Je ne sais pas comment elles font mes copines de blog (ici, ici ou encore là et là) pour réussir à avoir une vie active, avec un boulot, parfois deux, parfois des enfants, tout ça, et en même temps pour alimenter leur blog. Franchement faudra qu'elles m'expliquent parce que moi, comme vous avez pu le constater si vous ne vous êtes pas encore lassé de venir ici voir s'il y avait du nouveau (non, toujours rien), j'y arrive pas. Vraiment pas. Ecrire toute la journée pour des magazines et écrire encore le soir des billets spirituels, drôles, intelligents (non mes chevilles sont très fines je vous assure) je n'en suis pas capable.Faut vraiment que ce soit le week-end, ou qu'il y ait une info qui me fasse réagir (Britney se rase la tête ! Paf, un billet dans l'heure qui suit) pour que je trouve la force de me mettre devant mon écran. Faut que je fasse du marbre, je l'ai déjà dit, mais ça non plus j'y arrive pas. N'allez pas croire pour autant que je n'arrive à rien.
C'est que, comme je le dis souvent, la vie de journaliste est palpitante. Surtout que là, ce dernier mois, je l'ai passé à faire du journalisme d'investigation, du vrai, de l'enquête au cœur d'un monde étrange, je me suis plongée au cœur de l'action, j'ai expérimenté, j'ai donné de ma personne… j'ai mené une double vie. Une "seconde life" pour être exacte. Et c'est très loin d'être aussi facile que ça en a l'air. Parce que quand mon rédacteur en chef m'a dit "Coco (c'est bien connu dans les rédactions les chefs appellent toujours leurs subalternes "Coco", ce ne sont pas les pigistes qui passent ici qui vont me contredire), quand il m'a dit "Coco, j'ai un article pour toi (dans les rédaction tout le monde se tutoie, c'est pas les pigistes blablabla…) ça s'appellera "peut-on vraiment mener une seconde vie ?", j'ai dit "banco" et je me suis immergé dans Seconde Life (SL pour les intimes, et désormais j'en fais partie).
Du coup, je me suis crée un avatar (un personnage) pour me balader dans les sims (les terrains), j'ai gagné quelques Linden (les dollars locaux) en dansant sur les dance pad (des places où il faut danser pendant 10 ou 20 minutes pour gagner de l'argent) ou en les cueillant, carrément, sur des money tree (des arbres à sous). Et ça paraît facile comme ça mais pas du tout. Parce que SL, c'est hyper dur au début. Déjà l'avatar, il faut au moins une heure pour qu'il ressemble à quelque chose : on peut allonger le nez, le menton, les jambes, les pieds même, le cou… On peut lui faire des gros seins (j'ai choisi d'être une fille sur SL, je suis d'un banal, je sais, alors que j'aurais pu être un lapin, ou un robot), des épaules de catcheuses, ou des fesses raplapla…
Mais le plus dur c'est la coiffure. L'avatar, au départ, il a une espèce de touffe sur la tête, qu'on peut allonger ou raccourcir à loisir, mais ça ne ressemble jamais à rien. Parce que dans SL, faut le savoir (et ça faut avoir enquêté vraiment, de l'intérieur, pour le découvrir) que tous les avatars portent des perruques ! Sinon ils sont trop moches. Alors, je suis partie à la recherche de freebies (des trucs gratuits) pour avoir l'air d'une vraie bombe. Parce que franchement, c'est pas la peine d'avoir un double virtuel si c'est pour être moche. J'ai trouvé une perruque rouge feu, un jean noir, un décolleté à fleurs, et une veste en cuir cintrée. Ca m'a pris une bonne semaine en me connectant régulièrement.
Une autre bonne semaine pour apprendre comment atterrir sans se casser la gueule aussi. Parce que dans SL, on vole, ça va plus vite. Alors, il y a un bouton "fly" dans le tableau de commande en bas de l'écran, ça c'est facile (et encore, c'est bien parce que je suis fluent in english), mais quand on appuie sur "stop flying", le personnage tombe. Il bat des bras des pieds, et paf, il se rétame par terre. Pas super élégant pour faire son entrée en boite… En fait, il y a des raccourcis clavier pour redescendre en douceur. Pareil pour voler plus ou moins haut. Moi au départ je ne passais pas au dessus des toits. En fait, on peut voler super haut…
Ensuite j'ai passé une autre bonne semaine à visiter SL. C'est hyper grand (360 km2 pour être exacte). Et j'avoue : je n'ai pas encore tout vu. J'ai eu le temps d'aller dans le Paris du 1900, d'aller à une exposition d'art, de visiter l'île des 300 (le film sur Sparte), de faire un tour au Mont St Michel, dans la jungle, à Midnight City, et aussi sur l'île de Gaïa, l'île francophone où vont tous les newbies (nouveaux arrivants) pour pas être totalement largués.
Alors, au début, j'avais des préjugés. Je me disais que c'est bien joli ce monde virtuel mais une fois qu'on y est, on y fait quoi ? Parce dans SL y a rien à faire, c'est ça le truc. Y a pas de but. Y a juste qu'on peut avoir un avatar super beau, super riche, qu'on peut discuter avec des gens, et construire sa maison. Limite on peut se faire une vie de rêve virtuelle, mais bon, au final, on est quand même toujours devant son écran dans son minuscule appart parisien. Et bien je n'irai pas jusqu'à dépenser de l'argent dans SL, ni y passer des heures, mais rien que fringuer mon personnage et discuter avec des gens ça m'a pas mal plu. J'avoue. Mon avatar est allé interviewer des gens. Je suis allé visiter les bureaux virtuels des entreprises. J'ai mené mon enquête moitié dans la vrai vie, moitié dans la virtuelle. Un truc à vous rendre fou. Et puis aussi j'ai testé d'autres mondes virtuels. Parce que faut pas croire, Second Life, c'est pas le seul. Y a Active World, Entropia Universe, There, et bientôt Outback Online.
Bientôt on nous attribuera un avatar d'office. A la naissance. Avec un trousseau tant qu'à faire (plein de perruques surtout). J'anticipe. C'est le côté journaliste d'investigation, fille hyper immergée dans son sujet, habitée par son enquête. C'est tout moi.
Et si un jour vous passez dans SL et que vous croisez une miss Pidgeon, c'est que je suis devenue accro…
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Vous avez vu ? Britney s'est rasé la tête. J'avoue. Ca m'a vachement perturbée. Travaillée. Ca m'a une fois de plus fait réfléchir sur le sort de nos amies les stars. Britney Spears, qui passait allègrement du blond au brun, s'est complètement rasé la tête. La boule à zéro. D'après les articles des magazines people, d'après les images diffusées sur les sites Internet, Britney serait restée dix minutes dans sa voiture à pleurer, serait sortie soudain pour entrer dans un salon de coiffure et aurait demandé à la coiffeuse de lui raser la tête. Celle-ci aurait refusé. Sur les images, on voit Britney choper la tondeuse et paf, ni une ni deux, se raser la tête. Complètement. GI Jane. Ensuite, on voit Britney sortir du salon et entrer chez un tatoueur. Paf. Ni une ni deux. Un tatouage. Le lendemain, toujours filmée, Britney porte une perruque. Alors, bien sûr, je pourrais vous ressortir la théorie de l'argent qui ne fait pas le bonheur, de la célébrité qui fait le malheur, même, de la star riche mais désespérée, mal dans sa tête, dans ses baskets. Bien sûr Britney vient elle aussi d'entrer en cure de désintoxication, deux jours après s'être rasée la tête, ni une ni deux, comme Robbie. Bien sûr.
Dimanche soir j’ai appris (en regardant la télé… c’est fou ce qu’on peut apprendre en se scotchant devant la petite lucarne, généralement au moment où l’on s’y attend le moins), j’ai appris donc que ce n’est vraiment pas facile d’être une star.
La semaine dernière, j’ai lu le portrait de Trondheim dans Libé. L’article rappelait que Trondheim avait fait un « coup » l’an dernier en lançant le blog de BD Frantico. Frantico, c’était le blog de BD le plus lu du web français. Ca racontait l’histoire d’un jeune auteur de BD, petit un peu gros et dégarni, qui essayait désespérément de se faire connaître. Frantico était aussi pas mal obsédé sexuel. A ses côtés, un gros chat orange lui servait de (mauvaise) conscience. C’était assez drôle, assez scato parfois (avec quand même l’une des planches les plus marrantes consacrée à la raison pour laquelle les hommes font pipi à côté de la cuvette des toilettes…), et personne ne savait qui pouvait bien être Frantico. Etait-il vraiment gros et chauve ? Etait ce un auteur reconnu ? Bon, comme vous l’avez compris il s’agissait de Trondheim (encore que ce dernier dément toujours être l’auteur du blog…). Alors ça m’a amené deux réflexions.
L'autre jour, j'étais dans le métro quand je surprends la conversation de mes voisins de wagon. C'était deux petits jeunes (je sais ça fait tout de suite "vieux con" comme formulation, mais ils étaient vraiment jeunes, genre 15-16 ans maximum), une fille et un garçon qui discutaient. De tout, et de rien. Surtout de rien d'ailleurs. Je tends l'oreille et je me marre. Je trouve ça drôle ce qu'ils disent. Ridicule. Bête. Et drôle (oui je suis méchante, en plus d'être vieille…).
Il faut que je fasse du marbre. Ca ne peut plus durer ! Un mois que je n'alimente plus ce blog, faute de temps, de culpabilité (oui, oui) ou encore de flemme… Bref. Y a que ça. Faut que je fasse du marbre (certainement beaucoup plus efficace que les bonnes résolutions…). Le marbre, qu'est ce que c'est, me direz vous ? (là je parle aux néophytes bien sûr, journalistes, passez votre chemin). Ce sont des articles stockés en cas de coup dur en gros. Des articles qu'on peut publier un peu n'importe quand parce qu'ils sont intemporels. Des papiers qu'on garde en réserve dans tout magazine, histoire de palier toute éventualité. Genre, si un journaliste rend un article vraiment impubliable, pas grave, y a du marbre, on peut remplir la page vide. Ou si une publicité ne rentre pas et qu'il faut quand même boucler le journal à l'heure, hop, le marbre. C'est très pratique, hein ?
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