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  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Jeudi 26 octobre 2006

L'autre jour, je regardais Star Academy et j'ai eu comme une révélation : c'est fou ce qu'ils ont pu nous faire avaler en six ans, je me suis dit. Là, comme ça, paf, ça m'est venu d'un coup. Je me suis rappelé les premières années de Star Academy et à quel point tout avait changé, pas seulement dans le paysage musical français, ça non, ni dans le paysage audiovisuel français, non plus, mais dans notre manière de regarder la Star Ac'.

Je me suis souvenu, donc, des premières années de Star Academy. La première année, j'avais regardé ça d'un œil distrait tout d'abord. J'avais été affligée par le "prime" et par le niveau des candidats. La première de la classe, Jenifer, chantait alors vraiment très faux. Le château n'était pas encore redécoré à la sauce Ikéa, il avait l'air d'un vrai château avec du vrai mobilier ancien dedans, un billard vert, des fauteuils Louis XVI, des meubles en bois… Les stars refusaient obstinément d'aller chanter sur le "prime" et les candidats faisaient très peu de duos. Tout le monde regardait ça de très haut (sauf les enfants, les pauvres).

La deuxième année, je me suis vraiment passionnée pour la Star Ac', j'avoue. Pour le coup, la Nolwenn, elle savait chanter. Et puis niveau scénario c'était super, y avait de l'action (Georges-Alain pétait régulièrement les plombs), de l'amour (Emma faisait des câlins à Fabien et disait à son copain que "mais non on est juste amis je te dis, je n'aime que toi"), de la haine (ils détestaient tous Nolwenn)… Des rebondissements, quoi ! Le château avait été redécoré cette fois, et on commençait à s'habituer. Et surtout, changement notable, les stars voulaient toutes aller chanter sur le "prime". C'est que, souvenez vous, avant la Star Ac', il n'y avait plus d'émission de variété à la télévision. Faute d'audience, elles avaient toutes disparues de la grille des programmes. Du coup la Star Ac' devenait la seule émission de variété qui, de plus, cartonnait niveau audience. L'endroit où il fallait aller pour se montrer. C'est une attachée de presse de maison de disque qui m'avait expliqué ça à l'époque : "les artistes au départ ils faisaient un peu la gueule à l'idée d'aller sur le plateau de la Star Ac', mais vu les audiences maintenant ils se battent pour y aller". Donc, hop, ça, c'est fait, dès la deuxième années, y a des vraies stars à la Star Ac'.

La troisième année, j'étais à la fac (n'allez pas penser que j'ai un doctorat en audiovisuel, c'est juste que j'ai repris mes études il y a 3 ans, la où je les avais laissées, donc pas non plus super haut…). J'avais même proposé un sujet d'analyse sur "la scénarisation façon sitcom de la star ac'" : les personnages principaux, les histoires d'amour, les disputes, les caractères de chacun (le cas social, la pétasse, la bonne élève, le père de famille…). Finalement j'avais opté pour un sujet sur Buffy. Mais il s'en était fallu d'un cheveu. Tout ça pour dire qu'on en était encore à réfléchir sur l'émission, sur son montage, ses choix scénaristiques etc. On n'en était pas encore à trouver ça normal… On en était encore à se marrer quand les profs se prenaient trop au sérieux. On rigolait de voir que la "directrice" de l'"école" n'était autre que la directrice des programmes d'Endemol France, Alexia Laroche-Joubert*, société qui produit la Star Ac'. On se disait qu'elle devait bien rigoler à faire semblant d'être une directrice autoritaire et concernée par les "élèves" quand elle les convoquait dans son bureau pour leur passer un savon ("Tes professeurs m'ont dit que tu ne travaillais pas assez, il va falloir te reprendre" ou "on m'a parlé de problèmes relationnels au château, ça ne va pas du tout !"). On trouvait qu'ils avaient tous une bonne dose de cynisme pour oser affirmer qu'ils "donnaient des cours", que tout ça c'était pour leur bien, alors qu'ils savaient que la plupart des candidats retourneraient à l'anonymat sitôt l'émission terminée… On se disait qu'ils étaient cyniques, et nous, on regardait ça avec du recul, un second degré, un truc qui faisait que finalement, personne n'était dupe, ni les téléspectateurs (sauf les enfants, les pauvres), ni les profs, ni les artistes invités sur le plateau.

C'est cette année que la révélation m'est apparue. J'avais laissé passer trois ans sans vraiment réfléchir dessus. En suivant chaque édition plus ou moins attentivement. Mais l'autre jour ça m'a sauté aux yeux : tout a changé. Il est devenu évident aujourd'hui que la Star Academy est une école. Tout le monde contribue à donner cette image de la chose. Les artistes quand ils viennent voir les "élèves", les profs qui donnent de plus en plus de notes, les évaluations de plus en plus nombreuses. On en a presque oublié que c'est de la télé ! Les candidats eux-mêmes parlent de plus en plus de cette "école" où ils sont venus pour "apprendre des trucs" pour "s'améliorer", pour "construire une carrière". Ils évoquent "la compétition", le fait qu'il n'y en aura qu'un seul à la fin, qu'ils ne sont pas là pour se faire des amis. Maintenant on voit le conseil de classe des professeurs qui jugent les élèves et qui leur donnent, encore et toujours, des notes. Pendant le "prime" les "élèves" sont aussi notés sur des chansons précises.

Et puis il y a les candidats des années passées. Autant Jenifer avait cartonné avec un album imparable mais bateau, autant la Nolwenn s'était vautrée avec son premier opus, et la Elodie aussi. Mais la, elles reviennent en force ces deux là : Nolwenn Leroy cartonne avec un album réalisé avec Laurent Voulzy, et Elodie Fréger arrive maintenant dans les bacs, avec un petit bijou signé Benjamin Biolay. Et je ne parle même pas de la Olivia Ruiz qui s'est fait une réputation d'indépendante de la chanson française. Paf. Encore un truc qui crédibilise la Star Academy. De vrais auteurs compositeurs planchent sur les albums des gagnants. Et plus personne ne se pose de question sur la scénarisation de la chose, sur le montage choisi pour "la quotidienne", sur ses orientations. Tout le monde a intégré le vocabulaire Star Ac' aussi : les "évals", le "prime", la "choré", la "prod". Tout est normal, messieurs dames. Circulez y a rien à voir. Ou plutôt, venez voir, c'est tout beau. La Star Ac' a fait ses preuves. Y a un concours d'entrée, comme à Sciences Po, et y a l'assurance de trouver du travail à la fin. Pour celui qui sort major de la promo en tout cas.

J'avoue. D'un coup ça m'a fait peur…
 
*En cherchant la fonction exacte chez Endemol d'Alexia Laroche-Joubert, je suis tombée sur un site qui lui est consacré, et qui est tout à sa gloire… mis à part cette bio un peu étonnante qui nous apprend que :

"Elle a passée son enfance dans un hôtel particulier classé monument historique près de Beaubourg, un petit palais aménagé spécialement pour elle avec salle de bain en marbre de Carrare..."

"Ses parents divorcent alors qu’elle n’avait que 4 ans. C’est l’âge où elle donne 20 centimes à un petit garçon pour qu’il lui dise “je t’aime”".

"Son père avoue également qu’il vient voir sa fille pour lui demander de l’argent ou pour avoir des places pour Star Academy qu’il avait promis à des amis"

 
 
Lundi 23 octobre 2006

J'adoooore la Boite à questions ! Dans le Grand Journal de Denisot sur Canal +. Tout à la fin de l'émission ils enferment les invités de la veille (enfin… ils les enferment la veille, les invités, mais nous on les voit le lendemain, ce qui fait d'eux les invités de la veille… vous me suivez ?) dans une toute petite pièce. Dans cette pièce, qui a l'air de faire 1m2 à peu près, il y a juste un siège, sur lequel les invités s'assoient, et un écran télé, sur lequel les questions des téléspectateurs défilent. Ca a l'air tout bête comme dispositif mais c'est malin !
Est-ce parce que les invités sont dans un espace confiné ? Est-ce parce qu'ils doivent lire les questions à voix haute avant d'y répondre ? Est-ce parce qu'ils sont face à un écran, et pas à un journaliste ? Toujours est-il qu'il se passe toujours quelque chose dans cette boite à question. C'est presque toujours marrant à regarder, étonnant, parfois même loufoque (oui j'ose le terme loufoque, je suis une aventurière du vocabulaire). Ils osent des trucs qu'ils n'oseraient pas en dehors de la boite à question. Genre, ils dansent. A mon avis si Denisot ou l'un de ses chroniqueurs demandaient à Sophie Marceau "Comment tu danses, Sophie ?", elle ne se mettrait pas à se dandiner sur son siège. Enfin, je dis Sophie Marceau, je sais pas je ne l'ai jamais vue dans la boite à questions. Mais par exemple, Jérémie Reinier et Mélanie Laurent, eux, ils dansent dans la boite. Ils sont morts de rire, même. Dans la boite à questions, on se lâche. Bon en même temps, c'est sûr que c'est pas Michel Denisot qui demanderait à ses invités "Aux toilettes, tu préfères lire l'équipe ou le Figaro", ou "qu'est ce que tu fais après l'amour ?", ou "Vous pouvez me faire une grimace ?", ou encore "Un verre de bon vin ou un bon petit pet' ?".

Limite peut être qu'Ariane Massenet elle poserait ce genre de questions. Mais en dehors de la boite, elles paraîtraient déplacées ces questions. Parce que ce sont des questions de téléspectateurs ne l'oublions pas. Sélectionnées au préalable pour leur côté absurde, débile. Pour obtenir des réactions marrantes. Ce ne sont pas des questions de journalistes. J'irais même plus loin dans l'analyse : ce sont des questions de téléspectateurs qui regardaient Ardisson période Tout le Monde en Parle et qui ont la nostalgie des interviews de l'homme en noir. Parce que lui, c'est le genre de questions que ça le gênait pas de poser. Et comme les invités savaient qu'ils étaient à Tout le Monde en parle, ils s'attendaient à ce genre de questions et ils acceptaient d'y répondre. C'est comme dans la boite à questions. Tout pareil. Sans Thierry (en même temps, comme il bosse sur Canal maintenant, qui nous dit que c'est pas lui qui file les questions à la boite à questions ? Qui nous dit que ce sont des vraies questions de vrais téléspectateurs, après tout ? Ca se trouve, dans son contrat y a écrit qu'il doit donner ses questions de Tout le Monde en Parle à Denisot… On peut pas savoir avec la télé. Ils nous mentent tout le temps…)

Dans l'émission de Denisot, j'aime bien le petit journal people aussi. Je suis épatée par les commentaires de Yann Barthès et par ce qu'il arrive à faire avec des news aussi essentielles que la nouvelle coupe de cheveux de Tom Hanks (avec même l'avis des coiffeuses de Cannes, des vraies professionnelles de la profession, s'il vous plait), les cheveux (encore !) de Suri Cruise, la pilosité (décidément !) du sosie d'un chanteur indien, ou, pour changer, les lunettes de soleil de Monica Belluci. Moi c'est le genre de nouvelles qui me paraissent super vitales, c'est clair ! Et en même temps, j'avoue (oui, moi aussi je sais être humble parfois) : j'aurais du mal à être aussi drôle que Yann Barthès (peut-être que ça me parait trop important pour en rire, tiens). Surtout tous les jours de la semaine ! Chapeau, je dis (et rien à voir avec les cheveux ce coup ci…)

Mardi 17 octobre 2006

Cesserais-je un jour de dire ça ? Au risque de me répéter : la vie de pigiste est décidément passionnante.

Après avoir travaillé pendant deux mois, quasiment à temps plein, pour un site internet (à refaire de fond en comble, et en urgence s'il vous plait) sur le handicap, voilà qu'un message msn du responsable éditorial me parvient.

"Tiling ! (c'est le bruit du nouveau message msn) On n'a plus du tout de budget pour les piges. On a tout dépensé"

Moi : "Ca veut dire que notre collaboration s'arrête là ?"

Lui : "Mets toi en stand-by, ne commence aucun nouveau sujet tant que je n'ai pas réglé cette histoire de budget. D'ailleurs, la prochaine conférence de rédaction est annulée".
Depuis, plus de nouvelles.

Pas grave, me dis-je, toujours débordante d'enthousiasme, de bonne volonté et de talent (si, si), j'ai d'autres articles en prévision. Et toc ! même, me dis-je. Pour une fois, ils m'auront pas. Et, paf, derechef, je me mets à plancher sur un gros dossier sur les aberrations. Saviez vous que les discothèques ne ferment pas à la même heure à Saint Brieuc et à Bordeaux ? Hein ? Et que si les impôts vous réclament plus d'argent que vous n'en devez il faudra payer d'abord et contester ensuite ? Hein ? Et que vous pouvez manœuvrer un voilier sans avoir le permis bateau ? Hein ? Totalement aberrant, tout ça….

Paf ! Une fois l'article fini, je pars interviewer Tété. Et vlan, j'enchaîne sur les peintures écologiques (même que je peux vous expliquer comment fabriquer vous-même un badigeon à la chaux). Et puis ensuite, je vous dirais tout sur les nouveaux jouets high-tech pour nos enfants, puis sur les maisons du futur, et même plus précisément sur les maisons nanotechnologiques, oui madame. Des maisons avec des capteurs intelligents dans le sol, des vitres autonettoyantes, des panneaux solaires et des cheminées à vent. Des nanomatériaux dans tous les coins et recoins. Et après, paf, je pars interviewer Charlélie Couture dans les Vosges. Et quand je rentre (il a fait beau et Charlélie est très sympa, oui) je me plonge dans un univers où la technologie (encore elle) fait réagir nos cinq sens. Et puis, je continue avec un petit article "tendance" sur un magasin "tendance" d'accessoires.

Et me revoilà, ouf, le temps d'une pause, en train d'écrire un article pour la Pigeonne. Car je sens bien que les plaintes grondent. Je les entends.

Mais, le nez dans mes papiers, les yeux devant mon écran, l'oreille rivée au combinée téléphonique, j'avais à peine le temps de regarder un épisode de Malcolm sur Paris Première le soir, moi. Notez que je ne veux pas me plaindre, hein, loin de moi cette idée. En trois semaines, j'ai appris des tonnes de trucs. Je me demande parfois comment je ne suis pas devenue schizophrène à passer d'une interview musique à une interview technologique, d'une interview technologique à une interview écologique, d'une interview écologique à une interview… Bref. Je crois que tout va bien, dans mon cerveau tout est à la bonne place (du moins, ne nous avançons pas trop, à la même place qu'avant…).
Du coup, au risque de me répéter, j'ose encore une fois le dire : c'est fou ce qu'on sait comme trucs que les gens ignorent quand on est journaliste. Et c'est pas demain que ça va s'arrêter. Parce que demain, je fais un article sur la loi du 11 février 2005, dite "loi pour l'égalité des chances". Vous avez entendu parler de cette loi ? Vous savez ce qu'elle raconte ? Ce qu'elle va changer ? Non ?

Bah moi, si !

Lundi 25 septembre 2006

Ces derniers temps j'ai passé plus de temps à surfer sur les blogs des autres qu'à alimenter le mien (comme vous avez pu le constater… non ?). Et j'ai découvert plein de supers blogs, super bien écrits et tout.

Tenez par exemple, le blog de Chick, il est vachement marrant. En plus je suis d'accord avec elle sur plein de points, mais c'est même pas pour ça que je trouve que son blog est bien. C'est surtout que c'est vraiment bien écrit, drôle, et juste aussi. Parce que quand Chick parle des conférences de presse par exemple et des rapports entre les journalistes et les attachées de presse moi je ne peux qu'applaudir des deux mains et rigoler avec toutes mes dents. Sauf que, contrairement à elle, je déteste tellement les conférences de presse que je n'y vais jamais. Je suis très très mauvaise en relations publiques. Penser à dire bonjour à l'attachée de presse (comment elle s'appelle déjà ?), comment ça va depuis la dernière fois (c'était quand déjà ?), essayer de regarder du coin de l'œil si elle est toujours en faction devant la porte d'entrée ou s'il y a un moyen de sortir sans être vue, voir s'il n'y a pas une porte de derrière par laquelle je pourrais m'échapper… L'enfer… Du coup, j'ai trouvé la solution : je n'y vais plus. Un peu radical, je vous l'accorde, mais tellement plus simple.

Dans un genre différent il y a le blog de Garance qui est chouette aussi. Elle, elle tient un vrai blog de fille, avec des réflexions sur le couple, la mode, et plein d'autres trucs plus ou moins légers. C'est bien écrit et en plus y a des illustrations qui vont avec. D'ailleurs, dans le genre blog de filles, le blog de Garance m'a mené à celui des "Pensées d'une ronde" qui est plutôt sympa aussi.

Et puis, dans le genre plus professionnel, je suis allée faire un tour sur le site d'Ecrans. Oui, le journal papier n'existe plus mais le magazine continue sur le web. C'est pas pour ça qu'ils pourront m'embaucher, hein, je le sais bien, je ne me fais d'illusions. Et Ecrans ma mené tout droit au blog de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts (ceux que j'aimerai bien être eux). Instants télé ça s'appelle et c'est aussi chouette que leurs papiers dans Libé sauf que c'est mis à jour beaucoup plus souvent. D'ailleurs, eux aussi y parlent des attachées de presse, ou plus précisément, des communiqués de presse –envoyés par des attachées de presse, est-il nécessaire de le préciser ?- qui donnent à la fois envie de rigoler et de pleurer (faut-il pleurer quand on nous prend pour un idiot ou rigoler parce qu'on est vachement au dessus de ça et qu'on sait lire entre les lignes ?).

Après avoir surfé sur tous ces blogs de talents, j'ai été prise de doutes, assaillies de questions existentielles, qui suis-je, où vais-je etc. Pourquoi j'écris ? A quoi ça sert finalement tout ça, y en a tellement des biens des blogs ? Parce qu'avant de découvrir tous ces blogs je me disais que j'étais la seule à savoir écrire des trucs marrants, moi (oui oui je suis comme ça aussi. J'ai un peu honte, mais j'assume en même temps).

Du coup, ça m'a fichu un coup de savoir que j'étais pas la seule fille géniale de la blogosphère.

Malgré tout mes doutes, ma remise en question, ma déception même, notez je vous ai donné leurs adresses aux autres supers bloggeuses. Ca, c'est parce que je suis super solidaire, super altruiste et super sympa. Alors, ne me laissez pas tomber, hein, dites…

Samedi 23 septembre 2006

L'autre soir, j'ai regardé Flight Plan. Bon, je me doutais bien que ce n'était pas un grand film, d'ailleurs les critiques n'avaient pas été vraiment élogieuses, mais j'avais envie, comme ça m'arrive parfois, de regarder un petit film sans prétention, de frissonner un peu devant ma télé, de ne pas trop réfléchir. Flight Plan, c'est l'histoire d'une femme qui perd sa fille dans un avion. Alors on se dit, perdre une fille dans un avion, c'est pas vraiment possible vu que l'avion il n'a pas atterri entre temps. Mais reprenons depuis le début…

Au début de Flight Plan, il fait froid. Jodie Foster et sa fille habitent en Allemagne, c'est l'hiver. L'ambiance est froide, les nuits paraissent froides, y a de la neige, la lumière est très bleue. Bref. Ca caille. L'ambiance est trop bizarre. On voit Jodie Foster discuter avec un type à la morgue. On la voit aussi rentrer chez elle, mettre sa fille au lit, fermer les rideaux. Des hommes l'observent dans l'immeuble d'en face. Bizarre. Le lendemain, Jodie Foster et sa fille doivent s'en aller. Elles vont prendre l'avion. Retourner aux Etats-Unis. Pour enterrer le mari de Jodie Foster qui est "tombé" par la fenêtre. La fille est toute bizarre. Elle ne veut pas partir. Elle ne veut pas sortir dehors. Elle a peur. Jodie la prend dans ses bras la cache sous son manteau pour la déposer dans le taxi. Arrivées à l'aéroport, la fille disparaît. Jodie flippe. Elle la retrouve dans une librairie. Lui fait la morale comme quoi elle ne doit jamais s'éloigner toute seule tout ça. Trop bizarre. On se dit qu'elles sont suivies, que peut être le père il était agent secret. Y a une ambiance de gestapo, de soupçons, de mystère. On a l'impression qu'elles ne pourront pas quitter l'Allemagne. Ce ne sont pas deux passagères lambda, elles ont des trucs à cacher.

Et puis non, elles montent dans l'avion. Les premières. L'avion est totalement vide quand elles prennent place. Il parait vachement grand l'avion, et il l'est, mais de là à perdre sa fille dedans, en plein vol, on se demande comment ils vont nous faire avaler ça. Et puis, en même temps, on se dit c'est sûr y a quelqu'un qui les suit, il se passe un truc pas net. Bref.

Elles vont se coucher. Et quand Jodie ouvre les yeux, sa fille n'est plus là. Alors au départ elle se dit qu'elle est partie aux toilettes. Normal. Mais non. Elle commence à paniquer, elle alerte l'équipage, elle exige qu'ils recherchent sa fille. Tout le monde la prend pour une folle, une mère super stressée, mais finalement le commandant accepte de fouiller l'avion. Alors, tout l'équipage fouille. Partout. Et la mère, elle stresse.

Là quand même, c'est le moment du film où on est bien pris par l'action. L'avion est vraiment très grand, ça parait plausible finalement que la fille soit perdu. Ou cachée quelque part. C'est bizarre toute cette histoire, depuis le début c'est bizarre. Il se passe un truc c'est sûr.

Puis soudain, renversement de situation. L'équipage a vérifié les noms sur la liste des passagers et il n'y a aucune trace de la fille. La mère elle-même ne peut pas fournir la carte d'embarquement de sa fille. Et personne ne semble avoir vu la petite. Le mec qui était à côté d'elle ne l'a pas vu, ni la famille turbulente qui était devant, ni l'hôtesse qui les a accueillies dans l'avion. Alors on se dit, que oui peut être elle est folle. Peut être que ce qu'on nous a montré à nous téléspectateur c'est ce que la mère pensait voir (vous me suivez ?). Peut être que pour nous la fille était là parce qu'on nous montrait le point de vue de la mère. Mais qu'en fait y avait pas de fille. D'ailleurs pour couronner le tout, le commandant de bord arrive à joindre la morgue qui s'est occupé du père (parce que le père, lui, c'est sûr, il est mort) et à récupérer le certificat de décès… de la fille. Oh my God ! Enfer et damnation, Jodie est folle ! D'ailleurs, à l'annonce du décès de sa fille, elle s'écroule. On lui trouve une psychiatre (l'avion est très grand, il doit y avoir au moins une personne de chaque corps de métier là dedans) qui lui explique qu'elle a imaginé que sa fille était encore en vie parce que perdre son mari c'est déjà dur, mais perdre sa fille en même temps, je ne te raconte pas. Bref.

Le problème là, c'est qu'on en est à la moitié du film. Alors on se demande comment ils vont réussir à faire rebondir l'action. Soit ils nous prouvent qu'elle n'est pas folle et que c'est une sombre machination. Soit elle est vraiment cinglée mais là il faut trouver comment occuper la suite, et puis c'est Jodie Foster, mince, elle peut pas être cinglée. Moi je penche pour la première solution… Et j'ai raison ! Je vous la fait courte : Jodie se rend compte qu'elle n'est pas cinglée parce qu'elle souffle sur le hublot et qu'elle voit apparaître le dessin que sa fille a fait sur la vitre en montant dans l'avion (avec son doigt comme sur la photo). Paf ! C'est le déclic ! Tout ceci n'est qu'une machination ! Et elle a raison ! En fait c'est le mec qui s'occupe de la sécurité à bord de l'avion qui a enlevé sa fille, et qui était de mèche avec le type de la morgue, qui a donc envoyé un faux certificat de décès. Si j'ai bien compris, le méchant s'en est pris à Jodie simplement parce que c'était facile de cacher les explosifs dans le cercueil (parce qu'il y a des explosifs dans l'histoire bien sûr). D'ailleurs le mari il est pas "tombé" de la fenêtre, il a été poussé. Hé, hé ! Le méchant avait préparé son coup à l'avance ! Il menace de faire péter l'avion en mettant tout sur le dos de Jodie, genre elle est folle, elle a perdu sa fille et son mari, du coup elle veut tuer tout le monde. Mais dans sa folie elle demande quand même quelques millions de dollars sur un compte bloqué aux Caïmans.

Finalement à la fin, Jodie elle tue le terroriste et elle sauve sa fille, prouvant à tout l'équipage que non, elle n'était pas folle, ni terroriste, ni rien de tout ça.

Je vous avais dit que je la ferais courte, du coup vous n'avez sûrement rien compris. En même temps, je ne suis pas sûre d'avoir compris non plus (ceci explique peut être cela) ni même qu'il y avait quelque chose à comprendre en fait…

Après, j'ai éteint mon lecteur de DVD et je suis tombé sur M6 : un gros moustique (genre les monstres en plastique comme dans X-Or) s'attaquait à une jeune fille qui hurlait tout ce qu'elle pouvait. Mosquito Man ça s'appelait. Là, j'ai éteint la télé. Carrément.

Jeudi 14 septembre 2006
Au mois de juillet, il m'est arrivé un truc dingue : j'ai travaillé dans un bureau !
Un vrai bureau, avec des vrais gens qui travaillent dedans, des gens avec des horaires fixes, (9h-19h c'était pas un bureau qui appliquait les 35h), des pauses déjeuner d'une heure, des pauses clopes sur le trottoir, des plannings à respecter et des chefs au dessus d'eux. Sauf que, ne vous emballez pas, moi je n'étais pas embauchée dans la boite. J'étais juste là pour faire mon boulot de pigiste, qui, soit dit en passant, n'a rien à voir avec l'activité de la société qui m'hébergeait.

Parce qu'au mois de juillet, figurez vous que j'ai encore bossé comme une malade, presque à temps plein (d'ailleurs il va peut être falloir que j'arrête de m'étonner d'avoir du boulot vu que ça fait quand même plusieurs mois que ça dure… croisons les doigts). Et que j'ai un ami qui a monté sa boite et qui a bien voulu me prêter un bout de table et un ordinateur pour que je vienne travailler dans ses locaux.

Un genre d'expérience pour moi. Ca m'a permis de voir que j'étais encore vachement sociable comme fille. De me rendre compte que c'est assez chouette d'avoir des collègues. Surtout que ceux là ils étaient quand même bien sympas. De m'obliger à me lever le matin pour pas arriver trop longtemps après tout le monde. De voir que, oui, je suis capable de m'adapter à la vie de bureau. Sauf que là, j'avais tous les avantages sans les inconvénients, parce que moi je pouvais faire ce que je voulais, quand je voulais !

 Enfin, bref. Maintenant que j'ai confirmation de mon aptitude à travailler en équipe (j'ai aidé une de mes collègues à écrire des brèves), de mon sens de la convivialité (je participe aux pauses déjeuner. Je participe même aux pauses clopes. Je participe à l'intégralité de la vie de bureau), de mon respect des horaires (Ca m'est arrivé d'arriver en même temps que tout le monde le matin et de partir presque la dernière, alors que, il est important de le souligner, rien ne m'y obligeait) et de ma concentration extrême dans un open-space (j'ai travaillé dans un bureau de six personnes qui parlaient d'arborescences de sites internet, de "zoning" et de plein d'autres trucs qui auraient pu me déconcentrer mais je suis hyper forte dans ma tête), je peux dire oui en toute confiance à n'importe quel rédacteur en chef qui voudrait m'embaucher comme journaliste à plein temps. Parce qu'avant ça, j'aurais peut être hésité hein. Je me serais dit, le pauvre employeur, il est peut être en train d'embaucher une fille inapte à la vie de bureau. J'aurais douté. J'aurais eu peur pour lui. Et par respect, par empathie même, j'aurais peut-être décliné l'offre. Alors que maintenant je sais que je suis une winneuse de bureau.

Bon, l'embêtant c'est que j'ai aussi confirmation qu'Ecran ne m'emploiera pas. Et ça, ça m'enlève quand même beaucoup de perspectives d'avenir. D'avenir de bureau, hein. Parce que mon avenir de pigiste, pfou, je vous raconte même pas…
Dimanche 10 septembre 2006
par Cécile Blanchard publié dans : Buffy Contre les Vampires
Vendredi 8 septembre 2006
Après l'effondrement du lycée et de tout Sunnydale (39'30), Buffy et ses amis s'échappent en bus et s'arrêtent à la sortie de la ville. Ils se retournent vers ce qui a symbolisé leur vie pendant sept ans, et qui n'est désormais qu'un immense trou. L'heure du bilan et du renouveau a sonné.

Le bilan
Hommages aux personnages disparus, disparition de la bouche de l'Enfer. La moitié des dix dernières minutes est consacrée à un bilan de cet ultime combat. Un trait définitif est tiré sur le passé. Le deuil (des personnages et des téléspectateurs) peut commencer.

-    Hommage à Spike : Buffy rend hommage à Spike, sacrifié pour la bonne cause, et responsable de l'effondrement de Sunnydale. Nous avons vu précédemment que le porteur du médaillon signait ici sa rédemption. Buffy lui rend un dernier hommage en disant au rescapés que c'est à lui qu'ils doivent ce résultat. Elle le réhabilite définitivement et pour la postérité aux yeux de ses amis.

-    Le symbole de Sunnydale s'effondre : Dernier vestige de la ville, son panneau s'effondre dans le trou laissé par Sunnydale. C'est le symbole de la fin d'une ville qui abritait la bouche de l'Enfer. Il n'y aura même plus une pancarte pour signaler son existence. Sunnydale est définitivement morte et enterrée.

-    Hommage à Anya : un simple dialogue entre Andrew et Alex rend hommage à Anya. "Elle a été incroyable. Elle est morte en tentant de me sauver la vie" déclare Andrew. "C'est bien ma petite amie – répond Alex- toujours à faire des choses stupides". Un trait d'humour teinté de tristesse qui résume en même temps le caractère d'Anya et montre toute l'admiration d'Alex pour son amie décédée.

Le Renouveau
Le Mal a été vaincu et avec lui, le quotidien de Buffy et de ses amis s'est effondré. Durant sept ans, ils ont lutté contre les démons et les vampires qui sortaient de la Bouche de l'Enfer. Aujourd'hui, celle ci est refermée, et la Tueuse n'est plus seule. Elle n'est plus l'élue. Elle n'a plus de rôle à assumer. C'est l'heure du renouveau, de l'espoir.
-    C'est le proviseur Wood qui le premier fait comprendre au téléspectateur que la vie continue. Seul dans le bus avec Faith, il est blessé et lui demande dans ce qui semble être son dernier souffle s'ils ont gagné. Il simule la mort pour mieux montrer la vie. Plus tôt dans l'épisode, il avait en effet parié avec Faith qu'il parviendrait à la surprendre. Il la surprend en simulant sa mort. La séduction, donc la vie, a repris le dessus. Wood ne pense plus à la bataille ou même à sa blessure, il pense à l'amour.
-    "Nous avons sauvé le monde" déclare Alex. "Nous avons changé le monde" rectifie Willow. Mais le mal n'est pas éradiqué pour autant. D'autres Bouches de l'Enfer existent. Willow déclare pouvoir sentir les Tueuses qui se réveillent dans le monde. "Nous les trouveront". Leur nouveau destin est annoncé. Et, ayant détruit une Bouche de l'Enfer, ils sont porteurs d'espoir.
-    L'humour refait son apaprition dans les dialogues de fin, avec Dawn s'exclamant "Nous avons détruit le centre commercial, j'ai choisi le mauvais côté". C'est l'esprit originale de la série et de ses personnage qui refait son apparition dans les dernières minutes. Ils viennent de mener un combat difficile, ils ont perdu certains d'entre eux mais ils n'ont pas abandonné leur humour. Leur esprit est intact.
-    Ultime message d'espoir et de renouveau, les paroles de Faith à Buffy "Tu n'est plus la seule et unique élue désormais. Tu vas pouvoir vivre comme une personne normale. Qu'est ce que tu ressens ?". La caméra s'approche alors de Buffy qui, en gros plan, regardant au loin vers son avenir nouveau, sourit.

Dans le dernier épisode, Buffy n'est plus l'élue et elle est soulagée. Elle va pouvoir prendre sa vie en main et ne plus se consacrer à la destruction des forces du Mal. Tout au long de la série, Buffy exprime ce désir de "vivre une vie normale". A la fin de la série, elle est exaucée. Le téléspectateur est ici aidé dans son deuil de la série : il peut être heureux pour l'héroïne. La vie dont elle a toujours rêvé lui est offerte. Le principe même de la série est détruit.

Dès le début de l'ultime épisode de Buffy Contre les Vampires, le processus final est enclenché : tous les problèmes rencontrés dans la série sont réglés, toutes les questions posées trouvent une réponse. Et tous les éléments de cet épisode, qu'ils soient visuels, auditifs, référentiels ou sentimentaux concordent vers une seule sensation et vers une unique issue : la fin. C'est une fin sans retour car la série n'a plus de raison d'être sans l'élue, mais c'est une fin pleine d'espoir pour ses personnages. Après Buffy, la vie continue…

 

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