Dans quel journal peut-on trouver des scoops ? Je ne parle pas des derniers potins des stars, les people j'ai déjà donné, j'en ai soupé c'est bon j'arrête au moins jusqu'à la fin de la semaine (sauf potin de dernière minute vraiment croustillant, il faut tout de même rebondir sur l'actualité brûlante). Le Canard Enchainé, oui , on peut y trouver des infos inédites, des enquêtes poussées sur de sombres histoires… Dans Paris Match éventuellement quelques scoops, oui. Dans les grands quotidiens éventuellement, aussi. Des "bonnes feuilles" (la publication en exclu de quelques pages d'un livre très attendu) dans l'Express, oui. Mais ce n'est pas de ceux là dont je veux parler.
Aujourd'hui le journal dans lequel on peut trouver des scoops, c'est Télérama ! Ca vous en bouche un coin ? Je vous entends d'ici : "Télérama cet hebdo culturel de la gauche chrétienne, intello bien pensant ?" (je ne critique pas là, c'est vous, je lis moi-même Télérama, j'y suis même abonnée). Je réponds : oui. Depuis quelques mois, Télérama balance des scoops en veux tu en voilà.
Ca a commencé avec le blog de Frantico. Vous savez, ce blog de dessinateur qui a fait un vrai "buzz" sur Internet. L'histoire d'un dessinateur loser qui décide de raconter en image ses journées. Gras, chauve, avec des lunettes, Frantico est aussi totalement obsédé sexuel. Bref. Au moment où le blog de Frantico connaissait de plus en plus de succès sur le Web, les rumeurs ont commencé à courir. Un auteur de BD célèbre se cacherait derrière le pseudo de Frantico. Les fans cherchent les similitudes, traquent l'imposteur. Mais personne ne parvient vraiment à percer le mystère. Et puis soudain, en février, une brève dans "Signes du Temps" de Télérama. Comme ça l'air de rien, la journaliste dévoile que Frantico n'est autre que Lewis Trondheim. Avec une interview de Trondheim qui avoue. Perso, ça m'a fait l'effet d'une bombe ! En même temps personne n'en a parlé, faut croire que Télérama n'est pas crédible en scoop… Et les rumeurs ont continué sur le Net. Alimentées par la révélation de Télérama, les septiques développant une théorie du complot, Télérama versus Trondheim, le premier détestant le second suite à une sombre histoire de BD non publiée… Pas vraiment le scoop qui a de l'impact...
Ce n'est pas tout. Deuxième scoop révélé par Télérama.fr (puis par l'édition papier ce mercredi) : " TF1 et le dictateur". Je cite : " C'est une histoire gaguesque et déprimante. Celle d'une vraie-fausse émission, enregistrée par TF1 à la gloire d'un des pires dictateurs de la planète, le méconnu mais non moins sinistre Saparmourad Niazov, auto-proclamé président à vie du Turkménistan. Une émission jamais diffusée en France, restée cachée pendant dix ans, et que Télérama s'est procurée à l'occasion de la sortie d'un livre édifiant sur les relations entre le géant du BTP Bouygues et cette obscure dictature d'Asie centrale, Le pays où Bouygues est roi, de David Garcia (Ed. Danger Public)". Le papier, signé Weronika Zarachowicz, ne fait du bruit que dans l'émission radio de Morandini sur Europe 1. Décidément, Télérama n'a pas de bol avec ses scoops.
Dernier scoop enfin : le cauchemar de Darwin, film documentaire choc, serait bidon ! Enfin, pas vraiment bidon, mais il donnerait une info totalement subjective de la réalité, n'apportant aucune preuve concernant le commerce d'armes, faisant l'impasse sur les bienfaits de la pèche à la perche, et donnant donc aux bobos parisiens toute l'occasion de se culpabiliser tranquille, puisqu'il parait qu'ils aiment bien ça. Un film pour faire plaisir aux Occidentaux en somme. Une idée développée aussi par Libération le même jour.
Bref. En tout cas, je ne sais pas ce qu'ils ont chez Télérama, si le directeur de la rédaction ou les actionnaires leur mettent la pression pour qu'ils trouvent des infos chocs, mais ils se la donnent en ce moment niveau scoops. En 15 ans de lecture de Télérama (j'ai commencé jeune je vous le rappelle) je n'avais jamais lu ça. Et ce qui est bizarre, c'est que leurs scoops ne sont pas mis en valeur. Pas de Une sur "Frantico est Trondheim", pas de gros titres sur le cauchemar de Darwin. Des brèves. Glissées comme des perles au milieu de l'hebdo. L'air de rien. On a des scoops mais faut pas le dire. Restons sobre. On va pas devenir racoleur non plus… Hé ! C'est Télérama quand même. Et ça, quelque part, ça rassure, finalement.
Après une telle soirée en compagnie des victorieux de la musique, je ne pouvais pas en rester là. People, people, toujours plus de people, c’est tellement agréable d’être si bien entouré, il fallait que je continue sur ma lancée. Mais cette fois j’allais viser plus haut. L’international ! A moi les people américains. Les gens célèbres all over the world. Les Oscar ! Je n’y étais pas en vrai, ni même via un écran de télé (je n’ai pas Canal+, quand on est pigiste on n’a pas de quoi se payer ce genre de futilité), mais via le site Internet officiel de la cérémonie. I speak english fluently, donc pas de problème pour moi… J’ai surfé. Sur toutes les rubriques. J’ai regardé la liste des nommés, celle des vainqueurs. J’ai assisté à la cérémonie par ordinateur interposé. Comme si j’y étais. Et je n’ai même pas critiqué. Les Américains, ils sont vachement meilleurs que nous en cérémonie, y a rien à dire. Bon quelques petites réflexions sur les tenues des stars par ci par là, un jaune un peu trop criard pour l’héroïne de Brockeback Mountain, Michelle Williams, un nœud un peu trop gros sur l’épaule de Charlize Theron, mais c’est tout. L’occasion de voir aussi que toutes les rumeurs disant que Jennifer Garner a du mal à perdre ses kilos de grossesse sont infondées. Dans sa robe longue dorée, elle est très bien, Jennifer. Les magazines people racontent n’importe quoi.
Mais le mieux dans le site des Oscars, ce sont les archives. La rubrique « style ». Là, on peut voir l’évolution des actrices au fil des années. Leurs différentes tenues d’une cérémonie à l’autre. Avec à chaque fois le nom des créateurs et des bijoutiers of course. « Keira Kneightley porte une robe asymétrique de Vera Wang, et des bijoux Bulgari ». Ou encore « Sofia Copolla a été élue l’une des plus élégantes femmes de la soirée. Gagnante d’un Oscar pour Lost In Translation, Copolla s’est distinguée par sa simplicité avec une création signée Marc Jacobs. La soie violette est mise en valeur par une échancrure croisée, et une ceinture enrubannée » (je traduis comme ça me vient, pour tous ceux qui ne sont pas fluent). Ne manque que les prix … On apprend ainsi que Renée Zelweger est très fidèle à un couturier américain, Carolina Herrera, puisque cela fait au moins quatre ans qu’elle porte ses créations. Que, lors de la 75ème cérémonie, Catherine Zeta Jones était boulotte. On peut même voir Shirley Temple, lors des toutes premières éditions des Oscars… et des dernières (50 ans les sépare, elle a changé pas de doute). Ou Drew Barrymore qui, en vingt ans de carrière a quand même carrément changé de style, de tête, et de carrure. C’est un exercice assez jubilatoire, et comme il y a beaucoup de stars, ça peut durer un certain temps.
En même temps j’étais quand même un peu déçue. Je pensais que j’allais plus rigoler que ça, que les tenues seraient datées, les coupes de cheveux dépassées. Mais pas trop en fait. Elles sont quand même toujours belles dans l’ensemble, les actrices et leurs robes. L’exercice est jubilatoire dans l’attente qu’il suscite, celle de voir une sublime créature avec une robe affreuse, une coiffure ringarde, ou pire, des épaulettes ! C’est mesquin, je sais.
Quand on passe sur la rubrique homme par contre, le suspens devient carrément insoutenable ! On se risque aux pronostics. George Clooney aura-t-il un costume croisé ou droit ? Will Smith un costume trois ou quatre boutons ? Ryan Philips portera t-il une cravate noire… ou grise… ou même un nœud papillon ? Pour les plus pointus, les fashion addicts, le quizz peut même porter sur la marque du costume : Calvin Klein, Georgio Armani, Paul Smith ? Les trois sont noirs, mais l'un d'entre eux, excentricité suprême, est en velours ! Lequel ?
Entre deux articles sur la géothermie et une interview en province, j'ai passé une soirée très éprouvante dans la galaxie des people. Toute une soirée en compagnie de ces êtres étranges et fascinants, un truc de malade. Ca a commencé avec les Victoires de la Musique. Je n'y étais pas en vrai (j'y suis déjà allée d'abord, et je ne suis même pas restée jusqu'à la fin tellement je m'ennuyais), j'y étais, en faux, devant mon petit écran. Mais j'ai vécu la cérémonie comme si j'y étais ! Tout pareil. Le strass, les paillettes, et l'ennui. Tout pareil. Sauf que j'étais tranquille chez moi alors je pouvais faire des commentaires, chose pas vraiment facile quand on est dans la salle, vu que votre voisin est peut être le manager, le producteur, l'ami ou encore l'attachée de presse de l'artiste que vous critiquez. Et ça, ça craint quand même un peu, surtout que je peux très bien être amenée à les revoir, rapport à mon travail. C'est vachement mieux d'être à la maison. On peut zapper quand on en a marre. On peut crier quand on n'est pas d'accord avec le verdict. On peut faire des pronostics avec ses amis sur l'attribution des Victoires (assez facile quand même, j'ai presque gagné à tous les coups). On peut baisser le son quand ça nous plait pas, c'est une option qui peut servir assez souvent. On peut manger en même temps, boire, discuter et danser si ça nous plait vraiment et encore plus si on attaque la troisième bouteille de la soirée. C'est cool.
Bilan, on a pas mal crié sur Drucker quand même, même s'il nous a appris des détails croustillants sur sa vie de people. Comme quoi il se levait tôt le lendemain. Comme quoi il faisait du vélo. Ou du tennis. Les deux sûrement. Comme quoi il connaissait trop bien plein de stars qui étaient déjà passées sur son plateau de Vivement Dimanche. Comme quoi le lendemain, son émission allait être géniale. Comme quoi il était déjà allé dans le 93, lui, et qu'il fallait pas la lui faire, 113, Disiz La Peste et le Saïan, il aime bien.
On a grimacé avec Camille. Même si c'est sûrement elle qui a gagné notre concours de grimaces de salon, je crois qu'elle nous a tous mis dedans, avec ses tics nerveux, du genre j'ai mal au nez et j'essaye de l'atteindre avec ma bouche, des mouvements de visage très rapides, pas faciles à faire du tout. Elle a du s'entraîner, ça, c'est comme pour écrire "Le fil" sur sa joue sans regarder. Ca a du lui demander plusieurs heures d'entraînement devant la glace, pour être sûre de pas se mettre le stylo dans l'œil, que ce soit bien écrit et compréhensible pour le public, pas un immonde gribouillage… Pas facile la vie d'artiste.
Tout le monde a trouvé Raphaël pas sympa, mais je leur ai bien expliqué que c'était un garçon timide et que ça lui donnait l'air hautain, comme tous les timides, beau de surcroît, on dirait qu'ils sont froids et suffisants, qu'ils ont les chevilles gonflées d'orgueil, tout ça, alors que pas du tout, c'est juste qu'ils ne savent pas trop quoi dire ni comment se tenir, je le sais, je suis timide, et en plus je l'ai rencontré Raphaël, et il est timide.
On a hurlé avec Katerine. Mais là, même la salle du Zénith s'est réveillée, l'espace d'une chanson. Même eux, ils ont hurlé quand Katerine a dit qu'il baissait le son. Avec son super boa autour du coup, son air de diva capricieuse, il a assuré comme une bête. Lui et Anaïs, dans un autre registre, ils nous ont laissé bouche bée. On a arrêté cinq minutes de faire nos mauvaises langues pour écouter. Bien joué.
On a fini en faisant un strip-tease avec Cyril Attef, de Bumcello, qui a enlevé ses vêtements en venant chercher sa Victoire, bon il en avait d'autres en dessous, il ne s'est pas retrouvé tout nu, faut pas pousser même si ce n'était plus vraiment une heure de grande écoute, c'est le service public, pas de ça chez nous.
Je ne vous raconte pas la fin de soirée qu'on a passé…
C’était un de ces matins, paf ! où je me réveille avec une pêche d’enfer, prête à avaler tous les obstacles qui pourraient se mettre en travers de ma route. Un de ces matins où, paf, je sens que c’est parti pour une journée super efficace, bouillonnante d’idées et de culot. Un matin comme il n’y en a pas beaucoup dans une semaine… Bref. Ce matin là, j’ai décidé que j’allais appeler tous les magazines qui m’intéressent pour leur demander s’ils recherchent des pigistes, s’ils sont ouverts aux propositions et, si oui, pour quelle rubrique s’il vous plait. Un de ces matins où j’ai décidé de rappeler les chefs de rubrique à qui j’avais déjà envoyé un mail resté sans réponse deux semaines auparavant. Paf. Paf ! Et re paf !Pleine de bonnes résolutions, après un café et une douche revigorante, je m’approche du téléphone. Ô toi ennemi juré, c’est aujourd’hui que je vais te vaincre (me dis-je en mon for intérieur). Je le regarde intensément mon téléphone, il faut savoir impressionner l’ennemi. Je relis mes notes. J’ouvre sur mon ordinateur tous les fichiers dont je pourrais avoir besoin pour expliquer mes sujets, et même mon CV au cas où quelqu’un me demanderait ma formation et que je sois prise d’un subit trou de mémoire, bref, je mets tout à ma disposition, je prépare mon plan d’attaque et je me répète à quel point je suis trop forte. Je souffle un peu.
Paf ! J’arrête de réfléchir je prends mon téléphone je compose le numéro j’attends (il n’y a pas de virgules, c’est normal, dans la vie aussi ce passage va très vite). Ça sonne. Je répète mon texte « Bonjour monsieur machin, je vous appelle parce que je suis pigiste et je souhaiterais vous proposer des sujets pour votre rubrique Truc ». Ça sonne. Mon petit cœur bat la chamade, je sens que s’il ne décroche pas bientôt je vais bafouiller, je ne vais pas réussir à sortir une seule phrase intelligible, je vais oublier pourquoi je l’appelle. Ma confiance en moi s’effrite. J’ai tout juste le temps de me reprendre, parce que je suis dans une journée au top de la forme. Je me reprends donc, je me calme. Ça sonne toujours. Je suis sûre que mon sujet est bon, il rentre pile dans la ligne éditoriale du journal, c’est tout neuf ça vient de sortir, ils n’ont pas pu en parler avant. Je suis une killeuse. Kill ! Kill ! Ça décroche !
« Allo ? » ma voix est tout de même assez hésitante je trouve, du genre excusez-moi de vous déranger, je rappellerais plus tard, c’est pas grave, pardon, je m’incline bien bas c’est ma très grande faute, « Allo ? ». « Vous avez été transféré sur la boîte vocale de monsieur Machin. Veuillez laisser votre message après le bip ». Mince, j’avais pas vraiment prévu ça. Je raccroche ? Non, je suis dans une journée au top de la forme, je ne raccrocherai pas après avoir fait tout ce chemin « Bonjour monsieur Machin, je suis pigiste, je souhaite vous proposer un sujet pour votre rubrique Truc. J’aurais aimé qu’on en discute. Il s’agit de … Vous pouvez me rappeler au… Merci. Au revoir et à bientôt ».
Je raccroche, totalement épuisée. Vidée de ma force. Pour bien faire il faudra que je rappelle demain. Ou après-demain. Parce qu’il ne va pas rappeler monsieur Machin, c’est évident. Rien ne dit que demain je serais dans une journée au top de la forme. C’est le problème. Ni après-demain d’ailleurs. La semaine prochaine peut être ? Bon, si j’envoyais quelques mails maintenant ?
Je viens de finir de lire le dernier livre de Douglas Kennedy, « Les charmes discrets de la vie conjugale ». Tout d’abord il faut préciser que j’adore Douglas Kennedy, non pas que ce soit un grand écrivain, du genre qui révolutionne la littérature, mais ses livres se lisent tellement bien, son écriture est tellement fluide, et ses histoires toujours si bien menées qu’on ne peut que se laisser prendre au jeu de la lecture. Là, plus de 600 pages dévorées en trois jours, un bon score. Pourtant « Les charmes discrets de la vie conjugale » n’est certainement pas le meilleur de ses livres, ni le plus passionnant. Et puis quand on les a tous lus, ce qui est mon cas, on connaît la mécanique du Douglas : un personnage sympathique, généralement très droit et honnête qui va soudainement se retrouver dans une situation inextricable dont il va se sortir avec plus ou moins de dommages. Pour autant, je lis toujours ses livres avec plaisir, voire je les dévore. Parce qu’on se demande toujours comment les personnages vont s’en sortir. Et parce que les situations dans lesquelles Douglas les place sont de véritables nœuds de vipère, dont il paraît quasiment impossible de s’échapper, une sorte d’escalade du pire qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. C’est là la clé de tout. Mais dans « Les charmes discrets …», le plus intéressant n’est peut-être pas l’histoire en elle même mais le contexte qu’elle dépeint : l’Amérique des années 70, puis celle des années post 2001, les années Georges Bush. Dans une petite bourgade du Maine. Les déboires d’une femme athée, dont le père est un ancien révolutionnaire anti Vietnam, dans l’Amérique puritaine de nos jours, son patriotisme exacerbé, ses groupes anti avortement, sa morale et ses médias. Car le livre est non seulement une critique des dérives de l’Amérique post 11 septembre, vue par une de ses citoyennes mais aussi une critique de ses médias, de Fox News et autres journaux conservateurs. Plus largement une critique des médias en général, qu’on pourrait étendre à la France, n’était la sacro-sainte liberté d’expression américaine du premier amendement qui permet de diffamer à tout va, et repousse des limites qu’en France on s’est encore (un peu) fixé. Une critique de l’éphémère donc, puisque les médias trouvent « un os à ronger » avec l’histoire de l’héroïne, os qu’ils lâcheront bientôt pour un mets plus croustillant, plus en phase avec l’actualité brûlante du moment, avec les préoccupations des citoyens, avec l’audience et les parts de marché. Une critique du voyeurisme ensuite, de ce journalisme de proximité qui s’intéresse à l’adultère, au linge sale qu’on doit laver de préférence en public, c’est bon ça coco les larmes de la ménagère qui a trompé son mari, celles du mari cocu, et la vindicte populaire. Miam. Du sensationnel avec de l’ordinaire !
Enfin le livre de Douglas Kennedy est aussi une passionnante reflexion sur l’éducation et sur les directions, parfois inattendues, que prennent nos enfants. Il n’y a pas d’éducation parfaite, c’est entendu, tout le monde le sait, les enfants finissent toujours par se révolter contre le modèle de leurs parents, par prendre leur propre direction et faire leurs propres choix de vie, mais « Les charmes discrets… » y apporte sa touche, son propre constat, tout en justesse. Ça sent le vécu ! Douglas Kennedy aurait-il un fils détestant la littérature ? Ou votant républicain ? Une piste à explorer…
C'est hallucinant le nombre de choses qu'on apprend dont on n'aurait pas soupçonné l'existence quand on est journaliste. Et je ne parle pas des scoops ou des avant premières. Ni des potins ou des interviews exclusives. Non. Je veux parler des sujets qu'on est amené à traiter, quand on est journaliste généraliste.
Moi par exemple en ce moment, je sais tout ce qu'il faut savoir sur le chauffage solaire et l'isolation des toitures avec de la laine de mouton. Je sais même comment la poser moi-même, la laine de mouton (alors que j'habite un appartement dans Paris, du coup le toit, je ne risque pas trop de l'isoler…). Mais bon, je sais faire ça, du moins je sais écrire la fiche technique alors je suppose qu'en suivant ma propre fiche technique je devrais y arriver… si j'avais une maison… avec un toit à isoler. C'est pareil pour le chauffage en même temps, je ne risque pas de poser des panneaux solaires sur le toit de mon immeuble parisien, mais le jour où je voudrais je pourrais. C'est déjà pas mal.
Grâce au journalisme je sais aussi tout ce qu'il faut savoir sur le péril aviaire, pas la grippe, le péril, c'est-à-dire le danger que représentent les oiseaux sur les pistes d'aéroport et les différents moyens mis en place pour les chasser. Quand je prends l'avion comme ça, je comptabilise dans ma tête le nombre d'accidents au décollage et à l'atterrissage dus aux oiseaux, les dégâts qu'ils peuvent causer aux réacteurs ou même à la carlingue de l'avion. C'est très utile en fait. Je me sens plus savante que le reste des passagers… et sûrement un peu plus stressée aussi, du coup. C'est ça, le retour de baton du savoir, je ne peux pas fermer les yeux sur une réalité.
C'est encore le journalisme qui m'a amené à me poser la question : comment faire pour bien dormir ? Moi qui n'ai jamais eu aucun problème de sommeil, plutôt des soucis de réveil pour être honnête, je connais maintenant tous les trucs et astuces pour se ménager une bonne nuit, sans somnifères. Je sais aussi ce que valent telles ou telles croquettes pour chiens ou chat, d'ailleurs, si je peux me permettre un conseil : si vous avez un chien ou un chat évitez les aliments "hard-discount"… Je dis ça, parce que je sais. Faites moi confiance... Je sais aussi ce qu'est le Tax Free World Exhibition, j'y suis même allé : c'est le salon des professionnels du hors taxe. Quatre pages de reportage quand même. Bref. Je sais plein de trucs que tout le monde ignore, sur plein de sujets auxquels personne ne pense. Et sur lesquelles je serais resté ignorante moi-même si je n'avais pas été journaliste. C'est un métier formidable.
Une chose que les gens ne soupçonnent pas non plus –par "les gens" j'entends, les non journalistes bien sûr, le grand public en somme- c'est le nombre de magazines qui existent sur le marché (et qui disparaissent). Le Nouvel Obs, Télérama, L'Express, Les Inrockuptibles oui. Mais New'Zik, Turbulences, ou Exploits d'Hommes et d'Entreprises ? Ca vous sidère ? C'est fou le nombre de choses qu'on connaît, nous les journalistes, et que les gens ignorent. C'est pas pour rien qu'on est le quatrième pouvoir…
Je sais ça peut paraître surprenant (toujours moins que le fait de vouloir être Dominique Chapatte, non ?) mais c'est comme ça, et ça ne date pas d'hier en plus ! A 18 ans j'étais déjà au premier rang des concerts de Forguette Mi Note, groupe dans lequel Claire officiait en tant que chanteuse. C'était un de ces spectacles, les concerts de Forguette, j'en ressortais toujours ébahie et limite déprimée tellement c'était bien. Déprimée que ce soit déjà fini. Et aussi de ne pas être sur scène avec eux. Plus qu'un concert c'était toujours une performance.
Le percussionniste semblait complètement possédé, il tapait sur tout ce qui lui tombait sous la main, faisait des sons avec n'importe quoi, triturait ses cymbales et son gong pour faire entrer le spectateur, et lui-même, dans une sorte de transe. La violoniste, sautait à pieds joints en réussissant quand même à jouer des notes justes… quand le but n'était pas simplement de nous faire grincer des dents en produisant des sons stridents. Le contrebassiste, modèle de calme dans cette furie, semblait caresser sa contrebasse avec le plus grand soin. Et Claire dans tout ça fascinait avec sa voix. Car la voix de Claire c'est quelque chose. D'indéfinissable tellement c'est bien. A l'époque de Forguette, elle la triturait au point de lui faire mal. Elle montait très haut, s'approchant du chant lyrique. Elle hurlait très fort. Voire elle sortait parfois des sons de gorge très étranges, des trucs qu'elle était sûrement la seule à savoir faire.
Comme si ça ne suffisait pas, Claire est belle. Les yeux clairs, les cheveux bouclés, la silhouette fine… elle a tout pour elle.
Pour couronner le tout, elle a l'air vachement sympa.
Avec toutes ces qualités mises bout à bout, en bonne fille qui se respecte, je devrais la détester. C'est vrai quoi, on n'a pas idée d'être aussi gâtée par la nature. C'est pas juste. En plus, maintenant qu'elle est seule en scène, et seule pour faire son album "Boucle", le succès commence à lui sourire. Normal, c'est tellement bien. Elle a appris à chuchoter, à chanter à l'oreille de l'auditeur. Elle peut toujours monter dans les aigus mais elle a su adoucir sa voix. Elle est toujours aussi belle, dix ans après Forguette. Ses concerts sont des petits bijoux, des écrins de sensualité avec parfois un reste de sauvagerie.
En même temps, si j'étais Claire Dit Terzi, je ne pourrais pas aller la voir sur scène, et me laisser emporter par cette voix magnifique. Ce serait moi. Je louperais quelque chose…
Tout le monde connaît la Route du Rock, ce festival d'été à la programmation très pointue qui se tient tous les ans à Saint Malo. Mais la Route du Rock version hiver, personne n'y était ! Moi si ! C'était le week-end du 17 et 18 février, et avec trois copains, journalistes et photographes, on y est allé. On voulait pouvoir dire "On y était !" vu que c'est la première édition de la déclinaison hivernale. Comme j'étais accréditée en tant que photographe, j'ajoute ici quelques photos de l'événement. 
A gauche, la chanteuse de Villeneuve, un groupe à la pop élégante.

A droite, le chanteur de The Nits, un groupe de chansons folk assez agréables mais surtout un réel plaisir de les voir s'amuser à ce point sur scène!

L'un des chanteurs des Test Icicles (ils sont trois à se partager le micro et les instruments). Un show epoustouflant, une énergie digne des années punk...

Pour finir, The Battle, groupe new yorkais de post-rock aux sons répétitifs qui virent à l'électro. Impressionnant!
Comme je trouvais que ça manquait de photos sur ce blog, ça tombe bien. Et puis ça prouve que je ne passe pas tout mon temps à écrire des articles pour La Pigeonne... la semaine seulement, le week-end, je bosse !