Ca y est. Les rudes semaines de boulot sont finies. Ca se calme. Enfin, presque. J'étais à peine en train de me dire qu'il allait falloir à nouveau prospecter et me battre avec mon téléphone qu'il a sonné, le téléphone. Et je savais que ce n'était pas ma mère parce que j'étais chez elle. J'ai pris mon air le plus soupçonneux parce que décidément, je n'aime pas ce truc, mais j'ai décroché quand même. J'ai bien fait. C'était un rédacteur en chef, avec qui je n'ai jamais travaillé, qui m'appelait pour me donner des piges. Comme ça. Hop. Il avait eu mes coordonnées par un maquettiste avec lequel il travaille et avec qui j'ai moi-même bossé. Donc voilà. J'ai même plus besoin de me motiver pour décrocher mon téléphone. Il sonne tout seul maintenant !Je vais finir par l'aimer ce machin. Par arrêter de le regarder d'un œil torve dès qu'il se met à sonner. Au contraire. Bientôt ce sera avec un air ravi que je décrocherais le combiné. Ca me plait comme idée en plus. Parce que je ne tire aucun plaisir particulier à haïr mon téléphone, faut pas croire. Je ne l'aime pas parce qu'il ne m'aime pas. C'est tout. Mais s'il commence à m'aimer, ça va tout changer. Je suis comme ça moi. Je m'adapte. Y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis…
D'ailleurs, pour bien faire, il faudrait quand même que je le décroche le téléphone. Histoire de rappeler des rédacteurs en chef à qui j'ai envoyé des mails. Histoire d'être véritablement débordée encore pendant les deux semaines à venir. Parce que j'avoue que j'ai bien aimé être surchargée de boulot, courir partout, passer d'un dossier sur les régimes à une interview de Pascal Obispo, ou à un article sur les piscines écologique. Ca peut paraître étrange mais ça m'a plu. Je remettrai bien ça deux semaines de plus.
Et puis comme ça je pourrais me plaindre que je suis over bookée ! Et ça, j'aime bien aussi.
par Cécile Blanchard
publié dans :
La pigeonne ou chronique de la vie de pigiste