Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous parler d'une BD. Oui, je sais, ça ne m'arrive pas souvent, j'ai plutôt tendance à vous parler de téléfilms bidons, ou de people qui ont la vie difficiles, mais, cette fois, vraiment, j'ai envie de vous parler Culture (la majuscule n'est pas une faute de frappe).
Mais ce n'est pas triste. Pas larmoyant, ni pontifiant. Avec un sujet pareil, on pourrait pleurer à toutes les planches, mais non. C'est juste la chronique d'un quotidien. Le quotidien d'un couple de trentenaires, plutôt classique, et des pilules bleues qui ponctuent leurs journées. Parce que des pilules il faut en avaler pas mal pour lutter contre la maladie. C'est aussi un quotidien fait de questions existentielles liées au sida. Des questions bêtes et des grandes questions. Dit comme ça, je ne sais pas si ça fait envie, mais c'est un livre simple avant tout. Emouvant. Et qui rappelle que le sida est toujours là. Sans donner de leçon ni verser dans l'apitoiement.
C'est surtout un livre qui donne envie d'aimer. Parce qu'ils s'aiment ces deux là. Et peut être qu'ils s'aiment encore plus que les autres parce qu'ils savent que tout peut s'arrêter demain. Parce que leur amour peut devenir tragique. Que leur vie peut basculer du jour au lendemain. Alors ils vivent leur amour simplement. Mais ils le vivent à fond. Comme si chaque jour était le dernier. Parce qu'ils ont conscience d'être mortels. Même s'ils n'y pensent pas tout le temps. Ils gardent ça dans un petit coin de leur tête. Forcément. Alors que c'est ce que chacun de nous essaie d'oublier. Forcément.
Plus qu'une BD sur le sida, sur la trithérapie, sur les couples hétéros qui eux aussi peuvent être touchés, c'est un livre sur l'amour. Quand on le referme, on n'a qu'une envie : aimer encore plus fort celui (ou celle) qui partage notre vie. Comme si chaque jour était le dernier. Parce qu'après tout, on est tous mortel. Et rien que pour ça, c'est un livre magnifique.