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  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Mercredi 17 mai 2006

Dimanche soir, deuxième partie de soirée, après avoir regardé bien sagement le film de Vincente Minelli sur Arte, je me dis, tiens, si je me faisais un truc un peu moins classe et que je me regardais un film sur TF1 ? (je me dis des trucs comme ça des fois). Et c’est ce que j’ai fait. J’ai zappé et je suis tombée sur la fin des Ailes de l’Enfer. Bon ce n’était que la fin, presque le dernier plan même. On y voyait Nicolas Cage en héros, bad guy mais bon gars quand même, qui vient de sauver le monde, et plus particulièrement sa fille et sa femme (du moins j’ai supposé que c’était sa fille qu’il serrait dans les bras après lui avoir rendu son lapin en peluche, sauvé d’une bagarre sanglante avec un psychopathe). Bref. Ce film là avait l’air pas mal dans le genre pas terrible mais c’est le suivant qui m’intéresse : Hollow Man.

C’est l’histoire d’un petit génie de la génétique qui découvre un jour un sérum pour rendre les gens invisibles, et qui découvre surtout le moyen de l’inverser. Un coup de sérum bleu, hop, invisible. Un coup de sérum rouge, hop, visible. Ils l’essayent sur un gorille, ça marche super bien. Alors, plutôt que de faire part de sa découverte au Pentagone qui finance ses recherches, il préfère ne rien dire et l’essayer direct sur lui. Coté invisibilité pas de soucis, ça marche. Par contre, quand il s’agit de le rendre à nouveau visible, là, ça coince. Le truc est instable. Le petit génie est condamné à l’invisibilité jusqu’à ce que ses collègues trouvent le moyen d’inverser le processus.

Là déjà ça devient un peu énervant parce que le génie, une fois invisible, il attend que ça se passe. Il reproche aux autres chercheurs de ne pas trouver de solutions, mais lui il ne cherche plus du tout. Il reste enfermé dans une pièce du labo et il ne participe pas aux recherches. Alors qu’on se dit que comme c’est lui qui a fait la première découverte, c’est sûrement lui qui pourrait faire la deuxième. Mais non. Peut être que son cerveau aussi il est devenu invisible pendant l’expérience. Peut être qu’il n’a plus de neurones. D’ailleurs ça se confirme parce que le mec devient dingue. Là aussi, y a bien eu des prémices, hein, on ne peut pas lui retirer ça à Verhoeven, il ne nous le fait pas devenir dingue du jour au lendemain, il avait des prédispositions. On voyait bien dès le départ qu’il était complètement mégalo, mais là il vire totalement psychopathe. D’abord il commence par aller violer sa voisine, sur laquelle il fantasmait dès le début… Ensuite, il a trouvé ça tellement bien de violer sa voisine qu’il se dit que rester invisible c’est décidément ce qui pourrait lui arriver de mieux dans la vie.

Jusque là c’est quand même pas mal, parce qu’effectivement ça ouvre tout un panel de réflexion. "Tu n'imagines pas ce qu'on est capable de faire quand on n'a plus besoin de se regarder dans la classe" dira à un moment donné le petit génie psycho, et c'est vrai qu'on imagine que c'est plus facile de faire des trucs pas bien quand on n'est pas confronté à son image, et surtout quand on est sûr que personne ne pourra jamais nous retrouver. D'ailleurs, l'histoire ne dit pas si la voisine a porté plainte, mais rien n'est moins sûr vu qu'elle a quand même été violée par l'homme invisible. Et qu'elle a bien vu qu'elle ne voyait pas son agresseur. Hé !

Là où ça coince c'est vers la fin. Les autres chercheurs décident de tout raconter au Pentagone, quitte à briser leurs carrières. Ils se sont bien rendu compte que le génie avait disjoncté et qu'il fallait faire quelque chose. Mais l'homme invisible ne le voit pas de cet œil (ah ah). Du coup, il se dit qu'il va tous les tuer, jusqu'au dernier pour continuer à vivre, violer et assassiner plein de gens tranquille.
Et là le film vire série B. Il coupe toutes les communications du labo, il change les codes d'accès, et la lutte s'engage, en huis clos, avec ses collègues. C'est là que ça devient vraiment énervant. Parce que ceux là, ils font tout ce qu'il ne faut pas faire. Ils auraient bien besoin de Nicolas Cage pour les aider à se débarrasser du psychopathe. Ils se séparent en petits groupes, du coup l'autre peut les tuer plus facilement. Ils ne portent pas leurs lunettes thermiques, alors que franchement c'est le seul moyen pour voir un homme invisible, tout le monde le sait. Quand ils se décident à les porter, l'autre a monté le chauffage et c'est cuit, ils ne distinguent plus rien.
Finalement, quand la plupart des scientifiques sont décimés, il en reste deux (son ex petite amie et son nouveau petit copain) qu'il enferme dans la chambre froide en réglant la température sur -40°. Attention, ça devient haletant :  la fille, en petit tee-shirt, réussit à bricoler un aimant et à ouvrir la porte. Scientifique ET résistante au froid. Elle réussit aussi à faire cramer le psychopathe avec un chalumeau (si, si), et ensuite à monter dans la cage d'ascenseur assez haut pour que l'explosion du labo ne vienne que lui lécher les fesses. Le bol qu'elle a c'est impressionnant. Et le petit génie psychopathe, à moitié brûlé, renaîtra de ses cendres, forcément, pour essayer de les tuer une bonne fois pour toute, avant de mourir vraiment dans la destruction du labo. La fille s'en sort. Son petit ami, blessé, aussi. On a eu peur…

Ce qui est dommage, c'est qu'il y avait plein de trucs bien dans ce film, plein de bonnes idées pour faire un vrai bon film. Mais non. C'est comme Volte Face, de John Woo, ça pourrait faire un film super intelligent mais ça fait juste un bon film d'action (les colombes en plus). C'est pas mal les films d'action aussi, mais faut pas faire semblant de nous promettre autre chose au début. Sinon, ça ne va pas. Et puis tant qu'à faire, que les victimes du psychopathe ne se laissent pas décimer bêtement c'est mieux. Parce que tout le monde en a vu, des films d'horreur, on ne peut pas faire semblant de ne pas en avoir vu. Alors, tout le monde sait qu'il ne faut pas se séparer quand on est poursuivi par un cinglé, et qu'il ne faut pas se retourner pour voir s'il est toujours derrière quand on court, sinon on trébuche. Y a des règles de base, mince ! Allez, hop, que tous les réalisateurs reregardent Scream pour les assimiler une bonne fois pour toute et qu'on n'en parle plus !

 
Dimanche 14 mai 2006

Oui, je sais. Ca peut paraître étrange de vouloir être deux personnes. Mais ces deux là, sont deux, et ils ne font qu'un. J'y peux rien, c'est comme ça, c'est écrit dans Libé. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts sont les chroniqueurs télé de Libé. Et on ne sait pas qui fait quoi. Qui est le cerveau, qui est la plume. Qui écrit quoi. Qui décide de quoi mettre dans l'article. Qui fait les bons mots, qui a le style, qui a l'idée. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, ce sont deux personnes qui écrivent toujours à deux, qui signent tous leurs papiers de leurs deux noms, donc, moi, je veux être les deux en même temps. C'est comme ça. Ils avaient qu'à préciser qui fait quoi comme ça j'aurais pu choisir.

J'avais déjà dit que j'aimais bien David Dufresne, l'ancien chroniqueur télé de Libé. J'aime encore mieux les deux autres. Ils sont encore plus drôles. Ils sont pertinents. Et puis surtout, ils écrivent dans Libé. Et puis encore surtout ils écrivent maintenant dans le supplément Ecrans de Libé. Et le supplément Ecrans, c'est vraiment, mais vraiment un hebdo qui me plait. Non seulement parce qu'il parle beaucoup de télé, forcément c'est quand même encore l'écran le plus regardé, la télé. Mais aussi parce que ces deux là écrivent dedans, et, sans faire de la lèche (Isabelle, Raphaël, si vous me lisez…), ça donne quand même une bonne partie de la saveur du truc. Cette semaine, ils ont filé la métaphore sur les chevaux de course et les animateurs télé. C'était assez sympa. Et puis quel journaliste peut se vanter de pouvoir être critique et drôle en même temps, tout en ayant du style, sur des articles concernant la télé franchement ? Y avait bien Alain Rémond à une époque, mais Alain Rémond n'est plus chroniqueur télé, il est chroniqueur tout court. Et il est quand même moins drôle qu'avant (moi qui ait gardé tous ses "Mon Œil" dans un classeur je sais de quoi je parle. Alain, si vous me lisez…).

Bref. Au risque de me répéter, je veux être Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts. Je veux même bien écrire dans le supplément Ecrans de Libé sans devenir eux, tiens. En fait, je crois que je veux être chroniqueuse télé. Pour faire simple. Tiens.

Vendredi 12 mai 2006

A la demande de mes nombreux lecteurs, les suites de la vie palpitante d'une pigiste chercheuse d'emploi (et bloggeuse de surcroît... mais le blog en pâtit, on est d'accord). Bref. Que s'est-il donc passé depuis mon dernier post ? Croyez le ou pas : rien ! Enfin, rien, c'est un bien grand mot. Je bosse toujours (ce qui explique aussi mon absence de ce blog. Je n'arrive plus du tout à trouver le temps, la motivation et l'inspiration pour écrire mes sublimes chroniques, si , si, sublimes, vous avez bien lu, j'assume). Je pige, je pige, je pige. Je bosse à temps plein sur mes piges qui (je croise les doigts) ne semblent plus vouloir s'arrêter de tomber toutes seules. Bon. J'ai bien envoyé quelques propositions par ci par là, mais dans l'ensemble je n'ai pas eu besoin de faire grand-chose. Du coup, la vie de pigiste devient plutôt agréable. Parce que ce qui ne me plait pas, moi, c'est de me vendre. C'est de chercher de nouveaux "clients", de devoir les appeler, et les convaincre. Mais s'il n'y a plus besoin de faire ça, je signe pour continuer. Finalement !

Ceci dit, si je trouvais un job salarié qui me plaise je signerais aussi… D'ailleurs, j'en ai trouvé un qui me plait vachement. Un truc terrible. Super intéressant. A cinq minutes à pied de chez moi en plus. Et à 4/5ème de temps, ce qui fait qu'il me resterait un jour pour piger. Ce serait pas la belle vie ça ? Bon. Je leur ai envoyé mon CV il y a deux semaines et je n'ai eu aucune réponse. Comme dès fois je peux être tenace, je leur ai renvoyé un autre CV (le même mais pas organisé pareil) aujourd'hui, avec même une autre lettre de motivation (parce que la première, je n'en avais pas gardé de copie). Comme ça, je pourrais pas me dire que je n'aurais pas essayé. Toc !

En parlant de CV, c'est ce qu'il y a de bien avec les entretiens, c'est que j'ai bien vu que le mien, de CV, il n'était pas terrible. Quelque part, ça m'a rassuré. Je me suis dit que c'était pour ça que je n'avais pas plus de réponses à mes envois de candidature. Lors de mon premier entretien, j'ai bien remarqué que la recruteuse était complètement perdue. Son regard passait d'une ligne à l'autre. Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce qu'elle a fait dans la vie ? Comment ça se lit ce truc ? Faut dire que j'avais rangé mon CV par thèmes, au lieu de le faire par ordre chronologique. C'était peut être original, mais c'était pas malin. Lors de mon deuxième entretien, la DRH m'a même dit qu'elle se demandait comment ils avaient réussi à me sélectionner, tellement mon CV était illisible. Hum… Y en a quand même une sur les deux qui m'a proposé un emploi, je précise.

Du coup maintenant, j'ai un tout nouveau tout beau CV. J'ai pas de nouveau job, mais je peux sûrement en avoir un quand je veux avec un CV pareil. J'essaye ? J'essaye pas ? Je vais peut être me le garder un peu pour moi, l'admirer un bon coup, avant de l'envoyer, celui là. Je vais peut être pas le soumettre tout de suite au jugement des recruteurs. Je vais peut être faire une pause au niveau du CV, du job, tout ça...
Je me tâte...

Jeudi 4 mai 2006

La vie de chercheuse d'emploi couplée à la vie de pigiste qui travaille est très compliquée. Deux vies passionnantes en même temps ça fait beaucoup pour une seule femme. Car depuis que j'ai dit que je bossais, je bossais, je bossais, et bien je bosse, je bosse, je bosse…. Et en plus j'ai des entretiens d'embauche ! Et ça, c'est un vrai parcours du combattant.

D'abord, un premier entretien pour un premier job. J'y vais. Ca se passe pas mal. L'après midi même, coup de fil (mon téléphone n'est plus mon ennemi… forcément il sonne tout seul), rendez vous pour un autre entretien pour un autre job. Et parallèlement, des piges qui tombent toutes seules, sans que j'ai besoin de les chercher. Une enquête de huit pages. Un papier de deux feuillets. Un autre de trois pages. Deux tournages. Je dis oui à tout.

Et je me rends au premier entretien du second job. Là, pas convaincue, je sors persuadée de ne pas avoir brillé. Une heure après, coup de fil, rendez vous est pris pour un deuxième entretien. Bon. Ca devait être mieux que ce que je croyais. Je rentre. Et j'écris mes articles. Je fais mes interviews. Je rédige. Et la semaine d'après, je vais au deuxième entretien du deuxième job. Qui se passe pas mal mais sans plus encore une fois. Je récapitule mon parcours. Pourquoi j'ai choisi la pige (parce que c'est un choix, à la base, oui, oui). Pourquoi je cherche un boulot salarié. Ce qui me plait dans le job proposé. Mes qualités. Mes défauts. Est-ce que j'ai trouvé les gens sympa à mon premier entretien ("heu… vous savez lors d'un entretien c'est difficile de savoir en même temps. On est là pour se faire juger, jauger, voyez vous, alors la sympathie… c'est dur à dire. Ils m'ont pas eu l'air méchant ça c'est sûr"). Et comment je suis avec mes amis, ce qu'ils pensent de moi ("sympa ! Enfin, j'espère"). Bref. Ils me rappellent en fin de semaine pour me dire si je suis embauchée. OK.

Je rentre chez moi. J'écris mes articles. Je fais mes interviews. Je rédige. Je reçois un coup de fil pour me fixer un deuxième entretien pour le premier job. OK. Et la fin de semaine approche. Alors, comme prévu, je reçois un coup de fil à propos du deuxième job. Positif ? Négatif ? "On aimerait vous revoir pour un troisième entretien". "Ah ? D'accord". La semaine suivante, je me rends donc au troisième entretien du deuxième job. Je récapitule mon parcours. Mes qualités. Mes défauts. Et comment je suis en entreprise. Est-ce que j'ai déjà fait tel truc, tel autre. Est-ce que j'ai des contraintes horaires ("parce qu'ici des fois on a des coups de bourre, hein. Des fois par contre c'est vachement calme" "Oui c'est un peu comme la pige, quoi"). Ils me rappellent bientôt pour me dire. Je rentre. Et je continue mes piges. Je suis un peu en retard avec tout ça. Et puis, j'ai un peu la tête ailleurs aussi.

Le lendemain ils me rappellent : c'est positif. Ah, oui mais j'ai toujours pas eu mon deuxième entretien pour le premier job moi. Je veux en savoir plus. Vous pourriez attendre un peu ? Oui mais pas trop. Bon. Le lendemain je vais au deuxième entretien du premier job. Dès le premier coup d'œil, la femme qui me reçoit me plait beaucoup. Alors je suis très à l'aise. Je récapitule mon parcours. Pourquoi la pige ? Pourquoi ce job ? Et au bout d'une demi heure elle me dit : "On a un autre poste qui se libère et moi, je vous verrais encore mieux dans l'autre poste". Ah ? Ca me va aussi. Limite, ça me va même mieux. "On vous rappelle en fin de semaine pour vous dire dans quelle case on vous met". Bon. OK. Je dis non au deuxième job alors. Pas de panique, ma vieille, tout baigne. Je rentre. Je rédige. Je bosse…

Lundi 24 avril 2006

Hier, après avoir regardé d'un œil "Meurs un autre jour" sur TF1 (pas terrible d'ailleurs mais là n'est pas le sujet), j'ai zappé sur On ne Peut pas Plaire à Tout le Monde. C'était beau comme du Marco. Ca faisait longtemps que je n'avais pas regardé cette émission et je n'en attendais pas moins d'elle… Je tombe d'abord sur une fin d'intervention de Christophe, toujours assez allumé dans son genre, et Marco annonce la suite : "Et tout de suite mesdames et messieurs, vous vous souvenez de La Petite Maison Dans la Prairie, n'est ce pas ? Vous vous souvenez de la méchante dans La Petite Maison Dans la Praire ? Et bien elle est avec nous ce soir ! J'accueille tout de suite Allison Arngrim qui jouait Nelly Oleson". Sous vos applaudissements. Allison est là parce qu'elle a tiré un one woman show de son expérience de méchante dans la petite maison dans la prairie. Et elle va le jouer en France, mesdames et messieurs ! Ca s'appelle "Confession of a Prairie bitch", "Confession d'une garce de la prairie" traduit Marco. Allison arrive sur le plateau, tailleur pantalon rayé, la grande classe, belle femme. "Bonsoir" lui dit l'animateur. Elle le regarde, étonnée. "Si elle ne sait même pas dire bonsoir comment va-t-elle faire pour jouer son spectacle en français ?" s'interroge Guy Carlier. Car, ses confessions vont être jouées en exclusivité à La Grande Motte mesdames et messieurs. Alison a donc jusqu'au mois de juin pour apprendre à parler français. Pour le moment elle sait dire "la petite maison dans la prairie" et c'est déjà ça, et en anglais elle a un débit assez proche d'une mitraillette, tant et si bien que la traductrice a beaucoup de mal à la suivre. Mais à part ça, elle a l'air plutôt sympa, Nelly Oleson, et elle est vachement plus jolie maintenant que quand elle avait 11 ans et une collerette sur la tête.

La fin de l'émission approche. Et Alison, exploit suprême, à réussir à dire dans le minimum de temps le plus de choses possibles. "Et maintenant mesdames et messieurs Christophe va nous chanter une chanson". "1 minute 15 Christophe !" crie Marco. Christophe prend son temps, attrape son micro, attend d'avoir des retours. Il va chanter a cappella. Moment de flottement. Très court le moment de flottement, mais quand on sait qu'il ne lui reste qu'une minute quinze, on a peur, on stresse. C'est long un court moment de flottement. Vas-y Christophe. Speede un peu. Chante un truc allez. Vite, vite. Faut pas traîner là… "1 minute, Christophe" éructe Marco. Christophe chante, face au public. Un premier titre. Quelques secondes. Puis change de morceau. Entonne "Les mots bleus". Les invités applaudissent en rythme. Le public applaudit en rythme. Chante avec lui. Et Christophe s'arrête. Dis qu'il va chanter un autre morceau. Histoire de faire un medley. Il est là pour faire la promo de son best of. Il hésite. Le public réclame Aline. Marco crie "Allez, Aline ! Plus que 5 secondes Christophe". Christophe chante Aline. 5. 4. Le générique défile. 3. 2. "Plus qu'une seconde !!!!" s'égosille Marco. Silence. C'est la fin. Pub. Pffou ! Je respire… C'est beaucoup plus stressant que James Bond, ONPP.

Vendredi 21 avril 2006

Je sais. C'est pas bien. Une semaine sans poster d'articles sur mon blog. J'ai vraiment pas la conscience tranquille quand je le laisse sans nouveautés aussi longtemps. Ca peut paraître bizarre mais c'est vrai. Ca me mine. J'y pense. Régulièrement. C'est un petit truc qui me trotte dans la tête. J'ai même parfois l'impression que plus j'y pense, et moins j'ai d'inspiration pour écrire de nouveaux posts. Alors je culpabilise encore plus. Et en plus je me sens pitoyable de ne pas avoir d'inspiration. C'est un cercle vicieux.

Faut dire que j'ai quand même des excuses. Car cette semaine a été plutôt riche en rebondissements dans ma vie de pigeonne. D'abord on m'a commandé une autre grande enquête de huit pages pour dans deux semaines. Ensuite j'ai eu deux entretiens d'embauche coup sur coup, qui me feraient abandonner ma vie de pigiste pour le fameux test de l'emploi salarié, vous savez celui que j'avais envie d'expérimenter, avec cette fameuse monotonie de la même fiche de paie à la fin du mois, ces collègues qu'on voit régulièrement au lieu de rester enfermé chez soi, tout ça. Je suis forte. Je suis prête à tenter le coup !  Je suis une aventurière, rappelez vous, une aventurière timide, mais quand même !

Je vous entends d'ici vous demander comment je vais faire, d'ailleurs, pour continuer ce blog si j'arrête d'être pigiste ? Hé, ho, doucement… Je me poserais vraiment cette question quand on me présentera des contrats à signer. Aventurière, mais prudente, la fille. La charrue avant les bœufs, la peau de l'ours avant de l'avoir tué, tout ça, c'est pas mon truc. Patience est mère de sûreté, si on doit rester dans les expressions (mais c'est vraiment pour vous faire plaisir)…

Jeudi 20 avril 2006

Il y a un petit moment de ça, quand je n'étais pas encore fluent in english mais que je m'entraînais à le devenir, j'avais commencé à lire Dreamcatcher, de Stephen King, en version originale, of course. J'avais acheté le livre par hasard, en me disant que Stephen King, ça ne devait pas être trop compliqué (avant j'avais essayé In Cold Blood de Truman Capote et je n'avais pas compris grand-chose), j'avais donc acheté le livre par hasard parce que le titre était sympa, l'attrape rêve, en français dans le texte, c'était poétique et tout. En fait de poésie, j'ai été servie.
Au départ, ça commence doucement, des amis qui partent en week-end dans un pavillon de chasse au fin fond de la forêt quelque part dans le nord des Etats-Unis, quelque part où il neige vachement. Je passe sur les détails mais au bout d'un moment, assez rapidement dans le bouquin, ils sont bloqués par la neige et ils recueillent un type qui erre dans les bois. Il a pas l'air bien, le type, plutôt mal en point même, il est perdu, et il a l'air de fuir quelque chose ou quelqu'un. Ils le recueillent donc et le type se met à avoir des gaz. Hum… A ce niveau là de ma lecture, je me dis que je ne comprends pas bien. Je regarde dans le dictionnaire mais je ne trouve pas des tonnes de significations, le type "pète". Et ça sent très très mauvais dans le chalet. Bon, je me suis dit que je ne devais vraiment pas être très bonne en anglais et j'ai arrêté de lire. Je me suis dit aussi que si c'était la bonne traduction, très peu pour moi.

Et bien l'autre soir, vous l'avez peut être regardé il parait que ça a battu tous les records d'audimat, sur France 2 ils passaient le film Dreamcatcher, tiré du livre de Stephen King. J'ai regardé. Pour voir si j'avais bien lu. Verdict, oui j'avais bien lu, dans le film aussi le type pète et ça sent très mauvais dans le chalet. Après, il y a même une bestiole immonde qui lui sort des fesses quand il va aux toilettes… Pour tout dire, j'ai fait comme j'avais fait pour le bouquin : j'ai arrêté de regarder. Ca m'a fait le même effet. Et ça ne m'a même pas fait plaisir de savoir que finalement j'étais déjà fluent à l'époque. J'ai peut être eu tort, peut être que le film devient génial après le passage des toilettes, peut être qu'il faut aller plus loin dans l'histoire pour apprécier. Tant pis.

Depuis, pour me prouver que je comprends super bien la langue de Shakespeare, j'ai lu tous les Harry Potter en anglais. Pas le même genre, mais je suis devenue accro par contre. La PotterMania m'a frappé. Du coup je connais plein de vocabulaire lié à la sorcellerie qui ne me servira jamais à rien pour dialoguer avec un anglophone. Mais au moins, je lis les livres en entier, sans me demander si j'ai bien compris, et puis en plus je peux frimer devant les enfants dans le métro parce que j'ai le tome qu'ils ne pourront lire que 4 ou 5 mois plus tard, quand la traduction française sortira. On a les petits plaisirs qu'on peut...

Samedi 15 avril 2006
Mercredi soir, "On a tout essayé" sur France 2 s'essayait à l'autopromotion. Peut-être que ça arrive souvent, remarquez, j'ai un peu du mal à me rendre compte vu que je ne regarde jamais cette émission, mais en tout cas ce soir là ils ont bien essayé et moi, j'ai été choquée. Peut-être que je suis une oie blanche, notez, mais c'est le genre de truc qui m'énerve un petit peu. Comme quand j'avais remarqué que Yves Bigot, à l'époque directeur des divertissements sur France 2, venait faire la promo de son livre sur les émissions culturelles de la chaîne. Ca me hérisse un peu le poil.

Bref. "On a tout essayé" donc, avait pour invité Pascal Légitimus. Très sérieux Légitimus, l'air concentré et pas spécialement heureux d'être là. Genre je fais le minimum syndical. Une vanne par ci par là histoire qu'on n'oublie pas que je suis un comique, mais point trop n'en faut, et vivement que ce soit fini. Légitumus était là pour parler, non pas de son dernier film, mais de son dernier téléfilm. Ce soir sur France 2 mesdames et messieurs. Un téléfilm formidable, qui évoque le problème du racisme dans la province (parce qu'en province, les gens ils n'ont jamais vu de Noirs, à part dans les films, alors quand ils en voient, forcément ils sont racistes, alors qu'à Paris, les gens ils sont ouverts… mais là n'est pas le sujet, je m'égare). Le racisme en Bourgogne, donc, mais avec humour tout de même. Parce que "derrière chaque bonne comédie il y a toujours une tragédie" comme le souligne très justement l'invité du jour. 

Comme le principe de "On a tout essayé" est d'essayer les produits proposés par les invités, Laurent Ruquier demande bientôt à ses chroniqueurs qui ont déjà vu le téléfilm de dire ce qu'ils en ont pensé. Les critiques ne vont pas tarder à affluer, se dit-on pleine d'espoir. C'est une chose de rire avec les invités, de faire un concours de vannes et de cirer un peu les pompes, mais quand vient la critique de l'objet de promo, là, on arrête de rigoler, on est sérieux, on dit vraiment ce qu'on en pense. On met des bémols en tout cas. Un petit peu au moins. Surtout que c'est un téléfilm familial. Sur France 2. Donc forcément un truc un peu consensuel, conçu pour plaire à toute la famille, les enfants comme les grands parents.

Verdict : la consensualité paye. La presse est unanime, mesdames et messieurs, c'est très bien. Oui, c'est drôle, c'est frais, c'est sympathique indique un chroniqueur. L'actrice qui joue au côté de Légitimus est blonde mais elle est formidable, merveilleuse, exceptionnelle ajoute un autre. En un mot c'est une très bonne comédie, à ne rater sous aucun prétexte, ce soir, 20h50 sur France 2.
Surtout, ne zappez pas.

 

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