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  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Samedi 11 février 2006
Je sais, ça peut paraître étonnant, surtout que je ne sais même pas changer une roue (mais Dominique Chapatte sait-il changer une roue  ? Rien n'est prouvé à ce sujet...), que je n'y connais absolument rien en voiture et que, pire que ça, je m'en fiche totalement du moment que ça roule. Je n'ai pas non plus spécialement envie d'être un homme, qui plus est de quarante ans passés, j'ai largement le temps d'arriver jusque là. Mais je veux être Dominique Chapatte quand même.
Chaque fois que je tombe sur Turbo, je me le dis et je bave d'envie. Dominique Chapatte, il se contente de présenter l'émission et d'en être le rédacteur en chef. Donc, il ne fait pas grand chose, il ordonne. Il décide. Il dit oui ou non à telle ou telle proposition de reportage. Déjà, le job sympa. Ensuite, il n'a même pas vraiment besoin de s'y connaître en voiture, vu qu'il introduit les reportages. Comme je suppose qu'il est honnête, je suppose qu'il écrit ses propres textes (mais c'est comme l'histoire de la roue, rien n'est prouvé à ce sujet)... Admettons donc qu'il s'y connaisse en voiture, je ne veux blesser personne, le fait est qu'il pourrait faire le même boulot en n'y connaissant rien. Enfin et surtout, Turbo ça se passe toujours dans des décors pas possibles, des pays lointains. C'est le Ushuaia de la voiture ! Dominique Chapatte à Dubaï. Dominique Chapatte au Canada. Dominique Chapatte dans le grand ouest américain.
Et, c'est mieux qu'Ushuaia parce qu'il n'a pas besoin de faire comme Nicolas Hulot ! Il ne teste pas de voitures supersoniques, il ne se fait pas mordre par des raies, il n'a pas le vertige en ballon. Dominique Chapatte il se contente d'être appuyé contre la portière d'une super belle caisse et de dire un truc du genre "Nous sommes ici, dans les vastes étendues du bush australien, pour vous présenter la dernière Ferrari...". En quelques mots : il a le job en or ! Je veux le même !

(Quand Olivier Mine présentait son émission sur les plus beaux endroits du globe, je voulais aussi être Olivier Mine. Maintenant qu'il fait du théâtre, de la muscu et des jeux télé j'ai plus trop envie...)
Vendredi 10 février 2006

La vie d'une pigiste est un truc passionnant. Si, si. Regardez, moi par exemple, je suis pigiste et je fais plein de trucs passionnants. Déjà, je reçois des CD gratuitement et ça c'est assez chouette, surtout que pigiste ça fait pas vraiment vivre sa femme… Ensuite, je rencontre des stars (les mêmes que ceux dont je reçois les CD) et ça c'est assez chouette aussi parce que ça permet de briller dans les dîners mondains et de faire baver d'envie tous vos amis (qui pourtant n'échangeraient pour rien au monde leur situation avec la vôtre). Et puis, je surfe toute la journée sur Internet. Et comme c'est sur mon propre ordinateur et que personne ne me surveille je peux aller sur n'importe quel site sans être inquiétée. Alors je surfe vachement sur les sites people (rapport à mon travail, c'est normal), du coup je suis super au courant de la vie de Jennifer Aniston (qui va beaucoup mieux quand même), de Britney Spears (qui s'occupe trop mal de son bébé), ou encore de Jennifer Garner (qui déprime parce qu'elle n'arrive pas à perdre ses kilos de grossesse). Bref. C'est mon métier je suis au courant de tout.
Je vais aussi super souvent à des concerts gratuitement (les mêmes dont j'ai reçu les CD et que j'ai interviewé… comme ça je les connais vraiment bien après). Et puis je peux regarder la télé en mangeant le midi. Et ça, c'est peut être l'un des trucs les mieux du métier de pigiste parce qu'on voit des téléfilms que les travailleurs ne verront jamais.
Aujourd'hui par exemple j'ai zappé frénétiquement sur Les feux de l'amour (ça existe toujours mais je ne regarde pas parce que j'ai pas suivi et c'est quand même très très complexe comme intrigue), Rex, le chien policier (une super série allemande, vachement mieux que Derrick, Rex est beaucoup plus expressif), ou un téléfilm américain. J'ai choisi le dernier. Sur M6. Une histoire de fou ! Une femme qui veut que sa fille devienne majorette, enfin pom pom girl. Et c'est compliqué de devenir pom pom girl, y a un concours, une véritable campagne d'élection, et chaque pom pom girl est élue démocratiquement ! Problème : la fille de la mère en question n'est jamais prise dans l'équipe. Et la mère, ça l'énerve, mais vraiment ! L'actrice, elle joue super bien la nana qui devient cinglée. Elle a les yeux fous, elle rigole de manière hystérique et des fois elle jette des regards mauvais sur la rivale de sa fille. Déjà, arrivé là, on se dit que ça va mal finir cette histoire... Bingo ! (perspicace, on m'appelle aussi comme ça. C'est mon métier en même temps d'être perspicace..). De plus en plus cinglée au fil des années (parce que dans le téléfilm on voit la fille grandir, passer du collège au lycée, sans jamais réussir à être pom pom girl. C'est vrai que ça finit par être énervant quand même) la mère décide d'engager un tueur pour tuer la rivale de sa fille. Là, j'ai éteint le poste. Ca devenait trop insoutenable. J'ai préféré retourner voir mon ordinateur et ses news people en écoutant un de mes nouveaux CD…

Vendredi 10 février 2006
Il y a déjà quelques années, nous étions allé manger aux Trois Arts, un bar concert dans Paris, avec des amis. Après plusieurs verres, il nous est venu l'idée d'écrire des vers... Mais le thème devait être unique: comment tuer le Père Noël ?
Evidemment, tous les textes (poèmes?) que je publie ici on été écrits à plusieurs mains. Evidémment aussi, ils n'ont pas tous été écrits ce soir là, des petits Pères Noël continuent à être assassinés encore aujourd'hui par certains d'entre nous...

La rubrique "Vers de Comptoir" regroupe donc nos 1001 façons de tuer le Père Noël (mais toujours en vers...)
Vendredi 10 février 2006
Papa Noël, dans son manteau rouge et blanc,
Sur son traîneau, filait comme le vent.
Arrivant sur New York, il voulut voir l'Empire State Building,
Mais loupant son virage, s'encastra dans les vitres : Dziinnng !
Aussitôt, on sonna l'alerte générale,
Tout le monde accourut, dans une belle pagaille :
Badauds, journaux, télés, armée,
Et par le FBI il fut interpellé.
Véritables pros, ils fouillèrent cet individu,
Et dans sa barbe blanche, "trouvèrent" quelques obus.
Lors du procès, il fut bien établi,
Que pour le 11 septembre, il n'avait pas d'alibi,
Et sur la chaise électrique, rôti
Le Père Noël a fini
Vendredi 10 février 2006
Au mois de décembre, voulant se détendre un peu,
Le Père Noël se dit que pour le rendre heureux,
Rien ne vaudrait un tour dans les Grands Magasins.
Mais sitôt arrivé, il crut être zinzin:
Où qu'il regardât, des Pères Noël à la pelle
Lui rendaient ses regards: "ici, c'est mon trottoir,
Casse-toi vieux décati !" Ca ne manquait pas d'sel.
Enervé, pensant "On va voir ce qu'on va voir",
Le Père Noël prit un groupe d'enfants en otage,
menaçant: Pas de cadeaux, si vous n'êtes pas sages !
Je ne suis pas une canette de Coca-Cola,
Hurla-t-il, voulant sans aucun doute dire par là
Qu'il ne voulait qu'on le fabriquât à la chaîne.
Qu'on multiplie les pains, certes, mais les Pères Noël...
Il n'en fallait qu'un seul, un être exceptionnel !
Au fou ! On lui envoya le GIGN.
On l'emmena alors, avec toutes les sirènes,
En panier à salade jusque au tribunal.
Las !  Loin de se calmer, il se mit bien à mal :
J'ai tout plein de cadeaux, mais qu'on me rende mes rennes !
Vociférait-il, ébouriffant les jurés.
Ne sachant bien qu'en faire, on le fit interner,
Et comme après cent jours, il ne se taisait pas,
A bout de nerfs, les psy finirent par trancher
Et choisirent le scalpel pour le rendre muet :
Pour tapage nocturne, on le lobotomisa.

(Avec le peu de neurones qu'il lui resta
Tout sourire, le Père Noël gazouilla
Mais plus jamais ne s'emporta)
Vendredi 10 février 2006
Le père Noël était d'humeur joyeuse
Mais les lutins étaient occupés
Avec tous les cadeaux à fabriquer
Et la mère Noël n'est pas blagueuse,
N'en déplaise à son épousé…
Impossible avec eux de jouer
Une occupation solitaire, il fallait trouver…
Pensant à ses jeunes années
Le père Noël eut une idée.
Rigolant sous son gros bonnet
Le vieux se mit dans un coin
Et se roula un gros joint
Qu'en cachette il voulait fumer
La tête sous son grand vêtement
Pour éviter de se montrer
Il aspira de grandes bouffées
Tout en pouffant bêtement
Soudain la mère Noël entra
Vit au fond de la salle un amas
De vêtements qui semblaient brûler
Un extincteur elle attrapa
Tout en se mettant à crier
"Au feu ! Au feu !" elle inonda
De mousse toxique son aimé
Qui mourut ainsi empoisonné
Par la neige blanche artificielle
Balancée par la mère Noël
Et non à cause du THC
Vendredi 10 février 2006
C'était un jour où le père Noël s'ennuyait
Pas de cadeaux à empaqueter
Pas de rennes à bouchonner
Pas de nouvelles, aucun courrier
Le père Noël n'avait plus qu'à buller
Las de cette situation
Il fit preuve d'imagination
"Mère Noël ne fait rien"
se dit-il "et pourtant elle a l'air bien"
Comme sa femme, pour s'occuper
La cuisine il voulut tester
Il décida de faire du pain
Pour nourrir tous ses lutins
Levure, eau, farine
La recette lui semblait radine
Se prenant pour un artiste
Il agrandit la liste
Et ajouta aux ingrédients
Quelques pincées de piment
Le soir à l'heure du dîner
Ca sentait le pain grillé
Les lutins affamés
Les babines se pourléchaient
Tout fier le père Noël apporta
Son œuvre au début du repas
Les lutins croquèrent à pleines dents
Sans réfléchir le pain au piment
Rouge, vert, jaune, bleu
Des torrents de larmes leur sortent des yeux
Pour calmer le feu de leur gosier
Les lutins courent dans tout la maisonnée
Se jettent sur l'eau pour apaiser
La brûlure qui leur monte par le nez
Finalement devant le père Noël étonné
Leurs appendices nasaux se mettent à fumer
Et des flammes à cracher
Sur l'apprenti cuisinier
Bientôt totalement carbonisé
Voyant cela la mère Noël se met à crier
Les lutins se font engueuler
Toutes les cendres il faut nettoyer !
Hop ! en grommelant, d'un coup de balai
Par la fenêtre, le père Noël est jeté.
Vendredi 10 février 2006
Le Père Noël finissait son 8342ème cadeau
Quand Mère Noël, par la porte entrouverte,
Lui gueula: "Au souper gros Ballot !
Je t'ai fait ton régal, des nouilles aux pommes vertes".
(ou "C'est des nouilles aux épinards, toutes vertes")
Père Noël, surpris, relâcha ses ciseaux,
Et fut pris à l'œil d'un retour de bolduc.
Aveuglé, et sautillant comme un poisson hors de l'eau
Il s'entortilla les pieds dans du papier caduque
Sur la carpette, il tenta de s'asseoir,
Mais en s'affalant, il se raccrocha au dévidoir.
Et ainsi, de papier, scotch et bolduc entouré,
Tel un cadeau de bohême, il périt étouffé !
 

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