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  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Samedi 31 mars 2007
Je ne sais pas comment elles font mes copines de blog (ici, ici ou encore et ) pour réussir à avoir une vie active, avec un boulot, parfois deux, parfois des enfants, tout ça, et en même temps pour alimenter leur blog. Franchement faudra qu'elles m'expliquent parce que moi, comme vous avez pu le constater si vous ne vous êtes pas encore lassé de venir ici voir s'il y avait du nouveau (non, toujours rien), j'y arrive pas. Vraiment pas. Ecrire toute la journée pour des magazines et écrire encore le soir des billets spirituels, drôles, intelligents (non mes chevilles sont très fines je vous assure) je n'en suis pas capable.
Faut vraiment que ce soit le week-end, ou qu'il y ait une info qui me fasse réagir (Britney se rase la tête ! Paf, un billet dans l'heure qui suit) pour que je trouve la force de me mettre devant mon écran. Faut que je fasse du marbre, je l'ai déjà dit, mais ça non plus j'y arrive pas. N'allez pas croire pour autant que je n'arrive à rien.
C'est que, comme je le dis souvent, la vie de journaliste est palpitante. Surtout que là, ce dernier mois, je l'ai passé à faire du journalisme d'investigation, du vrai, de l'enquête au cœur d'un monde étrange, je me suis plongée au cœur de l'action, j'ai expérimenté, j'ai donné de ma personne… j'ai mené une double vie. Une "seconde life" pour être exacte. Et c'est très loin d'être aussi facile que ça en a l'air. Parce que quand mon rédacteur en chef m'a dit "Coco (c'est bien connu dans les rédactions les chefs appellent toujours leurs subalternes "Coco", ce ne sont pas les pigistes qui passent ici qui vont me contredire), quand il m'a dit "Coco, j'ai un article pour toi (dans les rédaction tout le monde se tutoie, c'est pas les pigistes blablabla…) ça s'appellera "peut-on vraiment mener une seconde vie ?", j'ai dit "banco" et je me suis immergé dans Seconde Life (SL pour les intimes, et désormais j'en fais partie).

Du coup, je me suis crée un avatar (un personnage) pour me balader dans les sims (les terrains), j'ai gagné quelques Linden (les dollars locaux) en dansant sur les dance pad (des places où il faut danser pendant 10 ou 20 minutes pour gagner de l'argent) ou en les cueillant, carrément, sur des money tree (des arbres à sous). Et ça paraît facile comme ça mais pas du tout. Parce que SL, c'est hyper dur au début. Déjà l'avatar, il faut au moins une heure pour qu'il ressemble à quelque chose : on peut allonger le nez, le menton, les jambes, les pieds même, le cou… On peut lui faire des gros seins (j'ai choisi d'être une fille sur SL, je suis d'un banal, je sais, alors que j'aurais pu être un lapin, ou un robot), des épaules de catcheuses, ou des fesses raplapla…
 Mais le plus dur c'est la coiffure. L'avatar, au départ, il a une espèce de touffe sur la tête, qu'on peut allonger ou raccourcir à loisir, mais ça ne ressemble jamais à rien. Parce que dans SL, faut le savoir (et ça faut avoir enquêté vraiment, de l'intérieur, pour le découvrir) que tous les avatars portent des perruques ! Sinon ils sont trop moches. Alors, je suis partie à la recherche de freebies (des trucs gratuits) pour avoir l'air d'une vraie bombe. Parce que franchement, c'est pas la peine d'avoir un double virtuel si c'est pour être moche. J'ai trouvé une perruque rouge feu, un jean noir, un décolleté à fleurs, et une veste en cuir cintrée. Ca m'a pris une bonne semaine en me connectant régulièrement.
Une autre bonne semaine pour apprendre comment atterrir sans se casser la gueule aussi. Parce que dans SL, on vole, ça va plus vite. Alors, il y a un bouton "fly" dans le tableau de commande en bas de l'écran, ça c'est facile (et encore, c'est bien parce que je suis fluent in english), mais quand on appuie sur "stop flying", le personnage tombe. Il bat des bras des pieds, et paf, il se rétame par terre. Pas super élégant pour faire son entrée en boite… En fait, il y a des raccourcis clavier pour redescendre en douceur. Pareil pour voler plus ou moins haut. Moi au départ je ne passais pas au dessus des toits. En fait, on peut voler super haut…

Ensuite j'ai passé une autre bonne semaine à visiter SL. C'est hyper grand (360 km2 pour être exacte). Et j'avoue : je n'ai pas encore tout vu. J'ai eu le temps d'aller dans le Paris du 1900, d'aller à une exposition d'art, de visiter l'île des 300 (le film sur Sparte), de faire un tour au Mont St Michel, dans la jungle, à Midnight City, et aussi sur l'île de Gaïa, l'île francophone où vont tous les newbies (nouveaux arrivants) pour pas être totalement largués.

Alors, au début, j'avais des préjugés. Je me disais que c'est bien joli ce monde virtuel mais une fois qu'on y est, on y fait quoi ? Parce dans SL y a rien à faire, c'est ça le truc. Y a pas de but. Y a juste qu'on peut avoir un avatar super beau, super riche, qu'on peut discuter avec des gens, et construire sa maison. Limite on peut se faire une vie de rêve virtuelle, mais bon, au final, on est quand même toujours devant son écran dans son minuscule appart parisien. Et bien je n'irai pas jusqu'à dépenser de l'argent dans SL, ni y passer des heures, mais rien que fringuer mon personnage et discuter avec des gens ça m'a pas mal plu. J'avoue. Mon avatar est allé interviewer des gens. Je suis allé visiter les bureaux virtuels des entreprises. J'ai mené mon enquête moitié dans la vrai vie, moitié dans la virtuelle. Un truc à vous rendre fou. Et puis aussi j'ai testé d'autres mondes virtuels. Parce que faut pas croire, Second Life, c'est pas le seul. Y a Active World, Entropia Universe, There, et bientôt Outback Online.
Bientôt on nous attribuera un avatar d'office. A la naissance. Avec un trousseau tant qu'à faire (plein de perruques surtout). J'anticipe. C'est le côté journaliste d'investigation, fille hyper immergée dans son sujet, habitée par son enquête. C'est tout moi.
Et si un jour vous passez dans SL et que vous croisez une miss Pidgeon, c'est que je suis devenue accro…


Par Cécile Blanchard - Publié dans : La pigeonne ou chronique de la vie de pigiste
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Samedi 10 mars 2007
Par Cécile Blanchard - Publié dans : Y a pas que le texte dans la vie
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Jeudi 22 février 2007
Vous avez vu ? Britney s'est rasé la tête. J'avoue. Ca m'a vachement perturbée. Travaillée. Ca m'a une fois de plus fait réfléchir sur le sort de nos amies les stars. Britney Spears, qui passait allègrement du blond au brun, s'est complètement rasé la tête. La boule à zéro. D'après les articles des magazines people, d'après les images diffusées sur les sites Internet, Britney serait restée dix minutes dans sa voiture à pleurer, serait sortie soudain pour entrer dans un salon de coiffure et aurait demandé à la coiffeuse de lui raser la tête. Celle-ci aurait refusé. Sur les images, on voit Britney choper la tondeuse et paf, ni une ni deux, se raser la tête. Complètement. GI Jane. Ensuite, on voit Britney sortir du salon et entrer chez un tatoueur. Paf. Ni une ni deux. Un tatouage. Le lendemain, toujours filmée, Britney porte une perruque. Alors, bien sûr, je pourrais vous ressortir la théorie de l'argent qui ne fait pas le bonheur, de la célébrité qui fait le malheur, même, de la star riche mais désespérée, mal dans sa tête, dans ses baskets. Bien sûr Britney vient elle aussi d'entrer en cure de désintoxication, deux jours après s'être rasée la tête, ni une ni deux, comme Robbie. Bien sûr.
En même temps ce qui est affolant dans ces images, ce sont le simple fait qu'elles existent. Ce qui est affolant c'est qu'on a envie de les regarder. On regarde Britney se raser la tête. Se faire tatouer. Rentrer dans sa voiture. Marcher dans la rue avec une capuche qui cache son crâne nu. Comme si c'était de l'info. Comme si c'était capital. On regarde et on se demande quand même, éclair de lucidité, qu'est ce qu'on s'en fiche de Britney qui marche dans la rue et va chez le coiffeur ? Parce qu'à la base, les paparazzi ne savaient pas ce qui allait se passer. Ils filmaient quand même. Britney va chez le coiffeur. C'est comme de regarder le loft. Y a rien à voir mais on regarde. Bon le fait qu'elle se rase la tête, c'est un événement c'est sûr. Britney est assez dingue pour se raser le crâne. Mais c'est exceptionnel quand il se passe quelque chose, hein, faut pas croire. Les paparazzi, ils la suivent au cas où. Et même quand il ne se passe rien, la vidéo est mise en ligne. Hé ! Britney se promène dans la rue, ça va faire des clics, ça, Coco.
En même temps, je prends Britney comme exemple mais ce n'est pas elle la plus forte pour ça. Non avec Britney, c'est un peu comme avec Pete Doherty, y a des chances pour qu'il se passe des trucs. Genre, elle fume alors qu'elle est enceinte. Elle manque de faire tomber son fils. Tout ça. Elle a un côté trash, Britney. En revanche, une qui est filmée tout le temps, mais vraiment tout le temps, c'est Paris Hilton. Et Paris, elle ne fait vraiment rien du tout. Déjà, elle est célèbre pour rien. Du coup elle est suivie tout le temps pour rien. L'essence même de sa célébrité, donc. Et ça fait plein de vidéos pleines de vide regardables sur le Net. Paris fait crier les élèves dans un bus scolaire, Paris reste bloquée à l'extérieur de sa maison, Paris mange (si ! si ! elle mange !!!), Paris cherche un truc dans sa voiture…

Ce qui est affolant aussi c'est que désormais, sur les vidéos diffusées sur le net, les paparazzi ne se cachent plus. On les voit. On les entend. On voit les caméras, les appareils photos, les micros, les flashs. On entend des gens appeler "Britney !", poser des questions "pourquoi vous être rasé les cheveux ?", "pourquoi avez-vous mis une perruque ?" (et encore j'utilise le vouvoiement mais comme c'est en anglais ça se trouve ils la tutoient).
On voit que Paris est suivie par dix personnes minimum dès qu'elle fait un mouvement. Et on voit que ça ne la dérange pas. Elle a l'habitude. Elle les ignore la plupart du temps, elle continue à discuter au téléphone (Paris est tout le temps au téléphone, elle signe des autographes d'une seule main, mange d'une main, conduit d'une main… elle est assez balèze). De temps en temps elle leur parle. Parfois même, ils interagissent ! Genre, ils lui viennent en aide, pour mettre de l'essence dans sa voiture quand elle tombe en panne par exemple. Et là, c'est un vrai tabou qui vient de tomber. Avant on avait l'impression que la photo de la star qui fait ses courses, elle avait été volée par un petit malin caché derrière une poubelle. Maintenant on sait qu'ils sont dix petits malins, que la "star" les voit très bien, qu'ils ne sont pas cachés derrière un arbuste, et même qu'ils se parlent, tiens ! Si on avait pu penser ça…
Je pourrais faire une théorie sur le rôle de la télé-réalité dans cette histoire. Je pourrais. Mais ce serait un peu long. Alors le dire là, paf, en une phrase, j'ai l'impression que ça suffit.
 
Par Cécile Blanchard - Publié dans : Chroniques : tout, rien, n'importe quoi
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Mardi 20 février 2007
Dimanche soir j’ai appris (en regardant la télé… c’est fou ce qu’on peut apprendre en se scotchant devant la petite lucarne, généralement au moment où l’on s’y attend le moins), j’ai appris donc que ce n’est vraiment pas facile d’être une star.
C’est vrai, ça fait du bien de le préciser. Surtout après que TéléStar a publié « les vrais salaires des stars de série télé » où on avait tendance à se dire qu’ils avaient bien de la chance de se faire 500.000 euros par épisode (ça c’est le cachet de Jack Bauer, pardon Kiefer Sutherland, dans 24). Et du coup on avait tendance à ne pas les plaindre. On avait tort !
 
Regardez Robbie Williams par exemple. Dans le documentaire qui lui était consacré dimanche soir (2h du matin soyons exacts sur l’heure) on apprenait qu’il n’était vraiment pas super joyeux de vivre. Déjà, le journaliste l’avait suivi tout au long de sa dernière tournée. Et, problème majeur pour un candidat au bonheur, Robbie déteste la scène. Ouais. Du coup forcément, il n’était pas heureux, vu qu’une tournée, par définition, c’est monter sur scène tous les soirs… Pas cool. En même temps, sur scène il se la donne Robbie. Moi ça m’a même donné vachement envie d’aller le voir. Même si c’est embêtant de savoir qu’il a l’air d’être à fond avec son public et qu’en fait il compte les secondes en se demandant quand il va bien pouvoir prendre une douche et retourner dans sa chambre d’hôtel. Mais bon.
Robbie Williams, nous dit le documentaire, déteste être sur scène. Parce qu’il flippe comme un fou. Et pourtant, dit en voix off le journaliste qui l’a suivi durant sa tournée « à le voir sur scène, je pense qu’une part de lui-même, même si c’est de l’ordre du subconscient, aime ça ». C’est bien ce que je me disais aussi…
Ensuite Robbie est malheureux parce qu’il a une addiction aux drogues, alcool et cocaïne pour être précis. Et l’un n’allant pas sans l’autre, quand il est malheureux en sortant de scène, pour oublier il passe la nuit à boire, ou à sniffer, voire les deux quand vraiment ça ne va pas du tout. Bon. Au fil du documentaire, il décide d’être sobre et du coup il joue aux cartes (au Uno soyons exact sur le jeu) avec ses musiciens, pendant des heures. La voix off : « Moi je pensais qu’une star du rock c’était des groupies dans les chambres d’hôtel, la fête, la défonce, et bien non. Depuis que Robbie a arrêté les drogues, ce sont des parties de cartes à n’en plus finir ». Ouais. J’aurais moi aussi eu tendance à penser que c’était pas ça la vie de rock star (comme quoi on a tendance à penser beaucoup de choses qui sont fausses…).
Enfin, l’autre truc qui rend Robbie malheureux, c’est les paparazzis. La voix off : « Quand on est une star, on n’a vraiment une vie pas comme les autres » (c’était sûrement beaucoup mieux formulé que ça, je le note comme je m’en souviens, en gros) « Robbie par exemple, quand il veut jouer au football, on est obligé de lui louer un terrain. Et il joue tout seul » (images de Robbie seul devant les buts en train de marquer) « Et les paparazzi sont aux aguets » (image de trois paparazzi en train de prendre Robbie en photo). Puis Robbie s’exprime : « Je déteste les paparazzi, je déteste les tabloïds je n’achète jamais ces trucs. Robbie va faire ses courses. Robbie joue au foot. Robbie va au parc. Robbie a une nouvelle meuf. Pfffff ! ». Ouais. Ca, on veut bien croire que c’est pas très cool. Ca doit pas rendre heureux tous les jours, c’est sûr. Et autre chose qui rend la vie de star « pas comme les autres », c’est aussi l’assistante de Robbie. Car Robbie est littéralement assisté. Une petite nana le suit partout, en permanence et veille à son bien être. « Si Robbie a mal aux dents, je prends rendez-vous chez le dentiste avant qu’on quitte la ville. Je veille à ce que le frigo soit toujours plein. Je gère son agenda… ». Quelle galère, franchement…
Finalement, au fur et à mesure de la tournée (et donc du documentaire qui, comme vous le savez, suit chronologiquement cette dernière) Robbie se déride. Il est de moins en moins malheureux. De moins en moins grognon. Il s’éclate de plus en plus sur scène. Finalement il découvre qu’il aime ça. Qu’il a été « idiot, égoïste » de se plaindre. Robbie : « Comment ai-je osé me plaindre ? Tous les soirs, quoi que je fasse, il y a 15.000 personnes en face de moi qui approuvent ! C’est fantastique ! J’ai une chance inouïe ». Oui. C’est ça aussi être star. Ce qui est dommage c’est que Robbie découvre les bons côtés de la chose durant les trois dernières dates de sa tournée : Copenhague, Paris (Yeah !) et Rotterdam.
Après, retour aux Etats-Unis, et aux dernières nouvelles, déprime et nouvelle addiction aux drogues (Robbie serait, selon les tabloïds, retourné en cure de désintoxication). Peut être que la scène lui manque. Peut être que les 15.000 personnes qui l’adulaient tous les soirs lui manquent. Que les paparazzis lui manquent, tiens.
La star est un être complexe. CQFD.
Par Cécile Blanchard - Publié dans : Chroniques : tout, rien, n'importe quoi
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Vendredi 2 février 2007
Par Cécile Blanchard - Publié dans : Y a pas que le texte dans la vie
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Lundi 29 janvier 2007
La semaine dernière, j’ai lu le portrait de Trondheim dans Libé. L’article rappelait que Trondheim avait fait un « coup » l’an dernier en lançant le blog de BD Frantico. Frantico, c’était le blog de BD le plus lu du web français. Ca racontait l’histoire d’un jeune auteur de BD, petit un peu gros et dégarni, qui essayait désespérément de se faire connaître. Frantico était aussi pas mal obsédé sexuel. A ses côtés, un gros chat orange lui servait de (mauvaise) conscience. C’était assez drôle, assez scato parfois (avec quand même l’une des planches les plus marrantes consacrée à la raison pour laquelle les hommes font pipi à côté de la cuvette des toilettes…), et personne ne savait qui pouvait bien être Frantico. Etait-il vraiment gros et chauve ? Etait ce un auteur reconnu ? Bon, comme vous l’avez compris il s’agissait de Trondheim (encore que ce dernier dément toujours être l’auteur du blog…). Alors ça m’a amené deux réflexions.

La première c’est que, wahou, Trondheim se cache derrière un pseudo, lance son blog en toute confidentialité, à égalité tout du moins avec les nombreux autres blogs de BD qui s’affichent sur le Web, et réussit à sortir du lot. S’il voulait confirmation de son talent, bingo ! Parce que quand on est connu pour ses œuvres, à un moment donné on se demande peut-être si seul notre nom fait vendre ? Trondheim lance un blog anonyme, se fait repérer par tous les internautes sous le nom de Frantico, se fait connaître, signe un contrat avec une maison d’édition, sort les planches de son blog en livre, et devient même le « meilleur jeune espoir » à Angoulême en 2005 ! La boucle est bouclée. Le jeune auteur inconnu passe du statut d’anonyme à celui de star, alors qu’en fait il s’agissait d’une star qui se cachait derrière un pseudo pour rester anonyme… Ca veut dire que Trondheim a vraiment du talent ! Ou en tout cas qu’il plait aux foules, et pas seulement à cause de son nom…

Ma deuxième réflexion, c’est ça : je vais me faire repérer. Bah, oui, et si j’étais une journaliste reconnue qui se fait passer pour une simple pigiste. ? Histoire de voir si ma plume a du succès en dehors de ma notoriété dans le monde réel… Histoire de vérifier que je peux me (re)faire un nom…

Et si j’étais Claire Chazal, hein ? Après tout, qu’est ce que vous en savez ? Comment pouvez vous être sûr de qui se cache derrière la Pigeonne ? Ca se trouve je suis Patrick Poivre d’Arvor, pourquoi je serai une fille d’ailleurs, je peux faire ce que je veux ! Et si j’étais Alain Rémond ? Ca me permettrait de me lancer des fleurs à moi même à travers ce blog en faisant croire que je veux être Alain Rémond, que j’adore son écriture tout ça. Ah ! Ah ! Qu’est ce que vous dites de ça ?
Faut dire que j’ai quand même vachement bien balisé le truc, c’est vrai. En mettant mes collaborations à gauche personne ne peut croire que je ne fais pas ce que je dis que je fais. En racontant combien c’est dur d’essayer de placer des sujets dans des magazines, de décrocher son téléphone, on dirait vraiment que je sais de quoi je parle hein ? Mais vous croyez que Claire Chazal ne sait pas comment ça marche, la vie de pigiste, qu’Alain Rémond ne se souvient pas d'avoir eu des pigistes balbutiant au téléphone ? Et puis, c’est bien réaliste, hein, mes aventures de bureau en juillet… On y croit. L’imagination, y a que ça de vrai. Et Claire Chazal, elle en a de l’imagination. Alain aussi… Quant à Poivre, n’en parlons pas… A revendre.
Moi je dis ça, je dis rien…
Par Cécile Blanchard - Publié dans : La pigeonne ou chronique de la vie de pigiste
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Jeudi 18 janvier 2007
L'autre jour, j'étais dans le métro quand je surprends la conversation de mes voisins de wagon. C'était deux petits jeunes (je sais ça fait tout de suite "vieux con" comme formulation, mais ils étaient vraiment jeunes, genre 15-16 ans maximum), une fille et un garçon qui discutaient. De tout, et de rien. Surtout de rien d'ailleurs. Je tends l'oreille et je me marre. Je trouve ça drôle ce qu'ils disent. Ridicule. Bête. Et drôle (oui je suis méchante, en plus d'être vieille…).

Et je me dis, tiens faudra que j'en fasse un article pour mon blog. Voire une nouvelle rubrique je me dis (parce que ça fait un mois que je n'écris plus rien dans ce blog, mais ça ne veut pas dire que je n'y pense pas). Une rubrique qui s'appellerait, soyons originale, "Lu, vu, entendu". Et là, ça m'amène à autre chose, paf, transition de la mort, je suis faite pour faire de la télé je vous dis : "Lu, vu, entendu" c'était une rubrique de feu 7 A Paris. Je sens que je m'enfonce de plus en plus dans un truc nostalgie mais j'assume allez hop, vu comment c'est parti de toute façon allons-y gaiement.

7 A Paris, pour ceux qui ne connaissent pas c'était un journal parisien qui listait, un peu comme le Pariscope, toutes les sorties de la semaine, mais avec en plus des articles vraiment marrants dedans. Et ils avaient une rubrique qui rapportait, sans commentaire, les conversations de café. Ca s'appelait, pour ceux qui suivent, "Lu, vu, entendu" et c'était assez chouette. Dans l'ensemble j'aimais beaucoup 7 A Paris, et pourtant je n'habitais même pas Paris à l'époque. J'aimais leur liberté de ton, leur humour, le côté second degré, absurde et libre de la revue. 7 A Paris a disparu à cause d'un défaut de gestion si je me souviens bien. Apparemment c'était tellement cool au sein même de la rédaction que le comptable oubliait un peu de compter…

Si on résume un peu vite, tous les trucs que j'aime bien disparaissent (j'ai dit "trucs", j'ai pas parlé des "gens", n'allez pas croire que je vais virer chagrin. J'ai dit "trucs" que j'aime "bien"). 7 A Paris, 20 ans… et les malabars à la noix de coco aussi. Je ne sais pas si certains d'entre vous ont goûté les malabars à la noix de coco. Je vous parle d'un temps que les moins de … Parce que moi j'avais à peine 10 ans je crois. Et je raffolais des malabars coco. Ils avaient pas vraiment le goût de coco, ils avaient un goût assez bizarre, chimique, un vague goût de savon. Et puis ils ont disparus. Je devais être la seule à en acheter. Et mon boulanger a dû écouler tout son stock grâce à moi… Dans le même genre, j'adorais les yaourts au café et je n'en trouve plus chez Monoprix. J'adorais les petits Yoco nature et ils ont disparu des rayons. J'adorais Buffy et c'est fini. J'adorais Noir Désir…

Je m'égare.
Y a plein de trucs que j'aime et qui sont toujours là. Sauf que je m'en rends moins compte puisqu'ils ne me manquent pas.

Après réflexion, j'ai décidé de laisser tomber ma rubrique "Lu, vu, entendu". D'abord ça a déjà été fait et j'aime pas l'idée de pomper sur les autres (je suis hyper intègre !). Ensuite, j'ai décidé de pas me moquer des jeunes. Les jeunes, ils disent des aberrations mais souvent c'est de la faute des vieux. Et j'ai aussi décidé de ne pas me ranger encore tout à fait dans la case"vieux". D'écouter mes disques de Noir Désir, parce que ça je peux le faire. De regarder mes DVD de Buffy parce ça aussi je peux le faire. Et même de partir à la recherche de yaourts au café parce que c'est pas parce qu'il n'y en a pas à côté de chez moi qu'il n'y en a nulle part !
Par contre les malabars à la coco, je tire un trait.
Par Cécile Blanchard - Publié dans : Chroniques : tout, rien, n'importe quoi
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Mardi 2 janvier 2007

Il faut que je fasse du marbre. Ca ne peut plus durer ! Un mois que je n'alimente plus ce blog, faute de temps, de culpabilité (oui, oui) ou encore de flemme… Bref. Y a que ça. Faut que je fasse du marbre (certainement beaucoup plus efficace que les bonnes résolutions…). Le marbre, qu'est ce que c'est, me direz vous ? (là je parle aux néophytes bien sûr, journalistes, passez votre chemin). Ce sont des articles stockés en cas de coup dur en gros. Des articles qu'on peut publier un peu n'importe quand parce qu'ils sont intemporels. Des papiers qu'on garde en réserve dans tout magazine, histoire de palier toute éventualité. Genre, si un journaliste rend un article vraiment impubliable, pas grave, y a du marbre, on peut remplir la page vide. Ou si une publicité ne rentre pas et qu'il faut quand même boucler le journal à l'heure, hop, le marbre. C'est très pratique, hein ?

Bah moi, faut que je fasse du marbre pour mon blog. Dès que j'ai un peu de temps, hop, j'écris deux trois articles (voire quatre cinq en cas de grande inspiration), comme ça je continue à alimenter régulièrement mon blog, même si j'ai autre chose à faire.
Bon j'avoue, j'ai deux problèmes avec cette idée.
Le premier, c'est qu'en ce moment par exemple je n'ai ni le temps ni même l'inspiration pour faire du marbre. Or, c'est en ce moment qu'il faudrait que j'aie des articles d'avance, franchement, vous avez vu l'état de ce blog ?!

Le deuxième problème, c'est que quand je suis inspirée pour écrire des articles pour La Pigeonne, quand j'ai le temps et que j'en écris deux ou trois d'un coup, je brûle d'envie de les publier, là, tout de suite. Dès fois j'attends trois jour avant de les mettre en ligne mais ça me coûte ! Je sais qu'il est là, l'article, limite il m'appelle, il veut être lu. Ma prose veut être lue ! Carrément ! Dès fois je suis tellement contente de ce que j'ai écrit (on a les admirateurs qu'on mérite…) que je trépigne presque à l'idée de devoir attendre un peu. Même je rigole en me relisant dès fois (hum…). Allez je me lance, soyons franc, soyons clair, n'ayons pas peur de se rabaisser, j'attends même avec avidité vos commentaires, je vais voir les statistiques, je jubile quand ça augmente, je suis contente d'avoir vos avis. J'avoue. C'est pas beau je sais, on devrait écrire pour soi avant tout, on devrait s'en ficher de ce que les autres pensent, tout ça, mais moi non. Bilan, je suis tributaire de mes lecteurs. D'ailleurs, puisqu'on parle de vous, vous m'avez un peu déçu ces derniers temps. Si, si, il faut que je le dise. J'irai même jusqu'à supposer que c'est la raison pour laquelle je n'ai pas été plus motivée que ça pour écrire d'autres articles, tiens. Ouais. J'irais jusque là.

Par Cécile Blanchard - Publié dans : La pigeonne ou chronique de la vie de pigiste
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