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Mercredi 17 mai 2006

Dimanche soir, deuxième partie de soirée, après avoir regardé bien sagement le film de Vincente Minelli sur Arte, je me dis, tiens, si je me faisais un truc un peu moins classe et que je me regardais un film sur TF1 ? (je me dis des trucs comme ça des fois). Et c’est ce que j’ai fait. J’ai zappé et je suis tombée sur la fin des Ailes de l’Enfer. Bon ce n’était que la fin, presque le dernier plan même. On y voyait Nicolas Cage en héros, bad guy mais bon gars quand même, qui vient de sauver le monde, et plus particulièrement sa fille et sa femme (du moins j’ai supposé que c’était sa fille qu’il serrait dans les bras après lui avoir rendu son lapin en peluche, sauvé d’une bagarre sanglante avec un psychopathe). Bref. Ce film là avait l’air pas mal dans le genre pas terrible mais c’est le suivant qui m’intéresse : Hollow Man.

C’est l’histoire d’un petit génie de la génétique qui découvre un jour un sérum pour rendre les gens invisibles, et qui découvre surtout le moyen de l’inverser. Un coup de sérum bleu, hop, invisible. Un coup de sérum rouge, hop, visible. Ils l’essayent sur un gorille, ça marche super bien. Alors, plutôt que de faire part de sa découverte au Pentagone qui finance ses recherches, il préfère ne rien dire et l’essayer direct sur lui. Coté invisibilité pas de soucis, ça marche. Par contre, quand il s’agit de le rendre à nouveau visible, là, ça coince. Le truc est instable. Le petit génie est condamné à l’invisibilité jusqu’à ce que ses collègues trouvent le moyen d’inverser le processus.

Là déjà ça devient un peu énervant parce que le génie, une fois invisible, il attend que ça se passe. Il reproche aux autres chercheurs de ne pas trouver de solutions, mais lui il ne cherche plus du tout. Il reste enfermé dans une pièce du labo et il ne participe pas aux recherches. Alors qu’on se dit que comme c’est lui qui a fait la première découverte, c’est sûrement lui qui pourrait faire la deuxième. Mais non. Peut être que son cerveau aussi il est devenu invisible pendant l’expérience. Peut être qu’il n’a plus de neurones. D’ailleurs ça se confirme parce que le mec devient dingue. Là aussi, y a bien eu des prémices, hein, on ne peut pas lui retirer ça à Verhoeven, il ne nous le fait pas devenir dingue du jour au lendemain, il avait des prédispositions. On voyait bien dès le départ qu’il était complètement mégalo, mais là il vire totalement psychopathe. D’abord il commence par aller violer sa voisine, sur laquelle il fantasmait dès le début… Ensuite, il a trouvé ça tellement bien de violer sa voisine qu’il se dit que rester invisible c’est décidément ce qui pourrait lui arriver de mieux dans la vie.

Jusque là c’est quand même pas mal, parce qu’effectivement ça ouvre tout un panel de réflexion. "Tu n'imagines pas ce qu'on est capable de faire quand on n'a plus besoin de se regarder dans la classe" dira à un moment donné le petit génie psycho, et c'est vrai qu'on imagine que c'est plus facile de faire des trucs pas bien quand on n'est pas confronté à son image, et surtout quand on est sûr que personne ne pourra jamais nous retrouver. D'ailleurs, l'histoire ne dit pas si la voisine a porté plainte, mais rien n'est moins sûr vu qu'elle a quand même été violée par l'homme invisible. Et qu'elle a bien vu qu'elle ne voyait pas son agresseur. Hé !

Là où ça coince c'est vers la fin. Les autres chercheurs décident de tout raconter au Pentagone, quitte à briser leurs carrières. Ils se sont bien rendu compte que le génie avait disjoncté et qu'il fallait faire quelque chose. Mais l'homme invisible ne le voit pas de cet œil (ah ah). Du coup, il se dit qu'il va tous les tuer, jusqu'au dernier pour continuer à vivre, violer et assassiner plein de gens tranquille.
Et là le film vire série B. Il coupe toutes les communications du labo, il change les codes d'accès, et la lutte s'engage, en huis clos, avec ses collègues. C'est là que ça devient vraiment énervant. Parce que ceux là, ils font tout ce qu'il ne faut pas faire. Ils auraient bien besoin de Nicolas Cage pour les aider à se débarrasser du psychopathe. Ils se séparent en petits groupes, du coup l'autre peut les tuer plus facilement. Ils ne portent pas leurs lunettes thermiques, alors que franchement c'est le seul moyen pour voir un homme invisible, tout le monde le sait. Quand ils se décident à les porter, l'autre a monté le chauffage et c'est cuit, ils ne distinguent plus rien.
Finalement, quand la plupart des scientifiques sont décimés, il en reste deux (son ex petite amie et son nouveau petit copain) qu'il enferme dans la chambre froide en réglant la température sur -40°. Attention, ça devient haletant :  la fille, en petit tee-shirt, réussit à bricoler un aimant et à ouvrir la porte. Scientifique ET résistante au froid. Elle réussit aussi à faire cramer le psychopathe avec un chalumeau (si, si), et ensuite à monter dans la cage d'ascenseur assez haut pour que l'explosion du labo ne vienne que lui lécher les fesses. Le bol qu'elle a c'est impressionnant. Et le petit génie psychopathe, à moitié brûlé, renaîtra de ses cendres, forcément, pour essayer de les tuer une bonne fois pour toute, avant de mourir vraiment dans la destruction du labo. La fille s'en sort. Son petit ami, blessé, aussi. On a eu peur…

Ce qui est dommage, c'est qu'il y avait plein de trucs bien dans ce film, plein de bonnes idées pour faire un vrai bon film. Mais non. C'est comme Volte Face, de John Woo, ça pourrait faire un film super intelligent mais ça fait juste un bon film d'action (les colombes en plus). C'est pas mal les films d'action aussi, mais faut pas faire semblant de nous promettre autre chose au début. Sinon, ça ne va pas. Et puis tant qu'à faire, que les victimes du psychopathe ne se laissent pas décimer bêtement c'est mieux. Parce que tout le monde en a vu, des films d'horreur, on ne peut pas faire semblant de ne pas en avoir vu. Alors, tout le monde sait qu'il ne faut pas se séparer quand on est poursuivi par un cinglé, et qu'il ne faut pas se retourner pour voir s'il est toujours derrière quand on court, sinon on trébuche. Y a des règles de base, mince ! Allez, hop, que tous les réalisateurs reregardent Scream pour les assimiler une bonne fois pour toute et qu'on n'en parle plus !

 
par Cécile Blanchard publié dans : Chroniques : tout, rien, n'importe quoi
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Commentaires

Wouah ! c'est un article de la mort qui tue, tout nickel ! bravo, continue à nous tenir en haleine comme ça ;-)
commentaire n° : 1 posté par : sylvain le: 17/05/2006 12:31:51

Entièrement d'accord avec Sylvain !


On prend plus de plaisir à lire la chronique qu'à  voir le film !

commentaire n° : 2 posté par : Aurélie (site web) le: 17/05/2006 14:22:24

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