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  • lapigeonne
  • : Blogzine
  • : Une pigeonne, c'est à la fois une bonne poire, et une journaliste qui essaie de placer des "piges", c'est à dire des articles dans plein de journaux différents. Une pigeonne, c'est les deux à la fois. Une pigeonne, c'est moi, donc.
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Mercredi 26 mars 2008

paparazzi.jpgVous n'allez peut être pas me croire mais je vous prédit que le journalisme de demain sera people ou ne sera pas. Oh, je sais bien ce que vous vous dites, que j'exagère, que pas du tout, le people est une mode qui passera, que c'est pas parce notre président est devenu un people comme les autres que tout le monde va s'y mettre, tout ça.

Vous n'y croyez pas parce que vous avez encore foi dans le journalisme, dans les gens comme moi, les pigistes, qui sont droits, honnêtes, qui font bien leur métier et qui ne se laisseront jamais avoir par les sirènes du spectacle, du show business, du people en somme, lesquelles pourtant les appellent de toutes leurs forces.
Vous avez tort. Le journalisme de demain sera people ou ne sera pas c'est moi qui vous le dit. Et j'étaye mes dires avec des preuves, parce qu'un journaliste, un vrai, un honnête, un droit tout ça, ça n'accuse pas sans preuve, sources, vérifications de l'information et tutti quanti.

Les "evidences", donc :

Premièrement, j'ai moi-même été contactée par un journal people. Un webzine du genre grosse machine avec plein de sous. Moi. Une journaliste intègre qui n'a rien à voir avec ce milieu et qui en plus ne s'intéresse pas du tout aux frasques de Britney, de Paris ou encore de Robbie ! Et on m'a contacté non pas pour être simple journaliste mais pour être assistante du rédacteur en chef. J'ai décliné l'offre en prenant mon air le plus outré, vous pensez bien. J'ai dit "moi y a que chroniqueuse télé qui m'intéresse, le people j'aime pas ça, c'est pas noble, je suis noble moi môssieur" et j'ai claqué la porte (je crois même que j'ai un peu craché par terre pour montrer combien j'étais scandalisée par leur proposition. Je crois...)

Deuxièmement, j'ai reçu un communiqué de presse qui m'annonçait le lancement du "premier site communautaire people" en France. En bonne journaliste d'investigation qui se respecte, je suis allée voir le site en question. Histoire d'enquêter un peu sur le sujet. De pas m'énerver pour un truc qui serait fantastique, on ne sait jamais les bonnes idées sont parfois cachées dans des endroits incongrus. Dès la première page, j'exulte. Il me semble bien que je suis tombé sur le site qui préfigure tous les sites people de demain. "Devenez paparazzi" il est écrit. En fait, quand on clique, on tombe sur une page "envoyez vos news par mail". J'ai été un peu déçue. Je pensais qu'il y aurait un vrai outil d'intégration sur lequel on pourrait mettre des photos, des vidéos même. Mais non, juste un mail… Bof. Après c'est vrai qu'on y apprend des trucs en direct, des vraies news toutes fraîches sur les people, genre que Victoria Beckam était au stade de France, là, ce, soir, au moment même où je vous parle. Dingue. Voici n'a qu'à bien se tenir. Une semaine de retard sur les scoops. Les boules…

Troisièmement, un nouveau magazine people vient de voir le jour. Dans ce marché ultra concurrentiel, y en a qui arrivent encore à lancer des magazines people. Oops! ça s'appelle, et en effet quand on voit la couverture, c'est ce qu'on dit, oups. "Oops, c'est vraiment pas beau la maquette". "Oops, on dirait OK Podium mais avec Cecilia Sarkozy en couverture". "Oops, ça donne pas envie de l'acheter". "Oops, je vais plutôt me rabattre sur ce bon vieux Voici qu'au moins on sait ce qu'il y a dedans".

Alors, pour finir sur ce sujet et pour aider un peu tous les rédacteurs en chef, directeurs de rédaction ou de publication qui se disent qu'il y a encore un filon dans le people mais qui ne savent pas encore bien déterminer lequel, je milite :

Qu'ils nous fassent un magazine people intelligent, histoire de changer. Moi, quand ils veulent je leur donne le concept. Un magazine qui parlerait des people mais avec distance, ironie, intelligence. Pas de méchanceté, juste du second degré un peu. Qui s'adresserait aux gens qui ne sont pas dupes, ceux qui aiment bien feuilleter la presse people chez le coiffeur mais qui trouvent ça débile et donc ne l'achètent pas. Ceux là, c'est la vraie cible du magazine people de demain.

Et c'est la dernière pierre pour que ma démonstration soit complète, et imparable*.

 * Ceux qui me connaissent bien et qui passent par là vont se dire que je radote, que ça fait des années que je rabâche cette théorie du people intelligent, mais au contraire, je persiste et signe, c'est le moment où jamais pour la dévoiler au monde, ça veut juste dire, une fois de plus, que j'avais dix ans d'avance sur tout le monde...

Vendredi 21 décembre 2007

Bah voilà, je viens de me rendre compte que j’ai encore loupé le coche. En lisant Technikart (ça m’arrive, et plus souvent qu’on ne le pense) je me suis rendu compte que la très prolifique Chloé Delaume venait de sortir un livre intitulé "La nuit je suis Buffy Summers". J’en suis toute retournée. Parce que mince, depuis des années que je clame sur tous les toits, au risque que les gens se moquent de moi (essayez d’expliquer un épisode de Buffy hors de tout contexte, et vous verrez*¹), que Buffy contre les vampires est la série du siècle, pourquoi mais pourquoi est ce que je n’ai pas carrément écrit un livre là dessus ? J’avais de la matière pourtant. Buffy, je pensais être la seule en France à y avoir réfléchi jusqu’à ce que je tombe sur un article très sérieux de Fluctuat.net sur "Buffy le mythe pop" (et déjà ça m’avait énervé de ne pas l’avoir écrit parce qu’il disait à peu près ce que j’écrivais dans mes devoirs de fac). Et là, paf, je m’aperçois que Chloé Delaume aussi, elle a réfléchi dessus. Et qu’elle publie un livre. Et ça m’énerve. Parce que maintenant que ça a été fait, je ne peux plus le faire. Tu vas voir qu’on va la citer comme spécialiste de Buffy Contre les Vampires, voire des séries en général bientôt. Ca va être encore plus frustrant. Je m’en veux c’est pas possible…

Vous allez me dire, je ne suis pas écrivain. Mais je peux le devenir. J’y songe d’ailleurs. Parce que je n'arrête pas de dire que la vie de pigiste est décidément formidable, mais en fait pas tant que ça. En ce moment elle n’est pas formidable du tout la vie de pigiste. Je viens même d’apprendre que je ne ferais plus jamais d’article sur la toiture en laine de mouton ou le badigeon à la chaux parce que la newsletter écolo bricolo dont je m’occupais depuis plus d’un an vient de s’arrêter. C'est le pompon si je peux me permettre. Alors, peut être que je vais devenir écrivain finalement. J’y songe sérieusement. De toute façon si je suis journaliste c’est parce que j’aime écrire avant tout. Parce qu’au départ, quand il a fallu choisir un métier, je me suis posé une question : qu’est ce que j’aime faire dans la vie ? Et j’ai répondu : écrire. Ensuite je me suis demandé : dans quel boulot on peut écrire. La réponse : écrivain. Et là j’ai rigolé moi même. Ah ah, j’ai fait, mais écrivain, c’est pas un boulot, la plupart des écrivains ils ne gagnent pas leur vie. D’où une autre question : dans quel boulot on peut écrire pour gagner sa vie ? La réponse : journaliste (ah ah mais journaliste, la plupart ils gagnent mal leur vie, j’aurais pu me dire aussi mais non, j’y ai pas pensé sur le coup. J’avais des Alain Rémond plein la tête, des Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, des Serge July, des présentateurs de JT et même des Dominique Chapatte, alors…). Bref. Je suis devenue journaliste parce que j’aime écrire. Pas pour rencontrer des stars, ou pour passer à la télé, ni même pour devenir célèbre, ou dénoncer les dessous de certaines affaires. Juste pour l’écriture.

Du coup, et puisque mes vacances forcées se prolongent (par intermittence, ok, mais elles se prolongent quand même plus que d'habitude, ça a l'air d'être parti pour 1/4 de travail, 3/4 de vacances, ce qui n'est quand même pas terrible quand le but est de travailler à temps plein), je devrais peut-être me lancer dans l’écriture d’un roman.
Mais il faut trouver une bonne idée, hein, une aussi bonne que Buffy
*², pour que ça devienne un best-seller et que je me fasse mentir moi-même en prouvant qu’un écrivain, ça gagne carrément bien sa vie. Si vous avez des idées de sujet, des livres que vous aimeriez lire mais que personne n’a encore jamais écrits, un truc de départ qui lancerait mon inspiration débridée, n’hésitez pas à m’en faire part...

 

*¹ Pas plus tard que la semaine dernière un ami m’a demandé quel était mon épisode préféré de Buffy et ce qui s’y passait. J’ai répondu « Acathla I et II » qui sont les deux derniers épisodes de la deuxième saison « où Buffy tue Angel qui est devenu méchant ». Devant l’incompréhension de mon interlocuteur j’explique « bah oui parce que dans la saison 1, Angel est un vampire avec une âme, il est donc gentil. Mais une malédiction l’a frappé disant qu’un seul moment de pur bonheur lui retirera son âme. Or, Angel couche avec Buffy. Paf, pur bonheur, et paf, plus d’âme. Du coup dans toute la deuxième saison il ne fait que torturer Buffy et ses amis, il est devenu super sadique. Mais Buffy, elle n’arrive tout d’abord pas à le tuer parce que quand même c’est son premier amour. Finalement à la fin de la deuxième saison elle est obligée de le tuer parce qu’il a ouvert la bouche de l’enfer et que le seul moyen de la refermer c’est de le tuer. Alors, elle y va, courageuse. Mais au moment où elle s’apprête à lui planter son épée dans le cœur, Willow, la meilleure amie de Buffy qui découvre tout juste qu’elle a des pouvoirs de sorcière, lui rend son âme grâce à une incantation. Alors Buffy est obligée de tuer Angel, mais pas le méchant Angel, non, le gentil, celui dont elle est amoureuse. J’ai beaucoup pleuré ». Essayez de raconter ça à quelqu’un et voyez s’il ne rigole pas…

 

*²Ma deuxième série la meilleure du siècle c’est Dexter. Peut-être que je devrais vite me précipiter sur le créneau et écrire "La nuit je suis Dexter Morgan" avant que quelqu’un d’autre ne s’en empare.

Lundi 12 novembre 2007

Fallait bien que ça arrive : une semaine que je n'ai rien à faire. Un an que ça ne m'était pas arrivé. Un an que je répète sur ce blog que je bosse, je bosse, je bosse. Bon. Tout était un peu miraculeux, j'avoue. Dès que j'avais quelques jours de battement, paf, on me proposait du boulot, sans que je n'aie rien à faire pour en chercher. Un remplacement de dernière minute. Un rédacteur en chef qui m'appelle parce qu'il travaille avec un maquettiste avec qui j'ai travaillé il y a trois ans et qui a gardé mon numéro de téléphone et un bon souvenir de moi. Une copine dont la sœur connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui cherche un pigiste. Chaque fois des petits miracles, chaque fois des nouvelles piges, et au pire deux ou trois jours de battement. Maximum. Je m'y étais fait, moi, ça m'allait bien comme rythme. Je me disais bien que ça n'allait pas durer, mais en même temps, chaque fois que je me disais que ça n'allait pas durer, un nouveau petit miracle se reproduisait et je ne savais même plus ce que chercher une pige voulait dire. Mais là. Une semaine de rien et déjà je sature. Parce que va bien falloir que je décroche mon téléphone pour chercher de nouvelles piges. J'avoue, les premiers jours, j'ai fait du shopping. Et ça, hum, c'est pas très logique. Profiter du temps où je ne gagne pas d'argent pour en dépenser, c'est très moyen. Je suis contente d'avoir un (deux) nouveau pull, mais je me sens un peu coupable quand même. Donc là, le shopping, c'est fini. Peut-être un tour chez le coiffeur (tant que j'ai du temps) mais c'est tout. Faut bosser, ma vieille, faut bosser (que je me dis).

Alors pour le moment, je me suis contenté d'envoyer une ou deux propositions d'articles par mail (reprenons doucement, faut pas se faire mal non plus). A des magazines féminins, pour changer. Parce que ma plume s'habille en Prada je vous rappelle (pas pour rien que je fais du shopping quand j'ai du temps libre, depuis que je vais sur des blogs de filles je suis moi-même devenue une vraie fille, avec des envie de mode tout ça). Mais pour le moment, pas de réponse. Je sens qu'il va falloir que je les relance. Par téléphone. J'en ai déjà des palpitations rien que d'y penser. Parce que le téléphone est mon ennemi juré, je le rappelle à ceux qui viendraient d'arriver. Quand je m'en sers, soit je bafouille et niveau crédibilité c'est moyen, soit je tombe sur un répondeur et niveau moral c'est très mauvais, soit je me fais direct envoyer paître par une secrétaire ou un assistant antipathique (mais payé pour ça, faut pas non plus leur en vouloir, c'est comme les guichetiers de la Poste c'est pas de leur faute si le facteur n'apporte pas les colis à domicile... mais je m'égare), et niveau colère c'est le top. Donc le téléphone, j'aime pas, sauf quand il sonne et que je n'ai rien d'autre à faire que de décrocher.

Bref. J'arrête pas de dire que journaliste pigiste c'est un métier formidable, mais là, si personne ne m'appelle et que je suis obligée de prospecter, je crois que je vais plus trop aimer. Ou pas trop longtemps, alors. D'accord ?, ô toi Dieu des journalistes si tu m'entends… (oui je suis aussi capable de virer mystique dans les cas d'extrême désoeuvrement).

Lundi 27 août 2007

Sonnez clairons, raisonnez trompettes, ce blog n'est pas mort, me revoilà ! Après trois semaines de vacances (comment ça, depuis mes derniers articles publiés ici il s'est passé plus de trois semaines ? Ok, j'avoue, la flemmingite aigue qui me tient depuis plusieurs mois a débordé sur le mois de juillet), je reviens, plus motivée que jamais, et des idées d'articles plein les valises. En plus l'été est enfin arrivé et franchement, ça donne envie de bosser, ça, de s'enfermer dans un bureau derrière un écran d'ordi, avec le soleil qui vient vous chatouiller le dos… rien que d'y penser j'en frémis de bonheur.

Alors bien sûr, je pourrais faire un billet entier sur les vacances, le retour à la dure réalité du travail, mais non, ce premier billet sera consacré à ma gloire. Soyons modeste, un retour en fanfare, ça se fête après tout.

Alors, n'allez pas croire que je me suffis à moi-même et que je suis capable de me glorifier comme ça, paf, sans occasion ni raison (pas du tout mon genre). Non, je me glorifie parce que je le mérite, et ce n'est même pas moi qui le dit. Accrochez vous, vous allez voir, c'est terrible. Parce qu'en bonne pigiste je suis abonnée à une liste de diffusion. Une liste qui rassemble plein de pigistes isolés, sur laquelle on peut se filer des bons plans, se conseiller, connaître nos droits, se serrer les coudes et même s'engueuler parfois (allons-y carrément, par mail de toute façon on risque pas de se faire bien mal…). Et, là, moi qui avait été privée de mail pendant une bonne moitié de mes vacances (la pigiste parisienne s'isole en dans une grande maison perdue au fin fond de la Bretagne , c'est pour l'inspiration, la nature, les oiseaux, les araignées et la pluie, y a rien de mieux), je rentre à Paris, allume mon ordinateur (était-ce mon premier geste en arrivant ? Je crois que j'ai posé mon sac et mon K-Way avant), et me plonge dans les nouvelles du monde. Et que vois-je ? On parle de moi ! Ca m'a fait un choc, j'en ai rosis jusqu'à la racine des cheveux. Je m'absente trois semaines, et le monde s'intéresse à moi ! Bon. Pour être honnête, c'est un  pigiste qui, sans doute, s'ennuyait pendant le mois d'août et qui a simplement tapé sur un moteur de recherche les mots "pigistes" et "blog". N'empêche que cette courte recherche l'a mené à moi et qu'il m'a déclarée championne de la visibilité bloguesque ! Bon. Pour être honnête, je n'arrive pas tout à fait première, c'est Sophie, pigiste lilloise qui est en tête. Mais arriver deuxième sur quelques 500 résultats, c'est quand même un exploit. Une reconnaissance. La reconnaissance du moteur de recherche, pas (encore) la reconnaissance du monde, mais quand même. C'est toujours ça de pris. Du coup, fierté, motivation, sourire, chaleur, tous ces sentiments m'envahissent, me traversent, me transportent, je n'en puis plus, je manque de défaillir, je m'emporte. Et au final, une seule pensée (la seule cohérente dans ce flot d'émotions) : il ne faut plus que je laisse ce magnifique blog, n°2 des blogs de pigistes du monde francophone, à l'abandon. Faut que je m'astreigne à une discipline de fer, que j'écrive régulièrement, que je fasse du marbre pour les mois "sans" pendant les mois "avec", et que j'arrête de radoter aussi. Parce que d'un billet dédié à ma gloire, on en revient finalement toujours à la même chose. Finalement. Je suis une blogueuse sans imagination. Je suis une blogueuse qui écrit qu'elle n'a plus d'idées pour écrire sur son blog. Je suis une blogueuse minable. Je ne mérite pas mon titre de numéro 2 de la visibilité des blogs francophone. Argh.

 

A part ça, les vacances m'ont fait un bien fou… Et, de retour sur Paris depuis une journée, devinez quoi : je bosse. (- "Non ?" –"Si". –"Et bé, t'es pas prête de te remettre à ton blog, vu comment tu le négliges quand tu bosses". – "Argh !")

Mercredi 4 juillet 2007

Oui je sais, j'ai menti. J'avais dit "en juin ce sera bien", sauf qu'on est déjà en juillet et qu'en juin, rien. C'est que le boulot, ça vous empêche de vous remettre devant l'ordinateur le soir. En tout cas, moi, j'ai un peu du mal à écrire toute la journée, puis à rentrer chez moi et à écrire encore. Mais peut-être que je suis fainéante aussi, c'est possible, je ne dis pas le contraire. Alors, bon, je ne vais pas vous refaire un flan sur la difficulté de poster de nouveaux articles, sur les statistiques, tout ça (pourtant c'est pas l'envie qui me manque, mais je vais me retenir), mais je vais quand même vous parler de mes problèmes d'inspiration, voire même de positionnement.

Oui, parce que déjà, comme je bosse vachement (en même temps, un peu moins depuis une semaine, j'avoue) je n'ai plus le temps de regarder la télé. Alors du coup, les articles sur la petite lucarne, c'est mort. Et ça enlève pas mal de sujets potentiels quand même. Ensuite, le truc que je fais en ce moment, c'est d'aller sur les autres blogs et d'acheter des fringues sur Internet. Vous allez me dire que ça n'a aucun rapport, et bien vous vous trompez. Parce que les blogs que je lis le plus ce sont des blogs de filles. Des filles qui parlent de mode. Et qui m'éclairent sur quoi porter, quoi acheter, comment m'habiller. Moi qui n'ai jamais été une fashionista, je suis en train de m'intéresser de plus en plus aux tendances. Du coup, j'ai limite envie de me transformer en une blogueuse modasse plus qu'en une blogueuse pigiste. De parler de mes problèmes de frange (ça, la frange, j'ai pas eu besoin de blogs pour sentir qu'elle allait revenir à la mode. Je l'ai deviné d'un coup. J'ai décidé de me couper moi-même une jolie frange asymétrique (parce que le coiffeur, c'est cher quand même, et puis c'est pas dur, une frange). Et comme je suis à peu près aussi douée avec des ciseaux qu'avec un téléphone, y a de quoi faire un papier entier). De parler de mes envies de gym avant la plage. De mes achats pendant les soldes tout ça.

Je sais, je ne devrais pas être fière. Mais je ne fais pas exprès. C'est comme si d'un coup, avec la trentaine, paf, la mode me rattrapait. J'avoue, je pensais que ça ne m'arriverait pas. Que s'il y en avait une qui résisterait, ce serait moi. Vous me direz, quand j'avais 15 ans je disais aussi "la fumée ça pue, je ne fumerais jamais", ou encore "je m'en fiche de gagner des sous, du moment que je m'amuse dans la vie", ou même encore, plus récemment "je mange ce que je veux, je grossis même pas". Bref. J'aurais du savoir qu'il ne faut jamais dire jamais. En même temps, c'est peut être qu'une période, parce que c'est les soldes et que pour une fois je peux me lâcher niveau porte-monnaie. Peut-être que dès la fin de l'été, une fois que je serais bien bronzée, les cuisses raffermies et bien dans mes pompes (mes fringues ?), je redeviendrais une pigiste qui lit Libé au lieu d'Isa et qui écrit sur son métier. Ou peut-être que je serais tellement au top de la tendance que je deviendrais une référence pour les magazines féminins qui s'arracheront ma plume éclairée. Peut-être… En tout cas, il ne faut jamais dire jamais.

 

Samedi 14 avril 2007

Faut pas que je me plaigne si mes statistiques de blog n'augmentent pas. C'est vrai, y a des fois où je vous reproche de ne pas mettre de commentaires, de ne pas vous exprimer assez pour me motiver, mais bon, c'est un peu de ma faute, je m'en rends compte, hein, faut pas croire, je râle, mais c'est pour la forme.

Parce qu'en fait, je me suis amusée à regarder les archives de La Pigeonne. En cliquant mois par mois sur les articles. Et je me suis rendu compte que depuis le mois d'octobre je mets au mieux deux articles en ligne. Deux articles par mois ! Ca c'est de l'actualisation ! Je suis à la tête d'un quinzomadaire (super à la mode comme format, notez) composé d'un seul et unique article. Hum… Même moi j'ai du mal à croire que je suis trop débordée pour écrire deux articles par mois. J'ai un peu honte en fait. Parce qu'au tout début de ce blog, j'en mettais des articles (et y avait pas beaucoup de visiteurs, d'ailleurs, mais je continuais, courageusement, brave bête et tout). Maintenant il y a de plus en plus de visiteurs mais de moins en moins d'articles.

Et je sais bien qu'un blog, ça s'alimente souvent. Surtout si on veut faire du buzz, comme on dit. Comment voulez vous que les gens viennent sur vos pages s'il n'y a jamais rien de nouveau, franchement ? Je vous pose la question, mais c'est à moi que je fais le reproche, hein. Je me flagelle, quoi. Parce que je vois bien aussi que des gens qui ont crée leur blog depuis moins longtemps que moi ont parfois plus de visiteurs. Et ça m'embête un peu quand même. Mais bon, en même temps, ils sont vachement plus productifs, avec leurs deux ou trois articles par semaine, c'est sûr (et je ne parle pas ici de mes copines ou copains de blogs qui eux, sont géniaux, alors c'est normal qu'ils aient des visites).

Enfin. Cette réflexion, ultra profonde, ne m'amènera peut-être pas à écrire plus d'articles sur ce blog. Mais au moins, ça me permet de faire un billet un peu plus court que les autres parce que ces derniers temps, j'écris pas beaucoup, mais j'écris long. Et je ne suis pas sûre que ce soit bon pour mon audience non plus. Alors, qu'un petit billet, vite lu, pendant la pause café, en une minute chrono, ça, c'est de la rentabilité, non ? Ouais… Dès demain, je fais une étude de marché sur les blogs les plus lus et je lance mon quinzomadaire à une page, mais qui cartonne et crée le buzz du siècle. Youhou ! (J'ai la forme moi, ce soir…)

 

Samedi 31 mars 2007
Je ne sais pas comment elles font mes copines de blog (ici, ici ou encore et ) pour réussir à avoir une vie active, avec un boulot, parfois deux, parfois des enfants, tout ça, et en même temps pour alimenter leur blog. Franchement faudra qu'elles m'expliquent parce que moi, comme vous avez pu le constater si vous ne vous êtes pas encore lassé de venir ici voir s'il y avait du nouveau (non, toujours rien), j'y arrive pas. Vraiment pas. Ecrire toute la journée pour des magazines et écrire encore le soir des billets spirituels, drôles, intelligents (non mes chevilles sont très fines je vous assure) je n'en suis pas capable.
Faut vraiment que ce soit le week-end, ou qu'il y ait une info qui me fasse réagir (Britney se rase la tête ! Paf, un billet dans l'heure qui suit) pour que je trouve la force de me mettre devant mon écran. Faut que je fasse du marbre, je l'ai déjà dit, mais ça non plus j'y arrive pas. N'allez pas croire pour autant que je n'arrive à rien.
C'est que, comme je le dis souvent, la vie de journaliste est palpitante. Surtout que là, ce dernier mois, je l'ai passé à faire du journalisme d'investigation, du vrai, de l'enquête au cœur d'un monde étrange, je me suis plongée au cœur de l'action, j'ai expérimenté, j'ai donné de ma personne… j'ai mené une double vie. Une "seconde life" pour être exacte. Et c'est très loin d'être aussi facile que ça en a l'air. Parce que quand mon rédacteur en chef m'a dit "Coco (c'est bien connu dans les rédactions les chefs appellent toujours leurs subalternes "Coco", ce ne sont pas les pigistes qui passent ici qui vont me contredire), quand il m'a dit "Coco, j'ai un article pour toi (dans les rédaction tout le monde se tutoie, c'est pas les pigistes blablabla…) ça s'appellera "peut-on vraiment mener une seconde vie ?", j'ai dit "banco" et je me suis immergé dans Seconde Life (SL pour les intimes, et désormais j'en fais partie).

Du coup, je me suis crée un avatar (un personnage) pour me balader dans les sims (les terrains), j'ai gagné quelques Linden (les dollars locaux) en dansant sur les dance pad (des places où il faut danser pendant 10 ou 20 minutes pour gagner de l'argent) ou en les cueillant, carrément, sur des money tree (des arbres à sous). Et ça paraît facile comme ça mais pas du tout. Parce que SL, c'est hyper dur au début. Déjà l'avatar, il faut au moins une heure pour qu'il ressemble à quelque chose : on peut allonger le nez, le menton, les jambes, les pieds même, le cou… On peut lui faire des gros seins (j'ai choisi d'être une fille sur SL, je suis d'un banal, je sais, alors que j'aurais pu être un lapin, ou un robot), des épaules de catcheuses, ou des fesses raplapla…
 Mais le plus dur c'est la coiffure. L'avatar, au départ, il a une espèce de touffe sur la tête, qu'on peut allonger ou raccourcir à loisir, mais ça ne ressemble jamais à rien. Parce que dans SL, faut le savoir (et ça faut avoir enquêté vraiment, de l'intérieur, pour le découvrir) que tous les avatars portent des perruques ! Sinon ils sont trop moches. Alors, je suis partie à la recherche de freebies (des trucs gratuits) pour avoir l'air d'une vraie bombe. Parce que franchement, c'est pas la peine d'avoir un double virtuel si c'est pour être moche. J'ai trouvé une perruque rouge feu, un jean noir, un décolleté à fleurs, et une veste en cuir cintrée. Ca m'a pris une bonne semaine en me connectant régulièrement.
Une autre bonne semaine pour apprendre comment atterrir sans se casser la gueule aussi. Parce que dans SL, on vole, ça va plus vite. Alors, il y a un bouton "fly" dans le tableau de commande en bas de l'écran, ça c'est facile (et encore, c'est bien parce que je suis fluent in english), mais quand on appuie sur "stop flying", le personnage tombe. Il bat des bras des pieds, et paf, il se rétame par terre. Pas super élégant pour faire son entrée en boite… En fait, il y a des raccourcis clavier pour redescendre en douceur. Pareil pour voler plus ou moins haut. Moi au départ je ne passais pas au dessus des toits. En fait, on peut voler super haut…

Ensuite j'ai passé une autre bonne semaine à visiter SL. C'est hyper grand (360 km2 pour être exacte). Et j'avoue : je n'ai pas encore tout vu. J'ai eu le temps d'aller dans le Paris du 1900, d'aller à une exposition d'art, de visiter l'île des 300 (le film sur Sparte), de faire un tour au Mont St Michel, dans la jungle, à Midnight City, et aussi sur l'île de Gaïa, l'île francophone où vont tous les newbies (nouveaux arrivants) pour pas être totalement largués.

Alors, au début, j'avais des préjugés. Je me disais que c'est bien joli ce monde virtuel mais une fois qu'on y est, on y fait quoi ? Parce dans SL y a rien à faire, c'est ça le truc. Y a pas de but. Y a juste qu'on peut avoir un avatar super beau, super riche, qu'on peut discuter avec des gens, et construire sa maison. Limite on peut se faire une vie de rêve virtuelle, mais bon, au final, on est quand même toujours devant son écran dans son minuscule appart parisien. Et bien je n'irai pas jusqu'à dépenser de l'argent dans SL, ni y passer des heures, mais rien que fringuer mon personnage et discuter avec des gens ça m'a pas mal plu. J'avoue. Mon avatar est allé interviewer des gens. Je suis allé visiter les bureaux virtuels des entreprises. J'ai mené mon enquête moitié dans la vrai vie, moitié dans la virtuelle. Un truc à vous rendre fou. Et puis aussi j'ai testé d'autres mondes virtuels. Parce que faut pas croire, Second Life, c'est pas le seul. Y a Active World, Entropia Universe, There, et bientôt Outback Online.
Bientôt on nous attribuera un avatar d'office. A la naissance. Avec un trousseau tant qu'à faire (plein de perruques surtout). J'anticipe. C'est le côté journaliste d'investigation, fille hyper immergée dans son sujet, habitée par son enquête. C'est tout moi.
Et si un jour vous passez dans SL et que vous croisez une miss Pidgeon, c'est que je suis devenue accro…


Lundi 29 janvier 2007
La semaine dernière, j’ai lu le portrait de Trondheim dans Libé. L’article rappelait que Trondheim avait fait un « coup » l’an dernier en lançant le blog de BD Frantico. Frantico, c’était le blog de BD le plus lu du web français. Ca racontait l’histoire d’un jeune auteur de BD, petit un peu gros et dégarni, qui essayait désespérément de se faire connaître. Frantico était aussi pas mal obsédé sexuel. A ses côtés, un gros chat orange lui servait de (mauvaise) conscience. C’était assez drôle, assez scato parfois (avec quand même l’une des planches les plus marrantes consacrée à la raison pour laquelle les hommes font pipi à côté de la cuvette des toilettes…), et personne ne savait qui pouvait bien être Frantico. Etait-il vraiment gros et chauve ? Etait ce un auteur reconnu ? Bon, comme vous l’avez compris il s’agissait de Trondheim (encore que ce dernier dément toujours être l’auteur du blog…). Alors ça m’a amené deux réflexions.

La première c’est que, wahou, Trondheim se cache derrière un pseudo, lance son blog en toute confidentialité, à égalité tout du moins avec les nombreux autres blogs de BD qui s’affichent sur le Web, et réussit à sortir du lot. S’il voulait confirmation de son talent, bingo ! Parce que quand on est connu pour ses œuvres, à un moment donné on se demande peut-être si seul notre nom fait vendre ? Trondheim lance un blog anonyme, se fait repérer par tous les internautes sous le nom de Frantico, se fait connaître, signe un contrat avec une maison d’édition, sort les planches de son blog en livre, et devient même le « meilleur jeune espoir » à Angoulême en 2005 ! La boucle est bouclée. Le jeune auteur inconnu passe du statut d’anonyme à celui de star, alors qu’en fait il s’agissait d’une star qui se cachait derrière un pseudo pour rester anonyme… Ca veut dire que Trondheim a vraiment du talent ! Ou en tout cas qu’il plait aux foules, et pas seulement à cause de son nom…

Ma deuxième réflexion, c’est ça : je vais me faire repérer. Bah, oui, et si j’étais une journaliste reconnue qui se fait passer pour une simple pigiste. ? Histoire de voir si ma plume a du succès en dehors de ma notoriété dans le monde réel… Histoire de vérifier que je peux me (re)faire un nom…

Et si j’étais Claire Chazal, hein ? Après tout, qu’est ce que vous en savez ? Comment pouvez vous être sûr de qui se cache derrière la Pigeonne ? Ca se trouve je suis Patrick Poivre d’Arvor, pourquoi je serai une fille d’ailleurs, je peux faire ce que je veux ! Et si j’étais Alain Rémond ? Ca me permettrait de me lancer des fleurs à moi même à travers ce blog en faisant croire que je veux être Alain Rémond, que j’adore son écriture tout ça. Ah ! Ah ! Qu’est ce que vous dites de ça ?
Faut dire que j’ai quand même vachement bien balisé le truc, c’est vrai. En mettant mes collaborations à gauche personne ne peut croire que je ne fais pas ce que je dis que je fais. En racontant combien c’est dur d’essayer de placer des sujets dans des magazines, de décrocher son téléphone, on dirait vraiment que je sais de quoi je parle hein ? Mais vous croyez que Claire Chazal ne sait pas comment ça marche, la vie de pigiste, qu’Alain Rémond ne se souvient pas d'avoir eu des pigistes balbutiant au téléphone ? Et puis, c’est bien réaliste, hein, mes aventures de bureau en juillet… On y croit. L’imagination, y a que ça de vrai. Et Claire Chazal, elle en a de l’imagination. Alain aussi… Quant à Poivre, n’en parlons pas… A revendre.
Moi je dis ça, je dis rien…
 

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