours elle part tuer des vampires. Douée de forces extraordinaires, l'héroïne alterne les combats contre d'horribles monstres avec des discussions entre filles sur l'amour et les garçons... La série mêle donc les codes de la série collège et ceux de la série B d'épouvante des années 50 : deux univers qui ne sont antinomiques qu'en apparence, tous deux s'adressant au même public adolescent.".
Pour autant, si par "innovation", on entend "action d'innover. Chose nouvellement introduite" et par "innover", "introduire quelque chose de nouveau dans un domaine"3, alors nous ne pouvons que considérer Buffy Contre les Vampires comme une série innovante. En commençant peut-être par le simple constat que mêler "les codes de la série collège et ceux de la série B d'épouvante" est, en soi, une innovation dans le contexte télévisuel de l'époque.
En effet, si les films d'horreur ou les films fantastiques sur grand écran ("Freddy les griffes de la nuit", et surtout, "Scream" de Wes Craven, dont les rôles principaux sont tenus par des adolescents) avaient déjà franchi ce pas, ce n'était pas le cas pour les séries télévisées. Sur le petit écran, fantastique et adolescence ne se sont pas encore mélangé lorsque Buffy fait son apparition (en 1997 pour sa première diffusion aux Etats-Unis, un an plus tard en France). D'ailleurs, y a t-il une autre série que Buffy Contre les Vampires pour mélanger les deux genres ?
2 Guide Totem des séries télé par Martin Winckler et Christophe Petit
3 Dictionnaire Le Robert