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  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Mardi 20 février 2007
Dimanche soir j’ai appris (en regardant la télé… c’est fou ce qu’on peut apprendre en se scotchant devant la petite lucarne, généralement au moment où l’on s’y attend le moins), j’ai appris donc que ce n’est vraiment pas facile d’être une star.
C’est vrai, ça fait du bien de le préciser. Surtout après que TéléStar a publié « les vrais salaires des stars de série télé » où on avait tendance à se dire qu’ils avaient bien de la chance de se faire 500.000 euros par épisode (ça c’est le cachet de Jack Bauer, pardon Kiefer Sutherland, dans 24). Et du coup on avait tendance à ne pas les plaindre. On avait tort !
 
Regardez Robbie Williams par exemple. Dans le documentaire qui lui était consacré dimanche soir (2h du matin soyons exacts sur l’heure) on apprenait qu’il n’était vraiment pas super joyeux de vivre. Déjà, le journaliste l’avait suivi tout au long de sa dernière tournée. Et, problème majeur pour un candidat au bonheur, Robbie déteste la scène. Ouais. Du coup forcément, il n’était pas heureux, vu qu’une tournée, par définition, c’est monter sur scène tous les soirs… Pas cool. En même temps, sur scène il se la donne Robbie. Moi ça m’a même donné vachement envie d’aller le voir. Même si c’est embêtant de savoir qu’il a l’air d’être à fond avec son public et qu’en fait il compte les secondes en se demandant quand il va bien pouvoir prendre une douche et retourner dans sa chambre d’hôtel. Mais bon.
Robbie Williams, nous dit le documentaire, déteste être sur scène. Parce qu’il flippe comme un fou. Et pourtant, dit en voix off le journaliste qui l’a suivi durant sa tournée « à le voir sur scène, je pense qu’une part de lui-même, même si c’est de l’ordre du subconscient, aime ça ». C’est bien ce que je me disais aussi…
Ensuite Robbie est malheureux parce qu’il a une addiction aux drogues, alcool et cocaïne pour être précis. Et l’un n’allant pas sans l’autre, quand il est malheureux en sortant de scène, pour oublier il passe la nuit à boire, ou à sniffer, voire les deux quand vraiment ça ne va pas du tout. Bon. Au fil du documentaire, il décide d’être sobre et du coup il joue aux cartes (au Uno soyons exact sur le jeu) avec ses musiciens, pendant des heures. La voix off : « Moi je pensais qu’une star du rock c’était des groupies dans les chambres d’hôtel, la fête, la défonce, et bien non. Depuis que Robbie a arrêté les drogues, ce sont des parties de cartes à n’en plus finir ». Ouais. J’aurais moi aussi eu tendance à penser que c’était pas ça la vie de rock star (comme quoi on a tendance à penser beaucoup de choses qui sont fausses…).
Enfin, l’autre truc qui rend Robbie malheureux, c’est les paparazzis. La voix off : « Quand on est une star, on n’a vraiment une vie pas comme les autres » (c’était sûrement beaucoup mieux formulé que ça, je le note comme je m’en souviens, en gros) « Robbie par exemple, quand il veut jouer au football, on est obligé de lui louer un terrain. Et il joue tout seul » (images de Robbie seul devant les buts en train de marquer) « Et les paparazzi sont aux aguets » (image de trois paparazzi en train de prendre Robbie en photo). Puis Robbie s’exprime : « Je déteste les paparazzi, je déteste les tabloïds je n’achète jamais ces trucs. Robbie va faire ses courses. Robbie joue au foot. Robbie va au parc. Robbie a une nouvelle meuf. Pfffff ! ». Ouais. Ca, on veut bien croire que c’est pas très cool. Ca doit pas rendre heureux tous les jours, c’est sûr. Et autre chose qui rend la vie de star « pas comme les autres », c’est aussi l’assistante de Robbie. Car Robbie est littéralement assisté. Une petite nana le suit partout, en permanence et veille à son bien être. « Si Robbie a mal aux dents, je prends rendez-vous chez le dentiste avant qu’on quitte la ville. Je veille à ce que le frigo soit toujours plein. Je gère son agenda… ». Quelle galère, franchement…
Finalement, au fur et à mesure de la tournée (et donc du documentaire qui, comme vous le savez, suit chronologiquement cette dernière) Robbie se déride. Il est de moins en moins malheureux. De moins en moins grognon. Il s’éclate de plus en plus sur scène. Finalement il découvre qu’il aime ça. Qu’il a été « idiot, égoïste » de se plaindre. Robbie : « Comment ai-je osé me plaindre ? Tous les soirs, quoi que je fasse, il y a 15.000 personnes en face de moi qui approuvent ! C’est fantastique ! J’ai une chance inouïe ». Oui. C’est ça aussi être star. Ce qui est dommage c’est que Robbie découvre les bons côtés de la chose durant les trois dernières dates de sa tournée : Copenhague, Paris (Yeah !) et Rotterdam.
Après, retour aux Etats-Unis, et aux dernières nouvelles, déprime et nouvelle addiction aux drogues (Robbie serait, selon les tabloïds, retourné en cure de désintoxication). Peut être que la scène lui manque. Peut être que les 15.000 personnes qui l’adulaient tous les soirs lui manquent. Que les paparazzis lui manquent, tiens.
La star est un être complexe. CQFD.
Vendredi 2 février 2007
Lundi 29 janvier 2007
La semaine dernière, j’ai lu le portrait de Trondheim dans Libé. L’article rappelait que Trondheim avait fait un « coup » l’an dernier en lançant le blog de BD Frantico. Frantico, c’était le blog de BD le plus lu du web français. Ca racontait l’histoire d’un jeune auteur de BD, petit un peu gros et dégarni, qui essayait désespérément de se faire connaître. Frantico était aussi pas mal obsédé sexuel. A ses côtés, un gros chat orange lui servait de (mauvaise) conscience. C’était assez drôle, assez scato parfois (avec quand même l’une des planches les plus marrantes consacrée à la raison pour laquelle les hommes font pipi à côté de la cuvette des toilettes…), et personne ne savait qui pouvait bien être Frantico. Etait-il vraiment gros et chauve ? Etait ce un auteur reconnu ? Bon, comme vous l’avez compris il s’agissait de Trondheim (encore que ce dernier dément toujours être l’auteur du blog…). Alors ça m’a amené deux réflexions.

La première c’est que, wahou, Trondheim se cache derrière un pseudo, lance son blog en toute confidentialité, à égalité tout du moins avec les nombreux autres blogs de BD qui s’affichent sur le Web, et réussit à sortir du lot. S’il voulait confirmation de son talent, bingo ! Parce que quand on est connu pour ses œuvres, à un moment donné on se demande peut-être si seul notre nom fait vendre ? Trondheim lance un blog anonyme, se fait repérer par tous les internautes sous le nom de Frantico, se fait connaître, signe un contrat avec une maison d’édition, sort les planches de son blog en livre, et devient même le « meilleur jeune espoir » à Angoulême en 2005 ! La boucle est bouclée. Le jeune auteur inconnu passe du statut d’anonyme à celui de star, alors qu’en fait il s’agissait d’une star qui se cachait derrière un pseudo pour rester anonyme… Ca veut dire que Trondheim a vraiment du talent ! Ou en tout cas qu’il plait aux foules, et pas seulement à cause de son nom…

Ma deuxième réflexion, c’est ça : je vais me faire repérer. Bah, oui, et si j’étais une journaliste reconnue qui se fait passer pour une simple pigiste. ? Histoire de voir si ma plume a du succès en dehors de ma notoriété dans le monde réel… Histoire de vérifier que je peux me (re)faire un nom…

Et si j’étais Claire Chazal, hein ? Après tout, qu’est ce que vous en savez ? Comment pouvez vous être sûr de qui se cache derrière la Pigeonne ? Ca se trouve je suis Patrick Poivre d’Arvor, pourquoi je serai une fille d’ailleurs, je peux faire ce que je veux ! Et si j’étais Alain Rémond ? Ca me permettrait de me lancer des fleurs à moi même à travers ce blog en faisant croire que je veux être Alain Rémond, que j’adore son écriture tout ça. Ah ! Ah ! Qu’est ce que vous dites de ça ?
Faut dire que j’ai quand même vachement bien balisé le truc, c’est vrai. En mettant mes collaborations à gauche personne ne peut croire que je ne fais pas ce que je dis que je fais. En racontant combien c’est dur d’essayer de placer des sujets dans des magazines, de décrocher son téléphone, on dirait vraiment que je sais de quoi je parle hein ? Mais vous croyez que Claire Chazal ne sait pas comment ça marche, la vie de pigiste, qu’Alain Rémond ne se souvient pas d'avoir eu des pigistes balbutiant au téléphone ? Et puis, c’est bien réaliste, hein, mes aventures de bureau en juillet… On y croit. L’imagination, y a que ça de vrai. Et Claire Chazal, elle en a de l’imagination. Alain aussi… Quant à Poivre, n’en parlons pas… A revendre.
Moi je dis ça, je dis rien…
Jeudi 18 janvier 2007
L'autre jour, j'étais dans le métro quand je surprends la conversation de mes voisins de wagon. C'était deux petits jeunes (je sais ça fait tout de suite "vieux con" comme formulation, mais ils étaient vraiment jeunes, genre 15-16 ans maximum), une fille et un garçon qui discutaient. De tout, et de rien. Surtout de rien d'ailleurs. Je tends l'oreille et je me marre. Je trouve ça drôle ce qu'ils disent. Ridicule. Bête. Et drôle (oui je suis méchante, en plus d'être vieille…).

Et je me dis, tiens faudra que j'en fasse un article pour mon blog. Voire une nouvelle rubrique je me dis (parce que ça fait un mois que je n'écris plus rien dans ce blog, mais ça ne veut pas dire que je n'y pense pas). Une rubrique qui s'appellerait, soyons originale, "Lu, vu, entendu". Et là, ça m'amène à autre chose, paf, transition de la mort, je suis faite pour faire de la télé je vous dis : "Lu, vu, entendu" c'était une rubrique de feu 7 A Paris. Je sens que je m'enfonce de plus en plus dans un truc nostalgie mais j'assume allez hop, vu comment c'est parti de toute façon allons-y gaiement.

7 A Paris, pour ceux qui ne connaissent pas c'était un journal parisien qui listait, un peu comme le Pariscope, toutes les sorties de la semaine, mais avec en plus des articles vraiment marrants dedans. Et ils avaient une rubrique qui rapportait, sans commentaire, les conversations de café. Ca s'appelait, pour ceux qui suivent, "Lu, vu, entendu" et c'était assez chouette. Dans l'ensemble j'aimais beaucoup 7 A Paris, et pourtant je n'habitais même pas Paris à l'époque. J'aimais leur liberté de ton, leur humour, le côté second degré, absurde et libre de la revue. 7 A Paris a disparu à cause d'un défaut de gestion si je me souviens bien. Apparemment c'était tellement cool au sein même de la rédaction que le comptable oubliait un peu de compter…

Si on résume un peu vite, tous les trucs que j'aime bien disparaissent (j'ai dit "trucs", j'ai pas parlé des "gens", n'allez pas croire que je vais virer chagrin. J'ai dit "trucs" que j'aime "bien"). 7 A Paris, 20 ans… et les malabars à la noix de coco aussi. Je ne sais pas si certains d'entre vous ont goûté les malabars à la noix de coco. Je vous parle d'un temps que les moins de … Parce que moi j'avais à peine 10 ans je crois. Et je raffolais des malabars coco. Ils avaient pas vraiment le goût de coco, ils avaient un goût assez bizarre, chimique, un vague goût de savon. Et puis ils ont disparus. Je devais être la seule à en acheter. Et mon boulanger a dû écouler tout son stock grâce à moi… Dans le même genre, j'adorais les yaourts au café et je n'en trouve plus chez Monoprix. J'adorais les petits Yoco nature et ils ont disparu des rayons. J'adorais Buffy et c'est fini. J'adorais Noir Désir…

Je m'égare.
Y a plein de trucs que j'aime et qui sont toujours là. Sauf que je m'en rends moins compte puisqu'ils ne me manquent pas.

Après réflexion, j'ai décidé de laisser tomber ma rubrique "Lu, vu, entendu". D'abord ça a déjà été fait et j'aime pas l'idée de pomper sur les autres (je suis hyper intègre !). Ensuite, j'ai décidé de pas me moquer des jeunes. Les jeunes, ils disent des aberrations mais souvent c'est de la faute des vieux. Et j'ai aussi décidé de ne pas me ranger encore tout à fait dans la case"vieux". D'écouter mes disques de Noir Désir, parce que ça je peux le faire. De regarder mes DVD de Buffy parce ça aussi je peux le faire. Et même de partir à la recherche de yaourts au café parce que c'est pas parce qu'il n'y en a pas à côté de chez moi qu'il n'y en a nulle part !
Par contre les malabars à la coco, je tire un trait.
Mardi 2 janvier 2007

Il faut que je fasse du marbre. Ca ne peut plus durer ! Un mois que je n'alimente plus ce blog, faute de temps, de culpabilité (oui, oui) ou encore de flemme… Bref. Y a que ça. Faut que je fasse du marbre (certainement beaucoup plus efficace que les bonnes résolutions…). Le marbre, qu'est ce que c'est, me direz vous ? (là je parle aux néophytes bien sûr, journalistes, passez votre chemin). Ce sont des articles stockés en cas de coup dur en gros. Des articles qu'on peut publier un peu n'importe quand parce qu'ils sont intemporels. Des papiers qu'on garde en réserve dans tout magazine, histoire de palier toute éventualité. Genre, si un journaliste rend un article vraiment impubliable, pas grave, y a du marbre, on peut remplir la page vide. Ou si une publicité ne rentre pas et qu'il faut quand même boucler le journal à l'heure, hop, le marbre. C'est très pratique, hein ?

Bah moi, faut que je fasse du marbre pour mon blog. Dès que j'ai un peu de temps, hop, j'écris deux trois articles (voire quatre cinq en cas de grande inspiration), comme ça je continue à alimenter régulièrement mon blog, même si j'ai autre chose à faire.
Bon j'avoue, j'ai deux problèmes avec cette idée.
Le premier, c'est qu'en ce moment par exemple je n'ai ni le temps ni même l'inspiration pour faire du marbre. Or, c'est en ce moment qu'il faudrait que j'aie des articles d'avance, franchement, vous avez vu l'état de ce blog ?!

Le deuxième problème, c'est que quand je suis inspirée pour écrire des articles pour La Pigeonne, quand j'ai le temps et que j'en écris deux ou trois d'un coup, je brûle d'envie de les publier, là, tout de suite. Dès fois j'attends trois jour avant de les mettre en ligne mais ça me coûte ! Je sais qu'il est là, l'article, limite il m'appelle, il veut être lu. Ma prose veut être lue ! Carrément ! Dès fois je suis tellement contente de ce que j'ai écrit (on a les admirateurs qu'on mérite…) que je trépigne presque à l'idée de devoir attendre un peu. Même je rigole en me relisant dès fois (hum…). Allez je me lance, soyons franc, soyons clair, n'ayons pas peur de se rabaisser, j'attends même avec avidité vos commentaires, je vais voir les statistiques, je jubile quand ça augmente, je suis contente d'avoir vos avis. J'avoue. C'est pas beau je sais, on devrait écrire pour soi avant tout, on devrait s'en ficher de ce que les autres pensent, tout ça, mais moi non. Bilan, je suis tributaire de mes lecteurs. D'ailleurs, puisqu'on parle de vous, vous m'avez un peu déçu ces derniers temps. Si, si, il faut que je le dise. J'irai même jusqu'à supposer que c'est la raison pour laquelle je n'ai pas été plus motivée que ça pour écrire d'autres articles, tiens. Ouais. J'irais jusque là.

Mardi 12 décembre 2006
Il fallait que j'en parle. Parce que quand même, c'est vraiment triste. 20 ans, le magazine pour les filles de 30 ans, vient de mourir. Que celles qui n'ont jamais lu 20 ans essaient vite de s'en procurer un pour réparer ça. Il reste le numéro de décembre et après y en aura plus. Bon, peut-être que le numéro de décembre il est pas terrible, peut être que ce sera pas le meilleur 20 ans de tous les 20 ans, mais quand même il y aura forcément quelques petits articles bien marrants, même si les journalistes étaient déprimés à l'idée de devenir pigistes (souvent les journalistes en poste n'aiment pas du tout cette idée…).

Parce que 20 ans, malgré son titre qui faisait penser à Jeune et Jolies, c'était pas du tout, du tout, Jeunes et jolies.
Même Wikipédia le dit : "le magazine adopte un ton jeune, complice et, avant tout, ironique, se démarquant ainsi de ses concurrents de la « presse pour adolescentes".

Même Michel Houellebecq s'est inspiré de 20 Ans dans son roman La Possibilité d'une île. Il y parle d'"un magazine conçu pour les filles de dix ans mais lu par les femmes de trente qui ont peur de vieillir" (Michel Houellebecq a toujours été moyennement sympa avec les femmes…).
Et Même l'Humanité en a fait un article. Je ne résiste pas à l'envie de vous en mettre un extrait tellement je suis d'accord avec son auteur (pourtant, je ne suis pas communiste… enfin, bref) : "De la contestation régulière des figures imposées par la mode à l’horoscope bidonné, l’iconoclastie qui coule à longueur de pages, jusqu’aux plus inattendues, donne même souvent le vertige par sa façon de tenir toujours la position sur le fil du rasoir avec un côté " à moi on ne la fait pas " politiquement incorrect qui pourrait faire très mode s’il n’était qu’une image que se donne le magazine, comme pour affirmer que la seule valeur est de ne plus en avoir du tout. Cette impertinence, cependant, n’apparaît jamais longtemps sans pertinence : la tâche que 20 Ans semble à l’évidence se proposer de remplir d’abord est de pulvériser les stéréotypes et les idées reçues, et les stars n’ont qu’à bien se tenir, les créateurs à surveiller leur attitude, les verbeux à surveiller leur ego, les has-been à retourner à l’oubli... et les lecteurs de tous sexes à se munir d’un décrypteur pour tâcher d’établir ce qui, même des conseils beauté et autres plans régime, est à prendre au premier, deuxième ou dixième degré".

 

20 ans, pour faire simple, c'était le seul féminin drôle et impertinent. C'est sûr que j'avais été étonnée d'apprendre qu'il y avait des filles qui le lisaient au premier degré…
20 ans, c'était le féminin que je mettais dans mes toilettes (je n'irais plus jamais aussi loin dans la révélation de mon intimité, n'espérez même pas), que les mecs critiquaient d'abord puis lisaient en cachette, puis carrément sans se cacher en se bidonnant, et ils me le lisaient à voix haute des fois. J'avais même des copains qui me demandaient "T'as pas le dernier 20 ans ?" tellement ils avaient eu la révélation que c'était bien…

Bon d'accord, c'était moins bien depuis qu'ils avaient changé de formule. Peut être que la nouvelle formule a tué 20 ans… Peut être que j'aurais dû faire un article plus tôt pour dire à quel point j'aimais 20 ans. Peut être que j'aurai pu sauver 20 ans du coup… Mince. Maintenant je m'en veux…

Mardi 5 décembre 2006

Je le redis ? J'ose le redire ? Allez, j'ose : journaliste c'est un métier formidable. Grâce à mon travail, je rencontre des stars, je côtoie du beau monde, je suis dans le show bizness ! Alors, dans ma grande bonté d'âme, j'ai décidé de tout vous dévoiler, de vous faire profiter d'un peu de cette lumière des stars, d'un peu des coulisses, là où les choses se passent, comment sont les stars, qui elles sont vraiment, qu'est ce qu'elles mangent, qu'est ce qu'elles disent, si elles sont aussi belles en vrai que dans la télé. Parce que tout ça, moi, je le sais (et puis j'anticipe sur vos désirs, je suis sûre que ça vous intéresse plus que de savoir comment isoler sa toiture en laine de mouton. Parce que ça, petit rappel, je le sais aussi).

J'ai rendez-vous avec Calogero, pour une interview concernant son DVD live (c'était il y a un petit moment déjà...). J'ai vachement potassé (je potasse toujours vachement, je suis une professionnelle). J'ai regardé son DVD en entier, même les bonus. Je sais tout sur Calogero en concert. Je suis incollable.

J'arrive à l'hôtel Murano qui ressemble aux palaces d'aujourd'hui : tout blanc, un feu de cheminée sur des galets, des meubles design. Trop classe. Calogero n'est pas là. Il arrive, me dit son attachée de presse.

Un quart d'heure plus tard, il arrive. Oh, il est plus petit que ce que je croyais me dis-je intérieurement. En vrai je lui serre la main, je me présente et je lui fais un grand sourire.
 
L'interview commence. Il se balance un peu sur sa chaise.

Je lui pose une question fatale : "Vous avez un côté animal sur scène, non ?". Réponse : Oui. Je suis une intervieweuse de choc. Personne n'a jamais osé lui poser cette question c'est sûr. Je suis trop forte !

Il m'a fait un clin d'œil je crois. C'est son côté animal qui ressort. Avec moi, il a l'impression d'être sur scène. Il se lâche. Je suis mieux que Mireille Dumas pour débloquer les gens et délier les langues. Hum…

Il me dit qu'il aime ses fans, qu'il leur doit tout. Je crois que ça va être l'interview du siècle!


Maintenant j'ose l'impertinence. Je sens que ça va bien se passer. Il y a un feeling entre nous, c'est clair. D'ailleurs, il me sourit. Même, il me fait une œillade. La vache, j'hallucine, je suis en train de me faire draguer par Calogero himself ! Attention, je me lâche : "Euh… En lisant votre dossier de presse, j'ai lu un article qui disait que vous faites de la variété sur album mais que sur scène c'était du rock… Qu'est ce que vous en pensez ?". Je suis toute rouge. J'en reviens pas moi-même, ça c'est de la question osée, limite pas sympa. Je suis la nouvelle Marc Olivier Fogiel ! Faites gaffe, je mors !


J'ai pas trop écouté la réponse du coup. J'étais trop occupée à m'imaginer animer un "prime" en direct d'une grande chaîne hertzienne… Il me refait un sourire. En plus, il ne m'en veut pas ! Les stars aiment qu'on les malmène un peu.


C'est la fin de l'interview. Je lui dis merci. Il répond merci à vous. Les stars sont polies en général, il faut le savoir.


J'ai promis à ma copine Corinne de demander un autographe. J'aime pas trop faire ça, mais pour Corinne j'y vais. Elle est vraiment fan. Je lui demande de signer son DVD et de marquer un petit mot, pour Corinne donc. J'ai même apporté un marqueur indélébile pour l'occasion. J'ai tout prévu. Une vraie journaliste est forcément prévoyante…


Il commence à écrire "Amitié à Corinne" et soudain, il lève son stylo et me regarde par en dessous, un peu comme George Clooney dans Urgences. Le regard du lover. La vache ! J'ai une touche avec Calo. Il m'aime pour l'intelligence de mes questions, pour le feeling qui est passé entre nous, pour ma beauté fatale. Une star m'aime ! Il dit, avec un petit air coquin, "C'est toi qui t'appelle Corinne, non ?". Blanc. Je crois que je le déteste. J'ai jamais aimé sa musique de toute façon. J'aime pas les lovers en plus. C'est quoi ces manières de draguer comme ça, pendant une interview. On est des professionnels oui ou non ?  Je dis : "Euh… Non, moi, c'est Cécile". "Ah ?" il répond. Il a l'air un peu déçu quand même que l'autographe ne soit pas pour moi. Il me rend le DVD. En moi-même, je crie "Je suis une professionnelle, moi môssieur ! Je suis Journaliste, moi !". En vrai, je m'achète un sandwich et je rentre chez moi. Il va déjeuner dans le restaurant du palace avec son attachée de presse.
Jeudi 30 novembre 2006

Il faut que je fasse du marbre. Ca ne peut plus durer ! Un mois que je n'alimente plus ce blog, faute de temps, de culpabilité (oui, oui) ou encore de flemme… Bref. Y a que ça. Faut que je fasse du marbre (certainement beaucoup plus efficace que les bonnes résolutions…). Le marbre, qu'est ce que c'est, me direz vous ? (là je parle aux néophytes bien sûr, journalistes, passez votre chemin). Ce sont des articles stockés en cas de coup dur en gros. Des articles qu'on peut publier un peu n'importe quand parce qu'ils sont intemporels. Des papiers qu'on garde en réserve dans tout magazine, histoire de palier toute éventualité. Genre, si un journaliste rend un article vraiment impubliable, pas grave, y a du marbre, on peut remplir la page vide. Ou si une publicité ne rentre pas et qu'il faut quand même boucler le journal à l'heure, hop, le marbre. C'est très pratique, hein ?

Bah moi, faut que je fasse du marbre pour mon blog. Dès que j'ai un peu de temps, hop, j'écris deux trois articles (voire quatre cinq en cas de grande inspiration), comme ça je continue à alimenter régulièrement mon blog, même si j'ai autre chose à faire.
Bon j'avoue, j'ai deux problèmes avec cette idée.
Le premier, c'est qu'en ce moment par exemple je n'ai ni le temps ni même l'inspiration pour faire du marbre. Or, c'est en ce moment qu'il faudrait que j'aie des articles d'avance, franchement, vous avez vu l'état de ce blog ?!

Le deuxième problème, c'est que quand je suis inspirée pour écrire des articles pour La Pigeonne, quand j'ai le temps et que j'en écris deux ou trois d'un coup, je brûle d'envie de les publier, là, tout de suite. Dès fois j'attends trois jour avant de les mettre en ligne mais ça me coûte ! Je sais qu'il est là, l'article, limite il m'appelle, il veut être lu. Ma prose veut être lue ! Carrément ! Dès fois je suis tellement contente de ce que j'ai écrit (on a les admirateurs qu'on mérite…) que je trépigne presque à l'idée de devoir attendre un peu. Même je rigole en me relisant dès fois (hum…). Allez je me lance, soyons franc, soyons clair, n'ayons pas peur de se rabaisser, j'attends même avec avidité vos commentaires, je vais voir les statistiques, je jubile quand ça augmente, je suis contente d'avoir vos avis. J'avoue. C'est pas beau je sais, on devrait écrire pour soi avant tout, on devrait s'en ficher de ce que les autres pensent, tout ça, mais moi non. Bilan, je suis tributaire de mes lecteurs. D'ailleurs, puisqu'on parle de vous, vous m'avez un peu déçu ces derniers temps. Si, si, il faut que je le dise. J'irai même jusqu'à supposer que c'est la raison pour laquelle je n'ai pas été plus motivée que ça pour écrire d'autres articles, tiens. Ouais. J'irais jusque là.

 

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