Vous avez vu ? Britney s'est rasé la tête. J'avoue. Ca m'a vachement perturbée. Travaillée. Ca m'a une fois de plus fait réfléchir sur le sort de nos amies les stars. Britney Spears, qui passait allègrement du blond au brun, s'est complètement rasé la tête. La boule à zéro. D'après les articles des magazines people, d'après les images diffusées sur les sites Internet, Britney serait restée dix minutes dans sa voiture à pleurer, serait sortie soudain pour entrer dans un salon de coiffure et aurait demandé à la coiffeuse de lui raser la tête. Celle-ci aurait refusé. Sur les images, on voit Britney choper la tondeuse et paf, ni une ni deux, se raser la tête. Complètement. GI Jane. Ensuite, on voit Britney sortir du salon et entrer chez un tatoueur. Paf. Ni une ni deux. Un tatouage. Le lendemain, toujours filmée, Britney porte une perruque. Alors, bien sûr, je pourrais vous ressortir la théorie de l'argent qui ne fait pas le bonheur, de la célébrité qui fait le malheur, même, de la star riche mais désespérée, mal dans sa tête, dans ses baskets. Bien sûr Britney vient elle aussi d'entrer en cure de désintoxication, deux jours après s'être rasée la tête, ni une ni deux, comme Robbie. Bien sûr.En même temps ce qui est affolant dans ces images, ce sont le simple fait qu'elles existent. Ce qui est affolant c'est qu'on a envie de les regarder. On regarde Britney se raser la tête. Se faire tatouer. Rentrer dans sa voiture. Marcher dans la rue avec une capuche qui cache son crâne nu. Comme si c'était de l'info. Comme si c'était capital. On regarde et on se demande quand même, éclair de lucidité, qu'est ce qu'on s'en fiche de Britney qui marche dans la rue et va chez le coiffeur ? Parce qu'à la base, les paparazzi ne savaient pas ce qui allait se passer. Ils filmaient quand même. Britney va chez le coiffeur. C'est comme de regarder le loft. Y a rien à voir mais on regarde. Bon le fait qu'elle se rase la tête, c'est un événement c'est sûr. Britney est assez dingue pour se raser le crâne. Mais c'est exceptionnel quand il se passe quelque chose, hein, faut pas croire. Les paparazzi, ils la suivent au cas où. Et même quand il ne se passe rien, la vidéo est mise en ligne. Hé ! Britney se promène dans la rue, ça va faire des clics, ça, Coco.
En même temps, je prends Britney comme exemple mais ce n'est pas elle la plus forte pour ça. Non avec Britney, c'est un peu comme avec Pete Doherty, y a des chances pour qu'il se passe des trucs. Genre, elle fume alors qu'elle est enceinte. Elle manque de faire tomber son fils. Tout ça. Elle a un côté trash, Britney. En revanche, une qui est filmée tout le temps, mais vraiment tout le temps, c'est Paris Hilton. Et Paris, elle ne fait vraiment rien du tout. Déjà, elle est célèbre pour rien. Du coup elle est suivie tout le temps pour rien. L'essence même de sa célébrité, donc. Et ça fait plein de vidéos pleines de vide regardables sur le Net. Paris fait crier les élèves dans un bus scolaire, Paris reste bloquée à l'extérieur de sa maison, Paris mange (si ! si ! elle mange !!!), Paris cherche un truc dans sa voiture…
Ce qui est affolant aussi c'est que désormais, sur les vidéos diffusées sur le net, les paparazzi ne se cachent plus. On les voit. On les entend. On voit les caméras, les appareils photos, les micros, les flashs. On entend des gens appeler "Britney !", poser des questions "pourquoi vous être rasé les cheveux ?", "pourquoi avez-vous mis une perruque ?" (et encore j'utilise le vouvoiement mais comme c'est en anglais ça se trouve ils la tutoient).
On voit que Paris est suivie par dix personnes minimum dès qu'elle fait un mouvement. Et on voit que ça ne la dérange pas. Elle a l'habitude. Elle les ignore la plupart du temps, elle continue à discuter au téléphone (Paris est tout le temps au téléphone, elle signe des autographes d'une seule main, mange d'une main, conduit d'une main… elle est assez balèze). De temps en temps elle leur parle. Parfois même, ils interagissent ! Genre, ils lui viennent en aide, pour mettre de l'essence dans sa voiture quand elle tombe en panne par exemple. Et là, c'est un vrai tabou qui vient de tomber. Avant on avait l'impression que la photo de la star qui fait ses courses, elle avait été volée par un petit malin caché derrière une poubelle. Maintenant on sait qu'ils sont dix petits malins, que la "star" les voit très bien, qu'ils ne sont pas cachés derrière un arbuste, et même qu'ils se parlent, tiens ! Si on avait pu penser ça…
Je pourrais faire une théorie sur le rôle de la télé-réalité dans cette histoire. Je pourrais. Mais ce serait un peu long. Alors le dire là, paf, en une phrase, j'ai l'impression que ça suffit.
par Cécile Blanchard
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Chroniques : tout, rien, n'importe quoi
Dimanche soir j’ai appris (en regardant la télé… c’est fou ce qu’on peut apprendre en se scotchant devant la petite lucarne, généralement au moment où l’on s’y attend le moins), j’ai appris donc que ce n’est vraiment pas facile d’être une star. C’est vrai, ça fait du bien de le préciser. Surtout après que TéléStar a publié « les vrais salaires des stars de série télé » où on avait tendance à se dire qu’ils avaient bien de la chance de se faire 500.000 euros par épisode (ça c’est le cachet de Jack Bauer, pardon Kiefer Sutherland, dans 24). Et du coup on avait tendance à ne pas les plaindre. On avait tort !
Regardez Robbie Williams par exemple. Dans le documentaire qui lui était consacré dimanche soir (2h du matin soyons exacts sur l’heure) on apprenait qu’il n’était vraiment pas super joyeux de vivre. Déjà, le journaliste l’avait suivi tout au long de sa dernière tournée. Et, problème majeur pour un candidat au bonheur, Robbie déteste la scène. Ouais. Du coup forcément, il n’était pas heureux, vu qu’une tournée, par définition, c’est monter sur scène tous les soirs… Pas cool. En même temps, sur scène il se la donne Robbie. Moi ça m’a même donné vachement envie d’aller le voir. Même si c’est embêtant de savoir qu’il a l’air d’être à fond avec son public et qu’en fait il compte les secondes en se demandant quand il va bien pouvoir prendre une douche et retourner dans sa chambre d’hôtel. Mais bon.
Robbie Williams, nous dit le documentaire, déteste être sur scène. Parce qu’il flippe comme un fou. Et pourtant, dit en voix off le journaliste qui l’a suivi durant sa tournée « à le voir sur scène, je pense qu’une part de lui-même, même si c’est de l’ordre du subconscient, aime ça ». C’est bien ce que je me disais aussi…
Ensuite Robbie est malheureux parce qu’il a une addiction aux drogues, alcool et cocaïne pour être précis. Et l’un n’allant pas sans l’autre, quand il est malheureux en sortant de scène, pour oublier il passe la nuit à boire, ou à sniffer, voire les deux quand vraiment ça ne va pas du tout. Bon. Au fil du documentaire, il décide d’être sobre et du coup il joue aux cartes (au Uno soyons exact sur le jeu) avec ses musiciens, pendant des heures. La voix off : « Moi je pensais qu’une star du rock c’était des groupies dans les chambres d’hôtel, la fête, la défonce, et bien non. Depuis que Robbie a arrêté les drogues, ce sont des parties de cartes à n’en plus finir ». Ouais. J’aurais moi aussi eu tendance à penser que c’était pas ça la vie de rock star (comme quoi on a tendance à penser beaucoup de choses qui sont fausses…).
Enfin, l’autre truc qui rend Robbie malheureux, c’est les paparazzis. La voix off : « Quand on est une star, on n’a vraiment une vie pas comme les autres » (c’était sûrement beaucoup mieux formulé que ça, je le note comme je m’en souviens, en gros) « Robbie par exemple, quand il veut jouer au football, on est obligé de lui louer un terrain. Et il joue tout seul » (images de Robbie seul devant les buts en train de marquer) « Et les paparazzi sont aux aguets » (image de trois paparazzi en train de prendre Robbie en photo). Puis Robbie s’exprime : « Je déteste les paparazzi, je déteste les tabloïds je n’achète jamais ces trucs. Robbie va faire ses courses. Robbie joue au foot. Robbie va au parc. Robbie a une nouvelle meuf. Pfffff ! ». Ouais. Ca, on veut bien croire que c’est pas très cool. Ca doit pas rendre heureux tous les jours, c’est sûr. Et autre chose qui rend la vie de star « pas comme les autres », c’est aussi l’assistante de Robbie. Car Robbie est littéralement assisté. Une petite nana le suit partout, en permanence et veille à son bien être. « Si Robbie a mal aux dents, je prends rendez-vous chez le dentiste avant qu’on quitte la ville. Je veille à ce que le frigo soit toujours plein. Je gère son agenda… ». Quelle galère, franchement…
Finalement, au fur et à mesure de la tournée (et donc du documentaire qui, comme vous le savez, suit chronologiquement cette dernière) Robbie se déride. Il est de moins en moins malheureux. De moins en moins grognon. Il s’éclate de plus en plus sur scène. Finalement il découvre qu’il aime ça. Qu’il a été « idiot, égoïste » de se plaindre. Robbie : « Comment ai-je osé me plaindre ? Tous les soirs, quoi que je fasse, il y a 15.000 personnes en face de moi qui approuvent ! C’est fantastique ! J’ai une chance inouïe ». Oui. C’est ça aussi être star. Ce qui est dommage c’est que Robbie découvre les bons côtés de la chose durant les trois dernières dates de sa tournée : Copenhague, Paris (Yeah !) et Rotterdam.
Après, retour aux Etats-Unis, et aux dernières nouvelles, déprime et nouvelle addiction aux drogues (Robbie serait, selon les tabloïds, retourné en cure de désintoxication). Peut être que la scène lui manque. Peut être que les 15.000 personnes qui l’adulaient tous les soirs lui manquent. Que les paparazzis lui manquent, tiens.
La star est un être complexe. CQFD.
par Cécile Blanchard
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Chroniques : tout, rien, n'importe quoi
par Cécile Blanchard
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Y a pas que le texte dans la vie