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Vendredi 14 avril 2006
C'est terrible, Lost. C'est hyper stressant. C'est tellement bien que pendant les vacances avec des copains on s'est regardé l'intégralité de la saison 1. A savoir quand même 25 épisodes d'à peu près une heure chacun. Autant dire qu'on y a passé des nuits entières. Surtout qu'on n'était en vacances que cinq jours tous ensemble…

Mais là où ils sont super forts Lost, là où ils excellent vraiment, c'est dans le marketing. Parce que oui les scénarios sont bons, les plans sont supers, les personnages attachants ou surprenants, et toute l'action est très bien menée, mais le plus puissant de tout c'est ce qu'il y a autour.  Notamment pour la saison 2.

Accrochez-vous c'est tordu. Dans la saison 2 de Lost, on découvre que les réfugiés de l'île lisent un livre qu'ils ont trouvé dans l'avion. Le livre, baptisé "Bad Twin" sera en vente dans le monde réel. Son auteur, Gary Troup, aurait remis son manuscrit à la maison d'édition Hypérion Book avant de disparaître dans un accident d'avion… Sur le site de la maison d'édition, on peut lire "Gary Troup a embarqué à bord du vol Oceanic 815 qui a disparu entre Sydney et Los Angeles en septembre 2004. Il est toujours disparu et présumé mort".
En plus, le livre pourrait donner des indices sur l'île et sur la suite des événements de la série.

Et ce n'est pas tout, le site de la compagnie aérienne, Océanic Airlines, est accessible sur le web. "Tous les vols sont suspendu" déclare le site en page d'accueil."Après 25 ans de service, nous sommes obligés d'arrêter nos activités vu la situation financière après la tragédie du vol 815. Nous sommes profondément désolés de ne plus pouvoir satisfaire nos nombreux clients et nous excusons pour les désagréments que cette décision pourrait engendrer." Et si l'on essaye de cliquer sur "réserver un vol", l'écran clignote et les chiffres maudits s'affichent…

Après, je suis allée faire un tour sur les sites de fans, histoire de glaner des infos sur la série. Bon évidemment, j'ai l'air de tomber de la lune quand je parle du site d'Oceanic Airline parce que les fans, eux, ils ont tout décodé. Ils ont découvert que quand on surligne la page d'accueil du site, des messages bizarres apparaissent, du genre "J'ai survécu à un horrible crash d'avion. Je me trouve quelque part sur une île entre le Nord Est de l'Australie et le Sud Ouest d'Hawaï. Si quelqu'un trouve ce message, s'il vous plait faites part de mon sort à mes parents"… Ils ont aussi trouvé plein de bandes-annonces cachées, plein d'indices, plein d'images. Bref. Mon talent d'enquêtrice est mis à rude épreuve. Ils en savent dix fois plus que moi. Mais, ce qu'ils ne mentionnent jamais, les fans de séries, c'est à quel point les producteurs ont tout compris en leur donnant ce qu'ils veulent. Du mystère, des phrases cachées, des codes à trouver, des indices à glaner sur Internet. Et des bouquins à vendre, des t-shirts avec les chiffres maudits imprimés dessus, du commerce, quoi ! Le mélange de fiction et de réalité, les deux mondes (le nôtre et celui de la série) qui se confondent et qui finalement ne font qu'un, tout ça participe à la promotion de Lost… et fait d'autant plus écho à la série que personne, à l'heure d'aujourd'hui, ne sait non plus si les personnages de Lost vivent un fantasme ou s'ils sont réellement sur l'île.

Si je résume, ça donne : une fiction basée sur le fait que tout ce que le spectateur voit n'est peut être pas réel. Mais une fiction qui trouve des déclinaisons dans le réel du téléspectateur. C'est pas beau, ça, comme plan marketing ?

Mercredi 12 avril 2006
Ca y est. Les rudes semaines de boulot sont finies. Ca se calme. Enfin, presque. J'étais à peine en train de me dire qu'il allait falloir à nouveau prospecter et me battre avec mon téléphone qu'il a sonné, le téléphone. Et je savais que ce n'était pas ma mère parce que j'étais chez elle. J'ai pris mon air le plus soupçonneux parce que décidément, je n'aime pas ce truc, mais j'ai décroché quand même. J'ai bien fait. C'était un rédacteur en chef, avec qui je n'ai jamais travaillé, qui m'appelait pour me donner des piges. Comme ça. Hop. Il avait eu mes coordonnées par un maquettiste avec lequel il travaille et avec qui j'ai moi-même bossé. Donc voilà. J'ai même plus besoin de me motiver pour décrocher mon téléphone. Il sonne tout seul maintenant !
Je vais finir par l'aimer ce machin. Par arrêter de le regarder d'un œil torve dès qu'il se met à sonner. Au contraire. Bientôt ce sera avec un air ravi que je décrocherais le combiné. Ca me plait comme idée en plus. Parce que je ne tire aucun plaisir particulier à haïr mon téléphone, faut pas croire. Je ne l'aime pas parce qu'il ne m'aime pas. C'est tout. Mais s'il commence à m'aimer, ça va tout changer. Je suis comme ça moi. Je m'adapte. Y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis…

D'ailleurs, pour bien faire, il faudrait quand même que je le décroche le téléphone. Histoire de rappeler des rédacteurs en chef à qui j'ai envoyé des mails. Histoire d'être véritablement débordée encore pendant  les deux semaines à venir. Parce que j'avoue que j'ai bien aimé être surchargée de boulot, courir partout, passer d'un dossier sur les régimes à une interview de Pascal Obispo, ou à un article sur les piscines écologique. Ca peut paraître étrange mais ça m'a plu. Je remettrai bien ça deux semaines de plus.

Et puis comme ça je pourrais me plaindre que je suis over bookée ! Et ça, j'aime bien aussi.

Samedi 8 avril 2006
Entendu au journal de la nuit de France 2 le 4 avril, à propos des manifestations contre le CPE et les arrestations des casseurs : « Quatre policiers habillés en jeunes ont interpellé des casseurs ». Alors là, je m’interroge. C'est quoi, un jeune ? Parce que le jeune de France 2, ce n’est pas l’étudiant, c’est le casseur. Nuance. C’est le jeune, oui, mais pas n’importe lequel, c’est le jeune des banlieues. Il n’est pas habillé pareil que l’étudiant, le jeune des banlieues.

Parallèlement, une campagne de pub passe actuellement sur les mêmes écrans de télé. J’en ai vu une l’autre jour. Sobre. Efficace. On voit, en plan fixe, une jeune fille noire. Une voix off nous dit que tous les soirs, elle met le feu. La voix off précise qu’elle habite la banlieue. Alors, on pense forcément, elle est jeune, elle est noire, elle vient d'Aulnay Sous Bois, elle fait péter des voitures, forcément, hein, on est comme ça. Et puis avec toutes les images affreuses qu’on a vues sur les banlieues… Et bien non, elle met le feu parce qu’elle est DJ dans une boite de nuit. Elle met le feu à la piste de danse, elle assure, en fait ! Surprise !

Bon, en même temps elle est habillée tout pareil que les jeunes du JT de France 2, du moins que les flics habillés en jeunes. Comment on les reconnaît les bons jeunes des méchants s’ils s’habillent tous pareils ?

Si en plus on considère la possibilité que certains étudiants s’habillent aussi comme des casseurs (heu, pardon, comme des jeunes des banlieues… Je ne sais plus… Je m’y perds), avec la panoplie sweat, basket, sac, que les jeunes des banlieues ne sont pas tous des casseurs, et que même certains mettent des costards des fois, on va vraiment être complètement largués.

Ca devient super complexe…

Peut être qu’il ne reste plus qu’à éviter tous les jeunes pour être sûr de ne pas se tromper. On voit un jeune, hop, on baisse la tête, ou on change de trottoir. Au cas où il soit méchant. Ou que ce soit un policier. Qui nous prendrait pour un jeune casseur à cause de notre sac à dos et de nos baskets. On n’est jamais trop prudent…

Vendredi 7 avril 2006

Tout a commencé avec Paris Hilton. La jeune héritière milliardaire qui a tout sauf la célébrité, et qui veut donc ce qu’elle n’a pas. Qui l’obtient en faisant 1. Une sex tape diffusée sur Internet 2. Un jeu de télé réalité, The Simple Life. Ca marche. Paris obtient ce qu’elle veut. En plus d’être riche, elle est désormais célèbre, tout le monde parle d’elle, elle ne peut pas faire le moindre pas sans avoir cinquante paparazzi à ses trousses. A un point hallucinant quand même. On a eu droit au kidnapping de son chien (elle l’avait simplement oublié chez une amie), son accident de voiture (rien de grave, un petit accrochage), son téléphone portable piraté…

Bon. Qu’une riche héritière convoite la seule chose qu’elle n’a pas encore. Très bien. Qu’elle l’obtienne au delà de toute espérance, tant mieux pour elle. Mais que les gens déjà célèbres, eux, cherchent à l’imiter, ça me dépasse un peu. Et la meilleure imitatrice de Paris, c’est incontestablement Britney. D’abord, Britney a acheté le même chien que Paris. Un joli chihuahua. Mais ça à la limite, ce serait très léger comme plagiat. Mais Britney, surtout, a réalisé sa propre émission de télé réalité. « Britney & Kevin : Chaotic ». Et là, j’aimerais bien qu’on m’explique. Parce que Britney, elle est déjà célèbre, elle. Célèbre pour ses chansons, ses clips sulfureux, ses tenues vestimentaires, tout ça. Britney, elle vend des millions de disques à travers le monde, et elle remplit des stades entiers. Avant, les émissions de télé réalité c’était pour les gens qui aspirent à la célébrité, ou pour les anciennes gloires qui souhaitent revenir un peu dans la lumière, opérer un retour sur le devant de la scène. Mais les gens déjà célèbres comme Britney ? Quel intérêt ont-ils de dévoiler leur intimité ?

Dans Chaotic, on voit la relation naissante de Britney et Kevin. Leur premier baiser. Leurs hésitations. Leur premier je t’aime. Leur première nuit (enfin, on ne la voit pas vraiment mais Brit la raconte). Leur mariage. On voit aussi Britney sans maquillage. Britney blindée d’acné. Britney saoule. Britney qui fait des grimaces. Britney qui mâche un chewing-gum et qui fait des bulles. Britney qui doute. Elle n’est pas sexy du tout Britney en vrai. Mais elle est marrante par contre. Et elle a l’air très sympa. Elle s’entend bien avec tout son staff, ses body guard la considère comme leur petite sœur*, son assistante peut se permettre de lui dire ses quatre vérités. Dans le monde de Britney on a l’air de s’amuser pas mal et il y a vraiment une bonne ambiance.

Alors, d’accord. On va me dire que ça donne une image positive de la star, que ça la rend accessible. Mais quel est le but finalement ? Pourquoi les stars ont elles soudain envie de devenir accessibles ? Pourquoi Britney qui est déjà populaire ressent-elle soudain le besoin de casser son image ? C’est quoi cette manie ? On vit dans une époque où les gens veulent tous devenir des stars et où les stars veulent être des gens comme tout le monde. Comment voulez vous qu’on s’y retrouve ?

Résultat, elle a l’air maligne maintenant Britney. Après avoir affiché son bonheur avec Kevin dans Chaotic, elle devrait faire une émission de télé réalité sur sa vie conjugale et ses déconvenues. Tant qu’elle y est. Autant faire dans le glauque, dans le trash. Y a pas de raison. On veut savoir la suite, nous. Du réel quoi. De la vraie vie, avec des disputes, des larmes, des cris et des divorces. Chaotic jusqu’au bout !
Bilan : Paris 1, Britney 0.

 

*Ses body guards l'attaquent aujourd'hui pour non règlement des heures supplémentaires.

Mardi 4 avril 2006

Je bosse, je bosse, je bosse. Depuis la semaine dernière, je n'arrête pas. Je bosse. Dingue. Je ne fais que ça. Tous les jours. Quand on est pigiste on n'a pas l'habitude. Enfin, si. Mais d'habitude on bosse derrière son ordi, ou à regarder son téléphone (ça c'est ma spécialité, mais ça reste très personnel), chercher des idées de sujets, des magazines à qui les proposer, les contacter, se dire qu'on va les contacter, maintenant, aujourd'hui… ou demain peut être. Bref. C'est du boulot mine de rien. Faut de la motivation, de l'imagination, de la persévérance, tout ça. Mais c'est pas pareil. Là, je bosse en sortant de chez moi en rencontrant des gens, j'appelle des attachées des presse, je cale des rendez-vous téléphoniques, j'interviewe des gens. Je décroche mon téléphone (vous avez bien lu, ce n'est ni une illusion d'optique ni un défaut de votre écran), je décroche mon téléphone donc (et comme ce n'est pas pour me vendre, c'est tout de suite plus facile, limite agréable même).

La semaine dernière par exemple, j'ai été dans le studio de Pascal Obispo pour écouter son nouveau disque, le lendemain j'ai interviewé Pascal Obispo, le surlendemain j'ai fait mes premières recherches pour ma grande enquête sur les régimes et les fausses idées reçues alimentaires, le surlendemain j'ai interviewé David Walters, puis j'ai dérushé l'interview avant montage, et là je replonge dans les régimes (d'ailleurs, plus d'infos là-dessus bientôt, je vais vous donner des conseils pour l'été moi, vous allez voir ça, je suis devenue experte, j'ai rencontré les meilleurs nutritionnistes de la place de Paris, j'ai tout lu, tout vu, tout entendu sur le sujet), avant de faire un break du côté des piscines écologiques (oui, ça rejoint mes articles sur les toitures en laine de mouton et le chauffage solaire, c'est normal, c'est pour le même client).

J'ai l'air de m'émerveiller comme ça, alors que je ne fais que mon boulot finalement. La différence, c'est que tout s'enchaîne. Au lieu d'avoir une interview, trois jours de recherche de pige, un article à rendre, trois jours de recherche de pige, j'ai plus du tout le temps de chercher. J'ai juste le temps de bosser, pour tout rendre à l'heure dite.

Bref. Je bosse, je bosse, je bosse. C'est hallucinant comme je bosse. D'ailleurs, écrire que je bosse au lieu de bosser c'est peut être un peu limite, parce que ça prend quand même du temps. Et c'est toujours du temps en moins pour bosser.
Ce qui m'embête là dedans, c'est que les statistiques de mon blog ne cessent de baisser du coup. Normal: plus d'articles, plus de visiteurs. Ca me fait tout drôle. J'avais pris l'habitude de regarder mes petits graphiques qui grimpaient: toujours plus de monde, plus de commentaires, plus de pages vues. C'était chouette. Ne partez pas ! Promis, dès la semaine prochaine, je regarderais mon téléphone d'un œil torve avant d'écrire trois articles d'affilée pour mon blog. Tout redeviendra normal…

Mercredi 29 mars 2006

Dans Vis ma Vie hier sur TF1, deux patrons prenaient la place de leurs employés. Pas juste de leurs subalternes direct, ce serait trop facile, mais des employés du plus bas de l'échelle. Le directeur d'un hôtel très chic expérimentait ainsi les métiers de femme de chambre, bagagiste, plongeur, ou encore maître d'hôtel. Et le directeur commercial d'une entreprise de cassoulets allait passer deux jours à l'usine, sur les différentes chaînes. D'abord c'était très drôle, parce qu'aucun des deux n'avait jamais touché de près à ces différentes fonctions. "Vous avez 40 minutes pour faire la chambre" explique la femme de chambre au directeur. Panique à bâbord. Le lit est mal fait, il ne passe pas l'aspirateur sur le canapé, n'installe pas bien les coussins, ne regarde pas si quelque chose traîne sous le lit (pas de bol, il y a des charentaises !) et ne nettoie pas le sol de la salle de bain. Quand la gouvernante vient inspecter la chambre tout est à refaire. Rouge écarlate le directeur est à la fois désespéré et plié de rire. De son côté le directeur commercial fait tomber des manchons de canard à côté de la machine (La responsable de production : "vous avez perdu l'équivalent d'un kilo de manchons. Qui est ce qui nous demande des coûts de revient toujours plus serrés, hein ?"), gâche toutes les saucisses (le préposé aux saucisses : "C'est une vraie catastrophe. Faut pas le laisser faire ça"), ou oublie de remettre des couvercles dans la machine et bloque la chaîne de production. Debriefing lors de la pause repas. Les ouvrières : "alors c'est plus difficile que votre métier, hein ? Vous c'est de la tchatche, de la tchatche !", "Oui c'est vrai, mais moi quand je rentre à la maison, les soucis ne me quittent pas, j'ai le stress en permanence". Choc des cultures, des civilisations, compréhension, sobriété, efficacité, crédibilité. C'est fort.

Alors, au-delà du comique de situation et du côté forcément jubilatoire de voir les patrons trimer comme des fous, en essayant de respecter les délais qu'eux-mêmes ont imposé à leurs employés, la question est : Vis ma Vie est-elle une émission de service public ? Est-ce que grâce à cette émission, les patrons vont avoir une autre image de leurs salariés ? Vont-ils être plus souples sur les horaires, moins exigeants ? Ou carrément profiter de la situation ultérieurement en disant : "Faut pas me la faire, je sais très bien ce que vous faites, moi aussi je suis passé par là". Y a-t-il une suite à Vis Ma Vie, comme Ca se discute jour après jour où les téléspectateurs ont la chance de retrouver les protagonistes d'une émission précédente et de savoir ainsi ce qu'ils sont devenus (ont-ils arrêté de manger leurs cheveux frits dans l'huile d'olive ? Ont-ils trouvé l'amour sur Internet ? Ont-ils décidé de coucher avant le mariage finalement ?). Va-t-on savoir ce qui a changé dans le management de ces entreprises maintenant que les patrons ont goûté à la vie des petits employés ? Personnellement, je vote pour. Si Laurence Ferrari et Jean-Luc Delarue m'entendent…

Sur la même chaîne, le JT de Pernaud distille lui aussi du bonheur en barre. Mais pas du bonheur moqueur, comme Vis Ma Vie, non, du pur bonheur simple de la vie de tous les jours. Il en faut pour tous les goûts, du bonheur. Sur TF1. Aujourd'hui par exemple, j'y ai vu un reportage très intéressant sur le retour du Printemps. Si, si. Ca disait, en résumé que le printemps est revenu. Et que le soleil brille. Et que du coup les gens vont dans les jardineries choisir des fleurs pour leurs jardins ou leurs balcons. Avec le commentaire qui nous informe que le rose le rouge et le fushia sont les couleurs tendance de l'été 2006. Avec l'interview des clients de la jardinerie "Je voulais faire un mariage de bleu et jaune, parce qu'on a des balcons bleus chez nous", ou encore "Ca fait du bien un peu de soleil, les gens attendaient ça depuis longtemps, la semaine dernière il y avait encore de la neige dans les jardins", ou même encore "Moi, je veux des Primevères". Et Jean-Pierre (vous avez vu un peu comme la proximité s'est instaurée entre nous… A la fin d'un reportage pareil, j'ai trop envie de l'appeler par son prénom. Il est proche de moi cet homme là, je me dis) de conclure avec un bon rire franc : "En tout cas ça fait du bien de revoir des petites fleurs". Franchement, je peux rien dire, c'est vrai les petites fleurs moi j'aime bien…

Samedi 25 mars 2006

Il fut un temps où j'avais un copain qui avait le câble (c'est une thématique mais j'en ai bientôt fini avec ça). Quand j'allais chez lui, j'adorais (ne criez pas "zapper frénétiquement" pour finir ma phrase, ce n'est pas ça, vous avez tout faux, je suis une fille pleine de surprise), j'adorais regarder l'émission d'Howard Stern. C'est mon petit côté trash. C'est sûr, c'était beaucoup moins calme et moins glamour que l'Actor Studio, c'était aussi beaucoup moins intelligent et souvent beaucoup plus jubilatoire. L'émission n'existe plus, elle n'est même pas rediffusée et je ne suis d'ailleurs pas sûre que ça me ferait autant rire aujourd'hui. Howard Stern était répugnant avec ses cheveux longs et ses lunettes, il posait des questions toujours exclusivement sexuelles à ses invités, ces derniers étant rarement aussi prestigieux que ceux de James Lipton (je me souviens d'y avoir vu Pamela Anderson enlever son string), et c'était plutôt chouette.

Maintenant sur le câble je regarde des trucs beaucoup plus évolués. Par exemple j'ai revu des épisodes de Buffy Contre Les Vampires, ma série préférée (ne voyez aucune ironie dans cette phrase). Des épisodes non diffusés de OZ, le top de la série qui scotche à son canapé. De vieux épisodes de Friends, première saison sur Comedie !, dernière saison sur AB1, comme ça quand on zappe on passe de "Monica est avec un ophtalmo", à "Monica a des bébés avec Chandler", de "Ross est avec Rachel" à "Ross déclare sa flamme à Rachel" (c'est pas une blague, plusieurs années séparent ces deux épisodes).

Mais là où je me suis vraiment fait plaisir, c'est en regardant The Simple Life, saison 2, en VO. Oui, la série avec Paris Hilton et Nicole Richie, à l’époque où elles n’étaient pas encore brouillées.
On y voyait Nicole et Paris vendre des écrevisses qu’elles n’avaient pas péchées, faire les chaperons pour le premier rendez-vous d’une jeune fille de 13 ans ("Pas de maquillage pas de jupe courte pas de talons hauts" disent les parents "Opération pouffiasse" répondent les filles une fois que les parents sont sortis), s’embourber dans un champ au Texas ("Il ne pleut jamais autant à LA !"), manger du cochon (Le père : "Ce cochon quand on l'a eu il était aussi petit et mignon que le chihuahua de Paris, il était gentil ce cochon, vraiment, on l'aimait bien, on l'a élevé comme un animal de compagnie, et là dans les assiettes, il est toujours aussi sympa, ce cochon"), flipper dans la famille qui les accueille ("Tous les ans, on tue un crotale et on le dépèce" explique le fils devant une peau de serpent pendu au mur de sa chambre. "On se croirait dans Carrie !" rigolent les filles une fois seules). Le mieux, dans The Simple Life, mis à part les filles elles-mêmes, ce sont les petits bruits bizarres qui ponctuent leurs expressions ou leurs actions. Un genre de second degré mais très premier degré, pas le truc intellectuel, c'est la vie simple… A la fin de l'épisode, elles repartaient dans leur pick-up rose, vers de nouvelles aventures.
En attendant, j'aimerai bien savoir pourquoi elles se sont brouillées, Paris et Nicole. Malgré mes séances de surf assidues sur les sites de news people, j'ai jamais trop compris. C'est comme Eli et Dieudonné, Palmade et Robin, Pierre Richard et Gérard Depardieu.  Encore un duo comique qui périclite. The Simple Life ne sera plus jamais pareil…

Vendredi 24 mars 2006

J'ai été confrontée à un véritable cas de conscience hier. Je suis allée sur le blog d'un copain et je me suis rendue compte qu'il avait mis un lien sur La Pigeonne. Chouette ! Jusque là c'est plutôt une bonne nouvelle. Sauf qu'il a aussi rajouté un lien sur le blog d'un autre journaliste (Parlhot, très bien d'ailleurs, il est aussi dans mes liens). C'est là que ça se gâte. Pour Parlhot il écrit : "Sylvain est journaliste et il a du mal à décrocher. Dans son blog il ne mâche pas ses mots". Et pour la Pigeonne : "Vous rêvez de devenir journaliste ? Lisez ce blog et arrêtez de rêver !". Hum… Ca m'a fait un choc. Parce que bon d'accord, je raconte l'envers de la pige, et je me caricature moi-même, mais j'écris aussi des chroniques sur plein d'autres trucs et surtout, je les écris bien ! (non ?).

Le pire c'est que ce copain est chef de rubrique, donc potentiellement quelqu'un qui pourrait me faire bosser. Est-ce à dire que tous les chefs de rubriques vont prendre ce blog pour ce qu'il n'est pas : les chroniques d'une galérienne de la pige ? Et donc ne pas m'employer parce que, c'est bien connu, on ne fait pas travailler les losers ? Parce que c'est pas le but. Moi je me disais, les gens, ils sont intelligents, ils voient comment j'écris trop bien, ils savent lire entre les lignes, ils reconnaissent la caricature, l'humour et l'ironie, ils se rendent compte quej'ai un regard distancé, et que si je peux écrire ça, je peux écrire autre chose… J'ai toujours eu des petits doutes, hein, sur l'image de loseuse que ça pouvait véhiculer, mais je me disais quand même que les journalistes devaient s'attacher au style.

Bref. Ca m'a préoccupé pendant un petit moment, et j'ai trouvé la solution : j'ai créé un deuxième blog, Chropiges, dont je donnerais l'adresse aux professionnels. Je le mettrais même dans mon CV celui-là, tiens ! Dedans, il n'y aura que des chroniques et rien sur la vie de pigiste. Une pure vitrine. Pour être sûre que personne ne se trompe. Pour pas donner une mauvaise image de moi.
Et je continuerais La Pigeonne à côté pour me faire plaisir... Et toc !

Pfff. Trop dur le marketing de soi-même…

 

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