Vendredi 10 février 2006
Il y a déjà quelques années, nous étions allé manger aux Trois Arts, un bar concert dans Paris, avec des amis. Après plusieurs verres, il nous est venu l'idée d'écrire des vers... Mais le thème devait être unique: comment tuer le Père Noël ?
Evidemment, tous les textes (poèmes?) que je publie ici on été écrits à plusieurs mains. Evidémment aussi, ils n'ont pas tous été écrits ce soir là, des petits Pères Noël continuent à être assassinés encore aujourd'hui par certains d'entre nous...

La rubrique "Vers de Comptoir" regroupe donc nos 1001 façons de tuer le Père Noël (mais toujours en vers...)
Vendredi 10 février 2006
Papa Noël, dans son manteau rouge et blanc,
Sur son traîneau, filait comme le vent.
Arrivant sur New York, il voulut voir l'Empire State Building,
Mais loupant son virage, s'encastra dans les vitres : Dziinnng !
Aussitôt, on sonna l'alerte générale,
Tout le monde accourut, dans une belle pagaille :
Badauds, journaux, télés, armée,
Et par le FBI il fut interpellé.
Véritables pros, ils fouillèrent cet individu,
Et dans sa barbe blanche, "trouvèrent" quelques obus.
Lors du procès, il fut bien établi,
Que pour le 11 septembre, il n'avait pas d'alibi,
Et sur la chaise électrique, rôti
Le Père Noël a fini
Vendredi 10 février 2006
Au mois de décembre, voulant se détendre un peu,
Le Père Noël se dit que pour le rendre heureux,
Rien ne vaudrait un tour dans les Grands Magasins.
Mais sitôt arrivé, il crut être zinzin:
Où qu'il regardât, des Pères Noël à la pelle
Lui rendaient ses regards: "ici, c'est mon trottoir,
Casse-toi vieux décati !" Ca ne manquait pas d'sel.
Enervé, pensant "On va voir ce qu'on va voir",
Le Père Noël prit un groupe d'enfants en otage,
menaçant: Pas de cadeaux, si vous n'êtes pas sages !
Je ne suis pas une canette de Coca-Cola,
Hurla-t-il, voulant sans aucun doute dire par là
Qu'il ne voulait qu'on le fabriquât à la chaîne.
Qu'on multiplie les pains, certes, mais les Pères Noël...
Il n'en fallait qu'un seul, un être exceptionnel !
Au fou ! On lui envoya le GIGN.
On l'emmena alors, avec toutes les sirènes,
En panier à salade jusque au tribunal.
Las !  Loin de se calmer, il se mit bien à mal :
J'ai tout plein de cadeaux, mais qu'on me rende mes rennes !
Vociférait-il, ébouriffant les jurés.
Ne sachant bien qu'en faire, on le fit interner,
Et comme après cent jours, il ne se taisait pas,
A bout de nerfs, les psy finirent par trancher
Et choisirent le scalpel pour le rendre muet :
Pour tapage nocturne, on le lobotomisa.

(Avec le peu de neurones qu'il lui resta
Tout sourire, le Père Noël gazouilla
Mais plus jamais ne s'emporta)
Vendredi 10 février 2006
Le père Noël était d'humeur joyeuse
Mais les lutins étaient occupés
Avec tous les cadeaux à fabriquer
Et la mère Noël n'est pas blagueuse,
N'en déplaise à son épousé…
Impossible avec eux de jouer
Une occupation solitaire, il fallait trouver…
Pensant à ses jeunes années
Le père Noël eut une idée.
Rigolant sous son gros bonnet
Le vieux se mit dans un coin
Et se roula un gros joint
Qu'en cachette il voulait fumer
La tête sous son grand vêtement
Pour éviter de se montrer
Il aspira de grandes bouffées
Tout en pouffant bêtement
Soudain la mère Noël entra
Vit au fond de la salle un amas
De vêtements qui semblaient brûler
Un extincteur elle attrapa
Tout en se mettant à crier
"Au feu ! Au feu !" elle inonda
De mousse toxique son aimé
Qui mourut ainsi empoisonné
Par la neige blanche artificielle
Balancée par la mère Noël
Et non à cause du THC
Vendredi 10 février 2006
C'était un jour où le père Noël s'ennuyait
Pas de cadeaux à empaqueter
Pas de rennes à bouchonner
Pas de nouvelles, aucun courrier
Le père Noël n'avait plus qu'à buller
Las de cette situation
Il fit preuve d'imagination
"Mère Noël ne fait rien"
se dit-il "et pourtant elle a l'air bien"
Comme sa femme, pour s'occuper
La cuisine il voulut tester
Il décida de faire du pain
Pour nourrir tous ses lutins
Levure, eau, farine
La recette lui semblait radine
Se prenant pour un artiste
Il agrandit la liste
Et ajouta aux ingrédients
Quelques pincées de piment
Le soir à l'heure du dîner
Ca sentait le pain grillé
Les lutins affamés
Les babines se pourléchaient
Tout fier le père Noël apporta
Son œuvre au début du repas
Les lutins croquèrent à pleines dents
Sans réfléchir le pain au piment
Rouge, vert, jaune, bleu
Des torrents de larmes leur sortent des yeux
Pour calmer le feu de leur gosier
Les lutins courent dans tout la maisonnée
Se jettent sur l'eau pour apaiser
La brûlure qui leur monte par le nez
Finalement devant le père Noël étonné
Leurs appendices nasaux se mettent à fumer
Et des flammes à cracher
Sur l'apprenti cuisinier
Bientôt totalement carbonisé
Voyant cela la mère Noël se met à crier
Les lutins se font engueuler
Toutes les cendres il faut nettoyer !
Hop ! en grommelant, d'un coup de balai
Par la fenêtre, le père Noël est jeté.
Vendredi 10 février 2006
Le Père Noël finissait son 8342ème cadeau
Quand Mère Noël, par la porte entrouverte,
Lui gueula: "Au souper gros Ballot !
Je t'ai fait ton régal, des nouilles aux pommes vertes".
(ou "C'est des nouilles aux épinards, toutes vertes")
Père Noël, surpris, relâcha ses ciseaux,
Et fut pris à l'œil d'un retour de bolduc.
Aveuglé, et sautillant comme un poisson hors de l'eau
Il s'entortilla les pieds dans du papier caduque
Sur la carpette, il tenta de s'asseoir,
Mais en s'affalant, il se raccrocha au dévidoir.
Et ainsi, de papier, scotch et bolduc entouré,
Tel un cadeau de bohême, il périt étouffé !
Vendredi 10 février 2006
Le père Noël avec son âge avancé
Avait pour mère Noël bien du mal à bander.
La mère Noël complètement dépitée
Envoya chercher de quoi le remonter
Le Ginseg n'avait pas marché
La corne de rhinocéros était restée sans effets
Quand arriva le Viagra
Ce fut la bamboula
Le père Noël prenait tout ce qui passait
Les lutins déguerpissaient
Il fut alors pendu
Et là ! Mère Noël ne fut pas déçue !
Comme ça elle le fit empailler
Et fut heureuse pour l'éternité !
Vendredi 10 février 2006
Le père Noël rêvant de ses cadeaux,
Se dit qu'il en avait plein le dos
Laissant tomber son traîneau
Il se tira à dos de chameau
Direction le Kosovo
Ah ! Ah ! Ce sera plus rigolo !
Plutôt que de clamser d'une cirrhose
Autant mourir d'autre chose !
Valsant entre les Snipers
Il dura plus qu'à son heure
Alors, légèrement blessé
Il vit un terrain dégagé
C'était un terrain miné
Il finit tout déchiqueté

… Avec les bouts qui sont restés
On a fait un jeu d'osselets…
 

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