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  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Dimanche 25 juin 2006

Dans le magazine Xposé numéro 10, Sarah Michelle Gellar (Buffy à l'écran) déclare : "Quand j'étais petite, les héroïnes des séries télévisées que je regardais -je pense à Facts of Life, Growing Pains ou Family Ties- étaient des cruches, ou, pires encore, des filles intelligentes qui se faisaient passer volontairement pour des cruches pour pouvoir séduire le garçon qu'elles aimaient. (…) Ce que je trouve intéressant avec les nouvelles héroïnes des séries télévisées, avec Buffy, pour ne pas la nommer, c'est qu'elles donnent aux jeunes filles des figures auxquelles elles peuvent s'identifier et qui leur permettent de gagner une véritable indépendance.". L'indépendance des femmes, le "girl power" est en effet l'une des données essentielles de Buffy Contre les Vampires.

A l'époque où la série commence à être diffusée, les Spice Girls sont en haut de l'affiche et inventent le concept de "girl power", ou le féminisme adapté à la fin du siècle. Buffy peut totalement être assimilée à cette mouvance. A elle seule, elle combine les particularités des cinq Spice Girls : "intello chic", piquante, sportive, baby doll, provocante.

Joss Whedon, le créateur de la série, a d'ailleurs maintes fois déclaré que l'inspiration lui était venue de cet archétype des films d'horreur qui montre une jeune fille blonde marcher tranquillement dans une ruelle se faire tuer. "Elle s'amusait, elle faisait l'amour, elle était pétulante. Mais tout de suite après, elle était punie pour toutes ces raisons. Du coup, j'avais dans la tête une tout autre scène : et si cette fille marchait dans cette ruelle obscure, si elle était suivi par un démon, mais que ce soit elle qui le détruise !"5. D'ailleurs, le premier épisode de la série Buffy Contre les Vampires commence de cette manière. On y voit un jeune couple semblant chercher un endroit tranquille pour un rendez-vous amoureux. La fille a l'air nerveux, comme si elle n'était pas sûre d'elle, comme si elle n'avait pas envie d'être là. Cette scène induit l'idée qu'elle prend un risque. C'est elle qui court un danger. Finalement, elle se retourne brusquement : elle s'est transformé en vampire et tue son compagnon ! "Je voulais que [Buffy] soit un phénomène culturel. Je voulais qu'il y ait des poupées, des Barbies qui pratiquent le kung-fu"5.

Effectivement, au premier abord, Buffy est une simple lycéenne, innocente, blonde et superficielle. Lors d'un flash back, on la voit sortir de son précédent lycée, une sucette à la bouche, vêtue de rose et discutant en minaudant avec ses amies. Apprenant son destin de tueuse, Buffy devra faire face à de nouvelles responsabilités, mais ne se déparera pas de son côté profondément féminin. Durant les deux premières saisons de la série, elle multiplie les allusions au fait qu'elle aimerait vivre une vie normale, avoir des petits amis, être populaire et sortir le soir ailleurs que dans les cimetières. Plusieurs épisodes tournent d'ailleurs autour de ce thème : "Sortilège" (épisode 3 saison 1), où Buffy tente de devenir pom pom girl pour s'intégrer dans son lycée, ou "Le bal de fin d'année" (épisode 5, saison 3) où elle fait campagne pour être élue reine de la promo.

De même, elle reste toujours sexy et "tendance". Ce n'est pas parce qu'elle tue des vampires et des démons à longueur de nuits, qu'elle doit négliger son apparence. Comme le dit Sherryl Vint, "[Buffy] est plus qu'un objet sexuel, mais elle n'a pas besoin de s'interdire d'être sexy pour être une femme forte". Buffy Contre les Vampires véhicule donc l'image d'une femme à la fois puissante et belle. Sherryl Vint y trouve là encore une raison d'aimer la série, et plus particulièrement, son personnage principal "[Buffy] est une femme forte, une femme qui combat elle-même, sans attendre qu'un homme le fasse à sa place. Pour moi, Buffy annule le stéréotype de la femme assistée de mon enfance – la fille qui gagnait le cœur du héros, mais n'était jamais elle-même l'héroïne. Buffy me frappe en tant que modèle positif pour les jeunes femmes.". Un modèle qui pourrait certainement être atténué par l'idée que Buffy est l'élue, ce qui sous entendrait qu'elle est peut-être la seule femme à combiner la beauté et la force. Cependant ce n'est pas le cas.

 

4 Essai de Sherryl Vint “Killing us Softly”? A Feminist Search for the “Real” Buffy

5Interview de Joss Whedon par Tasha Robinson dans theOnionAVClub

Jeudi 22 juin 2006

1- Une série fantastique ?

Le fantastique est présent sur le petit écran depuis les débuts des séries (La quatrième dimension, 1965 sur l'ORTF, Les envahisseurs, 1969 sur l'ORTF, Belphégor, 1965 sur l'ORTF… ) et retrouve un nouveau souffle et un nouvel engouement avec la diffusion d'X-Files en 1994 sur les écrans français (en 1993 aux Etats-Unis). Mais les rôles principaux d'X Files sont tenus par deux agents du FBI, à savoir deux adultes, dont le travail, s'il reste secret pour le commun des mortels, est connu de leurs supérieurs.

Christophe Petit, dans le Guide des Séries Télé, conclut sa description de la série par ces mots : "(…) Son succès a permis à d'autres séries de science fiction de voir le jour, alors que le genre était moribond". Quatre ans plus tard, Buffy Contre les Vampires fait son apparition sur les écrans télévisés. On peut donc en déduire que la série surfe sur la vague des séries fantastiques remises au goût du jour par le succès d'X Files.

Cependant, Buffy Contre les Vampires s'en distingue aussi de nombreuses façons. Faire de ses héros des adolescents est l'une d'entre elles. Avant Buffy, le genre fantastique était une affaire d'homme, d'adulte… En un mot, une affaire sérieuse. Mulder et Scully, les héros d'X Files, commencent par enquêter sur des phénomènes paranormaux pour s'apercevoir bientôt que le gouvernement est à l'origine d'un immense complot destiné à manipuler, tromper et aveugler la population. Leurs statuts d'agent du FBI et de scientifique (Scully) leur ouvrent des portes et leur donnent accès à des savoirs qu'ils pourraient difficilement atteindre autrement. X Files est une "entreprise qui s'attaque aux fondements de la démocratie en clamant (…) que tous les gouvernants sont forcément corrompus et qu'il faut s'en défier"2.

Le genre fantastique se doit non seulement d'être sérieux, il est aussi et avant tout une affaire d'hommes. La littérature et le cinéma de science fiction étant plébiscités par les hommes, ses héros sont eux mêmes majoritairement masculins. Que ce soit dans Star Trek, Les Envahisseurs ou le Prisonnier, les héros sont des hommes. Et dans X Files où les personnages principaux sont un homme et une femme, c'est toujours l'homme qui part à la découverte des phénomènes paranormaux. Scully, sceptique, l'accompagne pour essayer de comprendre rationnellement les choses, pour apporter une explication scientifique. Sans Mulder, les dossiers non classés n'existeraient pas… Buffy Contre les Vampires est sans conteste une série fantastique. Mais elle en bouscule les codes. Après Buffy, la série fantastique peut devenir une affaire d'adolescent, de femme… et cela peut être drôle ! Introduire le féminisme dans la science fiction est en effet une distinction –innovation- introduite par Buffy. Manier l'humour et l'autodérision en est encore une autre…

2 Guide Totem des séries télé par Martin Winckler et Christophe Petit

Mardi 20 juin 2006

Je viens de répondre à une annonce, j'en frétille d'avance tellement ça me plait. En même temps, je sais pas pourquoi mais chaque fois que je réponds à une annonce vraiment intéressante, je ne suis pas prise (par contre, pas plus tard que la semaine dernière j'ai reçu une convocation à un entretien pour un truc affreusement ennuyeux… je me demande encore pourquoi j'ai envoyé mon CV d'ailleurs !).

Bref, là ce serait presque aussi bien que de travailler pour Ecrans (qui, soit dit en passant, n'existera peut être bientôt plus, vu la crise qu'ils traversent à Libé… pas de bol pour moi c'est pas demain qu'ils vont m'embaucher, ça me parait clair).

Ce serait pour être journaliste à Ecran Total, un magazine professionnel sur l'audiovisuel. Ca ne parait pas fun dit comme ça mais moi ça me passionne. Y a des trucs qui ne s'explique pas… C'est un peu le même genre de revue que Musique Info Hebdo, pour ceux qui connaissent. Des infos très économiques, des analyses de médias, des synthèses… très sérieux tout ça.  Le problème : comment faire pour convaincre que je suis la femme de la situation ? Qu'est ce que je peux dire au recruteur pour qu'il me recrute, justement ? Comment je lui fais comprendre que je suis super douée pour le job, hein ? Parce que dans mon CV y a pas beaucoup de trucs audiovisuel (à part mes études et des piges pour la télé), ce qui ne m'empêche pas d'être plutôt calée sur le sujet… Qu'est ce que je fais, moi ? Vous avez des suggestions ? Des incantations à faire ? Vous gênez pas, allez y !

Pour vous motiver je vous promets qu'une fois embauchée, je tiendrais ce blog super à jour, et que plus jamais je ne m'en irais pendant des semaines. Allez quoi, soyez sympa, y a bien quelqu'un parmi vous qui connaît des tuyaux, qui est super fort pour se vendre, ou qui pratique un peu le vaudou, non ? J'attends…

Mardi 13 juin 2006

Ils sont trop forts Bataille et Fontaine, franchement. J'ai regardé "Y a que la vérité qui compte" (ne me demandez pas pourquoi, ne me demandez pas comment, ce sont des choses qui arrivent, ne le niez pas je suis sûre que ça vous est déjà arrivé, un soir de désoeuvrement, on zappe, y a rien, le foot sur M6, un obscur documentaire sur Arte, une obscure série policière sur France 3, et une émission politique sur France 2, désoeuvrée, donc, l'ordi sur les genoux (faudrait quand même pas regarder Y a que la vérité qui compte en ne faisant rien d'autre!) vous vous retrouvez sur TF1 avec le duo sus-nommé). Bref. Je tombe donc sur l'émission au rideau, et il y a quand même quelques moments où je suis restée simplement scotchée.

Et avant tout parce que les deux présentateurs producteurs sont assez épatants. Tenez, prenons l'exemple de Filipe et Lucille. Filipe est un jeune homme qui vient à "Y a que la vérité qui compte" pour avouer à sa meilleure amie qu'en fait il est amoureux d'elle et qu'il ne veut plus être ami avec elle, il veut "plus".
Déjà, ça sent quand même assez fort le râteau tout ça. Le meilleur ami qui veut passer à autre chose, on a tous vécu ça (ne le niez pas, c'est rarement "Quand Harry rencontre Sally" quand même, souvent on tombe de haut, on se dit mince c'était mon ami, y avait pas d'ambiguïté, pas d'ambiguïté tu parles, je me suis bien plantée tiens! Ah!).
Un petit reportage avec musique dramatique bien comme il faut et commentaire itou raconte l'histoire: ça fait deux ans qu'ils sont amis, au départ Lucille sortait avec un ami de Filipe, ensuite Lucille sortait avec un autre ami de Filipe, et maintenant elle est célibataire alors Filipe veut tenter le coup. Déjà, devant Bataille et Fontaine Filipe raconte que ça fait trois mois qu'ils sont amis et que maintenant il veut lui avouer son amour. Trois mois? Ou deux ans? Faudrait savoir, c'est bizarre cette histoire... Bref, il est pas super bavard le Filipe il faut un peu lui tirer les vers du nez, et c'est là qu'interviennent les deux présentateurs. Ils plaisantent, ils le charrient, ils lui demandent comment ils étaient physiquement, les ex de Lucille "Bah ils étaient maigres et moi je suis gros" répond Filipe... Bon. Ils le rassurent, les gros aussi ont du succès, tout ça. Et qu'est ce qu'ils font tous les deux quand ils sont ensemble, "Bah on approche des chaises et ont regardent des DVD" "Des chaises? Même pas un canapé?" "Bah non on regarde les DVD sur l'ordinateur, alors les chaises, c'est pratique"

OK. Fermons le rideau et appelons à la barre, pardon sur le plateau, Lucille. Elle est toute pimpante Lucille mais elle est encore plus timide que Filipe, elle minaude, elle a l'air de se demander ce qu'elle fait là et de s'attendre à un truc plutôt chouette. A la question "est ce que vous êtes prête au changement?" elle répond oui. A la question "Des fois on range les gens dans des cases, dans des boites vous voyez, et puis finalement, ils aimeraient bien passer dans une autre boite, vous, est ce que ça vous dérangerait de changer de boite ?" (en gros, hein, c'était un tout petit peu mieux formulé dans l'émission) elle répond "Si on est pas bien dans une boite vaut peut être mieux en changer". Balèze, Lucille. Ca se présente peut être pas trop mal pour Filipe finalement, on se dit.
Mais à la question "vous êtes amoureuse en ce moment ?", elle ricane un peu elle baisse la tête elle dit "euh oui, un peu, il n'est pas dans la même fac que moi" (là je réfléchis: je ne me rappelle plus à quelle fac va Filipe, j'ai pas suivi assez attentivement mince, je ne sais pas si c'est bon signe ou pas...), "il est comment, il est brun?" "oui" (Filipe est brun ça c'est sûr par contre, d'ailleurs, paf, plan sur Filipe, comme ça tout le monde voit bien qu'il est brun), "Il est comment, il est gros, mince, musclé?" "Bien comme il faut" (Ah... Je rappelle que Filipe se trouve gros). Passons. "Voulez vous voir qui est derrière le rideau ?" "Bah oui sinon je ne serais pas venue" (en bas de l'écran un commentaire résume: "Filipe est ami avec Lucille depuis deux ans, il est venu lui avouer son amour". Ca m'énerve un peu... Deux ans ou trois mois? Ils insistent!). Sur les écrans apparaît Filipe, le visage de Lucille se fige, ses yeux font "gloups" et quand Filipe raconte son histoire elle se décompose. Bon, c'est raté le râteau est là, pas cool pour Filipe ça mais c'était risqué faut dire. (Si ça se trouve Lucille elle s'attendait à ce que ce soit l'autre étudiant dans l'autre fac qui vienne lui déclarer sa flamme. La déception!)

En même temps, elle est gentille, Lucille, elle dit qu'elle veut bien une page de pub pour réfléchir à la déclaration qu'elle vient d'entendre. Après la pub elle dit qu'elle veut laisser le rideau fermé quand même.

Les histoires d'amour finissent mal en général... J'ai éteint la télé.

Lundi 12 juin 2006

Je tiens d'abord à éclaircir quelques points concernant ma (trop) longue absence de ce blog.

1- Non, les incantations faites par certains (voir article) pour me rendre malheureuse n'ont pas marché au point que je me sois retrouvée six pieds sous terre, pleurant toutes les larmes de mon corps, et, par conséquent, incapable d'écrire une ligne. Oui. Parce que j'avais dit qu'il fallait que je sois un petit peu malheureuse pour écrire, mais trop malheureuse ça ne marche plus. Faut un juste milieu. Moi, par exemple, si je suis trop déprimée, je boude mon stylo (ou mon clavier d'ordinateur, c'est selon), je me mets sous la couette et soit je dors (et là c'est vraiment le fond du fond) soit je lis un bon bouquin en attendant que ça passe.

 

2- Non. Je ne suis pas partie en Mongolie faire un reportage sur les Yourtes (encore mieux que les toitures en laine de mouton niveau écologie), ni aux Etats-Unis vérifier que la malbouffe ce n'est pas bon pour le régime, ni au fin fond de Boulogne Billancourt interviewer Garou (ah, si, ça j'ai fait). Bref. Je ne suis pas partie sur les routes exercer mon oeil affuté de journaliste aguérrie, je ne suis pas allée "tremper ma plume dans la plaie" comme dirait l'autre, je n'ai pas plaqué Paris, mon homme et mon appart pour voir si la pige était plus belle ailleurs.

 

3- Je n'ai pas cédé aux sirènes des grandes entreprises qui voulaient m'embaucher. J'ai hésité un peu et puis j'ai dit non, pigiste j'aime bien finalement, ça me plaît plutôt pas mal maintenant qu'il fait beau et que je gagne correctement ma vie. J'ai dit que si ça continuait comme ça (j'ai bien dit "Si"), je voulais bien continuer comme ça moi aussi. (Bon, évidemment, si les gens d'Ecrans veulent m'employer à temps plein, ou même partiel ça change tout, on est d'accord, hein ?)

 

Je n'ai rien fait de tout ça donc. J'avoue.

Par contre:

- J'ai souvent eu honte de ne pas mettre de nouvel article sur mon blog, ça oui, à tel point qu'il y a même des jours où je n'allais pas voir les statistiques, histoire de ne pas me miner avec ça.

- J'ai souvent pensé à mettre un nouvel article sur mon blog, mais j'ai souvent eu la flemme.

- J'ai même écrit un article à la main, dans mon bloc-notes, pour mon blog, et je ne l'ai jamais recopié sur mon ordinateur.

- J'ai repeint mon appartement

- Et j'ai continué à piger. A plein temps.

 

Bref, j'ai fait plein de trucs quand même, alors j'ai des excuses valables. Et puis maintenant que j'ai posté un article pour dire pourquoi je n'avais pas posté d'articles, tout de suite, ça va beaucoup mieux, je me sens en paix avec moi même... Merci.

Dimanche 21 mai 2006

J'ai toujours adoré les bandes annonces. J'ai toujours trouvé ça fascinant. D'ailleurs, il y a longtemps, sur France 2, les bandes annonces étaient de vraies petits bijoux, pleines de second degré, j'avais même postulé pour un stage au service des bandes annonces, ils ne m'avaient jamais répondu… Bref. Plus récemment, une autre bande annonce géniale avait ravivé mon intérêt pour le genre. Celle de Femme fatale de Brian de Palma. On y voyait tout le film en accéléré, vraiment tout le film, générique de fin inclus, mais il fallait quand même aller le voir vraiment pour comprendre quelque chose. Une vraie petite merveille d'ingéniosité cette bande annonce (apparemment vachement mieux que le film lui-même, je ne peux rien dire, perso, je ne l'ai pas vu…).

Bref, si je digresse sur les bandes annonces, c'est parce que je viens de lire le dernier Ecrans (je lis Ecrans toutes les semaines moi maintenant, en attendant qu'ils m'embauchent) dans lequel se trouve justement un article sur les bandes annoncent (on y vient). Sauf que là, l'article porte sur les bandes annonces revues et corrigées par les internautes. Ca s'appelle le mash-up, nous explique la journaliste, Marie Lechner. Par la promesse de nouveaux talents alléchée, j'ai patiemment recopié les URL données dans l'article. Pourtant il en fallait du courage vu les adresses à base de "watch?v=8uwuLxrv8". C'est le problème des journaux papier, on ne peut pas cliquer dessus. Mais ma patience n'a pas été déçue.

J'ai d'abord regardé Shining version comédie, l'histoire d'un petit garçon a la recherche d'un père, ça a l'air très joli comme film, un peu niais peut-être, ça a un côté Walt Disney, mais joli…

Puis Nuits blanches à Seattle version film d'horreur (ça a l'air super flippant, on comprend qu'il y ait des nuits blanches dans l'histoire… brrrr…).  Ca commence dans un cimetière, la musique est bien angoissante, puis ça zappe sur le petit garçon qui téléphone à une station de radio et qui se fait choper par son père qui lui dit, avec un air qui parait tout de suite suspect "dis leur que j'ai besoin d'une nouvelle femme", on comprend donc que c'est ce que fait le petit garçon, et tout de suite après ça enchaîne : il ouvre les lettres reçues à la suite de cet appel, on sent bien qu'il va se passer quelque chose d'affreux, la musique est toujours angoissante et ça ne va pas aller en s'arrangeant, c'est couru d'avance, on voit le papa faire un bisou au fiston pour lui dire bonne nuit, en off on entend "il y a beaucoup de femmes désespérées qui recherchent l'amour", ça a un petit côté stressant cette idée de femmes désespérées, désespérées jusqu'où désespérées au point de devenir dingue, c'est ça hein, c'est ça ? A ce moment là on voit le visage de Meg Ryan et elle a en effet l'air désespérée, et soudain tout s'accélère. Elle est folle c'est sûr, elle va venir le harceler d'ailleurs, ça y est, elle est cachée derrière un poteau, elle l'espionne, et le petit garçon hurle, ah, le père hurle aussi, il hurle le nom du petit garçon, elle l'a enlevé cette malade, quelle horreur, et Meg reste imperturbable…  Terrible.

Pour finir, je me suis regardé Brokeback to the Future, et c'est très beau. Je vous la fais brève : en gros, c'est l'histoire d'un petit jeunot qui tombe amoureux d'un vieux "doc", on se doute bien que ça ne va pas être facile pour eux, dès le départ, ils ne s'avouent pas tout de suite leur amour, les conventions, la vie, la norme tout ça, mais il y a des regards qui ne trompent pas et petit à petit ils vont triompher des obstacles, leur amour va grandir, ils vont certainement pouvoir s'aimer en paix ces deux là. Ca a l'air magnifique… 

Les petits bijoux du Web sont inombrables… Et là où c'est vraiment fascinant, c'est de voir qu'en détournant la musique, en choisissant les bons bouts de films, on peut faire dire n'importe quoi à une bande annonce. Un film romantique peut se transformer en thriller, un film d'horreur peut devenir une comédie, et un film d'aventure se transformer en mélo. Alors je ne vais pas faire une dissertation sur la manipulation des images, le pouvoir d'un bon montage tout ça, mais non seulement ces petits "trailers" sont drôles, inventifs et n'ont rien à envier aux véritables bande annonces, mais en plus ils ont le mérite d'en rajouter une louche sur le thème du traitement de l'image et, comme le dit l'un des monteurs interviewé par la journaliste d'Ecrans de "mettre en évidence les ficelles des gros studios". Et c'est le genre de rappel à l'ordre qui fait du bien, moi je trouve…

Vendredi 19 mai 2006

Je viens de découvrir un blog génial : Alerte People. Vous allez me dire que je suis à la ramasse, que ce blog là tout le monde connaît que vraiment pour une journaliste je suis pas très au courant de ce qui se passe (en même temps il me semble bien en avoir entendu parler quelque part de ce truc), mais bon, je viens de le découvrir, je suis toute contente de ma trouvaille je le dis sans fard, sans chi-chi : ce blog me plait beaucoup. Vous connaissez mon amour pour les news people, mes heures passées à les lire attentivement dans mes états de désoeuvrement liés à la pige et à ma haine du téléphone, ce blog là, c'est le blog rêvé pour les amoureux des news people. Que tous les paparazzi du monde doivent envier (mais quand c'est mis en ligne c'est déjà trop tard pour eux… dommage ça nous ferait des supers photos dans Voici)
Accrochez vous, ça balance sec. J'ai appris plein de trucs. :

Inès Sastre a mangé une fondue hier soir
Matthieu Amalric a acheté une moitié de rôti de bœuf
Patrick Bouchitey a acheté une corbeille chez Ikea

Didier Bourdon promenait un chien le 1er mai

Ou encore : Elise Lucet a jeté un papier à la poubelle le 13 mars

Ca, c'est de l'info inédite, non ? Ca nous change des magazines people qui nous ressassent tous les même news avec les mêmes photos ! Et puis, ça m'a permis d'apprendre l'existence du même genre de site, mais américain. Dans celui là on apprend qu'Harrison Ford a acheté du papier photo aujourd'hui même à 10h du matin, par exemple. On peut même s'abonner aux news sur téléphones portables, ce qui permet, si on est dans le coin, d'aller vite vérifier la marque du papier photo qu'a acheté Harrison Ford (parce que ça, c'est pas précisé dans l'article).

En parlant de people, j'ai aussi enfin appris aujourd'hui pourquoi Paris Hilton et Nicole Richie ne se parlent plus. Enfin ! Ca me taraudait, j'avoue. Après avoir vu les deux premières saisons de The Simple Life, les avoir vu faire les quatre cents coups toutes les deux, main dans la main pour le meilleur et pour le pire (surtout), je me demandais vraiment pourquoi ces deux là ne se parlaient plus. Qu'est ce qui avait bien pu se passer pour qu'elles se brouillent à ce point ? Ce n'est quand même pas la notoriété de Paris Hilton qui aurait fait trop d'ombre à Nicole, on se disait. Non. Les vraies amies se fichent bien de ce genre de choses. Alors quoi ? Maintenant on sait.

C'est Nicole qui vient de dévoiler le pot aux roses dans une interview donnée à Vanity Fair. Elle explique que quand elle a fait sa cure de désintoxication (ah ?) elle a fait le point sur les gens qui lui faisaient du bien et les autres. Et Paris, pas de bol, s'est retrouvée dans les autres. Ceux qui faisaient du mal à Nicole. Ceux qui l'ont fait sombrer dans la drogue. Parfaitement. En fait de meilleure amie, c'est pas une sinécure Paris. Alors voilà. Ca explique tout. Et, il faut l'avouer, ça a un petit côté rassurant d'avoir une explication à ce genre de chose. Moi, ça me minait de les savoir brouillées. J'étais embêtée. Et puis je ne savais pas pour laquelle des deux prendre partie puisque je ne connaissais pas la raison de la discorde. Maintenant je sais. Les choses sont claires. Je peux détester Paris en toute impunité. Elle l'a bien mérité, tiens. Si jamais je la croise dans la rue celle là, en train d'acheter un rôti ou de manger une fondue sur le pouce, je donne immédiatement ses coordonnées à Gawker.com et à AlertePeople.

Mercredi 17 mai 2006

Dimanche soir, deuxième partie de soirée, après avoir regardé bien sagement le film de Vincente Minelli sur Arte, je me dis, tiens, si je me faisais un truc un peu moins classe et que je me regardais un film sur TF1 ? (je me dis des trucs comme ça des fois). Et c’est ce que j’ai fait. J’ai zappé et je suis tombée sur la fin des Ailes de l’Enfer. Bon ce n’était que la fin, presque le dernier plan même. On y voyait Nicolas Cage en héros, bad guy mais bon gars quand même, qui vient de sauver le monde, et plus particulièrement sa fille et sa femme (du moins j’ai supposé que c’était sa fille qu’il serrait dans les bras après lui avoir rendu son lapin en peluche, sauvé d’une bagarre sanglante avec un psychopathe). Bref. Ce film là avait l’air pas mal dans le genre pas terrible mais c’est le suivant qui m’intéresse : Hollow Man.

C’est l’histoire d’un petit génie de la génétique qui découvre un jour un sérum pour rendre les gens invisibles, et qui découvre surtout le moyen de l’inverser. Un coup de sérum bleu, hop, invisible. Un coup de sérum rouge, hop, visible. Ils l’essayent sur un gorille, ça marche super bien. Alors, plutôt que de faire part de sa découverte au Pentagone qui finance ses recherches, il préfère ne rien dire et l’essayer direct sur lui. Coté invisibilité pas de soucis, ça marche. Par contre, quand il s’agit de le rendre à nouveau visible, là, ça coince. Le truc est instable. Le petit génie est condamné à l’invisibilité jusqu’à ce que ses collègues trouvent le moyen d’inverser le processus.

Là déjà ça devient un peu énervant parce que le génie, une fois invisible, il attend que ça se passe. Il reproche aux autres chercheurs de ne pas trouver de solutions, mais lui il ne cherche plus du tout. Il reste enfermé dans une pièce du labo et il ne participe pas aux recherches. Alors qu’on se dit que comme c’est lui qui a fait la première découverte, c’est sûrement lui qui pourrait faire la deuxième. Mais non. Peut être que son cerveau aussi il est devenu invisible pendant l’expérience. Peut être qu’il n’a plus de neurones. D’ailleurs ça se confirme parce que le mec devient dingue. Là aussi, y a bien eu des prémices, hein, on ne peut pas lui retirer ça à Verhoeven, il ne nous le fait pas devenir dingue du jour au lendemain, il avait des prédispositions. On voyait bien dès le départ qu’il était complètement mégalo, mais là il vire totalement psychopathe. D’abord il commence par aller violer sa voisine, sur laquelle il fantasmait dès le début… Ensuite, il a trouvé ça tellement bien de violer sa voisine qu’il se dit que rester invisible c’est décidément ce qui pourrait lui arriver de mieux dans la vie.

Jusque là c’est quand même pas mal, parce qu’effectivement ça ouvre tout un panel de réflexion. "Tu n'imagines pas ce qu'on est capable de faire quand on n'a plus besoin de se regarder dans la classe" dira à un moment donné le petit génie psycho, et c'est vrai qu'on imagine que c'est plus facile de faire des trucs pas bien quand on n'est pas confronté à son image, et surtout quand on est sûr que personne ne pourra jamais nous retrouver. D'ailleurs, l'histoire ne dit pas si la voisine a porté plainte, mais rien n'est moins sûr vu qu'elle a quand même été violée par l'homme invisible. Et qu'elle a bien vu qu'elle ne voyait pas son agresseur. Hé !

Là où ça coince c'est vers la fin. Les autres chercheurs décident de tout raconter au Pentagone, quitte à briser leurs carrières. Ils se sont bien rendu compte que le génie avait disjoncté et qu'il fallait faire quelque chose. Mais l'homme invisible ne le voit pas de cet œil (ah ah). Du coup, il se dit qu'il va tous les tuer, jusqu'au dernier pour continuer à vivre, violer et assassiner plein de gens tranquille.
Et là le film vire série B. Il coupe toutes les communications du labo, il change les codes d'accès, et la lutte s'engage, en huis clos, avec ses collègues. C'est là que ça devient vraiment énervant. Parce que ceux là, ils font tout ce qu'il ne faut pas faire. Ils auraient bien besoin de Nicolas Cage pour les aider à se débarrasser du psychopathe. Ils se séparent en petits groupes, du coup l'autre peut les tuer plus facilement. Ils ne portent pas leurs lunettes thermiques, alors que franchement c'est le seul moyen pour voir un homme invisible, tout le monde le sait. Quand ils se décident à les porter, l'autre a monté le chauffage et c'est cuit, ils ne distinguent plus rien.
Finalement, quand la plupart des scientifiques sont décimés, il en reste deux (son ex petite amie et son nouveau petit copain) qu'il enferme dans la chambre froide en réglant la température sur -40°. Attention, ça devient haletant :  la fille, en petit tee-shirt, réussit à bricoler un aimant et à ouvrir la porte. Scientifique ET résistante au froid. Elle réussit aussi à faire cramer le psychopathe avec un chalumeau (si, si), et ensuite à monter dans la cage d'ascenseur assez haut pour que l'explosion du labo ne vienne que lui lécher les fesses. Le bol qu'elle a c'est impressionnant. Et le petit génie psychopathe, à moitié brûlé, renaîtra de ses cendres, forcément, pour essayer de les tuer une bonne fois pour toute, avant de mourir vraiment dans la destruction du labo. La fille s'en sort. Son petit ami, blessé, aussi. On a eu peur…

Ce qui est dommage, c'est qu'il y avait plein de trucs bien dans ce film, plein de bonnes idées pour faire un vrai bon film. Mais non. C'est comme Volte Face, de John Woo, ça pourrait faire un film super intelligent mais ça fait juste un bon film d'action (les colombes en plus). C'est pas mal les films d'action aussi, mais faut pas faire semblant de nous promettre autre chose au début. Sinon, ça ne va pas. Et puis tant qu'à faire, que les victimes du psychopathe ne se laissent pas décimer bêtement c'est mieux. Parce que tout le monde en a vu, des films d'horreur, on ne peut pas faire semblant de ne pas en avoir vu. Alors, tout le monde sait qu'il ne faut pas se séparer quand on est poursuivi par un cinglé, et qu'il ne faut pas se retourner pour voir s'il est toujours derrière quand on court, sinon on trébuche. Y a des règles de base, mince ! Allez, hop, que tous les réalisateurs reregardent Scream pour les assimiler une bonne fois pour toute et qu'on n'en parle plus !

 
 

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