Buffy Contre les Vampires prend fin après 7 ans d'existence. Dans cette série, Buffy est l'élue. "A chaque génération, il y a une élue. Seule, elle devra combattre les vampires, les démons, et les forces de l'ombre... Elle s'appelle Buffy.". C'est sur ces mots que commencera chaque épisode de la première saison. L'épisode final cependant rompt le processus : Buffy n'est plus l'élue, elle n'est plus la seule Tueuse de vampires sur Terre, et la bouche de l'enfer (sur laquelle Sunnydale, la ville de Buffy, est construite) est définitivement détruite. De quelle manière la sérialité est-elle rompue ? Et par quels dispositifs cette fin est-elle devenue acceptable et est-elle annoncée tout le long du dernier épisode de la série ?I- Récapitulatif final
Dès le début du dernier épisode de la série, le récapitulatif final s'enclenche. Car Buffy ne se contente pas de sauver Sunnydale, ou le monde, à la fin de chaque saison (chaque saison apporte un nouveau "méchant"), des intrigues secondaires se mêlent à ce rituel immuable, notamment des intrigues amoureuses. L'une de ces romances a pris presque autant de place que la mission initiale de Buffy : Angel. Où comment régler les problèmes amoureux soulevés durant sept années de "Buffy"?
? Retour vers le passé
Premier amour de la Tueuse, Angel est un vampire doté d'une âme. Les deux protagonistes vivent une histoire impossible, à la manière des tragédies antiques : ils sont destinés l'un à l'autre mais ils ne peuvent pas envisager d'avenir commun. Tout d'abord parce qu'Angel est immortel et éternellement jeune (il a déjà plus de 200 ans quand Buffy le rencontre) ensuite parce toute relation sexuelle leur est interdite. Un sort a été jeté sur Angel et "un seul instant de pur bonheur" lui fait perdre son âme et redevenir un monstre. L'histoire de Buffy et Angel s'étale sur trois saisons entières. Ils ont le temps de s'aimer et de se combattre : elle le tue à la fin de la deuxième saison, il rompt avec elle et part à Los Angeles (départ qui donnera lieu à un Spin Off, "Angel") à la fin de la troisième. Mais Angel n'a cessé les apparitions dans la série Buffy, que ce soit en chair et en os ou au détour d'un dialogue. Même si l'héroïne a d'autres petits amis au fil des saisons, Angel est toujours présent. Impossible donc, pour réaliser une fin réussie de passer sous silence la relation de Buffy et d'Angel.
Dès le début du dernier épisode, Angel réapparaît (en fait, il fait son retour à la dernière seconde de l'épisode précédent), dans le but d'aider Buffy à combattre le mal absolu (son ennemi dans la septième saison). Seulement, il ne combattra pas. Sa venue dans le dernier épisode est l'occasion d'une ultime mise au point. Point final à leur relation. Mais un point final qui laisse la porte ouverte à l'espoir?
Tout d'abord, quand Angel apparaît, il sauve Buffy en frappant son adversaire, Caleb. La Tueuse l'embrasse, ils discutent, quand soudain Caleb se relève et met Angel K.O. Buffy le combat alors seule, et le tue. Quand Angel se relève, prêt à riposter, il est trop tard. L'ennemi est éliminé. Cette scène sous entend ce qui va suivre : Buffy n'a pas besoin de lui, elle peut se débrouiller seule.
Il lui explique ensuite qu'il détient un médaillon, censé être porté par un "champion". "Un être doté d'une âme mais plus puissant". Buffy refuse son aide, et le rejette au profit de Spike, autre vampire avec une âme. Une nouvelle manière de signifier au téléspectateur qu'elle n'a plus besoin de lui.
Enfin, une dernière mise au point signe le départ définitif d'Angel vers d'autres horizons. On peut d'ailleurs rapprocher cette scène de la scène du banc dans l'épisode final de Dawson, où ce dernier et son amour de jeunesse termine une romance commencée au premier épisode de la série. Dans Buffy Contre les Vampires, pourtant, le discours n'est pas le même : elle lui explique qu'elle n'est pas prête, pas mûre pour les histoires d'amour, qu'elle ne sait pas où elle en est, mais qu'un jour viendra? Angel retourne à Los Angeles.
Cette dernière mise au point entre Buffy et Angel laisse encore un espoir. Mais le spectateur sait que ce n'est pas pour tout de suite, voire que c'est une autre histoire. La possibilité d'imaginer Buffy et Angel ensemble des années plus tard est laissée aux téléspectateurs. Une note d'espoir dans une fin particulièrement noire?
Précisons aussi que tout espoir n'est effectivement pas perdu, puisque Angel joue dans un Spin Off et que Buffy pourrait y faire des apparitions? Une porte ouverte laissée aux fans comme aux scénaristes, donc? C'est un autre moyen de faire accepter aux téléspectateurs la fin de la relation Buffy / Angel : elle est terminée dans Buffy Contre les Vampires, elle peut reprendre à tout moment dans Angel*?
*La stratégie commerciale va donc de pair avec le dispositif de fin mis en œuvre dans la série : un transfert des téléspectateurs de Buffy vers sa série dérivée Angel serait bienvenu…
Je ne sais pas si c'est le manque de soleil, la difficulté de revenir sur Paris après des vacances dans le sud, ou juste la flemme, mais ce qui est sûr c'est que ça fait dix jours que je suis revenue et que je n'ai toujours pas posté de nouvel articles sur ce blog. Chez les écrivains, ça s'appelle le syndrome de la page blanche… J'espère que ça ne va pas durer parce que franchement, des articles, j'en ai quand même commencé quelques uns, et puis non, c'est pas drôle, ça manque de rythme, je perds mes idées en route, je préfère aller me coucher, tiens.(D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes l'histoire ne dit pas si je vais réussir à finir cet article, ou si je vais choisir mon lit… Croisons les doigts).
Je dis croisons les doigts, parce que je n'aime pas du tout ça, sécher devant une page blanche. Il n'y a rien de plus désagréable quand on aime écrire. Sans compter que depuis que j'ai un blog j'ai la culpabilité à fleur de peau moi. Une semaine sans poster d'articles et ça y est, je culpabilise, je vois mes statistiques baisser et ça m'embête, tout ça. C'est très ennuyeux cette histoire de statistiques, plus j'ai de lecteurs, plus j'en veux… Ah ! La notoriété… La reconnaissance… Le pouvoir…
Je m'égare.
L'autre problème avec le syndrome de la page blanche, c'est qu'il m'atteint aussi dans mon travail. Depuis que je suis rentrée de vacances, je traîne des pieds (ou plutôt du clavier), et j'ai beaucoup de mal à me remettre au boulot. En plus j'ai attrapé un rhume. Avec ce froid, là.
Parce que du boulot, j'en ai, figurez vous. J'aurais même pu ne pas prendre de vacances si j'avais voulu, j'en aurais eu, du boulot, même au mois d'août. Et là, ça ne fait pas dix jours que je suis revenue que j'ai déjà reçu plein de coups de fil de gens qui veulent travailler avec moi. Normalement, j'ai de quoi faire jusqu'en décembre au moins. Croisons les doigts. Parce que si le syndrome persiste, c'est pas dit que les journaux continuent à m'employer.
La bonne nouvelle avec cette histoire de syndrome, c'est que j'ai finalement réussi à écrire plus de dix lignes d'affilée. Là, maintenant. Vous êtes en train de les lire. Ca va peut être me remettre sur les rails. Avec un peu de bol, j'arriverai à finir mon article qui raconte qu'en juillet, j'ai eu un bureau. Un vrai. Avec des gens qui travaillent et qui sont salariés dedans. Non ? Si.

Je fais bref :
Je suis en vacances, donc je ne posterai certainement pas de nouveaux articles pendant quelques temps...
De retour fin août !
Le rôle de la musique
Outre l'utilisation de la musique dans l'épisode "Que le spectacle commence" qui s'impose comme un moment culte de la série, l'usage ou le non-usage de la musique dans Buffy Contre Les Vampires participe encore au côté expérimental et innovant de la série.
Tout d'abord parce que le monde de Buffy est associé tout entier à un seul genre de musique, le rock, qui est décliné dès le générique (Nerf Herder) et se répète tout au long des épisodes. La série donne également la parole à de nombreux artistes par le biais du Bronze, le bar où Buffy et ses amis sortent le soir, et dans lequel sont programmés des concerts de rock. Janet K. Halfyard*, écrit "De la première à la troisième saison, nous passons beaucoup plus de temps avec le Scooby Gang au Bronze que dans n'importe quel autre endroit, excepté l'école et la bibliothèque. La musique dans cet environnement fait partie intégrante de l'identité des personnages : une culture de la jeunesse définie par sa musique, une musique que "leurs parents n'aimeraient pas"". Dans le lot, citons Blink 182, Morcheeba, Moby, ou encore David Bowie, tous utilisés dans un épisode de Buffy.
De plus le Bronze est aussi l'occasion de voir des groupes en concert. Quand les personnages de la série sont dans cet endroit, c'est toujours l'occasion de montrer le groupe sur scène. Une pratique qui s'est démocratisée par la suite avec la série Ally McBeal et la chanteuse du bar, (Vonda Shepard, devenue célèbre depuis) où tous les avocats du cabinet se retrouvent après le travail. Dans Buffy, ce n'est pas une ou un chanteur unique que l'on retrouve chaque fois au Bronze, mais un groupe toujours différent, et toujours rock. Cela a donné lieu, notamment à l'apparition de K's Choice dans l'épisode 15 de la saison 3.
Buffy Contre les Vampires peut aussi se démarquer par la non utilisation de la musique. Une innovation qui a pour effet d'angoisser le téléspectateur. C'est le cas dans l'épisode 16 de la saison 5, "Orphelines", dans lequel Buffy découvre le corps inanimé de sa mère et se retrouve orpheline. L'épisode entier est réalisé sans musique. Une situation qui non seulement rapproche de la réalité mais a surtout pour effet de décupler le sentiment de vide et de solitude ressenti par Buffy. Ce n'est pas la musique qui vient souligner les sentiments, comme dans la majorité des films, mais bien l'absence de musique.
Musique ou épisodes à thème, l'expérimentation fait partie de Buffy contre les Vampires, tout comme le fait de bousculer le téléspectateur dans ses repères, d'introduire le féminisme ou l'humour dans le fantastique, ou encore le fantastique dans la série pour ado.Buffy contre les vampires, une série innovante, oui résolument. Mais au-delà, alors que la série s'achève définitivement avec la diffusion en France des ultimes épisodes de la saison 7, on pourrait se demander, en écho à Patrick Porter, si l'innovation permanente, le fait de remettre perpétuellement en questions les codes de la série elle-même, n'était pas sa raison d'être... culte résolument.
* Essai de Janet K. Halfyard "Love, Death, Curses and Reverses (in F minor): Music, Gender, and Identity in Buffy the Vampire Slayer and Angel"

Paf, je commence tout de suite dans la série "analyse de Buffy Contre Les Vampires". Ce premier article parait en Une de La Pigeonne, les suivants viendront se ranger directement dans la rubrique nouvellement créée, la bien nommée "Buffy Contre les Vampires". Pour ceux que ça intéresse, jetez-y régulièrement un oeil...
Apparue sur les écrans français en 1998, Buffy Contre les Vampires entre aujourd'hui dans sa septième et dernière saison. La série commence sur ces mots :"A chaque génération, il y a une élue. Seule, elle devra combattre les vampires, les démons, et les forces de l'ombre... Elle s'appelle Buffy.". Avec son titre aux allures de séries Z et sa description en ouverture de chaque épisode, Buffy Contre les Vampires s'affichait plus comme un sous produit que comme une série véritablement innovante. Et pourtant… Buffy recèle de nombreuses surprises et innove en détournant les règles établies.
I- Une série qui se donne l'air de ce qu'elle n'est pas
En 1998, M6 est encore "la petite chaîne qui monte". Positionnée sur le terrain des jeunes (15-25 ans), la chaîne diffuse un grand nombre de séries américaines. Cette diffusion de Buffy Contre les Vampires par M6 vient certainement encore renforcer l'étiquette "pour adolescent" de la série. La première bande annonce de Buffy ne laisse pas planer le doute : c'est une série fantastique, voire d'horreur (la bande annonce montre son lot de monstres et de vampires) destinée aux adolescents puisque ses protagonistes sont eux mêmes des lycéens. Une image de série B, voire de série Z, colle à la rétine du téléspectateur lors de son premier visionnage de la série. En apparence la série respecte à la fois les codes de la série fantastique et de la série pour ado. Eric Quéméré dans la revue Synopsis1 la décrit ainsi : "Le principe en est simple : Buffy est une collégienne comme les autres, si ce n'est qu'après les cours elle part tuer des vampires. Douée de forces extraordinaires, l'héroïne alterne les combats contre d'horribles monstres avec des discussions entre filles sur l'amour et les garçons... La série mêle donc les codes de la série collège et ceux de la série B d'épouvante des années 50 : deux univers qui ne sont antinomiques qu'en apparence, tous deux s'adressant au même public adolescent.".
Pour autant, si par "innovation", on entend "action d'innover. Chose nouvellement introduite" et par "innover", "introduire quelque chose de nouveau dans un domaine"3, alors nous ne pouvons que considérer Buffy Contre les Vampires comme une série innovante. En commençant peut-être par le simple constat que mêler "les codes de la série collège et ceux de la série B d'épouvante" est, en soi, une innovation dans le contexte télévisuel de l'époque.
En effet, si les films d'horreur ou les films fantastiques sur grand écran ("Freddy les griffes de la nuit", et surtout, "Scream" de Wes Craven, dont les rôles principaux sont tenus par des adolescents) avaient déjà franchi ce pas, ce n'était pas le cas pour les séries télévisées. Sur le petit écran, fantastique et adolescence ne se sont pas encore mélangé lorsque Buffy fait son apparition (en 1997 pour sa première diffusion aux Etats-Unis, un an plus tard en France). D'ailleurs, y a t-il une autre série que Buffy Contre les Vampires pour mélanger les deux genres ?
2 Guide Totem des séries télé par Martin Winckler et Christophe Petit
3 Dictionnaire Le Robert
Cet article va peut être vous paraître totalement déplacé mais bon, je me lance quand même. La semaine dernière, au cœur de l'été caniculaire, je me suis affalée sur mon canapé et j'ai regardé mes DVD de Buffy Contre les Vampires. J'en n'ai pas des tonnes, j'ai la saison 6 en intégrale (et accessoirement les saison 1, 2, et 3 en VHS ainsi que la saison 7 en VO non sous titrée…). Bref. Ca m'a remis Buffy en tête. Ca fait des années que je tente de faire comprendre à mon entourage que Buffy Contre les Vampires est la meilleure série du monde, maintenant j'ai décidé de publier les dossiers d'analyses que j'ai écrit sur cette série, histoire que tout le monde comprenne.
Carrément !
Parce que Buffy ce n'est pas seulement une série pour les adolescents. Ce n'est pas seulement une série sur les vampires. Ce n'est pas seulement une série divertissante. Buffy, c'est ZE série. Mais, je suis d'accord, il faut peut être passer quelques barrières psychologiques pour s'en rendre compte.
Moi la première fois que j'ai vu la bande-annonce, je me suis demandé, pour parler poliment, ce que c'était encore que ce navet. Puis j'ai trouvé ça divertissant. Puis génial. Par la suite, j'ai même décidé d'en faire le sujet de mon mémoire de fac (j'étais en fac de cinéma, comme quoi, ça mène à tout). En faisant mes recherches bibliographiques je me suis rendu compte que je n'étais pas la seule à trouver la série fantastique. De nombreux universitaires (Américains et Australiens pour la plupart) avaient déjà publié des thèses sur le sujet ! Quelque part ça rassure de voir qu'on n'est pas tout seul. En France par contre, aucune publication… Bref, du coup, c'est décidé, je crée une nouvelle rubrique "Buffy" sur ce blog, dans laquelle je mettrais des articles analytiques sur cette série.
A part ça, une autre série sous-estimée c'est Malcolm. Diffusée sur M6 le midi, elle passe totalement à la trappe pour la plupart des gens. Et pourtant, Malcolm c'est vraiment assez savoureux. Rien de révolutionnaire, mais dans le genre divertissant, mordant et bien filmé ça se pose là. Malcolm, c'est l'histoire d'une famille totalement déjantée, composée d'une mère cinglée à la discipline quasi militaire, un père un peu dépassé et franchement névrosé, un fils aîné qui est parti de la maison, un cadet complètement idiot, Malcolm le surdoué, et le benjamin Dewey, bizarre. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais c'est tordant, et totalement politiquement incorrect. D'ailleurs, la série a quatre nominations aux Emmy's.
Il y a plein d'articles sur les jeunes qui écrivent en langage SMS mais personne ne parle jamais des gens qui s'expriment en abréviations. Ca m'est venu parce que dans la même journée j'ai lu un livre et j'ai été à une réunion de travail, d'ailleurs j'ai même lu le livre dans le RER, en allant à ma réunion de travail, soyons précis. Dans mon livre, américain traduit en Français, il y a plein d'astérisques qui mènent à des NDA, NDE ou NDT. Bon, moi je sais ce que ça veut dire, hein, mais je me suis demandé si c'était le cas pour tout le monde (je n'ai pas la réponse, hein, c'est une question en l'air… d'ailleurs si vous souhaitez vous exprimer sur ce sujet ô combien passionnant…)
J'en étais là de me réflexions quand j'arrive à la réunion. Je me laissais doucement bercer par le ronronnement des paroles de mes collègues (en prenant des notes quand même, pas de conclusions hâtives !) quand j'en entends un qui dit : "Si tu as besoin d'un APN, tu le prends". Paf ! Ca m'a réveillée direct. APN ? Qu'est-ce ? On est tous resté assez interloqués (comme quoi je n'étais pas la seule à ne pas percuter) jusqu'à ce qu'il explique : "APN : appareil photo numérique". Ah. D'accord, d'accord, on a tous fait.
En même temps, j'ai l'air de me moquer là, mais je ne suis pas parfaite non plus. Ca m'est déjà arrivé de raconter mon travail à une copine en lui disant, par exemple, "J'ai rendu mon papier à la SR" pour me retrouver face à un visage marqué par l'incompréhension : "Essère ?", "Oui, SR, secrétaire de rédaction, hé !" On dit aussi DA pour directeur artistique, BAT pour Bons à Tirer etc. Ca peut donner des phrases sibyllines du genre : "Elle a fini la SR ? Et le DA ? Faudrait envoyer les BAT, là !". Vous me direz, toutes les professions ont leur jargon, c'est pas avec cet article que je vais révolutionner le journalisme. Mais j'en suis consciente, hein, c'est ça qui est bien. C'est le mois de juillet, il fait beau, il fait chaud, j'ai le droit de faire des articles sans intérêts, moi aussi. Et puis c'est toujours plus intelligent que "perdre 20 kilos en deux jours"…
Tout ça m'amène à me demander : mais quand vais-je révolutionner le journalisme ? Parce qu'une chose est sûre, je ne vais pas révolutionner Ecran Total, avec mon "profil [qui] ne correspond pas au poste malgré tout l'intérêt de [ma] candidature"… Alors, quel rédacteur en chef super trop intelligent va un jour venir faire un tour sur ce blog et me dire "Mademoiselle La Pigeonne, vous êtes véritablement fantastique, je vous offre une chronique dans mes pages". Oui qui ? Oui, quand ? Qu'ils se dépêchent, ce sera le premier arrivé le premier servi moi je dis. Et après, les autres ils seront désespérés de m'avoir laissé partir à la concurrence, parce que mes chroniques seront tellement populaires que les ventes du journal augmenteront et tout ! Je suis la nouvelle Alain Rémond ! Je suis la nouvelle Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts ! Je suis omnisciente, je suis omniprésente ! Je suis magnifique !!! Et, je n'ai même pas pris de coup de soleil sur la tête. Ca s'appelle la méthode Couée (et non pas Cauet... No comment). Hauts les cœurs !, en bref.
Innovation ultime de Buffy Contre les Vampires, son côté expérimental. Buffy se démarque de tous les autres types de séries par deux points principaux :Des épisodes ambitieux, dans lesquels scénaristes et réalisateurs se livrent à de véritables exercices de style.
Une utilisation ou une non utilisation unique de la musique
Des épisodes cultes
Réaliser des épisodes qui sont de véritables exercices de style n'est pas en soi une innovation. En effet, X Files avait déjà expérimenté le procédé en proposant notamment un épisode clin d'œil à "Frankenstein" de Mary Shelley (saison 5, épisode "Post-Modern Prometheus") : tourné en noir et blanc, ayant pour décor un vieux manoir, et pour personnages un monstre, et un scientifique fou. Tous les ingrédients sont réunis pour rendre l'ambiance des vieux films "de monstres" ! Cependant, cet épisode hommage relevé dans X Files est ce que l'on appelle un "stand alone", c'est à dire un épisode totalement indépendant de l'intrigue principale : il n'apporte rien à la théorie du complot, si ce n'est une bouffée d'oxygène. Dans Buffy Contre les Vampires, ces épisodes expérimentaux s'intègrent parfaitement dans l'intrigue générale.
Dans "Un silence de mort" (épisode 10, saison 4), les personnages de la série sont devenus muets. Pendant trente minutes, aucun ne prononcera un seul son. De tous les épisodes expérimentaux relevés dans Buffy c'est peut être celui qui ressemble le plus à un stand alone. Cependant, c'est aussi l'épisode où Willow rencontre Tara, qui va devenir sa petite amie et l'une des figures phares de la série…
Dans "Que le spectacle commence" (saison 6, épisode 7), les personnages ne s'expriment qu'en chantant. Les chansons ont été écrites par le créateur de la série, Joss Whedon, et sont de véritables dialogues. Réalisé comme une comédie musicale, cet épisode marque une véritable nouveauté dans les séries télévisées. Les costumes, les coiffures, et le style des chansons sont des hommages au Broadway des années 50 et 60… avec, tout de même quelques digressions du côté du rock. L'épisode s'intègre également à l'intrigue principale. C'est aussi celui où Buffy chante son mal être à ses amis, et embrasse Spike pour la première fois.
"Sous influence" (saison 7, épisode 16) est filmé à la manière du Projet Blair Witch. Caméra DV à l'épaule, Andrew décide de filmer la vie de la tueuse. L'épisode est également un hommage aux "Contes de la crypte" puisque Andrew fait ses commentaires assis sur un grand fauteuil, au pied d'une cheminée… Malgré ces effets de style, la fin de l'épisode voit se résoudre un problème majeur.
Les exercices de style dans Buffy Contre les Vampires ne sont donc pas des parenthèses. Il y a bien en effet des "stand alone" mais ce ne sont pas les épisodes expérimentaux qui tiennent ce rôle, contrairement à la série X Files. De plus, avec "Un silence de mort" l'expérimentation est poussée très loin : trente minutes de mutisme n'avaient encore jamais été expérimentées à la télévision. Comme le dit Pierre Sorlin, "le flot ininterrompu de parole" qu'est la télévision supporte mal le silence…