Dans Vis ma Vie hier sur TF1, deux patrons prenaient la place de leurs employés. Pas juste de leurs subalternes direct, ce serait trop facile, mais des employés du plus bas de l'échelle. Le directeur d'un hôtel très chic expérimentait ainsi les métiers de femme de chambre, bagagiste, plongeur, ou encore maître d'hôtel. Et le directeur commercial d'une entreprise de cassoulets allait passer deux jours à l'usine, sur les différentes chaînes. D'abord c'était très drôle, parce qu'aucun des deux n'avait jamais touché de près à ces différentes fonctions. "Vous avez 40 minutes pour faire la chambre" explique la femme de chambre au directeur. Panique à bâbord. Le lit est mal fait, il ne passe pas l'aspirateur sur le canapé, n'installe pas bien les coussins, ne regarde pas si quelque chose traîne sous le lit (pas de bol, il y a des charentaises !) et ne nettoie pas le sol de la salle de bain. Quand la gouvernante vient inspecter la chambre tout est à refaire. Rouge écarlate le directeur est à la fois désespéré et plié de rire. De son côté le directeur commercial fait tomber des manchons de canard à côté de la machine (La responsable de production : "vous avez perdu l'équivalent d'un kilo de manchons. Qui est ce qui nous demande des coûts de revient toujours plus serrés, hein ?"), gâche toutes les saucisses (le préposé aux saucisses : "C'est une vraie catastrophe. Faut pas le laisser faire ça"), ou oublie de remettre des couvercles dans la machine et bloque la chaîne de production. Debriefing lors de la pause repas. Les ouvrières : "alors c'est plus difficile que votre métier, hein ? Vous c'est de la tchatche, de la tchatche !", "Oui c'est vrai, mais moi quand je rentre à la maison, les soucis ne me quittent pas, j'ai le stress en permanence". Choc des cultures, des civilisations, compréhension, sobriété, efficacité, crédibilité. C'est fort.
Alors, au-delà du comique de situation et du côté forcément jubilatoire de voir les patrons trimer comme des fous, en essayant de respecter les délais qu'eux-mêmes ont imposé à leurs employés, la question est : Vis ma Vie est-elle une émission de service public ? Est-ce que grâce à cette émission, les patrons vont avoir une autre image de leurs salariés ? Vont-ils être plus souples sur les horaires, moins exigeants ? Ou carrément profiter de la situation ultérieurement en disant : "Faut pas me la faire, je sais très bien ce que vous faites, moi aussi je suis passé par là". Y a-t-il une suite à Vis Ma Vie, comme Ca se discute jour après jour où les téléspectateurs ont la chance de retrouver les protagonistes d'une émission précédente et de savoir ainsi ce qu'ils sont devenus (ont-ils arrêté de manger leurs cheveux frits dans l'huile d'olive ? Ont-ils trouvé l'amour sur Internet ? Ont-ils décidé de coucher avant le mariage finalement ?). Va-t-on savoir ce qui a changé dans le management de ces entreprises maintenant que les patrons ont goûté à la vie des petits employés ? Personnellement, je vote pour. Si Laurence Ferrari et Jean-Luc Delarue m'entendent…
Sur la même chaîne, le JT de Pernaud distille lui aussi du bonheur en barre. Mais pas du bonheur moqueur, comme Vis Ma Vie, non, du pur bonheur simple de la vie de tous les jours. Il en faut pour tous les goûts, du bonheur. Sur TF1. Aujourd'hui par exemple, j'y ai vu un reportage très intéressant sur le retour du Printemps. Si, si. Ca disait, en résumé que le printemps est revenu. Et que le soleil brille. Et que du coup les gens vont dans les jardineries choisir des fleurs pour leurs jardins ou leurs balcons. Avec le commentaire qui nous informe que le rose le rouge et le fushia sont les couleurs tendance de l'été 2006. Avec l'interview des clients de la jardinerie "Je voulais faire un mariage de bleu et jaune, parce qu'on a des balcons bleus chez nous", ou encore "Ca fait du bien un peu de soleil, les gens attendaient ça depuis longtemps, la semaine dernière il y avait encore de la neige dans les jardins", ou même encore "Moi, je veux des Primevères". Et Jean-Pierre (vous avez vu un peu comme la proximité s'est instaurée entre nous… A la fin d'un reportage pareil, j'ai trop envie de l'appeler par son prénom. Il est proche de moi cet homme là, je me dis) de conclure avec un bon rire franc : "En tout cas ça fait du bien de revoir des petites fleurs". Franchement, je peux rien dire, c'est vrai les petites fleurs moi j'aime bien…