Dimanche soir j’ai appris (en regardant la télé… c’est fou ce qu’on peut apprendre en se scotchant devant la petite lucarne, généralement au moment où l’on s’y attend le moins), j’ai appris donc que ce n’est vraiment pas facile d’être une star. C’est vrai, ça fait du bien de le préciser. Surtout après que TéléStar a publié « les vrais salaires des stars de série télé » où on avait tendance à se dire qu’ils avaient bien de la chance de se faire 500.000 euros par épisode (ça c’est le cachet de Jack Bauer, pardon Kiefer Sutherland, dans 24). Et du coup on avait tendance à ne pas les plaindre. On avait tort !
Regardez Robbie Williams par exemple. Dans le documentaire qui lui était consacré dimanche soir (2h du matin soyons exacts sur l’heure) on apprenait qu’il n’était vraiment pas super joyeux de vivre. Déjà, le journaliste l’avait suivi tout au long de sa dernière tournée. Et, problème majeur pour un candidat au bonheur, Robbie déteste la scène. Ouais. Du coup forcément, il n’était pas heureux, vu qu’une tournée, par définition, c’est monter sur scène tous les soirs… Pas cool. En même temps, sur scène il se la donne Robbie. Moi ça m’a même donné vachement envie d’aller le voir. Même si c’est embêtant de savoir qu’il a l’air d’être à fond avec son public et qu’en fait il compte les secondes en se demandant quand il va bien pouvoir prendre une douche et retourner dans sa chambre d’hôtel. Mais bon.
Robbie Williams, nous dit le documentaire, déteste être sur scène. Parce qu’il flippe comme un fou. Et pourtant, dit en voix off le journaliste qui l’a suivi durant sa tournée « à le voir sur scène, je pense qu’une part de lui-même, même si c’est de l’ordre du subconscient, aime ça ». C’est bien ce que je me disais aussi…
Ensuite Robbie est malheureux parce qu’il a une addiction aux drogues, alcool et cocaïne pour être précis. Et l’un n’allant pas sans l’autre, quand il est malheureux en sortant de scène, pour oublier il passe la nuit à boire, ou à sniffer, voire les deux quand vraiment ça ne va pas du tout. Bon. Au fil du documentaire, il décide d’être sobre et du coup il joue aux cartes (au Uno soyons exact sur le jeu) avec ses musiciens, pendant des heures. La voix off : « Moi je pensais qu’une star du rock c’était des groupies dans les chambres d’hôtel, la fête, la défonce, et bien non. Depuis que Robbie a arrêté les drogues, ce sont des parties de cartes à n’en plus finir ». Ouais. J’aurais moi aussi eu tendance à penser que c’était pas ça la vie de rock star (comme quoi on a tendance à penser beaucoup de choses qui sont fausses…).
Enfin, l’autre truc qui rend Robbie malheureux, c’est les paparazzis. La voix off : « Quand on est une star, on n’a vraiment une vie pas comme les autres » (c’était sûrement beaucoup mieux formulé que ça, je le note comme je m’en souviens, en gros) « Robbie par exemple, quand il veut jouer au football, on est obligé de lui louer un terrain. Et il joue tout seul » (images de Robbie seul devant les buts en train de marquer) « Et les paparazzi sont aux aguets » (image de trois paparazzi en train de prendre Robbie en photo). Puis Robbie s’exprime : « Je déteste les paparazzi, je déteste les tabloïds je n’achète jamais ces trucs. Robbie va faire ses courses. Robbie joue au foot. Robbie va au parc. Robbie a une nouvelle meuf. Pfffff ! ». Ouais. Ca, on veut bien croire que c’est pas très cool. Ca doit pas rendre heureux tous les jours, c’est sûr. Et autre chose qui rend la vie de star « pas comme les autres », c’est aussi l’assistante de Robbie. Car Robbie est littéralement assisté. Une petite nana le suit partout, en permanence et veille à son bien être. « Si Robbie a mal aux dents, je prends rendez-vous chez le dentiste avant qu’on quitte la ville. Je veille à ce que le frigo soit toujours plein. Je gère son agenda… ». Quelle galère, franchement…
Finalement, au fur et à mesure de la tournée (et donc du documentaire qui, comme vous le savez, suit chronologiquement cette dernière) Robbie se déride. Il est de moins en moins malheureux. De moins en moins grognon. Il s’éclate de plus en plus sur scène. Finalement il découvre qu’il aime ça. Qu’il a été « idiot, égoïste » de se plaindre. Robbie : « Comment ai-je osé me plaindre ? Tous les soirs, quoi que je fasse, il y a 15.000 personnes en face de moi qui approuvent ! C’est fantastique ! J’ai une chance inouïe ». Oui. C’est ça aussi être star. Ce qui est dommage c’est que Robbie découvre les bons côtés de la chose durant les trois dernières dates de sa tournée : Copenhague, Paris (Yeah !) et Rotterdam.
Après, retour aux Etats-Unis, et aux dernières nouvelles, déprime et nouvelle addiction aux drogues (Robbie serait, selon les tabloïds, retourné en cure de désintoxication). Peut être que la scène lui manque. Peut être que les 15.000 personnes qui l’adulaient tous les soirs lui manquent. Que les paparazzis lui manquent, tiens.
La star est un être complexe. CQFD.
par Cécile Blanchard
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Chroniques : tout, rien, n'importe quoi