Il y a plein d'articles sur les jeunes qui écrivent en langage SMS mais personne ne parle jamais des gens qui s'expriment en abréviations. Ca m'est venu parce que dans la même journée j'ai lu un livre et j'ai été à une réunion de travail, d'ailleurs j'ai même lu le livre dans le RER, en allant à ma réunion de travail, soyons précis. Dans mon livre, américain traduit en Français, il y a plein d'astérisques qui mènent à des NDA, NDE ou NDT. Bon, moi je sais ce que ça veut dire, hein, mais je me suis demandé si c'était le cas pour tout le monde (je n'ai pas la réponse, hein, c'est une question en l'air… d'ailleurs si vous souhaitez vous exprimer sur ce sujet ô combien passionnant…)
J'en étais là de me réflexions quand j'arrive à la réunion. Je me laissais doucement bercer par le ronronnement des paroles de mes collègues (en prenant des notes quand même, pas de conclusions hâtives !) quand j'en entends un qui dit : "Si tu as besoin d'un APN, tu le prends". Paf ! Ca m'a réveillée direct. APN ? Qu'est-ce ? On est tous resté assez interloqués (comme quoi je n'étais pas la seule à ne pas percuter) jusqu'à ce qu'il explique : "APN : appareil photo numérique". Ah. D'accord, d'accord, on a tous fait.
En même temps, j'ai l'air de me moquer là, mais je ne suis pas parfaite non plus. Ca m'est déjà arrivé de raconter mon travail à une copine en lui disant, par exemple, "J'ai rendu mon papier à la SR" pour me retrouver face à un visage marqué par l'incompréhension : "Essère ?", "Oui, SR, secrétaire de rédaction, hé !" On dit aussi DA pour directeur artistique, BAT pour Bons à Tirer etc. Ca peut donner des phrases sibyllines du genre : "Elle a fini la SR ? Et le DA ? Faudrait envoyer les BAT, là !". Vous me direz, toutes les professions ont leur jargon, c'est pas avec cet article que je vais révolutionner le journalisme. Mais j'en suis consciente, hein, c'est ça qui est bien. C'est le mois de juillet, il fait beau, il fait chaud, j'ai le droit de faire des articles sans intérêts, moi aussi. Et puis c'est toujours plus intelligent que "perdre 20 kilos en deux jours"…
Tout ça m'amène à me demander : mais quand vais-je révolutionner le journalisme ? Parce qu'une chose est sûre, je ne vais pas révolutionner Ecran Total, avec mon "profil [qui] ne correspond pas au poste malgré tout l'intérêt de [ma] candidature"… Alors, quel rédacteur en chef super trop intelligent va un jour venir faire un tour sur ce blog et me dire "Mademoiselle La Pigeonne, vous êtes véritablement fantastique, je vous offre une chronique dans mes pages". Oui qui ? Oui, quand ? Qu'ils se dépêchent, ce sera le premier arrivé le premier servi moi je dis. Et après, les autres ils seront désespérés de m'avoir laissé partir à la concurrence, parce que mes chroniques seront tellement populaires que les ventes du journal augmenteront et tout ! Je suis la nouvelle Alain Rémond ! Je suis la nouvelle Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts ! Je suis omnisciente, je suis omniprésente ! Je suis magnifique !!! Et, je n'ai même pas pris de coup de soleil sur la tête. Ca s'appelle la méthode Couée (et non pas Cauet... No comment). Hauts les cœurs !, en bref.
Je viens de répondre à une annonce, j'en frétille d'avance tellement ça me plait. En même temps, je sais pas pourquoi mais chaque fois que je réponds à une annonce vraiment intéressante, je ne suis pas prise (par contre, pas plus tard que la semaine dernière j'ai reçu une convocation à un entretien pour un truc affreusement ennuyeux… je me demande encore pourquoi j'ai envoyé mon CV d'ailleurs !).
Bref, là ce serait presque aussi bien que de travailler pour Ecrans (qui, soit dit en passant, n'existera peut être bientôt plus, vu la crise qu'ils traversent à Libé… pas de bol pour moi c'est pas demain qu'ils vont m'embaucher, ça me parait clair).
Ce serait pour être journaliste à Ecran Total, un magazine professionnel sur l'audiovisuel. Ca ne parait pas fun dit comme ça mais moi ça me passionne. Y a des trucs qui ne s'explique pas… C'est un peu le même genre de revue que Musique Info Hebdo, pour ceux qui connaissent. Des infos très économiques, des analyses de médias, des synthèses… très sérieux tout ça. Le problème : comment faire pour convaincre que je suis la femme de la situation ? Qu'est ce que je peux dire au recruteur pour qu'il me recrute, justement ? Comment je lui fais comprendre que je suis super douée pour le job, hein ? Parce que dans mon CV y a pas beaucoup de trucs audiovisuel (à part mes études et des piges pour la télé), ce qui ne m'empêche pas d'être plutôt calée sur le sujet… Qu'est ce que je fais, moi ? Vous avez des suggestions ? Des incantations à faire ? Vous gênez pas, allez y !
Pour vous motiver je vous promets qu'une fois embauchée, je tiendrais ce blog super à jour, et que plus jamais je ne m'en irais pendant des semaines. Allez quoi, soyez sympa, y a bien quelqu'un parmi vous qui connaît des tuyaux, qui est super fort pour se vendre, ou qui pratique un peu le vaudou, non ? J'attends…
Je tiens d'abord à éclaircir quelques points concernant ma (trop) longue absence de ce blog.
1- Non, les incantations faites par certains (voir article) pour me rendre malheureuse n'ont pas marché au point que je me sois retrouvée six pieds sous terre, pleurant toutes les larmes de mon corps, et, par conséquent, incapable d'écrire une ligne. Oui. Parce que j'avais dit qu'il fallait que je sois un petit peu malheureuse pour écrire, mais trop malheureuse ça ne marche plus. Faut un juste milieu. Moi, par exemple, si je suis trop déprimée, je boude mon stylo (ou mon clavier d'ordinateur, c'est selon), je me mets sous la couette et soit je dors (et là c'est vraiment le fond du fond) soit je lis un bon bouquin en attendant que ça passe.
2- Non. Je ne suis pas partie en Mongolie faire un reportage sur les Yourtes (encore mieux que les toitures en laine de mouton niveau écologie), ni aux Etats-Unis vérifier que la malbouffe ce n'est pas bon pour le régime, ni au fin fond de Boulogne Billancourt interviewer Garou (ah, si, ça j'ai fait). Bref. Je ne suis pas partie sur les routes exercer mon oeil affuté de journaliste aguérrie, je ne suis pas allée "tremper ma plume dans la plaie" comme dirait l'autre, je n'ai pas plaqué Paris, mon homme et mon appart pour voir si la pige était plus belle ailleurs.
3- Je n'ai pas cédé aux sirènes des grandes entreprises qui voulaient m'embaucher. J'ai hésité un peu et puis j'ai dit non, pigiste j'aime bien finalement, ça me plaît plutôt pas mal maintenant qu'il fait beau et que je gagne correctement ma vie. J'ai dit que si ça continuait comme ça (j'ai bien dit "Si"), je voulais bien continuer comme ça moi aussi. (Bon, évidemment, si les gens d'Ecrans veulent m'employer à temps plein, ou même partiel ça change tout, on est d'accord, hein ?)
Je n'ai rien fait de tout ça donc. J'avoue.
Par contre:
- J'ai souvent eu honte de ne pas mettre de nouvel article sur mon blog, ça oui, à tel point qu'il y a même des jours où je n'allais pas voir les statistiques, histoire de ne pas me miner avec ça.
- J'ai souvent pensé à mettre un nouvel article sur mon blog, mais j'ai souvent eu la flemme.
- J'ai même écrit un article à la main, dans mon bloc-notes, pour mon blog, et je ne l'ai jamais recopié sur mon ordinateur.
- J'ai repeint mon appartement
- Et j'ai continué à piger. A plein temps.
Bref, j'ai fait plein de trucs quand même, alors j'ai des excuses valables. Et puis maintenant que j'ai posté un article pour dire pourquoi je n'avais pas posté d'articles, tout de suite, ça va beaucoup mieux, je me sens en paix avec moi même... Merci.
A la demande de mes nombreux lecteurs, les suites de la vie palpitante d'une pigiste chercheuse d'emploi (et bloggeuse de surcroît... mais le blog en pâtit, on est d'accord). Bref. Que s'est-il donc passé depuis mon dernier post ? Croyez le ou pas : rien ! Enfin, rien, c'est un bien grand mot. Je bosse toujours (ce qui explique aussi mon absence de ce blog. Je n'arrive plus du tout à trouver le temps, la motivation et l'inspiration pour écrire mes sublimes chroniques, si , si, sublimes, vous avez bien lu, j'assume). Je pige, je pige, je pige. Je bosse à temps plein sur mes piges qui (je croise les doigts) ne semblent plus vouloir s'arrêter de tomber toutes seules. Bon. J'ai bien envoyé quelques propositions par ci par là, mais dans l'ensemble je n'ai pas eu besoin de faire grand-chose. Du coup, la vie de pigiste devient plutôt agréable. Parce que ce qui ne me plait pas, moi, c'est de me vendre. C'est de chercher de nouveaux "clients", de devoir les appeler, et les convaincre. Mais s'il n'y a plus besoin de faire ça, je signe pour continuer. Finalement !
Ceci dit, si je trouvais un job salarié qui me plaise je signerais aussi… D'ailleurs, j'en ai trouvé un qui me plait vachement. Un truc terrible. Super intéressant. A cinq minutes à pied de chez moi en plus. Et à 4/5ème de temps, ce qui fait qu'il me resterait un jour pour piger. Ce serait pas la belle vie ça ? Bon. Je leur ai envoyé mon CV il y a deux semaines et je n'ai eu aucune réponse. Comme dès fois je peux être tenace, je leur ai renvoyé un autre CV (le même mais pas organisé pareil) aujourd'hui, avec même une autre lettre de motivation (parce que la première, je n'en avais pas gardé de copie). Comme ça, je pourrais pas me dire que je n'aurais pas essayé. Toc !
En parlant de CV, c'est ce qu'il y a de bien avec les entretiens, c'est que j'ai bien vu que le mien, de CV, il n'était pas terrible. Quelque part, ça m'a rassuré. Je me suis dit que c'était pour ça que je n'avais pas plus de réponses à mes envois de candidature. Lors de mon premier entretien, j'ai bien remarqué que la recruteuse était complètement perdue. Son regard passait d'une ligne à l'autre. Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce qu'elle a fait dans la vie ? Comment ça se lit ce truc ? Faut dire que j'avais rangé mon CV par thèmes, au lieu de le faire par ordre chronologique. C'était peut être original, mais c'était pas malin. Lors de mon deuxième entretien, la DRH m'a même dit qu'elle se demandait comment ils avaient réussi à me sélectionner, tellement mon CV était illisible. Hum… Y en a quand même une sur les deux qui m'a proposé un emploi, je précise.
Du coup maintenant, j'ai un tout nouveau tout beau CV. J'ai pas de nouveau job, mais je peux sûrement en avoir un quand je veux avec un CV pareil. J'essaye ? J'essaye pas ? Je vais peut être me le garder un peu pour moi, l'admirer un bon coup, avant de l'envoyer, celui là. Je vais peut être pas le soumettre tout de suite au jugement des recruteurs. Je vais peut être faire une pause au niveau du CV, du job, tout ça...
Je me tâte...
La vie de chercheuse d'emploi couplée à la vie de pigiste qui travaille est très compliquée. Deux vies passionnantes en même temps ça fait beaucoup pour une seule femme. Car depuis que j'ai dit que je bossais, je bossais, je bossais, et bien je bosse, je bosse, je bosse…. Et en plus j'ai des entretiens d'embauche ! Et ça, c'est un vrai parcours du combattant.
D'abord, un premier entretien pour un premier job. J'y vais. Ca se passe pas mal. L'après midi même, coup de fil (mon téléphone n'est plus mon ennemi… forcément il sonne tout seul), rendez vous pour un autre entretien pour un autre job. Et parallèlement, des piges qui tombent toutes seules, sans que j'ai besoin de les chercher. Une enquête de huit pages. Un papier de deux feuillets. Un autre de trois pages. Deux tournages. Je dis oui à tout.
Et je me rends au premier entretien du second job. Là, pas convaincue, je sors persuadée de ne pas avoir brillé. Une heure après, coup de fil, rendez vous est pris pour un deuxième entretien. Bon. Ca devait être mieux que ce que je croyais. Je rentre. Et j'écris mes articles. Je fais mes interviews. Je rédige. Et la semaine d'après, je vais au deuxième entretien du deuxième job. Qui se passe pas mal mais sans plus encore une fois. Je récapitule mon parcours. Pourquoi j'ai choisi la pige (parce que c'est un choix, à la base, oui, oui). Pourquoi je cherche un boulot salarié. Ce qui me plait dans le job proposé. Mes qualités. Mes défauts. Est-ce que j'ai trouvé les gens sympa à mon premier entretien ("heu… vous savez lors d'un entretien c'est difficile de savoir en même temps. On est là pour se faire juger, jauger, voyez vous, alors la sympathie… c'est dur à dire. Ils m'ont pas eu l'air méchant ça c'est sûr"). Et comment je suis avec mes amis, ce qu'ils pensent de moi ("sympa ! Enfin, j'espère"). Bref. Ils me rappellent en fin de semaine pour me dire si je suis embauchée. OK.
Je rentre chez moi. J'écris mes articles. Je fais mes interviews. Je rédige. Je reçois un coup de fil pour me fixer un deuxième entretien pour le premier job. OK. Et la fin de semaine approche. Alors, comme prévu, je reçois un coup de fil à propos du deuxième job. Positif ? Négatif ? "On aimerait vous revoir pour un troisième entretien". "Ah ? D'accord". La semaine suivante, je me rends donc au troisième entretien du deuxième job. Je récapitule mon parcours. Mes qualités. Mes défauts. Et comment je suis en entreprise. Est-ce que j'ai déjà fait tel truc, tel autre. Est-ce que j'ai des contraintes horaires ("parce qu'ici des fois on a des coups de bourre, hein. Des fois par contre c'est vachement calme" "Oui c'est un peu comme la pige, quoi"). Ils me rappellent bientôt pour me dire. Je rentre. Et je continue mes piges. Je suis un peu en retard avec tout ça. Et puis, j'ai un peu la tête ailleurs aussi.
Le lendemain ils me rappellent : c'est positif. Ah, oui mais j'ai toujours pas eu mon deuxième entretien pour le premier job moi. Je veux en savoir plus. Vous pourriez attendre un peu ? Oui mais pas trop. Bon. Le lendemain je vais au deuxième entretien du premier job. Dès le premier coup d'œil, la femme qui me reçoit me plait beaucoup. Alors je suis très à l'aise. Je récapitule mon parcours. Pourquoi la pige ? Pourquoi ce job ? Et au bout d'une demi heure elle me dit : "On a un autre poste qui se libère et moi, je vous verrais encore mieux dans l'autre poste". Ah ? Ca me va aussi. Limite, ça me va même mieux. "On vous rappelle en fin de semaine pour vous dire dans quelle case on vous met". Bon. OK. Je dis non au deuxième job alors. Pas de panique, ma vieille, tout baigne. Je rentre. Je rédige. Je bosse…
Je sais. C'est pas bien. Une semaine sans poster d'articles sur mon blog. J'ai vraiment pas la conscience tranquille quand je le laisse sans nouveautés aussi longtemps. Ca peut paraître bizarre mais c'est vrai. Ca me mine. J'y pense. Régulièrement. C'est un petit truc qui me trotte dans la tête. J'ai même parfois l'impression que plus j'y pense, et moins j'ai d'inspiration pour écrire de nouveaux posts. Alors je culpabilise encore plus. Et en plus je me sens pitoyable de ne pas avoir d'inspiration. C'est un cercle vicieux.
Faut dire que j'ai quand même des excuses. Car cette semaine a été plutôt riche en rebondissements dans ma vie de pigeonne. D'abord on m'a commandé une autre grande enquête de huit pages pour dans deux semaines. Ensuite j'ai eu deux entretiens d'embauche coup sur coup, qui me feraient abandonner ma vie de pigiste pour le fameux test de l'emploi salarié, vous savez celui que j'avais envie d'expérimenter, avec cette fameuse monotonie de la même fiche de paie à la fin du mois, ces collègues qu'on voit régulièrement au lieu de rester enfermé chez soi, tout ça. Je suis forte. Je suis prête à tenter le coup ! Je suis une aventurière, rappelez vous, une aventurière timide, mais quand même !
Je vous entends d'ici vous demander comment je vais faire, d'ailleurs, pour continuer ce blog si j'arrête d'être pigiste ? Hé, ho, doucement… Je me poserais vraiment cette question quand on me présentera des contrats à signer. Aventurière, mais prudente, la fille. La charrue avant les bœufs, la peau de l'ours avant de l'avoir tué, tout ça, c'est pas mon truc. Patience est mère de sûreté, si on doit rester dans les expressions (mais c'est vraiment pour vous faire plaisir)…
Ca y est. Les rudes semaines de boulot sont finies. Ca se calme. Enfin, presque. J'étais à peine en train de me dire qu'il allait falloir à nouveau prospecter et me battre avec mon téléphone qu'il a sonné, le téléphone. Et je savais que ce n'était pas ma mère parce que j'étais chez elle. J'ai pris mon air le plus soupçonneux parce que décidément, je n'aime pas ce truc, mais j'ai décroché quand même. J'ai bien fait. C'était un rédacteur en chef, avec qui je n'ai jamais travaillé, qui m'appelait pour me donner des piges. Comme ça. Hop. Il avait eu mes coordonnées par un maquettiste avec lequel il travaille et avec qui j'ai moi-même bossé. Donc voilà. J'ai même plus besoin de me motiver pour décrocher mon téléphone. Il sonne tout seul maintenant !Je vais finir par l'aimer ce machin. Par arrêter de le regarder d'un œil torve dès qu'il se met à sonner. Au contraire. Bientôt ce sera avec un air ravi que je décrocherais le combiné. Ca me plait comme idée en plus. Parce que je ne tire aucun plaisir particulier à haïr mon téléphone, faut pas croire. Je ne l'aime pas parce qu'il ne m'aime pas. C'est tout. Mais s'il commence à m'aimer, ça va tout changer. Je suis comme ça moi. Je m'adapte. Y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis…
D'ailleurs, pour bien faire, il faudrait quand même que je le décroche le téléphone. Histoire de rappeler des rédacteurs en chef à qui j'ai envoyé des mails. Histoire d'être véritablement débordée encore pendant les deux semaines à venir. Parce que j'avoue que j'ai bien aimé être surchargée de boulot, courir partout, passer d'un dossier sur les régimes à une interview de Pascal Obispo, ou à un article sur les piscines écologique. Ca peut paraître étrange mais ça m'a plu. Je remettrai bien ça deux semaines de plus.
Et puis comme ça je pourrais me plaindre que je suis over bookée ! Et ça, j'aime bien aussi.
Je bosse, je bosse, je bosse. Depuis la semaine dernière, je n'arrête pas. Je bosse. Dingue. Je ne fais que ça. Tous les jours. Quand on est pigiste on n'a pas l'habitude. Enfin, si. Mais d'habitude on bosse derrière son ordi, ou à regarder son téléphone (ça c'est ma spécialité, mais ça reste très personnel), chercher des idées de sujets, des magazines à qui les proposer, les contacter, se dire qu'on va les contacter, maintenant, aujourd'hui… ou demain peut être. Bref. C'est du boulot mine de rien. Faut de la motivation, de l'imagination, de la persévérance, tout ça. Mais c'est pas pareil. Là, je bosse en sortant de chez moi en rencontrant des gens, j'appelle des attachées des presse, je cale des rendez-vous téléphoniques, j'interviewe des gens. Je décroche mon téléphone (vous avez bien lu, ce n'est ni une illusion d'optique ni un défaut de votre écran), je décroche mon téléphone donc (et comme ce n'est pas pour me vendre, c'est tout de suite plus facile, limite agréable même).
La semaine dernière par exemple, j'ai été dans le studio de Pascal Obispo pour écouter son nouveau disque, le lendemain j'ai interviewé Pascal Obispo, le surlendemain j'ai fait mes premières recherches pour ma grande enquête sur les régimes et les fausses idées reçues alimentaires, le surlendemain j'ai interviewé David Walters, puis j'ai dérushé l'interview avant montage, et là je replonge dans les régimes (d'ailleurs, plus d'infos là-dessus bientôt, je vais vous donner des conseils pour l'été moi, vous allez voir ça, je suis devenue experte, j'ai rencontré les meilleurs nutritionnistes de la place de Paris, j'ai tout lu, tout vu, tout entendu sur le sujet), avant de faire un break du côté des piscines écologiques (oui, ça rejoint mes articles sur les toitures en laine de mouton et le chauffage solaire, c'est normal, c'est pour le même client).
J'ai l'air de m'émerveiller comme ça, alors que je ne fais que mon boulot finalement. La différence, c'est que tout s'enchaîne. Au lieu d'avoir une interview, trois jours de recherche de pige, un article à rendre, trois jours de recherche de pige, j'ai plus du tout le temps de chercher. J'ai juste le temps de bosser, pour tout rendre à l'heure dite.
Bref. Je bosse, je bosse, je bosse. C'est hallucinant comme je bosse. D'ailleurs, écrire que je bosse au lieu de bosser c'est peut être un peu limite, parce que ça prend quand même du temps. Et c'est toujours du temps en moins pour bosser.
Ce qui m'embête là dedans, c'est que les statistiques de mon blog ne cessent de baisser du coup. Normal: plus d'articles, plus de visiteurs. Ca me fait tout drôle. J'avais pris l'habitude de regarder mes petits graphiques qui grimpaient: toujours plus de monde, plus de commentaires, plus de pages vues. C'était chouette. Ne partez pas ! Promis, dès la semaine prochaine, je regarderais mon téléphone d'un œil torve avant d'écrire trois articles d'affilée pour mon blog. Tout redeviendra normal…