Je le redis ? J'ose le redire ? Allez, j'ose : journaliste c'est un métier formidable. Grâce à mon travail, je rencontre des stars, je côtoie du beau monde, je suis dans le show bizness ! Alors, dans ma grande bonté d'âme, j'ai décidé de tout vous dévoiler, de vous faire profiter d'un peu de cette lumière des stars, d'un peu des coulisses, là où les choses se passent, comment sont les stars, qui elles sont vraiment, qu'est ce qu'elles mangent, qu'est ce qu'elles disent, si elles sont aussi belles en vrai que dans la télé. Parce que tout ça, moi, je le sais (et puis j'anticipe sur vos désirs, je suis sûre que ça vous intéresse plus que de savoir comment isoler sa toiture en laine de mouton. Parce que ça, petit rappel, je le sais aussi).
Je lui pose une question fatale : "Vous avez un côté animal sur scène, non ?". Réponse : Oui. Je suis une intervieweuse de choc. Personne n'a jamais osé lui poser cette question c'est sûr. Je suis trop forte !
Il me dit qu'il aime ses fans, qu'il leur doit tout. Je crois que ça va être l'interview du siècle!
Maintenant j'ose l'impertinence. Je sens que ça va bien se passer. Il y a un feeling entre nous, c'est clair. D'ailleurs, il me sourit. Même, il me fait une œillade. La vache, j'hallucine, je suis en train de me faire draguer par Calogero himself ! Attention, je me lâche : "Euh… En lisant votre dossier de presse, j'ai lu un article qui disait que vous faites de la variété sur album mais que sur scène c'était du rock… Qu'est ce que vous en pensez ?". Je suis toute rouge. J'en reviens pas moi-même, ça c'est de la question osée, limite pas sympa. Je suis la nouvelle Marc Olivier Fogiel ! Faites gaffe, je mors !
J'ai pas trop écouté la réponse du coup. J'étais trop occupée à m'imaginer animer un "prime" en direct d'une grande chaîne hertzienne… Il me refait un sourire. En plus, il ne m'en veut pas ! Les stars aiment qu'on les malmène un peu.
C'est la fin de l'interview. Je lui dis merci. Il répond merci à vous. Les stars sont polies en général, il faut le savoir.
J'ai promis à ma copine Corinne de demander un autographe. J'aime pas trop faire ça, mais pour Corinne j'y vais. Elle est vraiment fan. Je lui demande de signer son DVD et de marquer un petit mot, pour Corinne donc. J'ai même apporté un marqueur indélébile pour l'occasion. J'ai tout prévu. Une vraie journaliste est forcément prévoyante…
Il commence à écrire "Amitié à Corinne" et soudain, il lève son stylo et me regarde par en dessous, un peu comme George Clooney dans Urgences. Le regard du lover. La vache ! J'ai une touche avec Calo. Il m'aime pour l'intelligence de mes questions, pour le feeling qui est passé entre nous, pour ma beauté fatale. Une star m'aime ! Il dit, avec un petit air coquin, "C'est toi qui t'appelle Corinne, non ?". Blanc. Je crois que je le déteste. J'ai jamais aimé sa musique de toute façon. J'aime pas les lovers en plus. C'est quoi ces manières de draguer comme ça, pendant une interview. On est des professionnels oui ou non ? Je dis : "Euh… Non, moi, c'est Cécile". "Ah ?" il répond. Il a l'air un peu déçu quand même que l'autographe ne soit pas pour moi. Il me rend le DVD. En moi-même, je crie "Je suis une professionnelle, moi môssieur ! Je suis Journaliste, moi !". En vrai, je m'achète un sandwich et je rentre chez moi. Il va déjeuner dans le restaurant du palace avec son attachée de presse.
Commentaires
:oD
Hem...
J'avais beau connaître l'histoire pour l'avoir entendue oralement, j'y ai cru à nouveau en te lisant. Pfff... il aurait pu t'inviter à déjeuner, quand même.
Pigeonne mais pas poule de luxe ! ;-) signé Calo
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