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Chroniques : tout, rien, n'importe quoi

Samedi 11 février 2006
Je sais, ça peut paraître étonnant, surtout que je ne sais même pas changer une roue (mais Dominique Chapatte sait-il changer une roue  ? Rien n'est prouvé à ce sujet...), que je n'y connais absolument rien en voiture et que, pire que ça, je m'en fiche totalement du moment que ça roule. Je n'ai pas non plus spécialement envie d'être un homme, qui plus est de quarante ans passés, j'ai largement le temps d'arriver jusque là. Mais je veux être Dominique Chapatte quand même.
Chaque fois que je tombe sur Turbo, je me le dis et je bave d'envie. Dominique Chapatte, il se contente de présenter l'émission et d'en être le rédacteur en chef. Donc, il ne fait pas grand chose, il ordonne. Il décide. Il dit oui ou non à telle ou telle proposition de reportage. Déjà, le job sympa. Ensuite, il n'a même pas vraiment besoin de s'y connaître en voiture, vu qu'il introduit les reportages. Comme je suppose qu'il est honnête, je suppose qu'il écrit ses propres textes (mais c'est comme l'histoire de la roue, rien n'est prouvé à ce sujet)... Admettons donc qu'il s'y connaisse en voiture, je ne veux blesser personne, le fait est qu'il pourrait faire le même boulot en n'y connaissant rien. Enfin et surtout, Turbo ça se passe toujours dans des décors pas possibles, des pays lointains. C'est le Ushuaia de la voiture ! Dominique Chapatte à Dubaï. Dominique Chapatte au Canada. Dominique Chapatte dans le grand ouest américain.
Et, c'est mieux qu'Ushuaia parce qu'il n'a pas besoin de faire comme Nicolas Hulot ! Il ne teste pas de voitures supersoniques, il ne se fait pas mordre par des raies, il n'a pas le vertige en ballon. Dominique Chapatte il se contente d'être appuyé contre la portière d'une super belle caisse et de dire un truc du genre "Nous sommes ici, dans les vastes étendues du bush australien, pour vous présenter la dernière Ferrari...". En quelques mots : il a le job en or ! Je veux le même !

(Quand Olivier Mine présentait son émission sur les plus beaux endroits du globe, je voulais aussi être Olivier Mine. Maintenant qu'il fait du théâtre, de la muscu et des jeux télé j'ai plus trop envie...)
Par Cécile Blanchard
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Vendredi 17 février 2006
Il y a quelques semaines déjà, je suis tombée sur Tout le Monde en Parle. Muriel Cerf venait y faire la promotion de son nouveau livre « Bertrand Cantat ou le chant des automates ». Sur le plateau, Lio, estampillée meilleure amie de Marie Trintignant, n’avait pas laissé Muriel Cerf en placer une. Blessée par sa seule présence. Ecorchée par son désir de comprendre Bertrand Cantat. Faire un roman de ce que l’on a coutume d’appeler le « drame de Vilnius » est en soi assez étrange. En faire un récit à demi autobiographique est encore plus bizarre . Sur le plateau de tout le monde en Parle, sous l’œil contrit d’Ardisson qui comprend bien la colère de Lio mais qui comprend aussi le désarroi de Muriel et qui souhaite alimenter le débat, Muriel Cerf petite femme menue, aux yeux égarés, tente de faire comprendre sa démarche.
Elle même a failli être tuée par son compagnon. Elle a échappé à la mort parce que ce dernier a été pris d’une crise d’épilepsie pendant qu’il la frappait. Muriel est toujours avec ce même compagnon. Ils s’aiment. Pourtant elle aurait dû mourir sous ses coups. Muriel Cerf comprend Bertrand Cantat. La folie de son geste. Son amour pour la femme qu’il a pourtant tuée. Muriel et Bertrand ont un vécu commun. Alors Muriel écrit sur Bertrand, imagine ce qui s’est passé à Vilnius, dans la chambre d’hôtel. Imagine l’engrenage, la jalousie qui s’insinue dans le cerveau de l’amant, qui masque tout, qui pousse au crime. Muriel comprend. Elle essaie de le dire à Ardisson, à Lio, au public de Tout le Monde en Parle, aux spectateurs de l’émission. Mais elle ne peut pas en placer une ; son regard est perdu. Sa bouche tremble. Lio tremble aussi de tout son être en face d’elle. L’attaque de vouloir comprendre Bertrand Cantat. L’attaque aussi d’être resté avec cet homme qui a voulu la tuer. L’attaque au nom de toutes les femmes battues, de toutes les femmes tout court. Muriel Cerf ne dit plus rien. Elle s’en ira, frêle, un pas après l’autre, soutenue par une assistante. Faible mais bouillonnante. Muriel Cerf a écrit. Sur Bertrand mais avant tout sur elle-même. Pour se libérer ; Parce que personne n’a compris qu’elle reste avec son amant. Elle a écrit à Bertrand. Il lui a répondu. L’espace de quelques lettres ils se sont sentis proche, rassemblés par le même vécu terrible.

Je suis en train de lire « Bertrand Cantat ou le chant des automates ». Je suis aussi une grande fan de Noir Désir. Je les ai vu plus de dix fois sur scène depuis mes 16 ans. J’ai aussi rencontré Bertrand Cantat, en mai, deux mois avant qu’il ne fasse ce geste fatal. Je n’ai pas le même vécu que Muriel Cerf avec Bertrand. Je ne le connais pas mieux qu’elle. Je n’ai qu’une perception, assez précise d’ailleurs, mais très personnelle, du personnage. Le livre de Muriel Cerf est étrange, dérangeant, gênant même parfois, dans ses certitudes, dans ce qu’elle imagine des pensées de Bertrand, des derniers instants du couple à Vilnius. Il est parfois très beau parce qu’il fait écho à ma perception de l’homme. Mais les reflets qu’elle y voit de sa propre expérience ne sont peut être qu’un miroir déformant…. Muriel Cerf aurait dû rencontrer Bertrand, mais la rencontre n’a jamais eu lieu. Sa correspondance avec lui a pris fin au bout de quelques lettres. De son histoire, de cette histoire, de leur histoire, elle a fait un roman. Autobiographique mais pas biographique. Juste un roman…
Par Cécile Blanchard
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Lundi 20 février 2006

L'autre jour, je regardais dans mes tiroirs, ça m'arrive parfois, de vérifier si je ne trouve pas des perles oubliées là il y a longtemps, des textes écrits à l'adolescence, période où mon génie s'exprimait pleinement sans que personne ne soit au courant mais sûr et certain d'être reconnu un jour à sa juste valeur. Forcément. Bref, je regardais dans mes tiroirs et j'ai trouvé une perle que je ne me souvenais même pas avoir un jour mise là : un classeur rempli de "Mon Œil", la chronique d'Alain Rémond à l'époque où il était encore chez Télérama. Des "Mon Œil" plein le classeur. De 1988 à 1995 ! Pourquoi me suis-je arrêté à 1995, mystère. Comment j'ai fait pour commencer si tôt (en 1988 j'étais ce qu'on appelle une pré ado), mystère aussi. Toujours est-il que ces chroniques sont là, et qu'elles sont très drôles à lire. D'abord parce qu'Alain Rémond est mon dieu et maître, qu'il est certainement celui qui m'a donné envie d'écrire, et que donc, il écrit super bien sinon ce ne serait ni mon dieu ni mon maître c'est normal… Ensuite parce qu'il y parle d'émissions disparues comme "N'oubliez pas votre brosse à dents", une vraie petite merveille du service public qui essaie de ressembler à TF1, ou d'une émission d'histoire présentée par Jean Dormesson dont je n'ai absolument aucun souvenir, ou encore d'Arthur et ses indéboulonnables "Enfants de la télé" (le mieux étant l'illustration de l'article où l'on voit Arthur avec ses grosses lunettes). Des articles qui remettent les souvenirs en place, éveillent un brin de nostalgie ou arrachent de bons éclats de rire (si si, j'ai vraiment ri en relisant ces chroniques télé, pas dans ma tête, j'ai ri en faisant du bruit, comme devant un copain qui me raconterait une bonne blague).

Là où j'ai ri aussi, décidément la semaine commence bien, c'est en lisant le portrait de Libé sur Hubert Delarue, avocat d'Outreau. Ca ne parait pas drôle dit comme ça, on n'imagine pas qu'on va se fendre la poire en lisant le portrait d'un avocat d'Outreau. Outreau c'est pas ce qui est arrivé de plus marrant ces derniers temps. Et pourtant, si. Non pas que l'histoire d'Hubert soit spécialement marrante mais la manière de la raconter, si. Je sens bien que les mauvaises langues vont se dire que mon jugement a été influencé par la signature du papier, que maintenant on ne peut dire que du bien de Florence Aubenas. Mais non. D'abord je ne la connais pas personnellement, ensuite je n'avais jamais lu aucun de ses articles, et enfin je n'ai jeté un œil sur la signature que parce que je trouvais ça tordant ! Florence Aubenas fait des effets de manches comme l'aurait fait un avocat lors d'une plaidoirie. Elle raconte l'histoire d'Hubert Delarue en maintenant le suspens, en faisant sursauter l'auditoire, en faisant rire et pleurer les jurés (les lecteurs). C'est tout simplement fantastique à lire. C'est très fort. Ecrire un portrait comme on dirait une plaidoirie c'est génial. Je n'irais pas jusqu'à la comparer à mon dieu et maître, mais tout de même je m'incline bien bas et j'acquitte qui elle veut !

 

L'article de Libé est disponible en ligne une petite semaine (après c'est payant)

Par Cécile Blanchard
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Samedi 25 février 2006

Je sais ça peut paraître surprenant (toujours moins que le fait de vouloir être Dominique Chapatte, non ?) mais c'est comme ça, et ça ne date pas d'hier en plus ! A 18 ans j'étais déjà au premier rang des concerts de Forguette Mi Note, groupe dans lequel Claire officiait en tant que chanteuse. C'était un de ces spectacles, les concerts de Forguette, j'en ressortais toujours ébahie et limite déprimée tellement c'était bien. Déprimée que ce soit déjà fini. Et aussi de ne pas être sur scène avec eux. Plus qu'un concert c'était toujours une performance.
Le percussionniste semblait complètement possédé, il tapait sur tout ce qui lui tombait sous la main, faisait des sons avec n'importe quoi, triturait ses cymbales et son gong pour faire entrer le spectateur, et lui-même, dans une sorte de transe. La violoniste, sautait à pieds joints en réussissant quand même à jouer des notes justes… quand le but n'était pas simplement de nous faire grincer des dents en produisant des sons stridents. Le contrebassiste, modèle de calme dans cette furie, semblait caresser sa contrebasse avec le plus grand soin. Et Claire dans tout ça fascinait avec sa voix. Car la voix de Claire c'est quelque chose. D'indéfinissable tellement c'est bien. A l'époque de Forguette, elle la triturait au point de lui faire mal. Elle montait très haut, s'approchant du chant lyrique. Elle hurlait très fort. Voire elle sortait parfois des sons de gorge très étranges, des trucs qu'elle était sûrement la seule à savoir faire.

Comme si ça ne suffisait pas, Claire est belle. Les yeux clairs, les cheveux bouclés, la silhouette fine… elle a tout pour elle.
Pour couronner le tout, elle a l'air vachement sympa.

Avec toutes ces qualités mises bout à bout, en bonne fille qui se respecte, je devrais la détester. C'est vrai quoi, on n'a pas idée d'être aussi gâtée par la nature. C'est pas juste.  En plus, maintenant qu'elle est seule en scène, et seule pour faire son album "Boucle", le succès commence à lui sourire. Normal, c'est tellement bien. Elle a appris à chuchoter, à chanter à l'oreille de l'auditeur. Elle peut toujours monter dans les aigus mais elle a su adoucir sa voix. Elle est toujours aussi belle, dix ans après Forguette. Ses concerts sont des petits bijoux, des écrins de sensualité avec parfois un reste de sauvagerie.

 
Bref, Claire Dit Terzi est une artiste formidable.

En même temps, si j'étais Claire Dit Terzi, je ne pourrais pas aller la voir sur scène, et me laisser emporter par cette voix magnifique. Ce serait moi. Je louperais quelque chose…

Par Cécile Blanchard
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Jeudi 2 mars 2006
Je viens de finir de lire le dernier livre de Douglas Kennedy, « Les charmes discrets de la vie conjugale ». Tout d’abord il faut préciser que j’adore Douglas Kennedy, non pas que ce soit un grand écrivain, du genre qui révolutionne la littérature, mais ses livres se lisent tellement bien, son écriture est tellement fluide, et ses histoires toujours si bien menées qu’on ne peut que se laisser prendre au jeu de la lecture. Là, plus de 600 pages dévorées en trois jours, un bon score. Pourtant « Les charmes discrets de la vie conjugale » n’est certainement pas le meilleur de ses livres, ni le plus passionnant. Et puis quand on les a tous lus, ce qui est mon cas, on connaît la mécanique du Douglas : un personnage sympathique, généralement très droit et honnête qui va soudainement se retrouver dans une situation inextricable dont il va se sortir avec plus ou moins de dommages. Pour autant, je lis toujours ses livres avec plaisir, voire je les dévore. Parce qu’on se demande toujours comment les personnages vont s’en sortir. Et parce que les situations dans lesquelles Douglas les place sont de véritables nœuds de vipère, dont il paraît quasiment impossible de s’échapper, une sorte d’escalade du pire qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. C’est là la clé de tout.

Mais dans « Les charmes discrets …», le plus intéressant n’est peut-être pas l’histoire en elle même mais le contexte qu’elle dépeint : l’Amérique des années 70, puis celle des années post 2001, les années Georges Bush. Dans une petite bourgade du Maine. Les déboires d’une femme athée, dont le père est un ancien révolutionnaire anti Vietnam, dans l’Amérique puritaine de nos jours, son patriotisme exacerbé, ses groupes anti avortement, sa morale et ses médias. Car le livre est non seulement une critique des dérives de l’Amérique post 11 septembre, vue par une de ses citoyennes mais aussi une critique de ses médias, de Fox News et autres journaux conservateurs. Plus largement une critique des médias en général, qu’on pourrait étendre à la France, n’était la sacro-sainte liberté d’expression américaine du premier amendement qui permet de diffamer à tout va, et repousse des limites qu’en France on s’est encore (un peu) fixé. Une critique de l’éphémère donc, puisque les médias trouvent « un os à ronger » avec l’histoire de l’héroïne, os qu’ils lâcheront bientôt pour un mets plus croustillant, plus en phase avec l’actualité brûlante du moment, avec les préoccupations des citoyens, avec l’audience et les parts de marché. Une critique du voyeurisme ensuite, de ce journalisme de proximité qui s’intéresse à l’adultère, au linge sale qu’on doit laver de préférence en public, c’est bon ça coco les larmes de la ménagère qui a trompé son mari, celles du mari cocu, et la vindicte populaire. Miam. Du sensationnel avec de l’ordinaire !

Enfin le livre de Douglas Kennedy est aussi une passionnante reflexion sur l’éducation et sur les directions, parfois inattendues, que prennent nos enfants. Il n’y a pas d’éducation parfaite, c’est entendu, tout le monde le sait, les enfants finissent toujours par se révolter contre le modèle de leurs parents, par prendre leur propre direction et faire leurs propres choix de vie, mais « Les charmes discrets… » y apporte sa touche, son propre constat, tout en justesse. Ça sent le vécu ! Douglas Kennedy aurait-il un fils détestant la littérature ? Ou votant républicain ? Une piste à explorer…
Par Cécile Blanchard
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Lundi 6 mars 2006
Entre deux articles sur la géothermie et une interview en province, j'ai passé une soirée très éprouvante dans la galaxie des people. Toute une soirée en compagnie de ces êtres étranges et fascinants, un truc de malade. Ca a commencé avec les Victoires de la Musique. Je n'y étais pas en vrai (j'y suis déjà allée d'abord, et je ne suis même pas restée jusqu'à la fin tellement je m'ennuyais), j'y étais, en faux, devant mon petit écran. Mais j'ai vécu la cérémonie comme si j'y étais ! Tout pareil.  Le strass, les paillettes, et l'ennui. Tout pareil.

Sauf que j'étais tranquille chez moi alors je pouvais faire des commentaires, chose pas vraiment facile quand on est dans la salle, vu que votre voisin est peut être le manager, le producteur, l'ami ou encore l'attachée de presse de l'artiste que vous critiquez. Et ça, ça craint quand même un peu, surtout que je peux très bien être amenée à les revoir, rapport à mon travail. C'est vachement mieux d'être à la maison. On peut zapper quand on en a marre. On peut crier quand on n'est pas d'accord avec le verdict. On peut faire des pronostics avec ses amis sur l'attribution des Victoires (assez facile quand même, j'ai presque gagné à tous les coups). On peut baisser le son quand ça nous plait pas, c'est une option qui peut servir assez souvent. On peut manger en même temps, boire, discuter et danser si ça nous plait vraiment et encore plus si on attaque la troisième bouteille de la soirée. C'est cool.

Bilan, on a pas mal crié sur Drucker quand même, même s'il nous a appris des détails croustillants sur sa vie de people. Comme quoi il se levait tôt le lendemain. Comme quoi il faisait du vélo. Ou du tennis. Les deux sûrement. Comme quoi il connaissait trop bien plein de stars qui étaient déjà passées sur son plateau de Vivement Dimanche. Comme quoi le lendemain, son émission allait être géniale. Comme quoi il était déjà allé dans le 93, lui, et qu'il fallait pas la lui faire, 113, Disiz La Peste et le Saïan, il aime bien.

On a grimacé avec Camille. Même si c'est sûrement elle qui a gagné notre concours de grimaces de salon, je crois qu'elle nous a tous mis dedans, avec ses tics nerveux, du genre j'ai mal au nez et j'essaye de l'atteindre avec ma bouche, des mouvements de visage très rapides, pas faciles à faire du tout. Elle a du s'entraîner, ça, c'est comme pour écrire "Le fil" sur sa joue sans regarder. Ca a du lui demander plusieurs heures d'entraînement devant la glace, pour être sûre de pas se mettre le stylo dans l'œil, que ce soit bien écrit et compréhensible pour le public, pas un immonde gribouillage… Pas facile la vie d'artiste.

Tout le monde a trouvé Raphaël pas sympa, mais je leur ai bien expliqué que c'était un garçon timide et que ça lui donnait l'air hautain, comme tous les timides, beau de surcroît, on dirait qu'ils sont froids et suffisants, qu'ils ont les chevilles gonflées d'orgueil, tout ça, alors que pas du tout, c'est juste qu'ils ne savent pas trop quoi dire ni comment se tenir, je le sais, je suis timide, et en plus je l'ai rencontré Raphaël, et il est timide.

On a hurlé avec Katerine. Mais là, même la salle du Zénith s'est réveillée, l'espace d'une chanson. Même eux, ils ont hurlé quand Katerine a dit qu'il baissait le son. Avec son super boa autour du coup, son air de diva capricieuse, il a assuré comme une bête. Lui et Anaïs, dans un autre registre, ils nous ont laissé bouche bée. On a arrêté cinq minutes de faire nos mauvaises langues pour écouter. Bien joué.

On a fini en faisant un strip-tease avec Cyril Attef, de Bumcello, qui a enlevé ses vêtements en venant chercher sa Victoire, bon il en avait d'autres en dessous, il ne s'est pas retrouvé tout nu, faut pas pousser même si ce n'était plus vraiment une heure de grande écoute, c'est le service public, pas de ça chez nous.
Je ne vous raconte pas la fin de soirée qu'on a passé…

 
Par Cécile Blanchard
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Mardi 7 mars 2006
Après une telle soirée en compagnie des victorieux de la musique, je ne pouvais pas en rester là. People, people, toujours plus de people, c’est tellement agréable d’être si bien entouré, il fallait que je continue sur ma lancée. Mais cette fois j’allais viser plus haut. L’international ! A moi les people américains. Les gens célèbres all over the world. Les Oscar ! Je n’y étais pas en vrai, ni même via un écran de télé (je n’ai pas Canal+, quand on est pigiste on n’a pas de quoi se payer ce genre de futilité), mais via le site Internet officiel de la cérémonie. I speak english fluently, donc pas de problème pour moi…

J’ai surfé. Sur toutes les rubriques.  J’ai regardé la liste des nommés, celle des vainqueurs. J’ai assisté à la cérémonie par ordinateur interposé. Comme si j’y étais. Et je n’ai même pas critiqué. Les Américains, ils sont vachement meilleurs que nous en cérémonie, y a rien à dire.  Bon quelques petites réflexions sur les tenues des stars par ci par là, un jaune un peu trop criard pour l’héroïne de Brockeback Mountain, Michelle Williams, un nœud un peu trop gros sur l’épaule de Charlize Theron, mais c’est tout. L’occasion de voir aussi que toutes les rumeurs disant que Jennifer Garner a du mal à perdre ses kilos de grossesse sont infondées. Dans sa robe longue dorée, elle est très bien, Jennifer. Les magazines people racontent n’importe quoi. 

Mais le mieux dans le site des Oscars, ce sont les archives. La rubrique « style ». Là, on peut voir l’évolution des actrices au fil des années. Leurs différentes tenues d’une cérémonie à l’autre. Avec à chaque fois le nom des créateurs et des bijoutiers of course. « Keira Kneightley porte une robe asymétrique de Vera Wang, et des bijoux Bulgari ». Ou encore «  Sofia Copolla a été élue l’une des plus élégantes femmes de la soirée. Gagnante d’un Oscar pour Lost In Translation, Copolla s’est distinguée par sa simplicité avec une création signée Marc Jacobs. La soie violette est mise en valeur par une échancrure croisée, et une ceinture enrubannée » (je traduis comme ça me vient, pour tous ceux qui ne sont pas fluent). Ne manque que les prix … On apprend ainsi que Renée Zelweger est très fidèle à un couturier américain, Carolina Herrera, puisque cela fait au moins quatre ans qu’elle porte ses créations. Que, lors de la 75ème cérémonie, Catherine Zeta Jones était boulotte. On peut même voir Shirley Temple, lors des toutes premières éditions des Oscars… et des dernières (50 ans les sépare, elle a changé pas de doute). Ou Drew Barrymore qui, en vingt ans de carrière a quand même carrément changé de style, de tête, et de carrure. C’est un exercice assez jubilatoire, et comme il y a beaucoup de stars, ça peut durer un certain temps.

En même temps j’étais quand même un peu déçue. Je pensais que j’allais plus rigoler que ça, que les tenues seraient datées, les coupes de cheveux dépassées. Mais pas trop en fait. Elles sont quand même toujours belles dans l’ensemble, les actrices et leurs robes. L’exercice est jubilatoire dans l’attente qu’il suscite, celle de voir une sublime créature avec une robe affreuse, une coiffure ringarde, ou pire, des épaulettes ! C’est mesquin, je sais.

Quand on passe sur la rubrique homme par contre, le suspens devient carrément insoutenable ! On se risque aux pronostics. George Clooney aura-t-il un costume croisé ou droit ? Will Smith un costume trois ou quatre boutons ? Ryan Philips portera t-il une cravate noire… ou grise… ou même un nœud papillon ? Pour les plus pointus, les fashion addicts, le quizz peut même porter sur la marque du costume : Calvin Klein, Georgio Armani, Paul Smith ? Les trois sont noirs, mais l'un d'entre eux, excentricité suprême, est en velours ! Lequel ?

A part ça, je n’ai pas regardé les Césars la semaine dernière (j’étais pas dans un « mood » people la semaine dernière, c’est pour ça). Il paraît que Valérie Lemercier était bien, les intermittents encore mieux, et Romain Duris au summum de l’élégance dans son costume (noir, of course). Oups.
Par Cécile Blanchard
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Mercredi 8 mars 2006

Dans quel journal peut-on trouver des scoops ? Je ne parle pas des derniers potins des stars, les people j'ai déjà donné, j'en ai soupé c'est bon j'arrête au moins jusqu'à la fin de la semaine (sauf potin de dernière minute vraiment croustillant, il faut tout de même rebondir sur l'actualité brûlante). Le Canard Enchainé, oui , on peut y trouver des infos inédites, des enquêtes poussées sur de sombres histoires… Dans Paris Match éventuellement quelques scoops, oui. Dans les grands quotidiens éventuellement, aussi. Des "bonnes feuilles" (la publication en exclu de quelques pages d'un livre très attendu) dans l'Express, oui. Mais ce n'est pas de ceux là dont je veux parler.
 Aujourd'hui le journal dans lequel on peut trouver des scoops, c'est Télérama ! Ca vous en bouche un coin ? Je vous entends d'ici : "Télérama cet hebdo culturel de la gauche chrétienne, intello bien pensant ?" (je ne critique pas là, c'est vous, je lis moi-même Télérama, j'y suis même abonnée). Je réponds : oui. Depuis quelques mois, Télérama balance des scoops en veux tu en voilà.

Ca a commencé avec le blog de Frantico. Vous savez, ce blog de dessinateur qui a fait un vrai "buzz" sur Internet. L'histoire d'un dessinateur loser qui décide de raconter en image ses journées. Gras, chauve, avec des lunettes, Frantico est aussi totalement obsédé sexuel. Bref. Au moment où le blog de Frantico connaissait de plus en plus de succès sur le Web, les rumeurs ont commencé à courir. Un auteur de BD célèbre se cacherait derrière le pseudo de Frantico. Les fans cherchent les similitudes, traquent l'imposteur. Mais personne ne parvient vraiment à percer le mystère. Et puis soudain, en février, une brève dans "Signes du Temps" de Télérama. Comme ça l'air de rien, la journaliste dévoile que Frantico n'est autre que Lewis Trondheim. Avec une interview de Trondheim qui avoue. Perso, ça m'a fait l'effet d'une bombe ! En même temps personne n'en a parlé, faut croire que Télérama n'est pas crédible en scoop… Et les rumeurs ont continué sur le Net. Alimentées par la révélation de Télérama, les septiques développant une théorie du complot, Télérama versus Trondheim, le premier détestant le second suite à une sombre histoire de BD non publiée… Pas vraiment le scoop qui a de l'impact...

Ce n'est pas tout. Deuxième scoop révélé par Télérama.fr (puis par l'édition papier ce mercredi) : " TF1 et le dictateur". Je cite : " C'est une histoire gaguesque et déprimante. Celle d'une vraie-fausse émission, enregistrée par TF1 à la gloire d'un des pires dictateurs de la planète, le méconnu mais non moins sinistre Saparmourad Niazov, auto-proclamé président à vie du Turkménistan. Une émission jamais diffusée en France, restée cachée pendant dix ans, et que Télérama s'est procurée à l'occasion de la sortie d'un livre édifiant sur les relations entre le géant du BTP Bouygues et cette obscure dictature d'Asie centrale, Le pays où Bouygues est roi, de David Garcia (Ed. Danger Public)". Le papier, signé Weronika Zarachowicz, ne fait du bruit que dans l'émission radio de Morandini sur Europe 1. Décidément, Télérama n'a pas de bol avec ses scoops.

Dernier scoop enfin : le cauchemar de Darwin, film documentaire choc, serait bidon ! Enfin, pas vraiment bidon, mais il donnerait une info totalement subjective de la réalité, n'apportant aucune preuve concernant le commerce d'armes, faisant l'impasse sur les bienfaits de la pèche à la perche, et donnant donc aux bobos parisiens toute l'occasion de se culpabiliser tranquille, puisqu'il parait qu'ils aiment bien ça. Un film pour faire plaisir aux Occidentaux en somme. Une idée  développée aussi par Libération le même jour.

Bref. En tout cas, je ne sais pas ce qu'ils ont chez Télérama, si le directeur de la rédaction ou les actionnaires leur mettent la pression pour qu'ils trouvent des infos chocs, mais ils se la donnent en ce moment niveau scoops. En 15 ans de lecture de Télérama (j'ai commencé jeune je vous le rappelle) je n'avais jamais lu ça. Et ce qui est bizarre, c'est que leurs scoops ne sont pas mis en valeur. Pas de Une sur "Frantico est Trondheim", pas de gros titres sur le cauchemar de Darwin. Des brèves. Glissées comme des perles au milieu de l'hebdo. L'air de rien. On a des scoops mais faut pas le dire. Restons sobre. On va pas devenir racoleur non plus… Hé ! C'est Télérama quand même. Et ça, quelque part, ça rassure, finalement.

Par Cécile Blanchard
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