Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous parler d'une BD. Oui, je sais, ça ne m'arrive pas souvent, j'ai plutôt tendance à vous parler de téléfilms bidons, ou de people qui ont la vie difficiles, mais, cette fois, vraiment, j'ai envie de vous parler Culture (la majuscule n'est pas une faute de frappe).
Mais ce n'est pas triste. Pas larmoyant, ni pontifiant. Avec un sujet pareil, on pourrait pleurer à toutes les planches, mais non. C'est juste la chronique d'un quotidien. Le quotidien d'un couple de trentenaires, plutôt classique, et des pilules bleues qui ponctuent leurs journées. Parce que des pilules il faut en avaler pas mal pour lutter contre la maladie. C'est aussi un quotidien fait de questions existentielles liées au sida. Des questions bêtes et des grandes questions. Dit comme ça, je ne sais pas si ça fait envie, mais c'est un livre simple avant tout. Emouvant. Et qui rappelle que le sida est toujours là. Sans donner de leçon ni verser dans l'apitoiement.
C'est surtout un livre qui donne envie d'aimer. Parce qu'ils s'aiment ces deux là. Et peut être qu'ils s'aiment encore plus que les autres parce qu'ils savent que tout peut s'arrêter demain. Parce que leur amour peut devenir tragique. Que leur vie peut basculer du jour au lendemain. Alors ils vivent leur amour simplement. Mais ils le vivent à fond. Comme si chaque jour était le dernier. Parce qu'ils ont conscience d'être mortels. Même s'ils n'y pensent pas tout le temps. Ils gardent ça dans un petit coin de leur tête. Forcément. Alors que c'est ce que chacun de nous essaie d'oublier. Forcément.
Plus qu'une BD sur le sida, sur la trithérapie, sur les couples hétéros qui eux aussi peuvent être touchés, c'est un livre sur l'amour. Quand on le referme, on n'a qu'une envie : aimer encore plus fort celui (ou celle) qui partage notre vie. Comme si chaque jour était le dernier. Parce qu'après tout, on est tous mortel. Et rien que pour ça, c'est un livre magnifique.
Faut pas que je me plaigne si mes statistiques de blog n'augmentent pas. C'est vrai, y a des fois où je vous reproche de ne pas mettre de commentaires, de ne pas vous exprimer assez pour me motiver, mais bon, c'est un peu de ma faute, je m'en rends compte, hein, faut pas croire, je râle, mais c'est pour la forme.
Parce qu'en fait, je me suis amusée à regarder les archives de
Et je sais bien qu'un blog, ça s'alimente souvent. Surtout si on veut faire du buzz, comme on dit. Comment voulez vous que les gens viennent sur vos pages s'il n'y a jamais rien de nouveau, franchement ? Je vous pose la question, mais c'est à moi que je fais le reproche, hein. Je me flagelle, quoi. Parce que je vois bien aussi que des gens qui ont crée leur blog depuis moins longtemps que moi ont parfois plus de visiteurs. Et ça m'embête un peu quand même. Mais bon, en même temps, ils sont vachement plus productifs, avec leurs deux ou trois articles par semaine, c'est sûr (et je ne parle pas ici de mes copines ou copains de blogs qui eux, sont géniaux, alors c'est normal qu'ils aient des visites).
Enfin. Cette réflexion, ultra profonde, ne m'amènera peut-être pas à écrire plus d'articles sur ce blog. Mais au moins, ça me permet de faire un billet un peu plus court que les autres parce que ces derniers temps, j'écris pas beaucoup, mais j'écris long. Et je ne suis pas sûre que ce soit bon pour mon audience non plus. Alors, qu'un petit billet, vite lu, pendant la pause café, en une minute chrono, ça, c'est de la rentabilité, non ? Ouais… Dès demain, je fais une étude de marché sur les blogs les plus lus et je lance mon quinzomadaire à une page, mais qui cartonne et crée le buzz du siècle. Youhou ! (J'ai la forme moi, ce soir…)
J'ai vraiment des problèmes avec le téléphone. J'ai déjà expliqué à quel point j'avais du mal à le décrocher pour appeler d'éventuels futurs employeurs. Mais j'ai aussi du mal avec le téléphone portable. Non pas que je fasse partie de ces retors du portable, les quelque 7,5% de français qui n'en ont pas et qui refusent d'en avoir un pour pouvoir se payer le luxe de ne pas être joints partout. Pas du tout. Je fais partie de ceux qui ont un portable depuis 1997, au moment où les Nokia étaient gros, lourds, avec des coques de couleurs (la mienne était verte). Je fais partie de ceux qui, quand ils oublient leur portable, sont complètement perdus. Oui j'avoue c'est pas beau. J'aurais voulu être détachée des choses matérielles. Je me croyais détachée des choses matérielles. D'ailleurs je le criais bien fort sur les toits. Histoire de m'affirmer un bon coup. L'iPod, moi ? Jamais ! Si un jour je possède un lecteur mp3, ce sera un Sandisk, un Creative ou une simple clé USB. Et toc.
Ca m'énerve, moi la folie iPod, ça m'énerve que ce soit si branché, si cher, et tellement indispensable. Et même si je louche sur les mini iPod shuffle de couleur, qui sont décidément trop mignons, je ne craquerais pas. Je suis forte dans ma tête, je suis totalement hors mode, hors courant, je suis libre. Libre de dire non à la publicité, à la branchitude. Je suis une adepte de la décroissance ! Parfaitement ! Je ne fais pas encore les poubelles pour éviter d'aller au supermarché, mais j'y travaille. A mon échelle. Faut commencer petit, être raisonnable. Bientôt peut être que je décroisserais à fond. En tout cas, je n'achèterais pas de télé à écran plat. Pas de portable Mac. Pas de lecteur DVD (ah, si...) de graveur DVD (ça non !). Je ne suis pas matérialiste moi, les objets je m'en fiche, les nouvelles technologies c'est pas mon truc, je peux vivre sans, dans mes meubles de brocanteur, avec mon vieux PC, et mon appareil photo même pas numérique. Ouais! Je suis une rebelle!
Je lutte, à ma façon contre la mondialisation. Contre la surconsommation. Et mon téléphone portable, si je l'oublie un jour (ou si je l'éteins) bah ce ne sera pas la mort.
Sauf que c'est ce jour là que toutes mes belles théories sont tombées à plat. Je m'en suis rendue compte dans le métro, et il était déjà trop tard pour faire demi tour. J'ai passé la journée à envoyer des mails à tous mes amis pour dire que je n'étais pas joignable. Ou seulement par mail. Ou sur le téléphone du bureau, au 01.56… Mais seulement jusqu'à 18h. Et quand je suis sortie, j'ai du partir à la recherche d'une cabine téléphonique (mission très délicate) comprendre comment ça marchait avec une carte bleue, et tenter de fixer un rendez vous un peu précis à mon ami, histoire de se retrouver. Et pourquoi pas « à la sortie de métro Glacière, on se retrouve dans le café le plus proche » ? Sauf qu'à Glacière y a pas de café. Re cabine téléphonique. "Retrouvons nous au métro Gobelins, café le plus proche". Sauf qu'aux Gobelins y a plein de cafés! Re cabine. Bref. L'enfer. Evidemment ça aurait été plus facile si j'étais rentrée chez moi direct après le boulot.
En tout cas je me suis rendu compte que je n'étais pas aussi forte dans ma tête que ce que je croyais. Sans portable point de salut. Sans portable, il faut être hyper organisée. Il faut tout prévoir à l'avance. Dans quel café on se retrouve, à quelle heure, tout ça. Il faut être ponctuel parce qu'on ne peut pas prévenir quand on est en retard. Il faut être prévoyant parce qu'on ne peut pas se permettre d'oublier des trucs. Il faut toujours avoir un bouquin sur soi parce quand on s'ennuie on ne peut pas téléphoner. En fait, c'est vraiment là qu'on ne sent pas libre. Prévoir, prévoir, prévoir. C'est pas aliénant le portable. C'est la vraie liberté. Je suis libre, j'ai un portable, j'ai pas d'iPod, et je fais ce que je veux. La route est longue sur le chemin de la décroissance…
Je ne sais pas comment elles font mes copines de blog (ici, ici ou encore là et là) pour réussir à avoir une vie active, avec un boulot, parfois deux, parfois des enfants, tout ça, et en même temps pour alimenter leur blog. Franchement faudra qu'elles m'expliquent parce que moi, comme vous avez pu le constater si vous ne vous êtes pas encore lassé de venir ici voir s'il y avait du nouveau (non, toujours rien), j'y arrive pas. Vraiment pas. Ecrire toute la journée pour des magazines et écrire encore le soir des billets spirituels, drôles, intelligents (non mes chevilles sont très fines je vous assure) je n'en suis pas capable.Faut vraiment que ce soit le week-end, ou qu'il y ait une info qui me fasse réagir (Britney se rase la tête ! Paf, un billet dans l'heure qui suit) pour que je trouve la force de me mettre devant mon écran. Faut que je fasse du marbre, je l'ai déjà dit, mais ça non plus j'y arrive pas. N'allez pas croire pour autant que je n'arrive à rien.
C'est que, comme je le dis souvent, la vie de journaliste est palpitante. Surtout que là, ce dernier mois, je l'ai passé à faire du journalisme d'investigation, du vrai, de l'enquête au cœur d'un monde étrange, je me suis plongée au cœur de l'action, j'ai expérimenté, j'ai donné de ma personne… j'ai mené une double vie. Une "seconde life" pour être exacte. Et c'est très loin d'être aussi facile que ça en a l'air. Parce que quand mon rédacteur en chef m'a dit "Coco (c'est bien connu dans les rédactions les chefs appellent toujours leurs subalternes "Coco", ce ne sont pas les pigistes qui passent ici qui vont me contredire), quand il m'a dit "Coco, j'ai un article pour toi (dans les rédaction tout le monde se tutoie, c'est pas les pigistes blablabla…) ça s'appellera "peut-on vraiment mener une seconde vie ?", j'ai dit "banco" et je me suis immergé dans Seconde Life (SL pour les intimes, et désormais j'en fais partie).
Du coup, je me suis crée un avatar (un personnage) pour me balader dans les sims (les terrains), j'ai gagné quelques Linden (les dollars locaux) en dansant sur les dance pad (des places où il faut danser pendant 10 ou 20 minutes pour gagner de l'argent) ou en les cueillant, carrément, sur des money tree (des arbres à sous). Et ça paraît facile comme ça mais pas du tout. Parce que SL, c'est hyper dur au début. Déjà l'avatar, il faut au moins une heure pour qu'il ressemble à quelque chose : on peut allonger le nez, le menton, les jambes, les pieds même, le cou… On peut lui faire des gros seins (j'ai choisi d'être une fille sur SL, je suis d'un banal, je sais, alors que j'aurais pu être un lapin, ou un robot), des épaules de catcheuses, ou des fesses raplapla…
Mais le plus dur c'est la coiffure. L'avatar, au départ, il a une espèce de touffe sur la tête, qu'on peut allonger ou raccourcir à loisir, mais ça ne ressemble jamais à rien. Parce que dans SL, faut le savoir (et ça faut avoir enquêté vraiment, de l'intérieur, pour le découvrir) que tous les avatars portent des perruques ! Sinon ils sont trop moches. Alors, je suis partie à la recherche de freebies (des trucs gratuits) pour avoir l'air d'une vraie bombe. Parce que franchement, c'est pas la peine d'avoir un double virtuel si c'est pour être moche. J'ai trouvé une perruque rouge feu, un jean noir, un décolleté à fleurs, et une veste en cuir cintrée. Ca m'a pris une bonne semaine en me connectant régulièrement.
Une autre bonne semaine pour apprendre comment atterrir sans se casser la gueule aussi. Parce que dans SL, on vole, ça va plus vite. Alors, il y a un bouton "fly" dans le tableau de commande en bas de l'écran, ça c'est facile (et encore, c'est bien parce que je suis fluent in english), mais quand on appuie sur "stop flying", le personnage tombe. Il bat des bras des pieds, et paf, il se rétame par terre. Pas super élégant pour faire son entrée en boite… En fait, il y a des raccourcis clavier pour redescendre en douceur. Pareil pour voler plus ou moins haut. Moi au départ je ne passais pas au dessus des toits. En fait, on peut voler super haut…
Ensuite j'ai passé une autre bonne semaine à visiter SL. C'est hyper grand (360 km2 pour être exacte). Et j'avoue : je n'ai pas encore tout vu. J'ai eu le temps d'aller dans le Paris du 1900, d'aller à une exposition d'art, de visiter l'île des 300 (le film sur Sparte), de faire un tour au Mont St Michel, dans la jungle, à Midnight City, et aussi sur l'île de Gaïa, l'île francophone où vont tous les newbies (nouveaux arrivants) pour pas être totalement largués.
Alors, au début, j'avais des préjugés. Je me disais que c'est bien joli ce monde virtuel mais une fois qu'on y est, on y fait quoi ? Parce dans SL y a rien à faire, c'est ça le truc. Y a pas de but. Y a juste qu'on peut avoir un avatar super beau, super riche, qu'on peut discuter avec des gens, et construire sa maison. Limite on peut se faire une vie de rêve virtuelle, mais bon, au final, on est quand même toujours devant son écran dans son minuscule appart parisien. Et bien je n'irai pas jusqu'à dépenser de l'argent dans SL, ni y passer des heures, mais rien que fringuer mon personnage et discuter avec des gens ça m'a pas mal plu. J'avoue. Mon avatar est allé interviewer des gens. Je suis allé visiter les bureaux virtuels des entreprises. J'ai mené mon enquête moitié dans la vrai vie, moitié dans la virtuelle. Un truc à vous rendre fou. Et puis aussi j'ai testé d'autres mondes virtuels. Parce que faut pas croire, Second Life, c'est pas le seul. Y a Active World, Entropia Universe, There, et bientôt Outback Online.
Bientôt on nous attribuera un avatar d'office. A la naissance. Avec un trousseau tant qu'à faire (plein de perruques surtout). J'anticipe. C'est le côté journaliste d'investigation, fille hyper immergée dans son sujet, habitée par son enquête. C'est tout moi.
Et si un jour vous passez dans SL et que vous croisez une miss Pidgeon, c'est que je suis devenue accro…
Vous avez vu ? Britney s'est rasé la tête. J'avoue. Ca m'a vachement perturbée. Travaillée. Ca m'a une fois de plus fait réfléchir sur le sort de nos amies les stars. Britney Spears, qui passait allègrement du blond au brun, s'est complètement rasé la tête. La boule à zéro. D'après les articles des magazines people, d'après les images diffusées sur les sites Internet, Britney serait restée dix minutes dans sa voiture à pleurer, serait sortie soudain pour entrer dans un salon de coiffure et aurait demandé à la coiffeuse de lui raser la tête. Celle-ci aurait refusé. Sur les images, on voit Britney choper la tondeuse et paf, ni une ni deux, se raser la tête. Complètement. GI Jane. Ensuite, on voit Britney sortir du salon et entrer chez un tatoueur. Paf. Ni une ni deux. Un tatouage. Le lendemain, toujours filmée, Britney porte une perruque. Alors, bien sûr, je pourrais vous ressortir la théorie de l'argent qui ne fait pas le bonheur, de la célébrité qui fait le malheur, même, de la star riche mais désespérée, mal dans sa tête, dans ses baskets. Bien sûr Britney vient elle aussi d'entrer en cure de désintoxication, deux jours après s'être rasée la tête, ni une ni deux, comme Robbie. Bien sûr.En même temps ce qui est affolant dans ces images, ce sont le simple fait qu'elles existent. Ce qui est affolant c'est qu'on a envie de les regarder. On regarde Britney se raser la tête. Se faire tatouer. Rentrer dans sa voiture. Marcher dans la rue avec une capuche qui cache son crâne nu. Comme si c'était de l'info. Comme si c'était capital. On regarde et on se demande quand même, éclair de lucidité, qu'est ce qu'on s'en fiche de Britney qui marche dans la rue et va chez le coiffeur ? Parce qu'à la base, les paparazzi ne savaient pas ce qui allait se passer. Ils filmaient quand même. Britney va chez le coiffeur. C'est comme de regarder le loft. Y a rien à voir mais on regarde. Bon le fait qu'elle se rase la tête, c'est un événement c'est sûr. Britney est assez dingue pour se raser le crâne. Mais c'est exceptionnel quand il se passe quelque chose, hein, faut pas croire. Les paparazzi, ils la suivent au cas où. Et même quand il ne se passe rien, la vidéo est mise en ligne. Hé ! Britney se promène dans la rue, ça va faire des clics, ça, Coco.
Ce qui est affolant aussi c'est que désormais, sur les vidéos diffusées sur le net, les paparazzi ne se cachent plus. On les voit. On les entend. On voit les caméras, les appareils photos, les micros, les flashs. On entend des gens appeler "Britney !", poser des questions "pourquoi vous être rasé les cheveux ?", "pourquoi avez-vous mis une perruque ?" (et encore j'utilise le vouvoiement mais comme c'est en anglais ça se trouve ils la tutoient).
On voit que Paris est suivie par dix personnes minimum dès qu'elle fait un mouvement. Et on voit que ça ne la dérange pas. Elle a l'habitude. Elle les ignore la plupart du temps, elle continue à discuter au téléphone (Paris est tout le temps au téléphone, elle signe des autographes d'une seule main, mange d'une main, conduit d'une main… elle est assez balèze). De temps en temps elle leur parle. Parfois même, ils interagissent ! Genre, ils lui viennent en aide, pour mettre de l'essence dans sa voiture quand elle tombe en panne par exemple. Et là, c'est un vrai tabou qui vient de tomber. Avant on avait l'impression que la photo de la star qui fait ses courses, elle avait été volée par un petit malin caché derrière une poubelle. Maintenant on sait qu'ils sont dix petits malins, que la "star" les voit très bien, qu'ils ne sont pas cachés derrière un arbuste, et même qu'ils se parlent, tiens ! Si on avait pu penser ça…
Je pourrais faire une théorie sur le rôle de la télé-réalité dans cette histoire. Je pourrais. Mais ce serait un peu long. Alors le dire là, paf, en une phrase, j'ai l'impression que ça suffit.